Io Kanaan







Io Kanaan est un personnage du grand Oscar Wilde qui a le plus vif succès auprès de la jeune Salomé. Il voudrait imiter la noble sagesse de Cochonfucius en ce siècle, mais il ne parvient presque jamais aux mêmes conclusions, et ne sait pas tendre des pièges aux animaux. Sur ce sujet, il accepte volontiers le verdict de Georges Perros qui préconise l'absence stupéfaite d'un miroir sans équivalent, ou celui que rend Erri De Luca lorsqu'il découvre, en se préparant à planter un jeune pommier, que le moteur qui fait aller la sève jusqu'aux feuilles les plus hautes, c'est la beauté du monde.

Io Kanaan ne sait pas si les épaules du bouddha du lac Xuanwu ont une hauteur plus grande que la tour Eiffel à Paris. Il ne sait pas si sa main droite ignore ce que fait sa main gauche. Pour jouer au flipper, c'est mieux, pour applaudir, c'est moins bien. Dans un tout autre domaine, il se demande si les femmes sont des poissons d'avril et si le roi des arbres est un buisson, il se pose quelques questions sur le protecteur des vieux arbres et il ne sait pas si nos illusions ne nous gouvernent pas en permanence, par exemple en matière de mariage ainsi que de vie familiale et de bonne eau chaude à boire. Nous ressemblons à ces ouistitis qui saisissent un caillou dans un vase solidement fixé à un tronc d'arbre, et ne peuvent plus en libérer leur main se refermant inutilement sur cette chose désirable.

Nous ressemblons à ces chiens qui voudraient que le ciel soit une personne, que la pluie sache où sont les arbres, et que le vent souhaite faire une belle musique. Faites de beaux rêves, bande de chiens. Ou si vous faites un cauchemar de votre vie, que ce soit un cauchemar à plusieurs ainsi que nous le montrent Alice et le roi rouge (ou encore, le roi blanc qui, en songe, devient le roi rouge).

Plutôt que d'achever des litres, Io Kanaan préfère acheter des livres (c'est pour les partager avec les camarades), ou aller au théâtre en Chine, afin d'entendre quelques paroles de Neige qui sont souvent une inspiration poétique.

          Un instant de joie, au début d'avril
          de la neuvième fructification


                    Le printemps commence à peine,
                    Je n'entends rien à la mort.
                    Que six mille autres jours viennent,
                    Chacun rend mon coeur plus fort.