Deux semaines à Flouzeland
9 août 2005
Vite, quelques notes avant que les souvenirs ne s'envolent.
J'ai passé deux semaine à Dubaï avec mon ami Christophe Tardy, 36 ans, ingénieur. Dubaï n'est pas très loin de Ryad.
Enfin, pas très loin, s'entend. Là-bas il faisait 48° le jour, avec 100 % d'humidité. Dans ces cas-là on vit dans des bâtiments à air conditionné. Les transports s'effectuent en voiture. Pas question de faire plus de 15 mètres à pied. La nuit, après avoir dégusté l'excellent repas préparé par chef italien, dans un hôtel situé en plein désert, avec ses centaines de chambres agencées autour d'une pièce d'eau de 100 mètres sur 300, on va "prendre le chaud" en allant passer deux heures en plain air, dans un Jacuzi géant.

L'hôtel Courtyard Marriot. A gauche, le restaurant.
Devant, la pièce d'eau de cent mètres sur trois cent.
A droite une "reproduction" du clocher de Saint Tropez, et au fond
une copie approximative du Pont des Soupirs
de Venise avec canal et pont à la vénitienne. Vue prise du jacuzi
de l'hôtel.

JPP et Tardy, récupérant dans le Jacuzi de l'hôtel, à la nuit tombée
Ci-après, la pièce d'eau autour de laquelle l'hôtel ( au singulier ) est agencé :

Le lac artificiel d'eau douce, de 300 mètres sur 100 autour duquel l'hôtel Courtyard est agencé ( je n'ai pas compté les chambres ).
Ci-dessous, un des restaurants où nous dînions ( italien ) avec au premier plan la piscine et le jacuzi où nous allions faire trempette à la nuit tombée. On voit qu'autour de l'hôtel c'est le désert complet à perte de vue.

La piscine, le jacuzi et le restaurant italien

San Pellegrino on the rock
La vie dans les hôtels de luxe n'est d'ailleurs pas sans danger, surtout quand les piscines sont bordées par un "déversoir", au même niveau que le sol.

En dépit de ce que voudrait suggérer ce croquis, pris sur le vif à l'hôtel, la vie à Dubaï est loin d'être aussi stricte qu'en Arabie Saoudite. Les mini-bars des chambres sont bourrés d'alcool et au centre du restaurant italien, où nous avons mangé les meilleurs gambas de notre vie trônent des empilements de bouteilles des meilleurs crus.

Les gambas du chef ( on en a repris trois fois en 15 jours )

Vu à l'hôtel Courtyard Marriot
Le chef de l'Etat, le sheik Mohammed, possède le plus grand yacht du monde, avec sept niveaux et deux ascenseurs, deux pistes pour poser ses hélicopères.

Le yacht du chef de l'Etat ( l'avant est vers la gauche )
Il se déplace dans un 747 et en possède un autre pour transporter ses chevaux de course. A Dubaï on a construit une piste de ski de 400 mètres de long, avec de la vraie neige. Les montagnes suisses sont peintes sur les murs, en trompe-l'oeil. Il faudrait des pages et des pages pour s'attarder sur toutes les excentricités sponsorisées par ces bédoins devenus multi-milliardaires. .
Avant 1960, sur cette côte, il n'y avait rien. Une crique pour atterrir (vous n'imaginez quand même pas que ceci aurait pu correspondre à l'embouchure d'un fleuve) dans laquelle quelques pêcheurs logeaient leurs barcasses. Derrière, du désert à perte de vue. Devant, le Golfe Persique. Des fonds en pente douce. Eau peu claire à cause de la présence d'algues et de plancton. Aucun poisson de roche. Comme disait un Anglais rencontré à l'hôtel :
C'est perdu au milieu de nulle part...
Dubaï ne correspondait pas à l'arrivée d'une route caravanière. Sans le pétrole le lieu serait resté en l'état. Et puis en 1960 on tombe sur l'or noir et on se met à l'exploiter. En Arabie Saoudite les émirs disent "mon grand-père gardait les chèvres". Ici c'est : "mon père était pêcheur, ou caravanier".
Pas "d'arrière-pays", pas de culture, pas d'histoire, pas de vestiges. Du rien géographique à l'état pur. Mais, tout d'un coup, une masse de pétrodollars qui déboulent. Au lieu de se contenter de claquer ceux-ci à Deauville ou à Cannes ( mais ils le font aussi ) les émirs décident de créer une ville, un pays de toutes pièces. Or dans ces " Emirats Arabes Unis ", qui s'appelaient jadis " la côte des pirates " il n'y a strictement rien. Pas un arbre. Dubaï décide alors de "jouer la carte du tourisme de luxe". Vous avez du en entendre parler, les émirs ont fait construire des îles artificielles en forme de palmiers. La première, dont les villas seront habitables d'ici un an en contient un millier je crois. Il a fallu amener de la terre, quelque chose pour stabiliser tout cela. Puis des conduites, un système complet d'épuration, tout. Nous avons visité "le plus grand chantier du monde".

