[Lutecium-group] Re: Lutecium-group Digest, Vol 12, Issue 15
Frans Tassigny
frans.tassigny at gmail.com
Thu Nov 17 11:26:14 UTC 2005
Cher,
je fait une distiction entre réel et réalité et de poursuivre par : les
trois chaînes de perception de la "réalité" ne fonctionnent plus, non
seulement ces violences urbaines viennent de briser ces trois registres mais
surtout elles s'expriment si l'on peut dire, directement dans l'une d'elles
' LE SYMBOLYQUE"
Sa structure même ressemble à une explication de texte.....,l'inconscient
les a renvoyés.
Dans ces conditions l'objet des émeutes, c'est le discours. Le signe en a
été l'incapacité de tout ces acteurs et intervenants à produire un champ
d'écriture autonomne.
Dans ces "Considérations actuelles" en 1915 Freud démontrait que les guerres
provoquent de la désilusion et que la grandeur de la désillusion était
proportienelle à l'importance que les hommes attachent à l'illusion. d'ou
votre pessimisme à propos de ce que vous ressentez du réel, à ce propos
Lacan l'a définit comme suit : "Le réel c'est sur quoi l'on butte".
à vous lire
frans tassigny
Le 17/11/05, lutecium-group-request at lutecium.org <
lutecium-group-request at lutecium.org> a écrit :
>
> Send Lutecium-group mailing list submissions to
> lutecium-group at lutecium.org
>
> To subscribe or unsubscribe via the World Wide Web, visit
> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
> or, via email, send a message with subject or body 'help' to
> lutecium-group-request at lutecium.org
>
> You can reach the person managing the list at
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> When replying, please edit your Subject line so it is more specific
> than "Re: Contents of Lutecium-group digest..."
>
>
> Today's Topics:
>
> 1. Re: Ren ? Girard et la violence (Jean-Paul Kornobis)
> 2. Paris brule t il (explication th?orique) (Frans Tassigny)
> 3. RE: Paris brule t il (explication th?orique) (penedo nicolas)
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>
> Message: 1
> Date: Thu, 17 Nov 2005 01:29:24 +0100
> From: "Jean-Paul Kornobis" <jpkornobis at nordnet.fr>
> Subject: Re: [Lutecium-group] Ren ? Girard et la violence
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <000801c5eb0d$f61c7710$0a01a8c0 at kornobis1a5288>
> Content-Type: text/plain; format=flowed; charset="iso-8859-1";
> reply-type=original
>
> Cher Michel Borsoto
> Merci pour votre visite sur le site Violence et sacré. J'ai en effet passé
> pas mal de temps à tenter un pont entre Girard Freud et Lacan. Il me
> semble
> que bien que si Girard (tout comme Lacan) "déconstruit" (je sais que
> Girard
> n'aime pas le
> mot de déconstruction), le mythe du désir romantique, la psychanalyse et
> Girard restent incompatibles sur plusieurs points :
> -Pour Girard la violence, prise dans la théorie darwinienne de l'évolution
> , y est
> considérée comme fondamentale. Il y a un début, (un "commencement des
> choses") et une fin (l'Apocalypse : "J'ai
> vu Satan tomber comme l'éclair"). Alors qu' avec Lacan, le traumatisme (la
> violence) c'est
> l'entrée du langage (au début était le verbe, le mot tue la chose etc.),
> et
> c'est le langage qui permet de dire- mais à postériori cette fois- que la
> violence était fondamentale.
> -Lacan contrairement à Girard, se place dans une perspective créationniste
> (cf. le Séminaire l'Ethique). Dans une théorie évolutionniste, Dieu est
> partout alors que dans une théorie créationniste, Dieu est un symptôme.
> -Girard prend comme point de départ de sa théorie, un réel (la violence)
> inscriptible sous la forme de mythes, (histoires de meurtres racontées par
> les assassins) alors que Lacan pose que le réel (la jouissance) ne peut
> pas
> s'écrire (il n'y a pas de rapport sexuel).
