Le taureau et le cafard
Hommage à
Guillaume
Haudent par Cochonfucius
Un taureau noir comme charbon de bois
Se tint en haut d'un grand arbre, autrefois.
Il tenait en son mufle un coquillage.
Un cafard gris, venant lui rendre hommage,
Lui dit que son visage était parfait
Et que plus d'un en était satisfait.
Et il lui dit : Majestueux taureau,
On voit de loin que tu as le corps beau,
Et les bestiaux qui toujours noir te disent
Ignoblement de ta couleur médisent,
Vu que tu es, par très apparent signe,
Cent fois plus blanc que ne put l'être un cygne,
Qu'un mulet bleu en beauté tu excèdes,
Si, par bonheur, la voix que tu possèdes
Correspondait à ta beauté de corps,
Et qu'elle fût fondée en doux accords
Pour bien chanter, j'en suis témoin, crois-moi,
Des animaux tu deviendras le roi.
Pour ces raisons, je suis en appétit,
Et mon plaisir ne serait pas petit,
D'ouïr ta voix, et que nul ne le nie,
Ton chant me semble être plein d'harmonie.
En fait, ce cafard avait faim.
Ainsi, de sa ruse il obtint
Que le taureau, de gloire épris,
A chanter illico se mit,
Ce qui lui causa du dommage,
Car il lâcha le coquillage
Que le cafard gris attendait,
C'est à cela qu'il prétendait.
On le vit, se réjouissant,
Tant riant qu'il allait pissant.
Je t'ai eu, dit-il, par mon art,
Car tu n'es qu'un pauvre
connard.
Monter : Hennebont
Descendre : repas