Côte des Emirats. Palm Jumeirah
Ceci représente la côte, à 20 km à l'ouest de la ville de Dubaï. Dans les Emirats, tout vient du pétrole, à commencer par l'électricité, produite par une centrale thermique située en bordure de ville, à l'ouest. L'eau douce est obtenue en dessalant l'eau de mer. En faisant circuler cette eau dans des tuyaux enfouis sous de la terre, apportée pour la circonstance, on arrive à faire pousser du gazon, comme dans la célèbre chanson des frères Jacques ( " mais son rêve, c'était d'voir pousser l'gazon..." ). En bas de l'image on distingue le Golf Club où Tardy et moi prenions nos repas de midi, évidemment dans des cages vitrées avec air conditionné. Le vert signale la présence de gazon. Il y a même des palmiers, qui ont la tête dans de l'air à la température de ce qui sort d'un séchoir à cheveux, et les pieds dans l'eau. Le bord de mer et doublé par une autoroute bordée de gazon, avec le même fonctionnement. Tout ce qui pousse est alimenté en eau issue du dessalement, arrivant par dessous. La circulation sur cette autoroute, où les accidents sont quotidiens, est très dangereuse, les émirs considérant que le code de la route "concerne les pauvres", de même que la voie de circulation droite. On double aussi bien par la droite que par la gauche. Nous avons pu rester en vie grâce à la remarquable faculté d'adaptation et d'anticipation de Christophe Tardy, qui fut mon chauffeur pendant ces deux semaines.
La " Palm Jumeirah " est cette première " Marina " assise sur un sol entièrement apporté par des milliers de camions. La largeur du "palmier" doit être de un à deux kilomètres. Celui-ci est entouré d'une bande "corallienne", de même nature, artificielle, où on a ménagé quelques passes. Sur cette bande sont disposées des villas avec appontements. Mais celles-ci qui se construisent sur les palmes n'en ont pas. On y accède par une route située selon l'axe de chaque palme. De chaque côté des chapelets de villas "de luxe", qui ont été mises à prix à un million de dollars l'unité. Les mille premières ont été enlevées en 24 heures. Beaucoup ont été revendues le double quelques mois plus tard. Mais tout cela est en soi un mystère des plus épais. En effet l'image suivante montre les villas, telles qu'elles se présenteront une fois achevées. Une étude plus poussée m'a dissuadé de consacrer à un tel achat le milliard de dollars que j'avais en disponible.

Les villas de Palm Jumeirah
Ce sont des villas avec un étage et une terrasse. Si on excepte celles qui sont en bout de "palme" les autres sont distantes de 5 à 10 mètres. Devant, un bout de terrain, un bassin de quatre mètre sur quatre, un mur et quelques mètres de plage. A cent mètres, une vue imprenable sur "le voisin d'en face". Il s'agit donc des premiers hlm pour riches. Sarcelles sur mer, en quelque sorte.

