[Lutecium-group] Je prends ce que je veux... de Mme Chantal Collet
thanh-thang.ly
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Mon Feb 6 07:31:49 UTC 2006
----- Message d'origine -----
Envoyé : mercredi 25 janvier 2006 09:06
Objet : [Lutecium-group] Je prends ce que je veux.
De Chantal COLLET
Je connais un cimetière de Provence où la main normatrice de l'homme a tant enlevé les herbes folles, considérées comme autant de "mauvaises herbes dites chiendent", que l'espace s'est retrouvé nu et pelé, mais propre.
IM-PEC-CA-BLE !
Quelques mois plus tard pour pallier au vide créé, le gardien avait disposé des fleurs en plastiques.
S'il vous plaît ne me privez pas des infos envoyés par l'un ou l'autre :Kornobis, Bing, Fainsilber, Milopolskaya, Thanh-Thang-ly ( Monsieur, où sont vos peintures. Avez-vous édité vos textes ?), Sarmiento, et plus.
Ils disent, pour moi, un peu plus que certains textes boursouflés auxquels je n'y comprends goutte et signent aussi l'intérêt/le désir en mouvement, à partager. Cordialement
Chantal madame Amie,
Pour vous et Lutécium... dans les cimetières d'ici et ailleurs, la clarté de la lune dépend de l'ombre des pins.
Ma famille en mon absence relève mon courrier et m'a bien averti fin janvier de votre amitié en Lutécium et je vous fais écho à ce retour du printemps en Sud Est Asie.
Peut-être le saviez vous? Les anciens cimetières traditionnels en Chine sont souvent des lieux laissés quasiment à l'abandon, sans aucun entretien par la famille et les descendants du défunt, sauf quelques fumées de bâtons d'encens ... pour laisser en paix les morts et les confier ainsi à la montagne ou à la nature. Que cela prenne le plus possible l'aspect d'un terrain sauvage et vague avec des tombes devenant comme des pierres moussues avec le temps, et ce sont plutôt les différents temples en ville avec chimères et dragons à l'entrée qui sont objets de soins et d'entretiens constants et que vous visitez quand vous voyagez par chez moi.
Des fois je me dis aussi... quand je me promène ou à pieds ou à pousse-pousse dans toutes ces grouillantes ruelles d'une Asie de l'enfance perdue, que cela doit bien arranger l'emploi du temps de quelques chinois commerçants si affairés, et dont le temps est tout entièrement voué au Dieu-négoce et ces fleurs en plastique dont vous parlez, elles sont souvent n'est-ce-pas? hand made in China ;-)
En Europe et aux US, j'aime beaucoup les cimetières, m'y arrêter à la lumière violine du lever de soleil, pour les peindre, je les trouve très gais, souvent fleuris et toujours je suis en bonne et paisible compagnie avec partout les mêmes vieilles et vieillards, en sourire endimanché de promenade avec fleurs et arrosoirs dans les allées, à retrouver le carré de jardin d'un proche... certainement certains d'entre vous ici, connaissez-vous l'adorable cimetière de l'abbaye romane de Valcabrère près du majestueux Saint Bertrand de Comminges en Midi Pyrénées avec délicieuses auberges aux alentours... et ânes et moutons en guise de cousins ;-)
Aux Indes ou dans cet archipel d'îles de Malaisie et des Philippines ou d'Indonésie où réside un peu de ma chair, les eaux du Gange (à Benarès) ou de la Mer ou de l'Océan, restent selon les croyances de certains de là-bas... le plus beau des cimetières, puisque après crémation des corps pour libérer leurs âmes enfermées, avec pétales de fleurs les vivants répandent les cendres des morts dans l'eau... d'ailleurs n'est-ce-pas à Bali au mont Agoun où l'on dit:
"que les divinités viennent de la mer avec la marée,
et que des montagnes, surgissent les coutumes avec le vent."
