Ce septième volume d'Actes offre au lecteur six articles qui correspondent à des travaux exposés à l'occasion du séminaire STP.
François Rastier (Directeur de recherche au CNRS) donne le ton en proposant de refonder les sciences sociales sur les contours d'une sémiotique des cultures et d'une épistémologie de la diversité dont il fournit une esquisse critique, face aux programmes réductionnistes de tous bords.
Anne Nicolle (Professeure à l'Université de Caen) aborde sous l'angle épistémologique un champ ouvert de la recherche en informatique, celui de la modélisation dynamique des processus, des agents et des objets qui décrivent l'activité de nos systèmes interactifs personnes - systèmes.
Bruno Marchal (Docteur en mathématique) réexamine le débat entre le mathématicien Alain Connes et le biologiste Jean-Pierre Changeux sur la nature de la réalité mathématique à la lueur de l'hypothèse du computationalisme dans les sciences cognitives.
Frédéric Drouillon (Docteur en informatique) propose de considérer la programmation comme une activité créative en un sens artistique, relativement à l'espace-temps de l'interactivité numérique, à une notion de l'image reposant sur des robots, ainsi qu'aux automates spirituels introduits par Deleuze dès 1982.
Francis Rousseaux (Professeur à l'Université de Reims) enquête autour de la notion de collection, figure qui propose un passage entre la vie en singularité du collectionneur ou du spectateur et les systèmes de catégorisation et de classification.
Enfin, Marta de Azevedo Irving (Professeure d'économie au Brésil) jette les bases de la coopération franco-brésilienne basée sur la recherche scientifique qu'elle va s'attacher à promouvoir lors de son séjour en France comme chercheuse invitée en 2004-2005.
À première vue, le lecteur pourrait se trouver surpris de l'éclectisme qui frappe ces pages. Pourquoi des linguistes, informaticiens, mathématiciens, et autres économistes ou philosophes éprouvent-ils le besoin de travailler ensemble sur des sujets aussi mal définis que la culture, la collection ou le computationalisme ? Qu'est-ce qui les anime aussi vivement ?
Je répondrai avec François Rastier que nous cherchons à définir l'identité disciplinaire comme spécificité, et qu'entre des spécificités, il n'y a point de contradiction, mais seulement des différences (cf. Rastier dans ces Actes).
Outre que les contacts avec d'autres cultures et d'autres traditions disciplinaires augmentent la richesse subjective, nous croyons oeuvrer ensemble pour une épistémologie de la diversité et une philosophie des formes sémiotiques, en commençant par nous interroger sur les fictions opérationnelles qui environnent actuellement la relation entre la vie intérieure du sujet, dans l'immédiateté, et la vie intellectuelle de ce même sujet, toujours-déjà médiatisée par des catégories et des concepts, mais aussi des modes, crises, parcours chorégraphiques, plans ou projets.
Je veux terminer en remerciant les auteurs pour la qualité de leurs interventions et de leurs articles, ainsi que le public des séminaires pour la fidélité de sa présence critique.