La
était en proie à l'amoureuse flamme,
Et la tour du
très vieux mais toujours vert,
Droite et ferme, montait dans l'écume des lames.
Sous le fouet redoublé des rafales d'hiver,
Le donjon du
dressait sa masse haute,
Telle qu'un
qui regarde la mer.
Cochonfucius buvait quelques ballons de côtes.
Dans
Cluny
palpitaient, blêmes, de toutes parts,
Les âmes des
qui moururent en faute.
Le
tintait contre les noirs remparts,
Et
Leconte de Lisle écrivait à la chaîne
D'improbables
chansons sur des papiers épars.
Dans les fourrés craquaient les rameaux morts des chênes,
Tandis que par instants un maigre
Hurlait lugubrement sur les dunes prochaines.
Or, au feu d'une torche en un flambeau grossier,
Le
dans sa tour vieille que la mer ronge,
Marchait en grommelant
C'est pas le pied d'acier.
Muet, sourd aux
dont le chant se prolonge,
Sans ouïr du
le hurlement moqueur,
Le
s'agitait comme en un mauvais songe.
Vieux était ce
sombre et plein de vigueur.
Sur sa joue aux poils gris, lourde, une larme vive
De sa vie solitaire accusait la rigueur.
Au fond, contre le mur, telle une ombre pensive,
Une cloche auprès. Sur un bloc bas,
en granit rose, nue et massive.
L'amour, dit le
ne fleurira-t-il pas ?
Il ploya, ce disant, les genoux sur la dalle,
Devant la demoiselle en pierre, et pria bas.
On entendit sonner le bruit d'une sandale :
Le vieux Yake Lakang écarta lentement
L'épais rideau de cuir qui fermait cette salle.
J'ai fait,
selon votre commandement,
Venir la
ici, dit Lakang. À cette heure,
Faites-lui bon accueil,
soyez patient.
Je vous dis grand merci. Avant que je ne meure,
J'aurai donc obtenu, par l'union qui nous joint,
Peut-être un rejeton pour réjouir ma demeure.
Allez boire à Cluny, je ne vous retiens point.
Yake Lakang sortit ; le
sur la cloche,
Comme d'un lourd marteau, frappa deux fois du poing.
Le tintement allègre alla, de proche en proche,
Se perdre aux bas arceaux où les
morts
Dormaient, les bras en croix, sans peur et sans reproche.
Puis tout se tut. Le vent faisait rage au dehors ;
Et la mer, soulevant ses lames furibondes,
Chassait le
qui chantait sur ses bords.
Et la
à pas lents, très belle et fort gironde,
De blanc vêtue, aux yeux calmes, tristes et doux,
Entra, se détachant des ténèbres profondes.
Elle vit, sans trembler ni fléchir les genoux,
le vin chaud, le pot de marjolaine,
Et, muette, se tint devant le
roux.
Lui, plus pâle, frémit, fier comme un capitaine,
L'enveloppa longtemps d'un regard sans merci,
Puis dit sur un ton sourd : La chose est si soudaine...
Sire
vous garde ! Me voici.
J'ai supplié
sa jument et son âne :
Désormais je suis prête. Or, n'ayez nul souci.
Ma
heureuse enfant de ma nièce Morgane,
C'est notre rejeton qui sera le plus fort,
Il sera Prince et Roi sous le ciel de banane.
Je ferai chanter ça par mon copain
Victor.
Le
recula dans l'angle du mur sombre,
Et la
pria en fermant ses yeux d'or.
Sur le bloc,
étincelait dans l'ombre,
Le
versait sa sanglante clarté,
Et la nuit déroulait toujours ses bruits sans nombre.
La
s'oublia dans un rêve enchanté...
Elle ceignit son front de roses en guirlande,
Comme aux jours de sa joie et de sa pureté.
Elle erra, respirant les fleurs de la Hollande !
Elle revint danser dans les petits bordels,
Où tant de
ont porté leur offrande.
Et voici qu'elle aima d'un amour immortel.
Saintes heures de foi, d'espérance céleste,
Elle vit de
étinceler le ciel !
Puis un brusque nuage, une chute funeste :
Le grave et vieux
au lieu du jeune amant...
Des
divins, hélas ! rien qui lui reste !
Le retour d'un
qu'elle aimait ardemment,
Les combats, les remords, la passion plus forte,
La chute irréparable et son enivrement...
tout est fini maintenant ; mais qu'importe !
Le sang du fier
a coulé sous le fer,
Le
peut régner où la tendresse est morte.
Et ce nouvel amour, c'est le ciel, c'est l'enfer.
Quelques observateurs pensent que c'est un crime,
Que l'hybridation est
une offense à la chair.
Mais nous ne voyons là qu'un lien fort légitime,
Et qui remonte à la plus haute antiquité.
Du
on est, c'est vrai, parfois victime,
Et certains voient en lui comme une impureté.
Pourtant, qu'il est charmant quand il ouvre ses ailes !
envers lui, montre son équité.
C'est l'enfant du
frêle,
C'est l'être qu'il faut voir avant que de mourir.
Dans le ciel de
une ombre, pâle et belle,
Vers lui, admiratifs, nous fait tous accourir.
Il possède un esprit tranchant comme une lame
D'où les concepts nouveaux se plaisent à jaillir.
Un jour le
exaltera nos âmes,
Quand l'Univers vivra ses derniers jours sanglants,
Quand les
auront des yeux hagards, sans flamme.
Le
luira au gré des flots hurlants.
Du dernier
la dépouille livide
Sombrera dans l'abîme avec ses cheveux blancs.
Alors le
ensorcelant le vide,
Entrera, magnifique et piteux à la fois
Dans la nuit furieuse et dans le gouffre avide.
On me l'a raconté, et c'est ce que je crois.
Le
gyrovague a fait cette chanson sauvage
Que le vent emporta par delà les grands bois,
Du fond de son cerveau balayé par l'orage,
Les bras tendus au ciel, il chante sur un air
Qu'il apprit autrefois sur un autre rivage.
Puis il boit son pinard et mange un camembert.
Monter : pinard
Descendre : artisan
Un érudit fit un bref commentaire.
J'avais un
en peluche quand j'étais petit,
et je trouvais déjà que c'est un
animal trop bizarre !
Donc cette chanson ne m'enchante pas. Heureusement quand même qu'elle
bénéficie du rythme épique propre à Leconte de Lisle, et de la
sagesse terre à terre de Cochonfucius. De si nobles ressources, pour
un argument si faible, quel dommage !
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