[Lutecium-group] Divan magyar
Jean-Paul Kornobis
jpkornobis at nordnet.fr
Sun Jan 7 17:42:14 UTC 2007
Bonjour
Pour débuter cette année 2007, je voudrais vous signaler un auteur hongrois Dezsö Kosztolanyi dont l'épouse relate qu'un dimanche, alors que leur bonne était de sortie, c'est à elle que son époux demanda de lui apporter « le petit café foncé » qu'il buvait jusqu'à dix fois par jour. Elle imagina alors une bonne qui, même le dimanche, n'aurait pas le droit de sortir et servirait ses maîtres avec une perfection mécanique ; elle se demanda alors ce qui se passerait si cet automate se révoltait un jour et assassinait ceux-ci. Elle proposa l'idée à son mari qui se précipita sur le sujet pour en faire un livre « Anna Edes » (traduit en français par Anna la Douce)
Anna la Douce sera publié dans un premier temps sous forme de feuilleton en . juillet 1926. On sait que Kosztolanyi était l'ami de Sandor Ferenczi, son roman décrit un meurtre fictif commis en 1920 et là où on a souvent tendance à dire que la littérature imite la vie, on peut dire ici que c'est l'inverse. Dans ce roman, une bonne à tout faire du nom de Edes Anna, assassine sauvagement, après neuf mois de service, sa maîtresse et l'époux de celle-ci !
En 1933, un assassinat, (dont on a aucune raison de supposer qu'il soit en rapport quelconque avec le roman de Kosztolanyi) bien réel cette fois devait se dérouler dans une petite ville de France. Deux sours, qui étaient les domestiques d' « honorables bourgeois » assassinaient sauvagement leur maîtresse et sa fille. Il s'agissait des sours Papin. Jérôme et Jean Tharaud, célèbres journalistes de l'époque diront que les jurés, par leur manque d'intelligence, on prouvé « qu'ils n'avaient rien compris à ce ténébreux drame où ils n'ont vu que sang et horreur, là où il y avait quelque chose, je ne sais quoi, cet affreux mystère qui peut tomber brutalement sur la tête de qui que ce soit et qui plus tragique que le sang ».
Pour en savoir plus, je vous invite à participer ce mercredi 10 janvier à 21h 15 à l'U.r.i.o.p.s.s., 34 rue Patou à Lille, dans le cadre du 2e carrefour préparatoire à notre 8e colloque, Sylvie Boudailliez évoquera avec le texte de J. Lacan, le « Crime des sours Papin ». Le réel horrible ainsi interrogé par la littérature et la psychanalyse sera-t-il à même de répondre au sentiment du juge du roman de Kosztolanyi ? « sentiment obscure qu'il devait y avoir quelque chose, un grand mystère que personne ne connaissait, pas même peut-être l'accusée . Mais il savait également qu'on ne pouvait expliquer un acte ni avec une seule cause ni avec plusieurs, parce que derrière chaque acte se trouve une vie toute entière, la totalité d'une vie que la justice ne pourra jamais élucider »
Cordial
Jean-Paul Kornobis
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