[Lutecium-group] Freud/Biologie

Liliane Fainsilber Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr
Sun May 7 14:38:07 UTC 2006


Oui, Bruno, tu as raison quant au Freud biologiste mais c'est le temps d'avant son invention de la psychanalyse.  Quand il construit l'esquisse, ce n'est plus de l'anatomie ni de la physiologie -  même s'il en emprunte en quelque sorte le vocabulaire - c'est un appareil psychique en action pour rendre compte de ce qui se passe dans les névroses, pour rendre compte de se qui passe dans la clinique analytique qu'il est entrain de découvrir en même temps qu'il analyse ses rêves et ses actes manqués. 
C'est donc la représentation de l'appareil psychique en structure et en fonctionnement. 
C'est d'ailleurs sur cette esquisse que Lacan prendra appui pour poser l'équivalence entre les vorstellelungen et les signifiants. Mais là il faudrait que je replonge un peu dans la question pour argumenter davantage. Car j'ai un peu oublié. 

Je pense aussi qu'il ne faut pas oublier non plus que  Freud, à partir de son éloge funèbre de Charcot, lui avait tiré sa révérence, abandonnant les thèses de ce dernier qui ne l'oublions pas gardait le secret espoir de trouver la localisation cérébrale des troubles hystériques et faisait autopsier, dans cet espoir toutes ces vieilles hystériques qui avaient eu le tort  de séjourner au peu trop longtemps dans ses services à La Salpétrière. Avec les neuro-sciences, le grand Professeur Charcot doit sauter de joie dans sa tombe, à l'idée que sa recherche pourra enfin aboutir : On trouvera enfin  la ou les localisations cérébrales anatomiques de l'hystérie. 

Sur ce j'ai retrouvé ce passage des formations de l'inconscient qui m'a bien plu : 
"Si les choses de l'homme dont nous nous occupons en principe sont marqués de son rapport au signifiant, on ne peut pas user du signifiant pour parler de ces choses comme pour parler des choses que le signifiant aide à poser. En d'autres termes, il doit y avoir une différence dans la façon dont nous parlons des choses de l'homme et dans la façon dont nous parlons des autres choses" 
Je laisse de côté ce qu'il dit à propos de ces autres choses, pour souligner ce qu'il dit à propos de ces choses de l'homme. 
"Nous, nous en sommes à l'homme, et là tout ce que je vous fais remarquer, c'est que le langage n'est pas jusqu'à présent dégagé, le langage avec lequel l'interroger n'est pas dégageable, comme nous le croyons dégagé, à savoir quand nous tenons sur les choses de l'homme le discours de l'académie ou de la psychologie psychiatrique. Jusqu'à nouvel ordre c'est le même. Nous pouvons très facilement nous apercevoir nous-mêmes de la pauvreté des constructions auxquelles nous nous livrons, et d'ailleurs de leur immutabilité....Tout le langage de la psychologie psychiatrique porte ce même handicap de nous faire sentir en somme son piétinement et de nous faire sentir ceci que nous exprimons : nous disons qu'on réifié telle ou telle fonction et nous  sentons l'arbitraire  de ces réifications quand on parle même en langage bleulerien de la discordance dans la schizophénie. Nous avons l'impression que nous sommes là dans quelque chose quand nous disons réifier. 
Qu'est-ce que cela veut dire ? Ce n'est pas du tout que nous reprochions à cette psychologie de faire de l'homme une chose - plût au ciel qu'il en fit une chose - c'est bien le but d'une science de l'homme. Mais justement il en fait une chose qui n'est rien d'autre que du langage qui gèle prématurément, qui substitue hâtivement sa propre forme de langage à quelque chose qui est déjà tissé dans le langage. 
Ce que nous appelons formations de l'inconscient, ce que Freud nous a présenté comme formations de l'inconscient, ce n'est pas autre chose que cette prise d'une certain primaire, d'ailleurs c'est bien pour cela qu'il l'a appellé processus primaire, cette prise d'une certain primaire dans le langage. "

Bien sûr, c'est le moment où jamais de se poser la question qu'est-ce que c'est que ce primaire pris dans le langage ? 
Il vaudrait la peine d'en retrouver la formulation exacte de Freud, mais dans les vocabulaire de Lacan, au moment où il élabore le graphe du désir, ce primaire ne peut-être me semble-t-il justement que de l'ordre du besoin, le besoin qui ne peut que passer par la demande, la demande adressée à l'Autre, celui qui est à même de la satisfaire. 
Et on peut ainsi retrouver dans l'esquisse, ce que Freud appelle à ce propos, dans un double mouvement, l'expérience de la satisfaction mais aussi et surtout l'épreuve de la souffrance, car hélas, cette Autre préhistorique à éventuellement d'autres chats à fouetter que d'avoir à répondre au doigt et à l'oeil à vos cris d'appel. 

Bon sur ce je reprends ce passage : 

" Il s'agit de reconnaitre que ce primaire est d'abord et avant tout tissé comme du langage. C'est pour cela que je vous y ramène et que c'est pour cela aussi qui jusqu'à présent vous promettent, vous font miroiter la synthèse de la psychanalyse et de la biologie, vous montrent manifestement par qu'il n'y a absolument rien d'amorcé dans ce sens, vous démontrent que c'est un leurre, et même nous irons plus loin en affirmant que jusqu'à nouvel ordre, de le promettre, c'est une escroquerie. 
Nous en sommes donc à situer, de projeter, de manifester devant vous  ce que j'appelle la texture du langage. Cela ne veut pas dire que nous excluions  ce primaire. C'est bien à sa recherche, pour autant que lui est autre chose que le langage que nous y avançons. 

Qu'est-ce que vous en pensez ce primaire, pris dans le langage n'est-il pas le désir lui même, en tant qu'articulé mais pourtant non articulable. En tout cas c'est cohérent avec ce que Lacan est entrain d'articuler avec le graphe du désir. 

Je vais cogiter un peu plus sur ces questions. Amicalement. Liliane Fainsilber. 

Le goût de la psychanalyse : http://perso.wanadoo.fr/liliane.fainsilber/



----- Original Message ----- 
From: "BdF" <bdf at deflorence.com>
To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'" <lutecium-group at lutecium.org>
Sent: Sunday, May 07, 2006 2:47 PM
Subject: [Lutecium-group] Freud/Biologie


lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.

Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
Je crois que Freud a réellement parcouru et bien connu ce champ biologique
dont parle Lilianne. Il a fait des études de médecine qui, à l'époque,
s'apparentaient en partie à ce qu'on appele aujourd'hui la biologie (telle
qu'on la pratique en classe de 3ième). Il a trifouillé les cuisses de
grenouilles en faisant passer du courant électrique, piqué les amobes dans
des plats de Pétri, et observé les neurones au microscope. C'est dans
l'Esquisse (qu'il reniera mais qui influncera fortement toute son oeuvre)
qu'il incorpore en partie nombre de ses observations sur le biologique:
frayage des voies neuronales, sensibilité plus grande de l'organisme à la
douleur qu'au plaisir, etc...
===
BdF
www.deflorence.com
=== 


_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
---------------------------------------------------------------------------------------
Wanadoo vous informe que cet  e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. 
Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.






More information about the Topologos mailing list