> -Toute l'analyse de Girard se fonde sur les textes des grands auteurs de
> la
> littérature, ces maîtres du désir, qui ont mangé une partie du livre mais
> contrairement à Lacan , Girard n'utilise pas ces auteurs comme des
> découvreurs mais plus comme des "confirmateurs" de la théorie mimétique,
> donc pas de création possible pour Girard, tout a déjà été dit, on ne peut
> donc
> qu'imiter plus ou moins bien un maître qui lui même imite un autre maître
> etc. alors que pour Lacan le discours du maître n'est pas le seul discours
> et ce n'est surtout pas celui de l'analyste.
> -Sans le Christ, le désir ne peut être que pervers (cf. "La route
> antique des hommes pervers"), père -version dirait Lacan, certes mais même
> si la perversion se généralise actuellement, l'altérité existe (cf. "Que
> veut une femme ?" de Serge André ou "Ce que Lacan disait des femmes" de C.
> Soler).
> -Pour Girard le "transfert" de la psychanalyse n'est que de la mimésis, si
> l'on a fait une analyse on ne peut pas être d'accord non plus sur ce
> point.
>
> Tous ces points (et je ne parle pas ici du bouc émissaire) que j'ai déjà
> discuté avec René Girard expliquent le fait que j'ai fini par renoncer à
> tenter un pont synthèse entre deux théories.
> Cordial
> Jean-Paul Kornobis
>
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "Michel Borsotto" <m.p.borsotto at wanadoo.fr>
> To: "Lutecium Group" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Wednesday, November 16, 2005 10:30 AM
> Subject: [Lutecium-group] Ren é Girard et la violence
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Chers amis
>
> Pour un cartel j'ai commencé un travail sur la croyance que je vous livre
> ci-dessous (la présentation en sera modifiée et moins lisible qu'en pièce
> jointe. Si vous le souhaitez je peux vous l'adresser à titre personnel en
> pièce jointe).
>
> Ce travail m'a permis de lire "La violence et le sacré" de René Girard et
> de
> visiter le site de Jean Paul Kornobis.
>
> En échos à quelques interventions récentes je voudrais mettre en relation
> ce
> que j'ai compris de ce qu'avance René Girard sur la violence comme
> fondatrice de l'être humain, le parricide et l'inceste ne venant qu'en
> second, ainsi que le rôle de la religion comme écran face à cette violence
> fondatrice par le sacrifice de la victime émissaire pour empêcher le
> surgissement de la violence originelle destructrice de la société. Je suis
> forcément réducteur et caricatural concernant la thèse de Girard.
> Mais ne nous fait elle pas faire un pas de plus (au sens lacanien) dans le
> regard de ce qui se passe dans les banlieues aujourd'hui (et qui était
> tout
> à fait prévisible; j'ai été pendant plusieurs années directeur d'école en
> ZEP à l'Ariane, quartier ultrasensible de Nice) ?
> Au-delà de la révolte contre le Père de la société et l'inceste voilé à
> travers les "tournantes" n'y a-t-il pas effectivement cette violence
> originelle dont on ne peut rien dire et que chaque groupe, église,
> religion
> habille avec son mythe fondateur.
> La thèse de Girard m'a ouvert ces horizons que je commence à peine à
> explorer et je ne pense pas, malgré ce que semble dire Jean-Paul Kornobis
> qu'elle soit antinomique avec la thèse freudienne si je me réfère à Totem
> et
> Tabou et au meurtre originaire du père de la horde dont Freud précise bien
> que peu importe qu'il ait eu lieu ou pas réellement. La violence apparaît
> bien comme fondatrice. Je fais la même analyse concernant ce que dit
> Girard
> sur Oedipe.
>
> Bien à vous, en vous remerciant par avance de vos réactions
>
>
> Michel BORSOTTO
> Psychanalyste
> 655 chemin du Prats
> 06390 COARAZE
>
> 04 93 79 36 59
>
> <m.p.borsotto at wanadoo.fr>
>
> La passe de la croyance.
