[Lutecium-group] chronique d' Aldo Naouri du "Monde"
Frans Tassigny
frans.tassigny at gmail.com
Tue Aug 22 09:15:40 UTC 2006
Une chonique (dédiée aux psy) et quotidienne qui me semble est très
d'actualité
cordial
ft
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http://www.lemonde.fr/web/recherche_resultats/1,13-0,1-0,0.html?dans=dansarticle&num_page=1&booleen=et&ordre=pertinence&query=psychanalyse&periode=7&sur=LEMONDE&x=11&y=8
Douleurs et dégâts, par Aldo Naouri LE MONDE | 22.08.06 | 09h27 • Mis
à jour le 22.08.06 | 09h27
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[image: P]ourquoi traiter de l'adultère, des adultères ? N'est-ce pas un
sujet rebattu et n'en a-t-on pas tout dit ? La réserve serait pertinente,
s'il devait être question d'en pister seulement les traces antiques ou d'en
cerner le statut dans les mythologies et autres textes sacrés ; s'il
s'agissait de s'attarder sur les exploits d'un Casanova, sur le mythe de Don
Juan ou sur les moeurs des hommes et femmes célèbres, régnants ou pas, qui
l'ont pratiqué à grande échelle ; s'il fallait enfin emboîter le pas à la
presse people et exploiter, du côté masculin, les grossiers étalages de
conquêtes ou, du côté féminin, les confessions pathétiques de telle ou telle
autre grande écrivaine amoureuse, celles éplorées de telle grande actrice
trompée ou celles encore plus pimentées de telle intellectuelle vantant ses
performances en la matière.
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Qu'on se rassure ! Je n'ai pas l'intention d'aller dans ce sens. Je ne
produirai pas plus un descriptif des stratégies mises en oeuvre dans ce
registre que je n'en ferai l'apologie ou que je porterai à son endroit un
quelconque jugement.
Je ne cesserai pas d'être le pédiatre que j'ai toujours été. J'ai en effet
passé beaucoup de temps à m'interroger sur le devenir des jeunes couples
dont j'ai eu à soigner les enfants et à tenter de repérer les raisons qui
conduisent parfois l'un ou l'autre des partenaires à devoir rompre le pacte
implicite de fidélité dans lequel il s'était engagé à l'aube de l'aventure
et à aller explorer un ailleurs, en une incursion passagère dont il ne sait
jamais pourquoi elle est survenue, ce qu'elle signifie et encore moins à
l'avance le tour qu'elle pourra prendre. A m'interroger, autrement dit, sur
ce qui contraint les anciens enfants qu'ont été l'un et/ou l'autre de ces
partenaires à en passer par là, tout en cultivant l'illusion d'être
autonomes et libres de leurs choix.
Les questions que je me pose portent sur une thématique éternelle. Malgré la
dénonciation et l'opprobre dont il n'a jamais cessé d'être l'objet,
l'adultère a en effet toujours eu cours. Comme s'il constituait, pour
l'humain, une expérience à ce point tentatrice que ce dernier serait
condamné à devoir la traverser tôt ou tard dans sa vie. C'est ce que laisse
entendre, avec beaucoup d'humour, le psychanalyste Lucien Israël quand il
affirme que* "seuls les paranoïaques sont convaincus de la fidélité de leurs
femmes"*. Propos qui fait un étrange écho à la fameuse sentence du Christ
absolvant de la lapidation la femme adultère et engageant *"celui qui n'a
jamais péché* (à)* lui* (jeter)* la première pierre"*.
Pourquoi en serait-il ainsi ? On sait qu'il y a eu, de tout temps et dans
tous les codes, au sein de sociétés dénoncées aujourd'hui pour leurs excès
"machistes", des commandements condamnant cette pratique. Adressés aux seuls
hommes et stigmatisant l'attrait féminin, qualifié de diabolique, ils les
engageaient à ne pas y céder et à réfréner la violence de leurs pulsions
sexuelles. Les résultats obtenus n'ont guère été brillants. Car ces mêmes
hommes n'ont pas cessé de mener une sourde lutte contre l'injonction qui
leur était faite.* "La chair est faible"*, ont-ils plaidé, ce dont ils ont
rendu les femmes coupables au point de justifier le sort qu'ils leur ont
réservé : de l'invention puis de la réglementation de la prostitution à la
maltraitance légale des femmes, avec les règles iniques des jugements pour
faute dans les procès de divorce, en passant par une littérature légitimant
en les magnifiant les exploits sexuels masculins.
Les choses ont commencé à changer à partir du moment où, depuis quelques
décennies, les femmes se sont dotées des moyens d'aller jusqu'au bout de
leur lutte et de restaurer enfin une dignité bafouée jusque-là. On ne peut
que se féliciter, tout insuffisants qu'ils soient encore, des résultats
qu'elles ont obtenus. Leur assomption, en particulier, d'une sexualité guère
moins exigeante que celle de leurs comparses a abouti à la libéralisation
actuelle des moeurs.
Que recouvre dès lors le concept d'adultère ? Peut-on en effet encore en
faire usage quand chacun, au nom d'une liberté qui lui est reconnue et dont
il est férocement jaloux, revendique - et se voit reconnaître - le droit de
suivre son caprice sans avoir à en rendre compte à quiconque ? On sait les
dispositions prises par exemple, à cet égard, par le couple morganatique
formé par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir : ils s'étaient engagés non
seulement à tolérer leurs infidélités respectives mais à se les raconter par
le menu. Qu'ils n'aient pas tenu leur engagement n'a été su que fort tard,
après que la publicité donnée à leur comportement a fait quantité de naïfs
adeptes, lesquels en ont parfois payé les conséquences d'un prix exorbitant.
Et pourtant !
Il suffit de revenir à ce qu'enseigne la clinique du quotidien. Suivant sur
de nombreuses années les nombreux couples que j'ai rencontrés dans ma
carrière et qui avaient opté pour toutes sortes d'options en la matière, je
n'ai jamais eu à connaître d'une infidélité ou d'une rupture qui n'ait
produit d'intolérables douleurs quand ce n'était pas de profonds, voire très
profonds, dégâts.
--
Tassigny Frans
Sint Fransiscusstraat 25
8400 Ostende
BELGIQUE
0496 85 56 82
nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
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