Quelques-unes des 2000 villas en cours de finition,
à 2 millions de dollars pièce. Au premier plan, une vasière
en cours de formation
Photo : Christophe Tardy
Rien n'a été prévu pour que l'eau circule dans ces canaux se terminant par des cul-de-sac. L'eau de mer y stagnera donc, à moins qu'on la fasse circuler avec des turbines. Des ingénieurs étudient des systèmes permettant de remonter le sable des plages, au fur et à mesure que celui-ci s'éboulera dans le canal. En visitant les lieux j'ai pu, en me déchaussant et en remontant mes bas de pantalons constater que le fond sableux était déjà couvert d'un tissu d'éponges de couleur marron, se détachant par plaques. Ce n'est donc pas l'eau des Caraïbes. En mer ouverte la visibilité est de dix mètres et il n'y a rien à voir que du sable. Pour résoudre le problème et développer le sport subaquatique le chef de l'Etat, le Sheik Mohamed jettera à l'eau chaque matin un lingot d'or d'un kilo. Cela fait 365 kilos d'or par an. Ce lingot ne s'enfoncera pas trop profond. En effet la couche de sable n'est que de 30 cm. En dessous, une roche plus dure.
La photo qui est plus haut, en incrustation, montre une des réalisations de Dubaï, peuplé de gratte-ciels. Des dizaines, comprenant jusqu'à 70 étages, sont en construction et des dizaines de milliers de gens y travaillent de jour comme de nuit. On pose un chiotte ou un robinet de douche toutes les cinq secondes. Les émirs ont lancé la construction du plus grand gratte-ciel du monde : 710 mètres :

" Burg Dubaï " : le plus haut bulding du monde : 710 mètres. En construction
Ce bâtiment risque d'ailleurs de poser des problèmes de visibilité, le temps étant en général couvert à Dubaï, de jour comme de nuit ( nous n'avons jamais vu les étoiles en août ) à cause d'une brume de mer.

Revenant à la marina " Palm ", voici une photo prise par satellite, signalée par un lecteur.

Vue prise par un satellite
A propos de photos prises par satellite, voilà ce qu'on trouve couramment sur Internet :

Photo prise par satellite
On devine la présence de piétons, dont on voit les ombres. Quand nous étions à Dubaï nous avons rencontré un type qui nous a dit que les Américains avaient reconnu ses traits lorsqu'il était dans le parking de son entreprise, en examinant une photo prise par satellite. Cela représente simplement une résolution supérieure. Avec la technique actuelle, la seule façon de passer réellement inaperçu est de se promener avec son parapluie.
Mais revenons à Dubaï où il n'y a ni impôt sur le revenu, ni impôt sur les bénéfices des sociétés, ni charges sociales. Les hôpitaux sont gratuits. Les gens qui travaillent sont soit des maîtres d'oeuvre payés à prix d'or, soit des Indiens ou des asiatiques payés au lance-pierre. On paye un ouvrier 200 dollars par mois et un "ingénieur indien" 2000 dollars. Ces gens ne s'en plaignent pas car ils peuvent ainsi faire vivre de nombreux compatriotes, à distance, et gagnent de toute façon cinq à dix fois ce qu'ils gagneraient dans leur propre pays. Les "immigrés haut-de-gamme", Européens ou autres gagnent en deux ou trois ans de quoi payer la villa qu'ils auraient mis 20 ans à acheter à crédit. Les architectes peuvent exprimer leurs fantasmes les plus fous. Palm Jumeirah, visible depuis l'espace, est "le plus grand chantier du monde". Ca n'est d'ailleurs qu'un début. D'autres projets vont voir le jour. Sur la carte ci-dessus vous avez pu voir un ensemble de taches blanches intitulées " The World ", " le Monde ". Il s'agit d'un ensemble d'îles représentant des pays. Chaque chef d'état ou sénateur pourra ainsi s'acheter l'île correspondant à son état. Visible depuis l'espace, bien sûr.
Cette " Palm Jumeirah " n'est d'ailleurs que le " brouillon " de réalisations plus vastes, comme la " Palm Deira ", située à l'est du port de Dubaï :

Le projet de marina " Palm Deira ". Diamètre : huit kilomètres : le Paris intra-muros. Visible depuis l'espace.
Pour finir ce tour, une vue d'une des nombreuses galeries marchandes.

