|
voir le site complet sur : http://www.microtec.net/desgros
Galerie de portraits de la psychanalyse britannique (3) Ella F. SharpeElla F. Sharpe (1875-1947) était une analyste estimée pour la qualité de son travail clinique. Élève de Hans Sachs et James Glover, Sharpe avait une formation d'enseignante et s'intéressa à l'analyse des enfants avant même l'arrivée de Melanie Klein en Angleterre.
Joan Riviere
Joan Riviere, qui avait ses entrées chez Freud qui était séduit par ses excellentes traductions, devint rapidement une amie et une collaboratrice de Melanie Klein lors de son arrivée en Angleterre en 1925, au point de jouer à quelques reprises le rôle de porte-parole du groupe kleinien au cours des diverses discussions qui eurent lieu.
Edward Glover
Edward Glover sera au cœur des grandes controverses entourant le mouvement kleinien au cours des années trente et quarante. Après avoir d'abord supporté les travaux de Melanie Klein, Glover deviendra son plus grand et virulent détracteur, menant une campagne obstinée pour obtenir l'exclusion de celle-ci. La situation était d'autant plus dramatique que Melita Schmideberg, la fille de Melanie Klein était alors en analyse avec lui. Analyste et analysante firent front commun pour attaquer Klein lors des discussions scientifiques, provoquant un réel malaise dans l'assistance. Glover sera défait dans sa lutte contre Klein et quittera par la suite l'Angleterre pour s'établir aux États-Unis où il poursuivit ses recherches sur les populations carcérales.
James GloverJames Glover (1882-1926) était un personnage très estimé étroitement lié aux origines de la psychanalyse en Angleterre. Homme d'une grande culture, Glover assuma d'abord des tâches de médecin et chirurgien au Brésil et en Écosse avant de travailler à la Brunswick Square Clinic où se dispensaient des traitements psychanalytiques. Il décida alors d'aller se former à Berlin auprès de Karl Abraham. James Glover fut l'analyste de certains des pionniers de l'analyse en Angleterre, dont Ella F. Sharpe. D'une santé fragile, il décéda dans son jeune âge d'une complication du diabète.
John BowlbyJohn Bowlby (1907-1990) provient d'une famille de la noblesse anglaise peu portée, comme le veut la tradition, sur l'affection. Mis au collège dès huit ans, ce qu'il critiquera plus tard, Bowlby fit des études de médecine à Cambridge après avoir été tenté par les sciences naturelles et la psychologie. Avant la fin de ses études il eut l'occasion de travailler avec des enfants provenant de milieux perturbés, expérience qui allait demeurer au centre de ses réflexions ultérieures. C'est par ce travail qu'il fut encouragé à entreprendre une formation pour devenir analyste.
Devenu analyste, Bowlby continua sa pratique de consultant auprès des enfants. Il était apprécié au sein de la Société britannique de psychanalyse pour ses qualités indéniables d'administrateur et occupa à plusieurs reprises des postes importants. Son appartenance au middle group et son souci de maintenir ensemble les différents courants lui ont valu l'estime de plusieurs. C'est la publication en 1958 d'un article important intitulé The Nature of the Child's Tie to his Mother qui marque le début de l'oeuvre majeure de Bowlby et, en même temps le coup d'envoi d'une longue controverse. Fortement inspiré par les nouveaux travaux des éthologistes, Bowlby remettait en question les bases mêmes de la métapsychologie. Les plus modérés admiraient son travail mais concédaient ne pas considérer qu'il s'agisse de psychanalyse. À compter de ce jour, Bowlby se retira graduellement de la Société tout en restant membre. Il travailla à la publication d'une œuvre considérable dont la trilogie Attachement, Separation and Loss constitue le coeur.
