Vintage
La bouteille de
Nuit de
Cluny,
pinard bien frais. Ce vin est rouge.
Mille ivrognes sont là qui vident les tonneaux,
Godet au poing, les yeux hagards. Pas un ne bouge.
Autour d'eux, des
noirs comme des corbeaux.
La lune est bleue et verse au loin sa pâle flamme.
Or,
se soulève, il est un peu tremblant,
En effet, il est plein comme un hippopotame :
La sueur du pinard ruisselle de ses flancs.
Allons ! dit-il, riant ainsi qu'une baleine,
Où sont tant de joyeux et robustes garçons
Qui, ce matin, buvaient et chantaient à voix pleine
Comme des
dans l'épaisseur des buissons ?
Tous sont muets. Ma
a trop bu, sa figure
Est maussade, à toute offre, elle répond
« Des clous ! ».
Mes yeux clignent. J'entends un immense murmure
Pareil aux hurlements des
ou des loups.
Viens par ici,
au secours de tes hommes.
Soigne la cuite avec ton
de fer.
Nous reboirons demain, tous autant que nous sommes.
Porte cette bouteille à
aux yeux verts.
Dans
où
coule la bonne bière,
Et chantent les buveurs et paillards et braillards,
Vole sur ta grenouille aux ailes de chimère,
Cherche donc
et porte-lui ce pinard.
Au sommet de la tour que hantent les corneilles,
Tu la verras debout, blanche, aux longs cheveux noirs.
À
Leconte
de Lisle
elle prête l'oreille,
Et ses yeux sont plus verts que l'absinthe au comptoir.
Va, grand roi
dis-lui bien que je l'aime,
Et que voici du vin. Elle reconnaîtra
Qu'il est rouge et solide et non faiblard et blême
Et
aux yeux verts,
te sourira !
Moi, je cherche à nouveau du pinard la blessure.
J'offre un godet. Buvez,
ce vin vermeil.
Jeune, brave, riant, libre et sans flétrissures,
Je me chauffe au
pinard,
car il est mon Soleil !
Monter : picolants
Descendre : vainement
Un érudit
entreprit un commentaire.
Par ce texte, nous pouvons imaginer la charmante
aux yeux verts qui attend patiemment
le retour de son héros, le noble
Mais ce dernier, ne souhaitant pas quitter Cluny,
lui envoie le roi
porteur d'une bouteille.
Quand on sait ce que les rois ont coutume d'entreprendre
avec les fiancées de leurs sujets, on se confirme dans
l'idée que
est bien imprudent. Quelqu'un m'a
demandé, par ailleurs, pourquoi on parle ici de
roi
C'est tout simplement que le roi
précisément pour séduire une habitante de son
royaume, s'était un jour travesti en
chose qui subsiste dans sa légende. On ne sait pas si c'est
Leconte de Lisle lui-même,
ou son adjoint Cochonfucius,
qui a introduit ce détail dans le texte, mais
personnellement, je le trouve charmant.
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