Galerie marchande à Dubaï
( Photo Christophe Tardy )
Sur cette photo vous avez le tout Dubaï. Au premier plan, à droite, la femme complètement voilée ( au restaurant, la femme voilée glisse son hamburger sous son voile, ce qui demande un certain entraînement ). A gauche le tchador noir ( la femme qui engueule le type en blanc ). A droite le tchador "fantaisie" et, juste à côté une autochrone en pantalons, épaules nues. Ca n'a donc rien à voir avec l'Arabie Saoudite. Tous ces gens se croisent sans problèmes. Détail : il ne s'agit pas d'une vue de Dubaï à la nuit tombante. Nous sommes sous air conditionné. Il fait 48 à l'extérieur et le ciel est peint sur le plafond.
A Dubaï, si on est pas complètement mégalomane on joue en dessous du filet. Seuls des rois du pétrole peuvent envisager la construction d'une pyramide d'une taille supérieure à celle de Kheops.
Pour avoir une idée d'ensemble
des projets des Emirats. Un méga en pdf.
Plus pharaonique, tu meurs
Le projet " The World " , un semble d'îles artificielles reproduisant la planisphère terrestre, qui sera visible depuis l'espace, va son train :

L'ensemble d'îles constituant le projet " the World", en face de Dubaï
Ce projet sera assujetti aux mêmes problèmes. Une eau peu claire, avec une visibilité inférieure à dix mètres, rien qui soit prévu pour que les courants marins perettent à l'eau de mer de circuler dans ces canaux, ni qu'il soit prévu quoi que ce soit pour leur éviter de s'ensabler. Rien à voir, qu'une mer plate et un ciel plombé, avec 48° quatre mois par an, et le voisin d'en face, à cent mètres "dans les parties continentales". Dans une propriété située "sur une côte" on aura un peu plus de champ. Pas grand chose pour se distraire, si ce n'est de se dire qu'on aurait éventuellement pour voisin Michael Jackson ( ici en visite, aux Emirats, peu de temps après son procès ).

2005 : Michael Jackson se faisant présenter le projet " The World "
Christophe avait une phrase qu'il prononçait deux ou trois fois par jour, qui faisait mouche à chaque fois, résumant la situation à laquelle nous étions confrontés :
- Tout ceci n'est pas raisonnable.....
Je ne connais qu'un seul lieu sur Terre on on ait implanté du " fun " en plein désert, dans lieu correspondant à la phrase anglaise :
Lost, in the middle of no-where...
" Perdu au milieu de nulle part " : C'est Las Vegas. Ca, ça tourne bien. La recette : le jeu, les femmes, l'alcool et la drogue. A Dubaï on est pas trop regardant sur l'interdit coranique de la boisson. En vidant le mini-bar des hôtels on peut se saoûler la gueule en toute discrétion. On peut même se faire monter une bouteille de Bourbon, j'imagine. Il y a des putes asiatiques dans les bars pour Européens, discrètes, mais bien présentes. Jusqu'où cela pourra-t-il aller ?
Dubaï a donc joué à fond la carte d'un tourisme de luxe. On peut évidemment y jouer au golf, faire du cheval, du polo. La restauration est extrêmement soignée. Notre hôtel avait plusieurs restaurant, dont un des meilleurs restaurants italiens que j'aie jamais connu, dirigé par un maître queue florentin, mais où les personnel, cuisines comprises, est entièrement balinais. Visiblement le cuistots balinais ont parfaitement assimilés l'art de la cuisine italienne.
On peut posséder un yacht, certes, mais uniquement pour frimer. Les îles sont plates comme la main. Les bains de mer : pas terribles. L'eau est trouble. Le sheik Mohammed a alors eu une idée : débvelopper le tourisme sous-marin. La société Exomos conçoit donc et fabrique des sous-marins de plaisance, de toutes les tailles ( y compris des " yachts submersibles ", le fin du fin ).


