[Lutecium-group] Lettres à Nathanaël. Le dernier ouvrage de Liliane Fainsilber

thanh-thang.ly thanh-thang.ly at wanadoo.fr
Wed Nov 30 05:17:19 UTC 2005


Chère Liliane amie.

Ainsi la ferveur, de l'adoré Gide à vous et moi, ainsi donc ici dans ce matin tôt... pour nous tous

Nathanaël, j'aimerais te donner une joie que ne t'aurait donnée aucun autre. Je voudrais m'adresser à toi plus intimement que ne l'a encore fait aucun autre. je voudrais arriver à cette heure de nuit où tu auras successivement ouvert puis fermé bien des livres cherchant dans chacun d'eux plus qu'il ne t'avait encore révélé ; où tu attends encore ; où ta ferveur va devenir tristesse, de ne pas se sentir soutenue. Je n'écris que pour toi ; je ne t'écris que pour ces heures. Je voudrais m'approcher de toi et que tu m'aimes.
La mélancolie n'est que de la ferveur retombée.
Et notre vie aura été devant nous comme ce verre plein d'eau glacée, ce verre humide que tiennent les mains d'un fiévreux, qui veut boire, et qui boit tout d'un trait, sachant bien qu'il devait attendre, mais ne pouvant pas repousser ce verre délicieux à ses lèvres, tant est fraîche cette eau, tant l'altère la cuisson de la fièvre.

Nathanaël, je te parlerai des attentes. J'ai vu la plaine, pendant l'été, attendre ; attendre un peu de pluie. La poussière des routes était devenue trop légère et chaque souffle la soulevait. Ce n'était même plus un désir ; c'était une appréhension .J'ai vu le ciel frémir de l'attente de l'aube. Une à une les étoiles se fanaient. Les prés étaient inondés de rosée ; l'air n'avait que des caresses glaciales. Il sembla quelques temps que l'indistincte vie voulût s'attarder au sommeil, et ma tête encore lassée s'emplissait de torpeur. Je montais jusqu'à la lisière du bois ; je m'assis. 

Regarde le soir comme si le jour y devait mourir ;                                                                                                       et le matin comme si toute chose y naissait.                                                                                                            Que ta vision soit à chaque instant nouvelle.



Ainsi dans votre échange de ferveurs, je vous adresse en écho la mienne, quelque chose surgie vers l'âge de mes 13 ans de je ne sais où, qui n'a toujours pas pris une seule ride, quelque chose qui m'a tenu en haleine et en pinceau, quelque chose qui insiste et se répète, "un certain mode du jouir" nous disait le docteur LACAN, n'est-ce-pas? vous en rappelez vous... mon amie aînée?           et pour vous dire ainsi, comme vous, que la ferveur n'a pas d'âge.                                                                                               Et que la vie parfois avec ses aléas et ses accidents, comme toujours sans pitié aucune, avance pour vous laisser toujours seul devant cette chose sans âge, et ma main à serrer le pinceau... à aller au plus juste de son trait contre ce temps subitement court, je m'obstine.

Avec mon amitié respectueuse.                                                                                                                                         Votre dévoué Thanh d'un bout de village de cette France.

Ps: voici une toile 6 figure tracée sous l'étable me servant d'atelier, un mauvais jour d'ici où le froid fut de trop de rigueur pour la santé d'un peintre... pour vous, les couleurs et alphabets de ma ferveur du souvenir d'un feu d'artifice à Vence tant aimé d'A, je vous les envoie en les confiant à l'amabilité des webmasters, à monsieur le docteur Kornobis et à  monsieur le docteur Siboni, car ne sachant pas comment faire pour que leurs sites respectifs acceptent l'envoi jpeg et qu'ils puissent vous l'adresser.





  ----- Message d'origine ----- 
  De : Jean-Paul Kornobis 
  À : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne 
  Envoyé : dimanche 27 novembre 2005 07:38
  Objet : Re: [Lutecium-group] Lettres à Nathanaël. Le dernier ouvrage de Liliane Fainsilber


  lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  ---
  Comme les pièces jointes sont en attachées, je tiens à signaler au groupe 
  Lutecium la sortie chez L'Harmattan, du dernier livre de Liliane Fainsilber 
  LETTRES À NATHANAËL dont voici l'avant propos qui se trouve sur le site de 
  Liliane http://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber/pages/invitation.htm
  "Lettres à Nathanaël

  Une invitation à la psychanalyse

  Avant-propos


  En souvenir de mes lectures adolescentes, j'ai emprunté à l'un des poètes de 
  notre temps, André Gide, le prénom de Nathanaël. C'est ainsi que j'ai appelé 
  celui qui lira ces lettres.
  C'est une incantation de Gide plusieurs fois répétée dans Les nourritures 
  terrestres et rythmant son texte poétique :
  " Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur ", qui m'a incitée à choisir ce 
  prénom.
  Mais le mot de ferveur a, lui aussi, son importance. Gide franchit un 
  premier pas, en séparant la ferveur de son contexte religieux : il l'évoque 
  à propos de la beauté, la beauté des paysages.
  J'en ai franchi un second : dans le champ de la psychanalyse, la ferveur est 
  un affect, comme l'amour et la haine.
  Cette ferveur n'a pas été explorée en tant que telle, pourtant son approche 
  pourrait se révéler fructueuse, comme ses racines étymologiques le laissent 
  présager. Elles redonnent à ce terme un peu tombé en désuétude toute sa 
  force d'évocation. Au siècle des troubadours, il a été emprunté au latin et 
  vient du mot fervor qui veut dire bouillonnement, chaleur, ardeur.
  Les analystes pourraient donner une nouvelle portée à cette ferveur, pour 
  qualifier l'émerveillement des analysants ou des curieux de la psychanalyse 
  devant les découvertes toujours inattendues de l'inconscient.
  Mais cette ferveur, sour de l'ignorance, en tant qu'attente de savoir, a 
  également sa fonction dans la transmission de la psychanalyse. Elle permet à 
  chaque analyste de remettre sans cesse en question la théorie analytique, en 
  fonction de ce qu'il découvre de son propre savoir inconscient, de ce que 
  lui racontent ses analysants, au travers de leurs symptômes et de leurs 
  rêves, et de ce qu'il déchiffre des élaborations théoriques d'autres 
  analystes avec lesquels il travaille en cartel.

  En référence à la gaie science des poètes, je souhaiterais pouvoir partager, 
  avec chaque lecteur de ce livre, cette ferveur de la psychanalyse qui, 
  seule, lui permet de survivre."

  Cordial
  Jean-Paul Kornobis 


  _______________________________________________
  A question? click Help-Me at lutecium.org
  Lutecium-group mailing list
  Lutecium-group at lutecium.org
  http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group





More information about the Topologos mailing list