[Lutecium-group] Les bons et les mauvais objets
Liliane Fainsilber
Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr
Sun Jan 8 08:03:13 UTC 2006
Cher Olivier, Et bien voila en effet une belle "diatribe". Je trouve amusant
que cette discussion ait lieu sous ce titre des "bons et des mauvais
objets", comme si elle en était une sorte de démonstration.
Je crois que ce qu'on oublie peut-être c'est que les élaborations théoriques
des uns et des autres prennent certes appui sur les élaborations théoriques
de nos prédécesseurs mais ne trouvent leur formulation d'une part qu'à
travers le passage au travers de notre savoir inconscient, donc en référence
à notre histoire et à ce que nous en avons découvert au cours de notre
longue, très longue psychanalyse et que d'autre part, issue de la clinique,
de ce qu'on a entendu des analysants, ces élaborations théoriques devrait
avoir avant tout pour fonction d'y faire en quelque sorte retour.
En fonction de ce double parcours avec effet de bouclage, de la clinique à
la théorie et de la théorie à la clinique, ainsi que ce passage des énoncés
de la théorie analytique aux énonciations de l'analyste, en référence à son
histoire ( dans sa famille et dans l'histoire du mouvement analytique) ces
élaborations ne peuvent donc que nouvelles, émergence d'une nouvelle vérité.
Simplement ce sont des petites vérités. Elles ne font pas la une des
journaux puisqu'elles ne sont accessibles, entendables que s'il y a
transfert. il y faut l'amour mais peut-être aussi la haine.
Je n'ai pas eu la patience de lire ce texte d'André Green. Je trouve que ces
bagarres analytiques ne présentent pas grand intérêt - ce sont des bagarres
d'écoles - mais comme il a l'air d'avoir des effets sur cette liste
peut-être vais-je me décider à le lire. Amicalement. Liliane.
----- Original Message -----
From: <olivierboumendil at aol.com>
To: <lutecium-group at lutecium.org>
Sent: Sunday, January 08, 2006 12:03 AM
Subject: Re: [Lutecium-group] Les bons et les mauvais objets
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
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Je suis de votre avis et c'est là un venin qui nous menace ....
Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une position strictement française du
problème mais, disons, plutôt plus fréquente chez les latins que les
anglo-saxons,
et ce d'autant qu'ils sont psychanalystes... Il y a , à mon novice avis,
dans cette discipline un exécrable besoin de référence avec une
impossibilité
voire un interdit à dépasser la référence chez certains (A. Green l'a mis
en
exergue, d'une manière, certes, toujours aussi peu aimable, dans son récent
article au monde). Je dis que c'est un privilège de la psychanalyse parce
que
dans cette discipline, certains pensent qu'il faut un continuum de raison
pour
arriver à un résultat exact alors que dans toute recherche (et n'importe
quel
chercheur hors du champ analytique sait celà ... demandez au
comportementalistes) on peut se tromper et suite à une série d'erreurs
arriver à une réponse
aussi étonante qu'exacte. A force de s'obséder sur la duperie, quelques
analystes n'en souffrent plus l'innovation, sauf lorsque cette dernière est
mijaurée voire mièvre, d'inspiration scholastique et surtout dépourvue du
boulversement "sensuel" qu'impose toute découverte. Si j'aborde un problème
auquel
Lacan ou Freud n'ont répondu que partiellement et bien, mes idées, aussi
géniales pourraient-elles être ne seront jamais reconnues pour miennes.
Malheur à
moi si j'en contredisais une ligne ! Pour qui me prendrais-je alors ?
Demandez
à AD. Weil qui pourtant bénéficie d'une certaine reconnaissance. Ou à Fr.
Perrier tiens ! Ainsi survivent des idées d'un autre temps, dans une
conception
absolument figée et dépourvue de toute plastique mais qui se défend du
contraire. C'est ce qui doit faire réfléchir Miller depuis un mois qu'il
n'arrive
plus à s'adresser à ses propres élèves. ... Ce sale spectacle d'une
psychanalyse qui se déchire de ne savoir progresser nuit profondément à ceux
qui en
souhaitent en prendre le chemin. Et au bénéfice de l'obscurantisme il reste
à
nos jeunes psy le choix d'un cognitivisme aussi "repoussoir" que déspotique
et dangereux ainsi que celui des sectes, des modificateurs de la conscience
ou
de l'illusion sociale qui a de plus en plus d'emprise chez nos patients.
Pas de malentendu, je respecte autant que je considère comme d'une
contribution remarquable tous les penseurs que je cite ici. Mais la
psychanalyse ne
semble admettre de penseurs que dans ses maîtres du passé. Ceux du présent
sont de la horde, pas plus ... et c'est la regrettable pensée qui s'impose
à
leur vue, leur écoute, et souvent leur contact. Pour autant parler de
mauvais
objet me semble abusif. L'objet s'efface et disparait derrière une misère
cérébrale accablante.
Au-delà de l'in-sens(é) se situe le moment de l'éclat (coupure) comme un
tournant nécessaire qui peut tout changer. Cette notion de changement qui
mérite
aussi que certains s'en occupent dans la psychanalyse. En prenant en compte
que tout changement de la même façon implique forcément une erreur qui est
d'abord celle de vouloir changer. La même que celle qui émaille
certainement
cette trop longue diatribe et dont vous voudrez m'excuser.
OB
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