>
> ³Je n¹ai que l¹idée que je me fais de moi
> pour me soutenir sur les mers du Néant²
>
> Henry de Montherlant
> (Service Inutile)
>
> A la relecture de Descartes, une phrase retenue depuis l¹enfance et
> retrouvée en ouverture de la première méditation ³Des choses que l¹on peut
> révoquer en doute²: ³J¹ai remarqué, il y a déjà plusieurs années, combien
> sont nombreuses les choses fausses que dès mon plus jeune âge j¹ai admises
> pour vraies et combien sont douteuses toutes celles que j¹ai édifiées sur
> elles, et que par conséquent il fallait une fois en ma vie tout renverser
> jusqu¹au fond et commencer de nouveau à partir des premiers fondements, si
> je désirais établir un jour dans les sciences quelque chose de durable...²
>
> Il allait donc entreprendre le voyage intérieur.
>
> Qu¹est ce qui est sûr?
>
> Les sens sont trompeurs.
> Pourtant une seule certitude, indémontrable: Je suis ici. Pourtant j¹en
> doute quand même.
>
> Peut-être que je rêve?
>
> Quelle certitude ai-je d¹exister?
>
> Descartes répond :²... J¹ai dans l¹esprit, fixée depuis longtemps, une
> certaine opinion selon laquelle il y a un Dieu qui peut tout et par qui
> j¹ai
> été créé tel que j¹existe.²
> Mais un peu plus loin il note que quelque contradicteur (inventé, un
> double?) pourra dire : ³Dieu est une fiction ... Et je suis finalement
> contraint d¹avouer qu¹il n¹y a rien de ce que je tenais autrefois pour
> vrai
> dont il me soit permis de douter...² ³... Je connais comme certain que
> justement il n¹y a rien de certain.²
>
> Je sais que je suis mais je suis trompé, ce moi est insaisissable. ³Je
> ne suis qu¹une chose qui pense, ... un esprit... ce moi que j¹ai
> reconnu...
> ce serait invention et fiction ... je reste pris dans le piège des mots,
> et
> je suis presque trompé par le langage courant.² Il n¹y a que ce que je
> vois.
> Pulsion scopique.
> Descartes arrive à une impasse. ³Je suis, moi, une chose qui pense,
> c¹est à dire qui doute². Il n¹y a aucune garantie.
> Pour trouver un point d¹appui évitant de tomber dans le mutisme, la
> sidération, et permettre à sa construction de commencer, Descartes va
> poser
> son postulat de base: si je doute c¹est que je pense , si je pense c¹est
> donc que je suis un être pensant. Si je pense en doutant c¹est que j¹ai en
> moi une idée de la perfection. C¹est donc Dieu qui existe, qui m¹a créé.
> Mais là ce pose le nouveau postulat: à condition que Dieu ne soit pas
> trompeur.
> Ayant posé cet axiome Descartes déroule ses idées.
> Descartes ne peut que croire. Croire ce qu¹il voit avec certitude. ³Je
> crois avoir avec les yeux de l¹esprit l¹intuition la plus évidente
> possible.² Croire, mais ce n¹est pas la vérité.
>
> Impasse.
>
> Impasse de l¹être qui déconstruit.
>
> Descartes fait ce voyage jusqu¹à la béance, le trou du rien et il le
> bouche avec le postulat de Dieu qui existe et qui n¹est pas trompeur. Cela
> lui permettra toutes ses constructions ultérieures que nous avons
> oubliées.
> Ce qui nous reste c¹est son doute et sa démarche: refaire une fois dans sa
> vie ce chemin de déconstruction.
> Descartes reprend , en le modifiant, le mot attribué à Socrate: ³Tout ce
> que je sais c¹est que je ne sais rien² qu¹il concentrera en un ³Que
> sais-je?².
> Freud dira ³Je ne sais pas.² Que Lacan modifiera en ³JE ne saiT pas².
>
> Et pourtant?
>
> Arrivé à ce point d¹appui qui repose sur le rien, Que faire?
