Groupe STP, Maison des Sciences de l'Homme,
Bruno Sifantus, officier de marine, ancien auditeur de la cinquantième session de l'Institut des hautes études de la défense nationale, en poste à l'Etat-major de la Marine en charge de la préparation de l'avenir, répond à l'invitation de son camarade de session Francis Rousseaux pour exposer un point de vue très personnel sur des sujets qui ont souvent alimenté leurs réflexions d'auditeurs.
L'Etat est, notamment depuis la fin de la seconde guerre mondiale, une référence organisationnelle qui s'impose le plus souvent quand il faut traiter des rapports entre grands groupes humains. Leur extrême complexité écarte tout espoir de modélisation de type scientifique fiable (comme en économie ?). Il semble cependant que certaines logiques s'imposent, qui tirent leur force de ce qu'elles peuvent se partager dans les analyses de dirigeants, donnant ainsi matière à tenter de ressentir les stratégies des uns et des autres. Le besoin immense de communication (en relève des idéologies) leur ouvre du champ.
Doù une proposition d'approche théorique, qui ne soit ni un regard historique ni vraiment géopolitique, car l'expertise à cette échelle est illusoire, mais plutôt l'esquisse de dessins spécifiques, de mouvements qui peuvent marquer les choix géopolitiques. Il y a derrière une recherche optimiste de tracer, donc de rassurer, sur des sujets que dominent souvent la guerre, les menaces, la violence, mais qui couvrent pourtant un champ plus vaste, apte à toujours s'organiser. Distinguer les notions, ne pas s'égarer dans le choix des modalités qui sont la marque de l'humain, c'est un appel à une " métagéopolitique ", plus méthodique que dépassionnée.