[Lutecium-group] La cause- la chose

Guy de Villers Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
Fri Jan 27 14:41:56 UTC 2006


Cher Violaine Clément,
Merci de m'entendre si bien.
Ce qui barre l'accès au trou, c'est I(A). Ce qui l'ouvre, c'est (a) réel,
cet impossible. L'effet de groupe se produit selon la structure de la masse
identifiée au chef, qu'il soit aimé ou haï. La masse se dédouble en "gens de
soi" et "gens de l'autre"... Mais c'est pareil.
Le cartel est ce petit dispositif mis en place par Lacan et rappelé par lui
chaque fois que le groupe menace le discours de la psychanalyse. C'est
pourquoi je trouve pertinent de prendre nos repères sur cette question de la
cause par le moyen de l'étude en cartel, ici virtuel, entendons véhiculant
nos échanges par la toile.
"Quatre se choisissent...La conjonction des quatre se fait autour d'un
Plus-Un...Pour prévenir l'effet de colle..." Lacan formalisait en ces termes
le cartel lors de la séance du 11 mars 1980. Le Séminaire s'intitule
"D'écolage".
J'emballe donc sur cette proposition de cartel virtuel.
Bien cordialement,
Guy de Villers.
==============
Le 27/01/06 10:29, « Violaine Clement » <violaine.clement at co-perolles.ch> a
écrit :

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Cher Guy de Villers,
> 
> Si j'entends bien, vous nous proposez en fait un cartel virtuel sur la
> clocherie, sur la cause, et, en filigrane, sur une école qui ne colle
> pas.
> Cela m'intéresse, d'autant que je fais une confusion sur l'école qui me
> semble intéressante ici : pour l'enseignante que je suis, l'école est
> un lieu dans lequel je peux apprendre quelque chose. Voyant paraître
> les papiers de l'école, entendant les membres de l'école, mais aussi
> entendant les querelles, les prises de bec, j'étais d'abord partagée
> entre le désir d'en être, et l'envie de m'en tenir écartée. Il y a du
> transfert dans l'école, et ce n'est pas toujours tranquille... Puis, un
> jour, je me suis entendu répondre : "mais l'école, vous en êtes
> responsable, c'est la vôtre..."
> S'il y a quelque chose à apprendre de l'école, c'est qu'il y a de
> l'autre, ces quelques autres, dont on peut entendre quelque chose. Et
> c'est là que ça cloche, Parce qu'entre l'un et l'autre si ça ne cloche
> pas, ça colle, et c'est mortel.
> La clocherie, le rapport sexuel impossible à écrire, l'école
> partenaire-symptôme, c'est la question qui m'intéresse : l'autre, je ne
> peux le réduire, il continue à me trouer... De ce trou-là, il s'agit
> d'apprendre quelque chose et de le dire. L'école me troue, mais avec
> quelques-uns, de ce trou, on pourrait faire mathème.
> 
> Cordialement
> 
> 
> Violaine Clément
> 
> 
> Le 27 janv. 06, à 09:41, Guy de Villers a écrit :
> 
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> Pour "Notert"
>> 
>> « IL N¹Y A DE CAUSE QUE DE CE QUI CLOCHE » (J. LACAN, Le Séminaire,
>> Livre XI, Les Quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, p. 25: séance
>> du 22 janvier 1964)
>> "Ce que je vais faire de nouveau, je l¹ai appelé la cause freudienne, à
>> entendre de ce que j¹ai dit de sa fonction, comme étant de sa nature
>> non seulement méconnue, mais cause de ce qui cloche.
>> Ça cloche dans le groupe analytique, précisément de ce qu¹il ne puisse
>> pas être synchrone, mais symptôme. Mais ça ne cloche pas dans l¹écrit où je
>> serre la question." (J. Lacan, lettre au journal Le Matin, 15 mars
>> 1980.)