>
> De ce point prendre une ligne de fuite vers l¹infini et croire. Croire
> sans être dupe de l¹indémontrable de la base de la théorie (cf. le
> théorème
> de Godel, ou le principe d¹incertitude d¹Heisenberg , eux mêmes
> indémontrables). Croire en repassant pas seulement une fois dans sa vie,
> mais plusieurs fois par ce point d¹appui pour le questionner, le remettre
> en
> cause dans un mouvement ininterrompu pour empêcher la certitude de
> s¹installer et donc le dogmatisme. Mais cela ne peut s¹institutionnaliser
> dans une école, dans une institution de la garantie, même si elle
> s¹appelle
> la passe ou l¹école de la passe.
>
> Ne pas arrêter de repasser la passe.
>
> Chacun va donc se construire sa propre métaphysique, sa propre croyance
> et la confronter aux autres sans cesse.
>
> Car pour avancer il faut inventer.
>
> Inventer que je crois. Je pose quelque chose. Je pose que j¹existe. Pour
> cela je pose que l¹Autre existe.
> L¹Autre, ce lieu où je vais retrouver le langage qui va revenir vers moi
> pour que j¹y mette du sens et éviter de sombrer dans la folie du désêtre.
> Je crois que j¹existe et donc que l¹Autre existe et je vais le vérifier
> à la rencontre des autres comme autant de miroirs de mon existence.
>
> Il y a donc à la base la pulsion scopique qui va donner des images sur
> lesquelles je vais mettre des mots et bâtir ma mythologie qui deviendra ma
> métaphysique puis mon éthique de vie. Sans arrêts, la pensée devant être
> toujours en mouvement, surtout sans certitude dogmatique pour empêcher que
> le savoir vienne faire bouchon sur la béance de l¹être autour de laquelle
> s¹enroule le sujet.
>
>
> Essayons de dérouler tout cela.
>
>
> Toute pensée est fondée sur un postulat qui passe par l¹extérieur de
> l¹être par le canal du langage.
>
> Ceci est mon postulat (IL MANQUE LES FLÈCHES)
>
> tu penses
> JE Lieu de l¹Autre
>
> je pense
>
> Difficile, voire impossible d¹aller plus loin?
>
> ³La réponse tue, seule la question sauve². Edmond Jabès. Le livre des
> Questions.
>
> Nous sommes à la limite de l¹insu. Roc de la castration pour Freud.
> Limite du langage, des mots pour Lacan.
>
> ³L¹essence de la théorie psychanalytique est un discours sans parole².
>
> Phrase écrite au tableau par Lacan à l¹ouverture du Séminaire ³D'un
> autre à l¹Autre².
>
> Point de butée d¹où l¹on part (repart) pour rebâtir un système
> métaphysique (étymologiquement: au-delà des choses de la nature).
>
> Parcourons le dictionnaire (source: Dictionnaire historique de la langue
> française Robert)
>
> Croire: mettre sa confiance en quelqu¹un, en quelque chose. Admettre
> pour vrai. Prêter crédit. Ajouter foi aux paroles. Penser. Être d¹avis
> que.
> Le mot s¹est transformé: du latin credere, credentia puis créance,
> crédence puis croiance, croyance.
> L¹antonyme est incroyable qui vient de incréable.
> Mescroire, mécroire, mécréant.
> Crédence, de l¹italien credenza: faire l¹essai des mets, des boissons,
> avant de les servir à table pour s¹assurer qu¹il n¹y a aucun poison (faire
> crédence) puis nom du meuble où on posait ces plats à tester.
>
> A la base de tout il y aurait donc la croyance avec deux nécessités
> métaphysiques:
>
> - 1 Croire en son système dans sa logique
>
> - 2 le remettre en question régulièrement pour s¹assurer que le postulat
> de base ne vient pas faire bouchon au vide central de l¹être, là où
> s¹origine l¹insu, d¹où la nécessité de refaire la passe souvent pour
> s¹assurer de la non obturation.
>
> Cela pose donc l¹existence d¹un vide, un trou, un insu, une béance
> centrale autour de laquelle se bâtit l¹être.
>
> Que diront les êtres futurs qui liront ces lignes?
