[Lutecium-group] Le signifiant NS... à faire circuler...

augustina.b augustina.b at free.fr
Thu Apr 26 11:22:58 UTC 2007


Bonne lecture et bonne journée
Amitiés
Augustina
 
 
 
à signer avant vendredi soir : http://www.effet-freudien
com/effetfreudien/ANNONCES.htm
 
LA REPUBLIQUE EN DANGER :
Le principe de laïcité est menacé par l’UMP
 N’en déplaise à Nicolas Sarkozy pour qui la religion doit être promue comme
ferment de la fierté française, notre République est fière d’avoir institué,
par l’article 2 de sa Constitution (loi de 1905), une séparation radicale
des Eglises et de l’Etat qui la distingue, à ce jour, de toutes les autres
Républiques : " La République ne reconnaît aucun culte ".
Lorsque, au nom de la République et en notre nom, le candidat de l’UMP se
réclame explicitement du religieux, et principalement du catholicisme,
arguant que les racines de la France seraient exclusivement chrétiennes, le
principe de laïcité est menacé.
Le 14 janvier 2007, lors de son discours d’investiture à la Porte de
Versailles, NS affirme que la France est dépositaire d’un bien " reçu en
héritage depuis 2000 ans " et que ses " racines sont et doivent rester
chrétiennes ". A la Mutualité, il affirme s’inspirer de saint Louis pour
fonder son système politique (11 février 2007). Au Zénith, il soutient que,
comparé à l’amour universel sacralisé, " le système associatif, ce n’est pas
de la fraternité " (18 Mars 2007). S’exprimant encore chez Franz Olivier
Gisbert lors de l’émission télévisée " FOG " il réclame que les débats
politiques soient " ouverts aux grandes voix du christianisme " et que la
religion chrétienne soit promue comme ferment de la fierté française.
Lors de la journée d’investiture du 14 janvier, Jean-Pierre Raffarin
rappellera aussi que la France est bien " la fille aînée de l’Eglise " et
qu’elle doit soigneusement maintenir ce rang de primauté. Christine Boutin
clamera, quant à elle, que l’UMP respecte " toute la personne humaine

depuis sa conception".
Dans l’émission " Mots Croisés " du 12 Mars 2007, Valérie Pécresse, députée
UMP, précisera que la pensée de Jacques Chirac et celle de NS sont "
consubstantielles ". 
Pour mémoire, rappelons qu’en 1996 JC a souhaité que soient " resserrés les
liens millénaires de la France à l’héritage chrétien " et que les français
soient " exhortés à la fidélité à l’Eglise" (discours d’Etat au Vatican le
20 janvier 1996).
Or, la laïcité dans notre République n’autorise pas un responsable politique
à se réclamer explicitement dans ses discours officiels de telles racines et
d’en faire une exclusive pour tous en l’incluant dans un programme. Sa
fonction lui interdit de s’y référer. Cet héritage évoqué est du ressort
intime et singulier d’une croyance en la transcendance. Il ne doit pas être
imposé, ni même vanté au civil. En outre, l’histoire démontre que le
christianisme n’a pas été à l’origine des avancées et des droits humains
acquis et établis jusqu’à aujourd’hui pour tous. L’Eglise les a même souvent
combattus et continue à le faire. Il est donc faux de prétendre, comme le
fait NS, que le christianisme a participé à la fondation laïque de la France
 Il n’est qu’à énumérer la liste, non exhaustive et par ordre alphabétique,
des droits acquis et de les considérer un par un pour s’en rendre compte : 
Contraception, décision du malade de ne pas prolonger sa torture, divorce,
droits de l’homme, égalité des droits, euthanasie, féminisme, homosexualité,
humanisme, humanitarisme, interruption volontaire de grossesse, laïcité,
liberté de conscience, liberté de penser, liberté d’écrire, liberté
religieuse, liberté sexuelle, mariage homosexuel, pacs, protection contre
les maladies sexuellement transmissibles, recherche scientifique sur les
cellules souches, réduction des inégalités, socialisme, suppression de
l’esclavage, suppression de la peine de mort, etc
 etc