Et cela est d'autant plus étrange que c'est une amie d'ici de Paris, écrivaine parisienne de nombreux romans depuis 1991, Frédérika Fenollabbate qui m'avait remis en tête cette parole balinaise dans un échange en écho affectueux à mes mots,... elle suggérait d'entendre la Mer... comme une fiction ;-)
Et vous rappelez vous Chantal, Judith Gauthier au 19è siècle qui visitant les contrées de ma famille maternelle, si primitives et animistes, disait: ...
"quand il n'y aura plus de peuples étranges, le Monde sera bien malheureux."
Je ne sais que peindre, avec le souhait maintenant de devenir pinceau manipulant les mots et leurs sons de la même façon que cette pâte de silence des couleurs. C'est mon adorée Marguerite la-Duras, elle nous disait que "trois ou quatre mots en tête finissent toujours par nous construire une phrase" et ainsi en nous fabriquant les mots nous disent plus... que ce que nous disons d'eux,
et "... renoncer à ce qu'on ne peut retenir... puis battre les buissons pour chercher sans trouver ce qui doit nous guérir de ces maux que nous portons partout... les mots savent de nous ce que nous ignorons d'eux..."
écrivait ce sacré René Char dans le Deuil des Névons.
On croit toujours qu'on parle, n'est-ce-pas?... oubliant qu'on est parlé.
Aussi m'arrive-t-il par gaie fantaisie de m'amuser à lire "d'un-e Autre à l'autre", avec ce jeu de lettres!
Danielle, madame le Dr Notert-Treton amie de Rouen, l'aviez vous fait de lire ainsi ce séminaire de 68-69 ?;-)
Dans quelques galeries je suis, de ce peuple des peintres sans nom d'un renom, et nous sommes quelques uns et unes biens d'être-ainsi... et j'ai pris coutume de confier ma production à des galeristes car je n'ai jamais pu ni su vendre ma chair..., d'une part ça désencombre le stockage de mon grenier et d'autre part ça m'évite quand cela me prend à les détruire à les gratter pour peindre par dessus quand les finances sont à court pour l'achat de matériel neuf et vierge... Tout compte fait, c'est un gouffre, ce pinceau ! il m'a ruiné.
1 commision & envie et gratitude:
Gratitude à vous, à votre aimable philia en public, une philiamitié des fois confondue avec l'affiliation politique ou idéologique... et je ne sais pourquoi c'est ainsi, n'est-ce-pas ? mais la Structure du penser des hommes est des fois bien désolante pour la cause de la pensée, et quand en société l'amitié est une cité interdite bannie et que la courtoisie ne sera plus que politesse et culture sans amis, le monde sera alors bien triste.
en-Vie d'un pinceau,
et 1 commission... celle de faire passer un bouquet de mille pensées de fleurs silencieuses et souriantes à
l'aînée Liliane Fainsilber de la part de Nathanaëly tournant éternellement en cartels de la chose :-)
avec ainsi l'occasion amicale d'un grand merci :-) à Messieurs Guy De Villers et Claude Costiou de rappeler et fournir en copié-collé les textes de Roger Money Kyrle et Jean-Claude Milner, et qui sont documents fort utiles pour le cours de notre petit travail de cartel en Haute-Garonne France,
"le Contre transfert normal et ses principales déviations" (mail lutécium-décembre 2005),
"Linguistique et Psychanalyse" (mail lutécium-janvier 2006).
A vous souhaiter un beau printemps d'asie en plein hiver d'europe !
A Lutécium & Dr Siboni j'ai adressé comme de coutume ma cotisation 2006 avec les voeux de janvier :-)
Votre dévoué Thanh
PS Chantal, pour vous trois souvenirs de romans de l'amie écrivaine Frédérika Fenollabbate que j'ai aimés:
1- Le Majordome - édition belfond 1991 -
2- Appoline Francoeur - édition La Musardine 1999 - (+++)
3- La maîtresse des cerfs volants - édition ronce nôtre 2003 -
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