>
> Ce vide en soi est le moteur du désir, désir insaisissable désir qui
> dé-sidère (Alain Didier-Weil) face au vide. Il est posé là, simplement,
> comme garantie présupposée. Simplement être là (en allemand Dasein). Être
> là, il y a quelqu¹un, signe de la présence, de l¹existence. Expérience
> cartésienne du refondement sans certitude.
>
> Le sujet se pose alors la question: Que vais-je mettre en place de (et
> non à la place de) vérité, vérité définie, posée comme fluctuante au gré
> des
> lectures, des rencontres, des échanges, des expériences.
>
> Un nouveau concept apparaît, celui de la modernité fluide de Zygmunt
> Bauman. Ce monde où la solidité des choses comme celle des relations
> humaines se voit ³liquidée² au profit du jetable, de l¹instantané, de
> l¹interchangeable.
>
>
> Rien n¹est sûr, ³nous savons aujourd¹hui que nous vivons dans un type de
> société qui ne contenait rien qui ne pût empêcher la Shoah de se
> produire².
> Est-ce si vrai que cela? Cela n¹a-t-il pas toujours été ainsi sous
> d¹autres formes?
>
> Autrefois, pour notre société occidentale, il y avait un prêt à penser
> religieux qui apportait des réponses toutes faites sur les origines , le
> devenir et le pourquoi de l¹existence. Aujourd¹hui tout est remis en
> cause,
> rien n¹est solide et l¹être humain se retrouve en déshérence. Bauman
> n¹entrevoit qu¹une stratégie: rapatrier au coeur de nos pratiques
> individuelles ce qu¹il nomme les ³émotions exilées² ou ³rebelles², à
> commencer par les sentiments moraux. Il souligne le caractère éminemment
> subversif de ³l¹instinct moral² seule source possible d¹un comportement
> autonome dans la mesure même où il ne peut être ni contrôlé, ni codifié,
> ni
> exploité en vue d¹un objectif étranger à ses fins. Notre action morale
> reste
> la seule gardienne de notre humanité. Notre conscience ne se soumet qu¹à
> l¹autorité impuissante de l¹Autre.
>
> Il nous faut apprendre à nommer ce que l¹on sent et en donner une
> explication cohérente (mettre du sens) en sachant que les sens sont
> trompeurs, individuels, mouvants.
>
> Le Réel ne peut se saisir qu¹à travers, il est donc insaisissable.
>
> ³Les noms désignent des forces, des événements des mouvements et des
> mobiles, des vents, des typhons, des maladies, des lieux et des moments
> bien
> avant de désigner des personnes² .
>
> ³Penser, c¹est créer, il n¹y a pas d¹autre création, mais créer, c¹est
> d¹abord engendrer, ³penser² dans la pensée². Gilles Deleuze
>
> Penser c¹est être là.
> Être là implique une coupure d¹avec autre chose.
>
> Pour que j¹ex-siste je dois poser obligatoirement autre chose, un autre
> lieu. Un lieu de la différence, mais aussi lieu de Référence au sens de
> Pierre Legendre, comme vision du principe, nom fondateur, circuit de
> l¹échange entre le sujet et le lieu mythologique, lieu construit en tant
> qu¹origine du message du Tiers fondateur, Autre Scène (Freud), lieu de
> contemplation (Saint des Saints du temple de Jérusalem, vide du Graal,
> Occulus de la coupole de l¹église baroque, vide du coffre du temple
> central
> du shintoïsme japonais où seul l¹empereur peut pénétrer et où se trouve un
> coffret où se trouve un ... miroir...).
>
>
>
>
> Ce lieu de l¹Autre je ne peux que m¹y référer pour exister. Il est
> quelque part mon créateur. Celui qui me regarde et donc me fait exister.
> Oeil d¹Horus égyptien. Certains l¹ont appelé Dieu, d¹autres la Chose,
> l¹imprononçable YHVH.
>
> Ce lieu de l¹Autre je vais l¹habiller, le décorer, j¹y viendrai chercher
> ma confirmation.