>> 
>> Sur la question de la cause en psychanalyse,de 1964 à 1980, Lacan n'a
>> donc pas changé : la cause est toujours rapportée à la clocherie. Il ne
>> s'agit donc pas de se réclamer d'une cause, "d'une cause contre l'autre qui
>> la refuse", comme le suggère David.
>> 
>> Cordialement,
>> Guy.
>> 
>> 
>> 
>> 
>> 
>> 
>> 
>> 
>> Le 27/01/06 1:07, « notert » <notert at club-internet.fr> a écrit :
>> 
>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>> ---
>>> cher,
>>> y étiez vous, au PLM, je crois j'y étais et je m'y reconnais pas dans
>>> votre discours.
>>> nous voilà en post-mortem
>>> mais je n'ai rien contre >Miller.
>>> même tout contre
>>> mais ne reconnaîtrireriez-vous pas dans vos dires , cette phrase que
>>> je retrouve pas dans son ex-tenso:"je dis souvent la même chose mais
>>> je ne répète jamais".(J.L.)
>>> voilà où je doute, dans les exploités de la dissolution, une certaine
>>> répétition in-extenso.
>>> avouez que c'est purement subjectif de ma part, pire j'individualise
>>> la dialectique de savoir de qui est un discours-courant, nul n'ignore
>>> que lacan ne publiait plus que sous la plume de son co-auteur
>>> putatif, et rituel depuis:jam.
>>> 
>>> je ne lui conteste rien d'autre que d'avoir raison, à jam, raison de
>>> l'autre, Guy vous prétendriez -vous tel?
>>> 
>>> ainsi va la successorialité, j'ai du mal avec mes lettres, succession
>>> et succès, et la lité, une raison, un succès, une cause réussie,
>>> pourquoi viendreririez-vous en pourfendre encore?nous redire que"
>>> vous" avez "raison", l'on vous croît, déjà. j'en perds ma
>>> conjugaison," viendreririez" est ce le verbe juste? je m'acharne, car
>>> plusieurs viennent en rire quand j'ose localement relever ce qu'il en
>>> serait d'un discours qui ne serait pas de la la cause, celui bête d'u
>>> advenant à son propre discours, autrement dit un infans.
>>> 
>>> dans mes modestes pratiques, psy, et pas forcément autochtones, l'on
>>> me brandit parfois avant toute parole"croyez vous?". maintenant en
>>> Carnégie ou en l' Autre Miller, ou ce Faust,  Ronald,l'Évangéliste,
>>> zut je retrouve pas son nom. mais
>>> je réponds souvent: "je vous croîs",à tout un chacun, quelque soit
>>> son nom.
>>> 
>>> cher guy, je vous croîs, mais franchement je ne suis pas
>>> évangéléliste, ni même croyante au sens métapsychologique, en ce sens
>>> je suis mécroyante de Freud même, je crois qu'il ne faut pas
>>> croire.je ne crois ^pas en la psychologie même dite psychanalytique.
>>> avouez que cela est ardu.
>>> avec mes congratulations pour le dür" arbeit"
>>> D.
>>> Le 27 janv. 06 à 00:26, Guy de Villers a écrit :
>>> 
>>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>>> ---
>>>> Cher David Renaut,
>>>> Merci pour votre réponse.
>>>> Le message que j'ai envoyé au sujet du discours de la cause n'était
>>>> pas sans
>>>> référence. Je vous invitais à lire le séminaire "Dissolution",
>>>> séance du 11
>>>> mars 1980. C'est à ce moment que Lacan démarre "La Cause
>>>> freudienne". Ces
>>>> quelques pages me semblaient nous éloigner fort heureusement de
>>>> l'imaginaire
>>>> dont s'habillent à l'occasion les résultats d'analyses lexicales
>>>> rigoureuses. Vos variations sémantiques sont évidemment
>>>> pertinentes. Elles
>>>> déploient un champ de connotations incontestables. Je soutiens que
>>>> Lacan,
>>>> l'analyste, subvertit ce fatras et l'évidence assertive des jugements
>>>> d'attribution qui l'accompagnent pour proposer autre chose, qui troue
>>>> l'emblème, dénonce la réclame et met en attente ceux qui, venus de
>>>> l'EFP,
>>>> ont besoin d'un certain temps pour s'en dépêtrer.
