[Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone

Guy de Villers Grand-Champs Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
Fri Aug 18 11:34:01 UTC 2006


Cher José Camarena,
Cet "en dehors" dont vous parlez m'a amené à proposer de considérer ces
manquements comme des "acting out". D'où ma référence au Sém. sur L'angoisse
(Sém. X) et, plus précisément, à la séance consacrée à l'acting out et au
passage à l'acte. C'est ce que je suggère dans ma réponse à Natalia
Milopolsky-Costiou, qui devrait arriver incessamment sur Lutecium.
Bien à vous.
Guy.


Le 18/08/06 12:36, « josecamarena » <josecamarena at handiplus.com> a écrit :

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Merci Guy pour cet apport intéressant. Même si, avant lecture, je souscris à
> l'opinion de Jacques en ce sens que ce qui s'est passé en dehors de
> l'analyse, même si cela doit être rapporté au cadre -je pense que cela a son
> importance et que tous en sommes conscients- s'est passé en dehors et donc,
> Et,donc il me tarde d'avoir la réponse de Jacques et de lire vos textes.
> 
> JC
> 
> ----- Original Message -----
> From: "Guy de Villers Grand-Champs" <Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be>
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Friday, August 18, 2006 12:47 AM
> Subject: Re: [Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone
> 
> 
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> --- 
> 
> 
> ------------------------------------------------------------------------------
> --
> 
> 
> Cher Jacques Siboni,
> Merci pour cette vignette clinique dont le cas de figure est effectivement
> très fréquent dans notre clinique.
> Je me permets de marquer mon désaccord avec votre proposition de dire à
> l'analysant :  "Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une séance
> perdue à jamais pour la psychanalyse." Car il me semble qu'il ne s'agit ni
> d'une rupture de contrat qu'il faudrait sanctionner -je connais un collègue
> qui fait payer le double des honoraires pour chaque séance manquée!-, ni
> "d'un dispositif de parole" par rapport auquel l'analysant serait en défaut.
> Pour dire simplement les choses, je reprends la notion de "névrose de
> transfert", notion freudienne s'il en est -depuis 1913-, et j'en tire la
> conséquence. Soit que tout ce qui arrive entre l'analysant et son analyste
> appartient à l'analyse et est donc à entendre comme symptôme, au lieu de
> l'Autre, que vous avez bien identifié freudiennement à la "dritte Person".
> Manquer une séance n'est donc perdu ni pour l'analyse tout court, ni pour
> l'analyse de cet analysant-là. Du moins, s'il y a un analyste pour se faire
> partenaire de ce symptôme.
> Comment recevez-vous ceci? Il me plairait de vous lire, et d'autres
> lutéciens qui pratiquent l'analyse sur l'une ou l'autre rive.
> Cordialement,
> Guy.
> N. B. : Je joins deux textes fort bien documentés, l'un sur la Dritte
> Person, de Pierre Thèves, et l'autre sur la névrose de transfert, d'Erik
> Porge.
> 
> 
> 
> 
> Le 17/08/06 11:31, « Jacques Siboni » <jacsib at lutecium.org> a écrit :
> 
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> Chère Violaine
>> 
>> merci de demander des précisions car ce que j'ai ici indiqué est très
>> elliptique.
>> 
>> Je vais prendre un exemple concret et très courant dans les relations
>> analyste/analysant.
>> 
>> Un analysant manque de nombreuses séances ou arrive très souvent en
>> retard. Quelles peuvent
>> être les réactions de l'analyste?
>> 
>> Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se sentir obligé
>> d'incarner la loi
>> de l'analyse: "Vous devez venir impérativement à vos séances, sinon je
>> vais vous virer".
>> L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il incarne
>> une fonction coercitive
>> de respect de l'ordre établi. L'analyste y répond: "Nous avions conclu un
>> contrat, tu es
>> en train de le violer, je t'oblige à le respecter par la contrainte."
>> L'analyste est là juge, partie, et policier. Il a répondu à la demande
>> hystérique
>> de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!"
>> 
>> Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat, mais d'un
>> dispositif de parole,
>> qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant qu'psychanalyste,
>> il sera à même de dire quelque chose
>> du genre: "-- Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une séance
>> perdue
>> à jamais pour la psychanalyse."
>> Il y a là un refus de répondre à la demande de l'analysant en indiquant
>> quelle est
>> la direction de la cure.
>> 
>> À partir de cet exemple il devrait être possible d'inférer ce que j'énonce
>> du
>> contre transfert
>> 
>> Bien amicalement
>> 
>> Jacques
>> 
>> 
>> On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement
>> <violaine.clement at co-perolles.ch> wrote:
>> 
>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>> ---
>>> Cher Jacques,
>>> 
>>> Votre intervention sur le tiers m'intéresse beaucoup. Ce que je ne
>>> comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert. J'en
>>> avais une idée à la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la somme des
>>> préjugés de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve d'une
>>> analyse pas terminée. Vous parlez de l'analyste qui,
>>>>  parfois dans ses manifestations contre
>>>> transférentielles ---
>>>> va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un contrat
>>>> pervers. Cela peut être
>>>> en référant à un organisme ordinal ou imposant par la force ou
>>>> l'intimidation pour
>>>> imposer sa volonté.
>>> 
>>> Il me semble que si l'analyste joue à cela, il n'est plus analyste,
>>> mais directeur de conscience.  Le dispositif analytique est garant de
>>> l'existence du tiers, et la seule possibilité qu'a l'analyste, en
>>> dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il est
>>> utilisé consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel", ou
>>> pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui ne
>>> serait pas lui-même soumis au tiers, un fou, n'est pas un analyste. Je
>>> n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait des
>>> psychotiques aussi bien : les névrosés ne sont pas seuls au monde.
>>> 
>>> Pouvez-vous m'éclairer sur ce point du contre-transfert ?
>>> 
>>> Violaine Clément
>>> 
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