La laïcité qui a inspiré l’humanisme ne s’est jamais référée au divin dans
la mise en place des droits citoyens. Contrairement à la notion de peuple
entendu comme " les habitants d’un territoire " (du grec : demos - demos),
il n’y a de laïcité que lorsque les citoyens sont réunis pour traiter de ce
qui concerne leur vie humaine et sociale, pas de leur croyance au divin ;
c’est là et en cela seul qu’ils constituent le peuple laïc (du grec : laos -
laos). Eschyle nous précise même que lorsque les laïcs – OI laioi egcwrioi -
c’est à dire lorsque " les citoyens concernés par les affaires du pays "
(que l’on peut aussi traduire par " lorsque les citoyens, électeurs de droit
) sont réunis pour traiter de leur vie d’humains, alors les dieux n’y ont
pas place, dit-il ; ils n’ont pas à s’en mêler ; cela ne les concerne pas.
Lorsque le pouvoir s’engage sous la férule du divin, il se révèle allié
d’une politique du mythe destinée à satisfaire les superstitions s’appuyant
sur les préjugés, les sentiments et les passions. Il met en place une
politique qui touche au plus intime des pulsions, qui réveille la part
paranoïaque et qui, derechef, met en péril la cohésion sociale.
La politique du mythe réalise son programme par une intimidation de
l’intelligence affectant les esprits ; elle vide l’élan civil de sa
substance pour le pervertir en amour universel idéalisé (cf : le discours de
NS au soir du premier tour, le 22 avril 2007). Cette politique rassemble les
insatisfaits autour d’un projet d’exclusion de " l’autre " catalogué
d’indésirable. Elle est une politique du droit négatif ; cultivant une
identité qui maintient le citoyen dans une impéritie manifeste, elle
tétanise toute réflexion civile et sociale et incite à s’investir
dangereusement dans les rangs d’une nouvelle croisade sur notre sol.(Faut-il
n’avoir pas entendu, le soir du 22 avril le " et surtout " qui s’est glissé
dans le voeu " rêvé " de NS lorsqu’il a clamé : " Vive la République
 ET
SURTOUT
 Vive la France " ? - adverbe nullement retransmis dans la presse). 
Certes si saint Louis, fréquemment évoqué comme modèle dans les
interventions de NS, renforça l’autorité de l’Etat au XIIIeme siècle, s’il
institua ce qui fut appelé " les cas " ne pouvant être jugés que par
lui-même et s’il créa la Commission Judiciaire, rappelons cependant – et
gardons toujours à l’esprit – qu’il fut un redoutable croisé. Il conduisit
deux croisades (la 7eme et la 8eme) et c’est durant son règne, sous la
Régence de Blanche de Castille avec la bénédiction du Pape Innocent III
qu’en Albigeois les Cathares, hommes, femmes, vieillards et enfants finirent
par être atrocement exterminés.
Afin de préserver tout risque de dérive sectaire et périlleuse pour la paix
sociale, afin d’empêcher que prenne corps et s’établisse à nouveau une
certaine " théologie politique " dont les prolongements et les
aboutissements désastreux furent dans nos contrées, il n’y a pas si
longtemps, l’extermination élevée au niveau d’un devoir national, le
prosélytisme confessionnel quel qu’il soit – même évoqué de loin – doit être
absent du discours politique.
La laïcité réfute tous les programmes ainsi qu’elle défie tous les systèmes
coercitifs transposant le religieux sur l’exécutif et sur le législatif et
concevant le sacrifice et la Loi mis ensemble comme des valeurs construisant
le Sens. Elle se différencie résolument de la dimension religieuse qui élève
le sacrifice au niveau d’une expiation. Elle admet que tout savoir est
abstrait et qu’il ne s’acquière pas autrement que par un ordre des mots. Pas
par des mots d’ordre.
Rappelons-le : " La République ne reconnaît aucun culte ", même si elle
admet tous les cultes. La République est laïque. C’est-à-dire qu’aucune
grille faisant intervenir une quelconque religion ou un quelconque culte au
divin ne doit être utilisée comme argument politique. C’est cela qui permet
à la République, tout en préservant son intégrité et sa spécificité,
d’accueillir toutes les religions, donc de n’en exclure aucune et de
préserver la liberté de conscience. 
Sous peine de faire voler la laïcité en éclats, ce droit inscrit dans la
constitution française ne doit nullement être altéré.
En usant de l’argument religieux en politique, 
en privilégiant une confession bien désignée – la catholique – 
pour en vanter l’exclusivité et
en soutenant trompeusement
que la laïcité a incorporé cette religion depuis longtemps 
(cf : Journal Le Monde du 19/04/07), 
NS dénature la question et la banalise. 
Ce faisant, il opère un transfert de sacralité et 
rompt donc gravement avec les statuts de la République
dont il vise pourtant la présidence.
 
 
Bonne lecture
 
à signer avant vendredi soir : http://www.effet-freudien.com/effetfreudien/ANNONCES.htm
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