Dubaï se développe à la manière des villes de l'ouest américain à l'époque de la ruée vers l'or, avec un " taux de chômage négatif ". Pas de délinquance ni de police apparente. Ca va avec le plein emploi. Tout délinquant serait immédiatement collé dans le premier avion, son permis de travail étant supprimé. La ville va s'étendre vers l'ouest sur des dizaines de kilomètre en bordant un autoroute déjà engorgé, siège d'embouteillages monstres. Si le tourisme nautique se développait au même rythme, le sous-marin pourrait se présenter comme une alternative intéressante, à condition de disposer d'un sonar anti-collision, indispensable vue la visibilité très limitée.
Tourisme sous-marin ? Encore faudrait-il qu'il y ait, sous l'eau, quelque chose à voir. Des spécialistes ont étudié l'implantation de diatomées susceptibles de manger les algues qui flottent dans le golfe. D'autres prévoient de recréer des fonds sous-marins à la matière d'un Disneyland subaquatique. Ici, les Caraïbes, là, la mer de Corail. Mais les poissons accepteront-ils de loger dans les habitations prévues à leur intention ? Et de quoi se nourriront-ils ?
De nouveaux problèmes sur lesquels plancheront d'autres spécialistes.
On l'a compris : cette côte des Emirats est un monde totalement artificiel, plaqué sur du sable à coup de milliards de pétrodollars. Là-bas les problèmes du reste du monde ne parviennent que de manière assourdie, étouffée. Le mot "croissance" n'a pas de sens. Quand le prix du baril augmente la rente pétrolière suit le mouvement. On ne cherche même pas d'investissements rentables. On construit, c'est tout. Dans Dubaï même on trouve des lotissements composés de centaines de villas de luxe qui restent inoccupés. Les logement ne sont ni à vendre, ni à louer. Qui habitera ces milliers de logements qui correspondent à la construction de toutes ces tours, qui se poursuit à une cadence impressionnante, presque ... démentielle pour nos yeux d'occidentaux. Nous n'en savons rien. Les émirs espèrent que ce tourisme de luxe pourra prendre un jour le relais et constituer l'épine dorsale d'une économie lorsque le pétrole viendra à manquer. Mais gagneront-ils leur pari ? Les eaux du Golfe Persique accepteront-elles de ressembler à celles des Bahamas ? Rien ne me semble moins sûr.
A Dubaï les arpens de désert sont bon marché et s'étendent .. à l'infini. Les entreprises qui s'y installent n'attendent même pas que le permis de construire leur soit délivré. Qui pourrait-on gêner dans un coin pareil ? On peut importer de la main-d'oeuvre à bon marché, d'Inde ou d'Indonésie, voire de Chine. Une main d'oeuvre docile parce que "relativement bien payée" en regard des standards de leurs pays d'origine. Pas de charges sociales, pas d'impôts sur les sociétés, pas d'instabilité politique. Il suffit de concéder des parts de l'entreprise aux émirs en place ( 5 % de la population ).
Mais une chose est sûre : si le pétrole cessait de couler, la centrale thermique ne produirait plus d'électricité. Les ascenseurs des hyper-buildings et les systèmes à air conditionné s'arrêteraient, de même que les chaînes de production. Dubaï ressemblerait vite à ces villes mortes comme on en trouve au Far West ou au centre de l'Amazonie, à Manaos, la ville où les rois du caoutchouc avait fait construire une opéra où Sarah Bernard, sur la fin de sa vie, vint se produire. Christophe Tardy pense que les émirs devraient investir dans les ... énergies renouvelables, dans le solaire, l'éolien, et devenir des leaders dans ces domaines, puisqu'ils en ont les moyens. A Dubaï souffle un vent de mer assez régulier. Les émirs pourraient construire "les plus grandes éoliennes du monde" ( ne serait-ce que pour faire circuler l'eau de mer dans leurs bayous artificiels. Côté solaire, voir le dossier sur le couplage miroir solaire - générateurs Stirling, testé avec succès à Sandia, Nouveau Mexique. S'ils veulent laisser un nom dans l'histoire, au lieu de s'imposer dans le tourisme de luxe, les émirs devraient développer ce type d'appareils, en dotant tous les pays du tiers monde de génératrices électriques très simple et de faible entretien. Ils pourraient aussi être leurs premiers clients en truffant leur désert de génératrices de ce genre, jusqu'à ce qu'ils deviennent auto-suffisants en énergie. Chez eux, ça n'est pas la place qui manque. Ce qui serait amusant, ça serait de créer une usine automatisée fabriquant des génératrices solaires, servie par des robots allant eux-mêmes les installer, jusqu'à ce qu'il arrivent en ... Arabie Saoudite. Il y a de la marge.
Moi, si j'étais émir .....

