Re: [Lutecium-group] Lettres à Nathanaël. Le dernier ouvrage de Liliane Fainsilber
Jean-Paul Kornobis
jpkornobis at nordnet.fr
Sun Nov 27 06:38:16 UTC 2005
Comme les pièces jointes sont en attachées, je tiens à signaler au groupe
Lutecium la sortie chez L'Harmattan, du dernier livre de Liliane Fainsilber
LETTRES À NATHANAËL dont voici l'avant propos qui se trouve sur le site de
Liliane http://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber/pages/invitation.htm
"Lettres à Nathanaël
Une invitation à la psychanalyse
Avant-propos
En souvenir de mes lectures adolescentes, j'ai emprunté à l'un des poètes de
notre temps, André Gide, le prénom de Nathanaël. C'est ainsi que j'ai appelé
celui qui lira ces lettres.
C'est une incantation de Gide plusieurs fois répétée dans Les nourritures
terrestres et rythmant son texte poétique :
" Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur ", qui m'a incitée à choisir ce
prénom.
Mais le mot de ferveur a, lui aussi, son importance. Gide franchit un
premier pas, en séparant la ferveur de son contexte religieux : il l'évoque
à propos de la beauté, la beauté des paysages.
J'en ai franchi un second : dans le champ de la psychanalyse, la ferveur est
un affect, comme l'amour et la haine.
Cette ferveur n'a pas été explorée en tant que telle, pourtant son approche
pourrait se révéler fructueuse, comme ses racines étymologiques le laissent
présager. Elles redonnent à ce terme un peu tombé en désuétude toute sa
force d'évocation. Au siècle des troubadours, il a été emprunté au latin et
vient du mot fervor qui veut dire bouillonnement, chaleur, ardeur.
Les analystes pourraient donner une nouvelle portée à cette ferveur, pour
qualifier l'émerveillement des analysants ou des curieux de la psychanalyse
devant les découvertes toujours inattendues de l'inconscient.
Mais cette ferveur, sour de l'ignorance, en tant qu'attente de savoir, a
également sa fonction dans la transmission de la psychanalyse. Elle permet à
chaque analyste de remettre sans cesse en question la théorie analytique, en
fonction de ce qu'il découvre de son propre savoir inconscient, de ce que
lui racontent ses analysants, au travers de leurs symptômes et de leurs
rêves, et de ce qu'il déchiffre des élaborations théoriques d'autres
analystes avec lesquels il travaille en cartel.
En référence à la gaie science des poètes, je souhaiterais pouvoir partager,
avec chaque lecteur de ce livre, cette ferveur de la psychanalyse qui,
seule, lui permet de survivre."
Cordial
Jean-Paul Kornobis
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