>>>> Voici un extrait de la lettre que Lacan avait envoyé au journal Le
>>>> Matin, le
>>>> 15 mars 1980. "Jacques Lacan avait annoncé dans une lettre, le 5
>>>> janvier, la
>>>> dissolution de l¹École freudienne. Voici l¹allocution de bienvenue
>>>> qu¹il a
>>>> prononcée à l¹ouverture de la réunion convoquée par lui, le samedi
>>>> 15 mars,
>>>> au PLM Saint-Jacques. Lacan revient sur les effets produits par
>>>> l¹annonce de
>>>> la dissolution de son école."
>>>> 
>>>> "L¹effet de groupe est contraire à l¹effet de sujet, lequel ne vaut
>>>> pour
>>>> nous que par la désubjectivation nécessaire à l¹analyste. Le groupe
>>>> se
>>>> définit d¹être une unité synchrone dont les éléments sont les
>>>> individus.
>>>> Mais un sujet n¹est pas un individu.
>>>> Ce que je vais faire de nouveau, je l¹ai appelé la cause freudienne,
>>>> à
>>>> entendre de ce que j¹ai dit de sa fonction, comme étant de sa
>>>> nature non
>>>> seulement méconnue, mais cause de ce qui cloche.
>>>> Ça cloche dans le groupe analytique, précisément de ce qu¹il ne
>>>> puisse pas
>>>> être synchrone, mais symptôme. Mais ça ne cloche pas dans l¹écrit
>>>> où je
>>>> serre la question.
>>>> Le groupe est impossible ­ impossible à dissoudre. Aussi n¹y songé-
>>>> je pas.
>>>> Mais l¹école n¹est plus ce qui convient pour abriter cet impossible.
>>>> Ce que je vais faire de nouveau, c¹est toujours la même chose, bien
>>>> entendu,
>>>> mais autrement.
>>>> Je ne vais pas vous en parler maintenant. À vous de vous dépêtrer
>>>> de l¹école
>>>> pour me rejoindre." [Cfr Tout Pas-tout Lacan, édité par l'ELP.]
>>>> 
>>>> Mais il y a d'autres références majeures, notamment le Séminaire XI
>>>> sur Les
>>>> quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse.
>>>> 
>>>> Je reste à votre disposition pour avancer dans la saisie de la
>>>> subversion
>>>> lacanienne du discours de la cause.
>>>> Bien cordialement,
>>>> Guy.
>>>> ==================
>>>> 
>>>> Le 26/01/06 18:34, « david » <davidrenaut at wanadoo.fr> a écrit :
>>>> 
>>>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>>>> ---
>>>>> 
>>>>> Cher Guy de Villers,
>>>>> J'aimerais bien savoir plus précisément quelle acception Lacan a
>>>>> pu donner
>>>>> au terme Cause et je vous saurai gré de me répondre par quelques
>>>>> citations
>>>>> qui m'éclaireraient davantage, car d'apprendre que l'usage qu'il
>>>>> enseignait
>>>>> fut autre me laisse en proie à un imaginaire, l'imaginaire de cet
>>>>> autre
>>>>> chose que j'aimerais bien savoir et que je vous suppose savoir.
>>>>> Je ne crois pas que mon analyse lexicale soit de l'ordre de
>>>>> l'imaginaire,
>>>>> elle est conforme à tout bon dictionnaire. Le fondement causal de la
>>>>> conflictualité est structurel et ne saurait relever de
>>>>> l'imaginaire qu'à
>>>>> précisément s'en défendre, comme de toute interprétation qui
>>>>> dérange. L'idée
>>>>> du conflit est d'abord conçue par celui qui est sur la défensive ;
>>>>> celui qui
>>>>> agit, voire qui attaque, peut n'avoir aucune idée de conflit (« Il
>>>>> est donc
>>>>> naturel que celui qui met le premier en action le concept de
>>>>> guerre et qui
>>>>> conçoit l'idée de deux partis opposés [...] soit le défenseur ».
