Re: [Lutecium-group] Lettres à Nathanaël. Le dernier ouvrage de Liliane Fainsilber
Jean-Paul Kornobis
jpkornobis at nordnet.fr
Wed Nov 30 10:59:46 UTC 2005
Merci également à Thanh pour ce texte et cette superbe peinture ;-)
Jean-Paul Kornobis
----- Original Message -----
From: "Liliane.Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>
To: "thanh-thang.ly" <thanh-thang.ly at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la
psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
Sent: Wednesday, November 30, 2005 11:36 AM
Subject: Re: [Lutecium-group] Lettres à Nathanaël. Le dernier ouvrage de
Liliane Fainsilber
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
Cher Thanh,
un grand merci pour cette longue citation des Nourritures terrestres que je
connais presque par coeur ! Cela est un merveilleux accompagnement des tous
premiers pas de mon jeune livre qui attend de se faire reconnaître. J'espère
que votre tableau sera visible en JPEG. Amicalement.
Liliane.
----- Original Message -----
From: "thanh-thang.ly" <thanh-thang.ly at wanadoo.fr>
To: "ALEPH" <alef1 at yahoogroupes.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse
lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
Sent: Wednesday, November 30, 2005 6:17 AM
Subject: Re: [Lutecium-group] Lettres à Nathanaël. Le dernier ouvrage de
Liliane Fainsilber
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
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Chère Liliane amie.
Ainsi la ferveur, de l'adoré Gide à vous et moi, ainsi donc ici dans ce
matin tôt... pour nous tous
Nathanaël, j'aimerais te donner une joie que ne t'aurait donnée aucun autre.
Je voudrais m'adresser à toi plus intimement que ne l'a encore fait aucun
autre. je voudrais arriver à cette heure de nuit où tu auras successivement
ouvert puis fermé bien des livres cherchant dans chacun d'eux plus qu'il ne
t'avait encore révélé ; où tu attends encore ; où ta ferveur va devenir
tristesse, de ne pas se sentir soutenue. Je n'écris que pour toi ; je ne
t'écris que pour ces heures. Je voudrais m'approcher de toi et que tu
m'aimes.
La mélancolie n'est que de la ferveur retombée.
Et notre vie aura été devant nous comme ce verre plein d'eau glacée, ce
verre humide que tiennent les mains d'un fiévreux, qui veut boire, et qui
boit tout d'un trait, sachant bien qu'il devait attendre, mais ne pouvant
pas repousser ce verre délicieux à ses lèvres, tant est fraîche cette eau,
tant l'altère la cuisson de la fièvre.
Nathanaël, je te parlerai des attentes. J'ai vu la plaine, pendant l'été,
attendre ; attendre un peu de pluie. La poussière des routes était devenue
trop légère et chaque souffle la soulevait. Ce n'était même plus un désir ;
c'était une appréhension .J'ai vu le ciel frémir de l'attente de l'aube. Une
à une les étoiles se fanaient. Les prés étaient inondés de rosée ; l'air
n'avait que des caresses glaciales. Il sembla quelques temps que
l'indistincte vie voulût s'attarder au sommeil, et ma tête encore lassée
s'emplissait de torpeur. Je montais jusqu'à la lisière du bois ; je m'assis.
Regarde le soir comme si le jour y devait mourir ;
et le matin comme si toute chose y naissait.
Que ta vision soit à chaque instant nouvelle.
Ainsi dans votre échange de ferveurs, je vous adresse en écho la mienne,
quelque chose surgie vers l'âge de mes 13 ans de je ne sais où, qui n'a
toujours pas pris une seule ride, quelque chose qui m'a tenu en haleine et
en pinceau, quelque chose qui insiste et se répète, "un certain mode du
jouir" nous disait le docteur LACAN, n'est-ce-pas? vous en rappelez vous...
mon amie aînée? et pour vous dire ainsi, comme vous, que la
ferveur n'a pas d'âge.
Et que la vie parfois avec ses aléas et ses accidents, comme toujours sans
pitié aucune, avance pour vous laisser toujours seul devant cette chose sans
âge, et ma main à serrer le pinceau... à aller au plus juste de son trait
contre ce temps subitement court, je m'obstine.
Avec mon amitié respectueuse.
Votre dévoué Thanh d'un bout de village de cette France.
Ps: voici une toile 6 figure tracée sous l'étable me servant d'atelier, un
mauvais jour d'ici où le froid fut de trop de rigueur pour la santé d'un
peintre... pour vous, les couleurs et alphabets de ma ferveur du souvenir
d'un feu d'artifice à Vence tant aimé d'A, je vous les envoie en les
confiant à l'amabilité des webmasters, à monsieur le docteur Kornobis et à
monsieur le docteur Siboni, car ne sachant pas comment faire pour que leurs
sites respectifs acceptent l'envoi jpeg et qu'ils puissent vous l'adresser.
----- Message d'origine -----
De : Jean-Paul Kornobis
À : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
Envoyé : dimanche 27 novembre 2005 07:38
Objet : Re: [Lutecium-group] Lettres à Nathanaël. Le dernier ouvrage de
Liliane Fainsilber
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
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Comme les pièces jointes sont en attachées, je tiens à signaler au groupe
Lutecium la sortie chez L'Harmattan, du dernier livre de Liliane
Fainsilber
LETTRES À NATHANAËL dont voici l'avant propos qui se trouve sur le site de
Liliane http://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber/pages/invitation.htm
"Lettres à Nathanaël
Une invitation à la psychanalyse
Avant-propos
En souvenir de mes lectures adolescentes, j'ai emprunté à l'un des poètes
de
notre temps, André Gide, le prénom de Nathanaël. C'est ainsi que j'ai
appelé
celui qui lira ces lettres.
C'est une incantation de Gide plusieurs fois répétée dans Les nourritures
terrestres et rythmant son texte poétique :
" Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur ", qui m'a incitée à choisir ce
prénom.
Mais le mot de ferveur a, lui aussi, son importance. Gide franchit un
premier pas, en séparant la ferveur de son contexte religieux : il
l'évoque
à propos de la beauté, la beauté des paysages.
J'en ai franchi un second : dans le champ de la psychanalyse, la ferveur
est
un affect, comme l'amour et la haine.
Cette ferveur n'a pas été explorée en tant que telle, pourtant son
approche
pourrait se révéler fructueuse, comme ses racines étymologiques le
laissent
présager. Elles redonnent à ce terme un peu tombé en désuétude toute sa
force d'évocation. Au siècle des troubadours, il a été emprunté au latin
et
vient du mot fervor qui veut dire bouillonnement, chaleur, ardeur.
Les analystes pourraient donner une nouvelle portée à cette ferveur, pour
qualifier l'émerveillement des analysants ou des curieux de la
psychanalyse
devant les découvertes toujours inattendues de l'inconscient.
Mais cette ferveur, sour de l'ignorance, en tant qu'attente de savoir, a
également sa fonction dans la transmission de la psychanalyse. Elle permet
à
chaque analyste de remettre sans cesse en question la théorie analytique,
en
fonction de ce qu'il découvre de son propre savoir inconscient, de ce que
lui racontent ses analysants, au travers de leurs symptômes et de leurs
rêves, et de ce qu'il déchiffre des élaborations théoriques d'autres
analystes avec lesquels il travaille en cartel.
En référence à la gaie science des poètes, je souhaiterais pouvoir
partager,
avec chaque lecteur de ce livre, cette ferveur de la psychanalyse qui,
seule, lui permet de survivre."
Cordial
Jean-Paul Kornobis
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