5 septembre 2005 : L'origine des Emirats Arabes Unis
Cette histoire est dédiée à mon amie Noémie, 11 ans.
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Dubaï, l'envers du décor
J'ai regardé hier sur France 2 une émission montrant les dessous de la ville de Dubaï ( dont Christophe et moi n'avions vu en juillet que le dessus, donc ). l'impression est ... effrayante. Je demande aux lecteurs qui auraient enregistré cette émission de se manifester, et à ceux qui seraient capables de réaliser un transcodage en DivX ou en avi de faire de même. Ca me permettra de récupérer des images par copie d'écran et de monter un dossier qui fasse suite à celui intitulé " Deux semaines à Flouzeland ".
Nous avons passé deux semaines à Dubaï, à la demande d'une société qui nous a payé le voyage, le vivre et le couvert. Nous avons travaillé non-stop pendant 14 jours, sans être rétribués, pour essayer d'avancer un projet. Si le dossier donne une impression de vacances, ça a loin d'avoir été le cas pour nous. Cette affaire aura-t-elle des suites ? On verra. Comme on dit "affaire en cours".
Ce que nous pouvons dire c'est que nous avons cotoyé pendant deux semaines une centaine d'employés indiens qui ne se tuaient pas à la tâche. Les salaires s'échelonnaient de la façon suivante : 200 dollars par mois pour le manoeuvre, 1000 dollars pour l'ingénieur. Ceci étant, les techniciens et les ingénieurs indiens que nous avons cotoyés étaient loin de correspondre aux norme de pays comme la France. Pas d'initiative, peu de réelles compétences. Nonchalance généralisée. Sur ces cent salariés, une grande partie, recrutée par un Indien appartenant à la direction, décédé par la suite d'un infarctus, représentait surtout une administration assz lourde. Ceci étant, tous les gens avaient des conditions de travail très bonnes, l'air conditionné ( alors qu'il faisait 48° dehors ). Les ouvriers étaient transportés dans des bus également dotés de l'air conditionné. Le travail s'arrêtait à 17 heures et les employés avaient un jour de repos hebdomadaire, le vendredi. Je n'ai pas visité leurs logements mais, si ça ne devait pas être le grand luxe, je les imaginais dans ce qu'on pourrait qualifier de logements décents. Comme il me fut dit dès mon arrivée :
- Ces salaires peuvent sembler bas, mais ils sont très supérieurs à ceux que ces gens trouveraient dans leur propre pays. Ces gens viennent donc ici pour gagner de l'argent et en envoyer une bonne partie à leur famille.
Ce que nous avons pu voir dans le documentaire tourné par France 2 n'a rien à voir, et je souhaiterais pouvoir donner écho à ce son de cloche sur mon site. C'est de l'esclavagisme caractérisé. Ce que nous avons vu nous a extrêmement choqué du point de vue des conditions de travail, horaires, couverture santé, conditions d'hébergement de travailleurs du bâtiment, chargés de construire les très nombreux gratte-ciels que l'ont voit pousser là-bas comme des champignons. Une image assez proche de l'esclavagisme aux Antilles au 18° siècle. C'est d'autant plus choquant que les émirati, surfant sur des flots de pétrodollars ont largement les moyens d'offrir des salaires convenables et de bonnes conditions de travail et d'hébergement à leurs travailleurs immigrés. Certaines images évoquent les univers concentrationnaires, où les travailleurs de ces camps de concentration étaient dirigés par des kapos. Car, apparemment les émirati ne font rien d'autre qu'encaisser les bénéfices et prendre les décisions. Ils laissent à des gens qui sont eux-mêmes des immigrés le soin d'organiser le travail et de le gérer, de gérer ce "cheptel humain". Ainsi des Indiens exploitent-ils durement d'autres Indiens, des Asiatiques exploitent-ils d'autres asiatiques, sans le moindre scrupule.
Interrogé, un Français chargé à Dubaï de contribuer à l'amélioration de l'image des Emirats à l'étranger, répond :
- Ah, ici, c'est le libéralisme poussé à l'extrême. Quand on travaille à Dubaï, on n'est pas à la Sécurité Sociale.....
C'est ce qui semble, effectivement.
J'ai déjà écrit le commentaire en revisionnant l'émission. J'attends de pouvoir capturer des images pour mettre en ligne.
26 septembre 2005 : L'émission est visible sur :
http://info.france2.fr/emissions/13478000-fr.php
Cliquer sur le lien "dans les soutes de l'eldorado" pour lancer la vidéo (33 mn environ).
J'ai la vidéo. Je vais piquer des images et mettre en ligne une illustration de ce document de France 2
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