>>>>> Carl von
>>>>> Clausewitz).
>>>>> Bien cordialement à vous,
>>>>> David
>>>>> 
>>>>> ----- Original Message -----
>>>>> From: "Guy de Villers" <Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be>
>>>>> To: "Lutecium" <lutecium-group at lutecium.org>
>>>>> Sent: Wednesday, January 25, 2006 4:13 PM
>>>>> Subject: Re: [Lutecium-group] discours de la cause
>>>>> 
>>>>> 
>>>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>>>> ---
>>>>> Pour David et d'autres que la question de la cause intéresse.
>>>>> Il y a certes un imaginaire facile à déployer sur le thème de la
>>>>> cause.
>>>>> Lacan nous en a enseigné un autre usage. J'invite tous ceux qui
>>>>> souhaitent
>>>>> s'en approcher à se mettre au travail, par petits groupes, les
>>>>> cartels remis
>>>>> à l'honneur par Lacan au moment où il "démarre la Cause
>>>>> freudienne". (séance
>>>>> du 11 mars 1980.) On pourrait d'ailleurs partir du séminaire
>>>>> "Dissolution".
>>>>> Nous y verrions toute la distance qui sépare l'acte de Lacan de
>>>>> cette
>>>>> compréhension d'une cause inscrite sur l'axe imaginaire.
>>>>> Bien cordialement,
>>>>> Guy.
>>>>> 
>>>>> 
>>>>> Le 25/01/06 13:21, « david » <davidrenaut at wanadoo.fr> a écrit :
>>>>> 
>>>>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>>>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>>>>> ---
>>>>>> L'appellation même de l'École de la cause freudienne exprime déjà
>>>>>> une
>>>>>> certaine
>>>>>> agressivité initiale, la cause, comme s'il s'agissait d'une cause à
>>>>>> plaider, à
>>>>>> défendre contre un monde extérieur qui la refuserait, la cause
>>>>>> perdue
>>>>>> d'une
>>>>>> idéologie, la cause d'un syndicat, d'un lobby, la cause dont le
>>>>>> contenu
>>>>>> qu'il
>>>>>> soit freudien n'importe pas tant que la position qu'il implique
>>>>>> d'un
>>>>>> discours.
>>>>>> 
>>>>>> Le discours d'une cause dépend de l'autre, le sujet qui se
>>>>>> réclame de
>>>>>> cette
>>>>>> cause ne se réclame pas d'un savoir mais de sa cause, d'une cause
>>>>>> contre
>>>>>> l'autre qui la refuse, c'est un sujet qui se fonde sur cet
>>>>>> autre ; il
>>>>>> s'agit
>>>>>> de ce que Lacan appelait le discours de l'hystérique ($/a -> S1/
>>>>>> S2) qui
>>>>>> est
>>>>>> précisément le symétrique du discours de l'analyste, l'analyste
>>>>>> ne se
>>>>>> supportant pas de l'autre mais d'un savoir par lequel l'autre
>>>>>> trouve à se
>>>>>> situer (a/S2 -> $/S1).
>>>>>> 
>>>>>> Suite à ces considération sur le Signifiant Cause que ladite École
>>>>>> a
>>>>>> choisi
>>>>>> comme emblème, j'espère que les gendres du gendre de Lacan ne
>>>>>> s'imagineront
>>>>>> pas que je mette en cause leur grande et honorable famille,
>>>>>> 
>>>>>> Bien à vous,
>>>>>> 
>>>>>> David
>>>>>>

Guy de Villers Grand-Champs
Cours de Valduc, 13
B-1348 Louvain-la-Neuve
BELGIQUE
Tél. : +32 10 45 47 89
Fax  : +32 10 45 69 74
Courriel : Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be






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