>
> Il ne peut être que profane (étymologiquement en 1228 prophane, de pro,
> devant et fanum lieu consacré, temple. Ce qui est hors du temple, non
> consacré, qui n¹est plus sacré en opposition à sacer, sacré (de sacrare,
> consacrer à une divinité, vouer comme une malédiction à une divinité).
>
> Sacrum: ce qui appartient au monde du divin (ne peut être touché sans
> souiller ou être souillé).
>
> Le passage du profane au sacré ne peut s¹effectuer que par des rites. Le
> sacré reste l¹inaccessible.
>
> Quel est donc ce sacré inaccessible auquel chacun va offrir un sacrifice
> comme pour acheter la paix de l¹esprit?
>
> René Girard, dans ³La violence et le sacré² avance une hypothèse
> intéressante qui bouscule les thèses freudiennes en démontant les mythes
> d¹Oedipe et de Dyonisos dans les tragédies grecques.
>
> A l¹origine de toutes les religions et mythes il y aurait la
> canalisation de la violence par le sacrifice et la victime émissaire. La
> base fondatrice de l¹être humain serait la violence, la destruction de
> l¹autre (et non pas le parricide et l¹inceste qui ne viendraient qu¹en
> habillage second). Tout l¹effort de la société serait d¹éviter de retomber
> dans cette violence première par la canalisation d¹une violence unanime,
> collective sur une victime émissaire qui n¹est pas la responsable réelle
> du
> trouble social et donc du risque de violence sociale.
> René Girard prend l¹exemple du roi chargé d¹insultes et de coups fictifs
> à certains moments de rituels et le transfert sur un animal qui est tué,
> sacrifié. Oedipe chargé de la cause de la peste à Thèbes puis du parricide
> et de l¹inceste et offert en victime émissaire et expiatoire pour devenir
> un
> ³saint² quand il est exilé à Colone avant de disparaître.
>
> Alors la société peut continuer.
>
> Les récents événements de nos banlieues pourraient en être une
> illustration.
>
>
> Le décor planté reste à trouver le moteur qui va agir l¹être. Nous
> l¹appellerons le désir. Désir comme moteur insu: il m¹anime mais je ne
> sais
> rien de lui.
>
> ³Le désir, lui, ne manque de rien². Gilles Deleuze.
>
> (Il manque les flèches)
>
> Sacré Lieu de l¹Autre qui fabrique le
>
> Insu Sujet
>
> Inaccessible qui est fabriqué par le
>
>
> Lévinas: ³Être responsable pour l¹Autre² et non à sa place.
>
> Giorgio Agamben: L¹invention de l¹Autre est aussi bien un savoir faire
> une place à l¹autre à côté de soi.
>
> Le désir serait ouverture, délire de la réalité dans le sens de délier,
> mettre du sens, séparer dans la réalité par la nomination qui articulé mot
> à
> mot va donner, créer du sens dans lequel JE vais ME retrouver.
>
> Le désir serait animé par la pulsion venue de l¹insu qui me surprend,
> m¹agit (magie). Ce serait la pulsion de vie, quête pour se retrouver par
> l¹intermédiaire de l¹autre, mon prochain face à la pulsion de mort,
> violence
> de la destruction.
>
> Le savoir, la connaissance ne seraient que des outils pour donner encore
> plus de sens, élargir le sens de ce qui ne sera jamais la vérité.
> Simplement
> croire en l¹existence.
> Espérer: considérer quelque chose comme devant se réaliser de esperare,
> de spes attente d¹un événement heureux, attendre, s¹attendre à, avoir
> confiance en, (inespoir: fait de ne pas ou plus avoir à espérer quelque
> chose; espère en provençal: à l¹affût)
>
> ³S¹il n¹espère pas , il n¹atteindra pas l¹inespéré, qui réside en un
> lieu introuvable et inaccessible². Héraclite (fragment 18)
>
> Ouverture (et non fermeture par l¹écrit, parfois bouchon par le savoir
> et la vérité.
>
> Ou vers TU (autre)
>
>
> Ou vertu (éthique)
>
> L¹écrit tue (re)
>
> L¹ordre philosophique et antiphilosophique de la croyance réside dans
> cette dimension ³hors représentation du réel². Hors temps fantastique des
> mythes.