Enid BalintIl est assez difficile de résumer le travail d’Enid Balint, tant il est imbriqué avec celui de Michael Balint, dont elle fut la troisième épouse. Ils travaillèrent conjointement, dès 1947, à la formation des assistantes sociales du planning familial à Londres, les " case works ". Cette idée lui fut inspirée par son analyse menée avec Donald W. Winnicott. Par la suite, cette formation sera étendue aux médecins, à partir du milieu des années 50. Le principe de base de cette formation est éminemment psychanalytique, puisqu’il repose sur l’analyse du transfert et du contre-transfert. Il s’agit de ne plus considérer l’autre en face comme un être purement somatique (comme la personne en situation de demande face au travailleur social ou le patient face au médecin), mais également d’envisager sa dimension psychologique, avec toute la perte d’objectivité que cela implique. Car les maladies cliniques, les états pathologiques, devraient être considérés comme des symptômes ou des exacerbations de la " maladie fondamentale ", maladie trouvant sa source dans le passé de l’individu et spécialement au tout début de sa vie, lorsqu’il y a eu un écart trop important entre ses besoins et les soins qu’il a reçu à pendant cette période (c’est la notion de défaut fondamental, qui montre bien à quel point l’influence de Winnicott fut grande). Ces symptômes sont déclenchés par les différentes crises du développement de l’individu, crises à la fois exogènes et endogènes, psychologiques. Dans cette perspective, envisager l’autre dans sa totalité suppose donc d’être capable d’écouter, de ressentir, de s’impliquer dans la relation à autrui. Cette capacité ne peut s’obtenir qu’après avoir conquis une liberté, cette conquête passant par l’analyse du contre-transfert, et donc des propres résistances du praticien qui , à défaut d’une analyse personnelle, aborde, en séminaires de groupes, le traitement de ses patients, tout en acceptant l’analyse de son propre contre-transfert, sous la supervision d’un analyste. Si cette formation repose beaucoup sur les principes de base de la psychanalyse (analyse du transfert et du contre-transfert, règle d’associations libres, interprétations), elle s’en éloigne par l’aspect de travail en groupe, plus adapté, et ce pour deux raisons majeures : le but n’est pas de mener une analyse personnelle, et les travaux récents de Kurt Lewin sur la dynamique de groupe offraient un champ de travail adéquat. On retrouve ainsi dans cette formation cinq points fondamentaux :le transfert, la catharsis, la prise de conscience, la mise à l’épreuve de la réalité et la sublimation. Ces cinq éléments permettront aux membres du groupe d’améliorer leur perception d’eux-mêmes et d’autrui. L’éloignement vis à vis de la psychanalyse orthodoxe se fera encore au niveau de l’analyse du contre-transfert, celui-ci se rencontrant sous trois formes : la relation médecin-patient, la relation médecin-leader de groupe et la relation médecin-groupe, quittant ainsi la triangulation classique. Paradoxalement, si les idées d’Enid et Michael Balint sensibilisent le monde entier, elles ne sont aujourd’hui appliquées concrètement que par une minorité de médecins, et spécialement dans les pays fondateurs, alors que l’on observe un développement dans les pays " neufs "(par exemple en Suède ou en Allemagne de l’ouest). Ce qui pose une question essentielle, à savoir la médecine deviendra t’elle de plus en plus technique ou alors se redirigera t’elle vers davantage de relationnel ? Collaboration spéciale de Frédéric Baeli
Harry GuntripHarry Guntrip (1901-1975) est un personnage particulier de la psychanalyse britannique. D'abord analysé par Fairbairn puis par par Winnicott, Guntrip occupera une place importante au sein de l'école dite des relations objectales en publiant des ouvrages considérables qui ont contribué à faire connaître sa pensée et celle de Fairbairn dont il se rapproche. Guntrip s'est surtout intéressé aux phénomènes schizoïdes et en a développé une conception originale. Il a aussi publié, fait remarquable, un récit de ses analyses avec Fairbairn et Winnicott (voir le volume 77 de l'International Journal of Psycho-Analysis).
|