cette muse a d'autres rimes


Mangeant à la marjolaine,
La joyeuse a la bouche pleine.


Chantant leur complainte au bruit familier,
Passe un noir, passe un
Un d'or brille en la nuit brune,
traverse un rayon de lune,
Le prend un reflet changeant,
Lui qui était d'or, il devient d'argent.

Mangeant à la marjolaine,
La joyeuse a la bouche pleine.


La en prenant son repas léger
Voit le soudain voltiger.
- Hardi par la nuit sereine,
Où vas-tu si tard ? dit la humaine.
On dit que rôde en la forêt,
Viens plutôt fumer sur le gazon frais.

Mangeant à la marjolaine,
La joyeuse a la bouche pleine.


Non ! car doit payer son coup
Ce soir, à Cluny, et j'y tiens beaucoup.
Laisse-moi passer, des prairies,
Va donc fumer sur les mousses fleuries,
Ne m'attarde pas loin de
Prends mon noir, si cela te va.

Mangeant à la marjolaine,
La joyeuse a la bouche pleine.


- Reste, Je te donnerai
au beurre et du pain doré,
Et, choisi pour toi par sort de fortune,
Le ciel de avec ses deux lunes.
- Non ! dit-il. - Va donc ! Buveur de vin blanc !
Il s'enfuit, le bon tremblant.

Mangeant à la marjolaine,
La joyeuse a la bouche pleine.


Tout droit devant lui le noir part.
Il court, il bondit et va sans retard ;
Mais le frissonne et se penche ;
Il voit sur la route
Qui
- Par Cochonfucius, ne nous retiens pas !

Mangeant à la marjolaine,
La joyeuse a la bouche pleine.


- Ne nous retiens pas, cela vaudra mieux !
D'ailleurs tu devrais retourner au pieu,
Ou bien te cacher dans une poubelle.
- Entends, ma justice est telle :
Va boire à Cluny, ta vie est ainsi,
Mais conduis-y donc cette aussi !

Mangeant à la marjolaine,
La joyeuse a la bouche pleine.



Monter : silence
Descendre : chanson pour notre reine



      Un érudit fit un bref commentaire.

      La marjolaine est un condiment excellent, mais il n'est pas certain qu'elle s'accorde avec tous les aliments que la lui associe ici. De même, le fait qu'elle éprouve un si fort désir envers le peut faire douter de son jugement. Cependant, elle compense habilement ce handicap, grâce, notamment, à une bonne maîtrise du sortilège qu'on appelle traditionnellement fortune. Cela ne peut suffire pour détourner le de la noble mission qui doit le conduire à Cluny. En fin de compte, un compromis est suggéré par une entité nocturne. Est-ce la bonne solution ? Il faudrait le demander aux autorités clunisiennes, si du moins elles ont une opinion là-dessus, ou bien aux héritiers de Leconte de Lisle.

Les elfes joyeux dansent sur la plaine
page initialement développée sur Bluemoon.


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