>
> Le sujet, confronté au néant qui le divise, angoissé devant l¹Autre ou
> le Rien se réfugie dans la croyance comme bouchon qui calme l¹angoisse.
>
> La croyance serait une réponse qui refermerait toute question tandis que
> le désir (la foi?) serait l¹énergie de l¹ouverture à vivre, aux autres, au
> monde.
>
> Débouchons.
>
> ³L¹écriture, c¹est le meurtre, mais par d¹autres voies, du symbolique².
> Daniel Sibony.
>
> Michel Borsotto
> Le Prats de Coaraze
> Novembre 2005
>
> Bibliographie:
>
> Marie BALMARY: Le moine et la psychanalyste
>
> Jean-Louis BLAQUIER: Cours sur la croyance aux classes préparatoires
>
> René DESCARTES: Discours de la méthode, Méditations métaphysiques
>
> Sigmund FREUD: L¹avenir d¹une illusion
>
> René GIRARD: La violence et le sacré
>
> Michel ONFRAY: Traité d¹athéologie
>
>
>
>
>
>
> _______________________________________________
> A question? click Help-Me at lutecium.org
> Lutecium-group mailing list
> Lutecium-group at lutecium.org
> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
>
>
>
>
> ------------------------------
>
> Message: 2
> Date: Wed, 16 Nov 2005 10:36:10 +0100
> From: Frans Tassigny <frans.tassigny at gmail.com>
> Subject: [Lutecium-group] Paris brule t il (explication th?orique)
> To: lutecium-group at lutecium.org
> Message-ID: <2e4dc1bb0511160136r78adc3adq at mail.gmail.com>
> Content-Type: text/plain; charset=ISO-8859-1
>
> Les émeutes rendent impossible tout choix, ELLE TIENT LE DISCOURS DE L
> INCONSCIENT EN ETAT
> L'imaginaire, le réel, le symbolyque ne fonctionnent plus.
> Rappelons que dans le chanp psychanalytique chacun d'entre eux possède une
> fonction spécifique.
> -L'imaginaire esst caractérisé par la prévalence de la relation à l'image
> du semblable; il se comprend essentiellement en référence à ce que Lacan
> appelle le stade du miroir.
> -Le symbolique désigne le fait que la réalité humaine est intersubjective,
> cad comprise comme un language dans un système d'oppositions binaires ou
> de
> valeurs linguistiques.
> -Le réel est ce qui n'existe pasd car il est compris entre le symbolique
> et
> l'imaginaire.
> Dans ces conditions l'objet de ces emeutes, c'est le discours sous toutes
> ses formes, le signe en a été l'incapacité de tous , ses émeutiers à
> produire un champ d'énoncés autonome. La plupart des observateurs ont
> rivalisés et sur enchéri dans la dénonciation de la manipulation de
> l'opinion : "la désinformation".
> Ceci laisse croire que ces violences urbaines pourraient être appréciées
> comme une modification, un changement de société. Or elle produit toujours
> une situation d'acting out, par cette expression je lui désigne un
> carractère impulsif d'actions en rupture avec les systèmes de motivation
> habituels du sujet qui prennent souvent une forme hétéro-agressive.
> Ces observateurs ont cru pouvoir déjouer l'oppression par une
> surinformation; ou une meilleure information, qui participe des règles
> mêmes
> de l'oppression.
> En conclusion, ce qui carractérise dans l'ordre des connaissances c'est
> qu'elle est mère d' ILLUSION, c'est d'une part qu'elle n'est jamais
> déduite
> des désirs humains, d'autre part qu'elle n'est jamais démentie puis quelle
> renonce, dans son principe à être confirmée par le réel.
> suite prochainement
> cordial
> frans tassigny
>
>
> --
> Tassigny Frans
> Sint Fransiscusstraat 25
> 8400 Ostende
> BELGIQUE
> 0496 85 56 82
> 06 89 25 77 10
> nv email : franstassigny at hotmail.com
>
>
> ------------------------------
>
> Message: 3
> Date: Thu, 17 Nov 2005 08:58:46 +0100 (CET)
> From: penedo nicolas <penedonicolas at yahoo.fr>
> Subject: RE: [Lutecium-group] Paris brule t il (explication th?orique)
> To: maldoro at ifrance.com, Groupe de travail pour la psychanalyse
> lacanienne <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <20051117075846.34250.qmail at web26409.mail.ukl.yahoo.com>
> Content-Type: text/plain; charset=iso-8859-1
>
> Bonjour,
>
> Vous écrivez que " -Le réel est ce qui n'existe pas car il est compris
> entre le
> symbolique et l'imaginaire."
>
> Je ne suis pas vraiment d'accord. Le Réel, après lecture du Séminaire sur
> le Sinthome me semble plutôt être un ineffable insupportable... Chez Lacan,
> il ne s'agit pas de ce qui nous entoure, mais de ce qui est ineffable, soit
> ce qui ne peut se dire en mots. Ainsi, en va-t-il de la relation entre la
> mère et l'enfant : elle est bien réelle et pourtant essayez de la toucher,
> de lui donner un nom, de la désigner, et là commence les problèmes… Lacan
> savait bien que ce réel était ce mur qu'il fallait briser. Plusieurs fois,
> dans le Sinthome, il explique que son sinthome à lui est de buter contre le
> réel, de tenter de le percer.
>
> Pour moi, le réel est quelque chose de sombre, de dur. On le sent bien
> dans le sinthome, à la façon dont Lacan en parle. On perçoit presque un ton
> désabusé, et fatigué. Percer le réel, le dire, le combattre. On sent bien
> ça...
> J'assimile, peut-être à tort, le réel au discours du maître ; à une
> réalité insupportable, mais inévitable.
>
> Bien à vous,
> Nicolas
>
>
>
> Frans Tassigny <frans.tassigny at gmail.com> a écrit :
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Les émeutes rendent impossible tout choix, ELLE TIENT LE DISCOURS DE L
> INCONSCIENT EN ETAT
> L'imaginaire, le réel, le symbolyque ne fonctionnent plus.
> Rappelons que dans le chanp psychanalytique chacun d'entre eux possède une
> fonction spécifique.
> -L'imaginaire esst caractérisé par la prévalence de la relation à l'image
> du semblable; il se comprend essentiellement en référence à ce que Lacan
> appelle le stade du miroir.
> -Le symbolique désigne le fait que la réalité humaine est intersubjective,
> cad comprise comme un language dans un système d'oppositions binaires ou
> de
> valeurs linguistiques.
> -Le réel est ce qui n'existe pasd car il est compris entre le symbolique
> et
> l'imaginaire.
> Dans ces conditions l'objet de ces emeutes, c'est le discours sous toutes
> ses formes, le signe en a été l'incapacité de tous , ses émeutiers à
> produire un champ d'énoncés autonome. La plupart des observateurs ont
> rivalisés et sur enchéri dans la dénonciation de la manipulation de
> l'opinion : "la désinformation".
> Ceci laisse croire que ces violences urbaines pourraient être appréciées
> comme une modification, un changement de société. Or elle produit toujours
> une situation d'acting out, par cette expression je lui désigne un
> carractère impulsif d'actions en rupture avec les systèmes de motivation
> habituels du sujet qui prennent souvent une forme hétéro-agressive.
> Ces observateurs ont cru pouvoir déjouer l'oppression par une
> surinformation; ou une meilleure information, qui participe des règles
> mêmes
> de l'oppression.
> En conclusion, ce qui carractérise dans l'ordre des connaissances c'est
> qu'elle est mère d' ILLUSION, c'est d'une part qu'elle n'est jamais
> déduite
> des désirs humains, d'autre part qu'elle n'est jamais démentie puis quelle
> renonce, dans son principe à être confirmée par le réel.
> suite prochainement
> cordial
> frans tassigny
>
>
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> End of Lutecium-group Digest, Vol 12, Issue 15
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