[Lutecium-group] RE : Re: La psychanalyse n'est pas un humanisme.
Marc SAINT-PAUL
marcsaintpaul at online.fr
Sat Jun 9 14:39:56 UTC 2007
à propos de ce débat (dont je n'ai lu que les dernières contributions)
il me semble qu'il y a un texte fondamental, incontournable, et en plus
très beau de Heidegger, datant de 1946 : "Lettre sur l'humanisme (lettre
à Jean Beauffret)" (traduit par Roger Munier dans Questions III et IV
chez Gallimard)
ce texte très riche considère plusieurs conceptions de l'homme,
et donc de l'humanisme, et constitue en particulier une réponse à la
conception existentialiste de Sartre, qui place l'existence avant
l'essence, qui se situe "sur un plan où il y a seulement des hommes",
alors que pour Heidegger : "précisément nous sommes
sur un plan où il y a principalement de l'Etre." (p92)
pour situer ce texte, je propose ces quelques formules à méditer :
"Le langage est la maison de l'Etre. Dans son abri, habite l'homme." (p67)
"l'humanisme consiste en ceci : réfléchir et veiller à ce que l'homme
soit humain et non in-humain, "barbare", c'est-à-dire hors de son
essence. Or, en quoi consiste l'humanité de l'homme ? Elle repose dans
son essence." (p75)
"Se tenir dans l'éclaircie de l'Etre, c'est ce que j'appelle
l'Ek-sistence de l'homme." (p80)
"L'homme est le berger de l'Etre." (p88)
"L'essence de l'homme repose dans l'ek-sistence. C'est l'ek-sistence
qui importe essentiellement, c'est-à-dire à partir de l'Etre lui-même,
en tant que l'Etre fait advenir l'homme comme celui qui ek-siste pour
la vigilance en vue de la vérité de l'Etre, dans cette vérité même." (p105)
note finale : si l'on est rebuté par cette terminologie philosophique,
essayer de remplacer le terme 'Etre' par 'Inconscient',
peut-être y retrouvera-t-on quelques échos avec la psychanalyse, et
notamment avec la pensée de Lacan (des années 195X aux années 197X).
Marc Saint-Paul
Selon Natalia Milopolsky-Costiou <namicost at yahoo.fr>:
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Bonjour, kika, Guy, et tous,
>
> je reste convaincue que la psychanalyse reste en dehors du discours
> humaniste par sa nature incontestablement individualiste. Par contre, à
> l'intérieur de l'approche analytique il y a tout de même deux position de
> base: le désir de guérir (Ferenszi) et la présence bienveillante (Freud) qui
> ne sont pas la même chose...
>
> kika <mariadsouza at terra.com.br> a écrit :
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> oui... au nom d'un "humanisme", que n'est-il pas été fait? qu'est-ce
> "humanisme"? quand en pense aux êtres "humains", on se demande bien que
> n'est-il possible... on n'a qu'à penser à "L'Humanité", personification des
> contradictions les plus "humaines", si on peut bien accepter que le biais
> idéologique puisse être en fait "humain", "humanitaire", "humaniste"...
>
> dans ce sens là, les grecs étaient bien plus réalistes: même leurs dieux,
> quoique immortels, étaient bien "humains", ou "humanistes"...
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "Guy de Villers"
> To: "Lutecium"
> Sent: Friday, June 08, 2007 10:40 PM
> Subject: Re: [Lutecium-group] La psychanalyse n'est pas un humanisme.
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Pour ceux qui s'intéressent aux dérives d'une psychologie humaniste, il
> pourrait être éclairant de consulter les travaux de Marthe Robert ou
> d'Elizabeth Roudinesco sur C. G. JUNG.
>
> Marthe Robert écrivait déjà en 1964: "Jung, c'est un fait que l'on ne peut
> passer sous silence, était antisémite et l'est resté, comme le prouvent les
> articles qu'il écrivit pendant la guerre pour la revue de la Société de
> Psychiatrie allemande, dirigée alors par le neveu de G¦ring." ("La
> révolution psychanalytique", Tome 1, , PBP, 1964, p. 203 ); "En juin 1933 <
> précise Marthe Robert < , le Deutsche Allgemeine Artzliche Gesellschaft für
> Psychotherapie, c'est-à-dire la Société allemande de Psychiatrie, passe sous
> le contrôle des autorités nazies. Le président, Kretschmer donne aussitôt sa
> démission; il est remplacé par Jung qui, notons-le, n'était soumis, comme
> Suisse, à aucune espèce de pression. Jung édite également le Zentralblatt
> für Psychotherapie, organe officiel de la Société (allemande de
> Psychiatrie-nde) où, en 1936, on lui adjoint comme co-directeur le Dr.
> Göring, un cousin du chef nazi. La tâche spéciale de Jung au sein de cet
> organisme était d'établir une ligne "scientifique" de partage entre la
> psychologie aryenne et la psychologie juive, autrement dit entre la doctrine
> de l' "inconscient collectif" et la psychanalyse de Freud, contre laquelle
> la revanche était maintenant facile. Violemment attaqué par certains de ses
> confrères suisses (Cf. G. Bally, 1934; Ludwig Marcuse, 1955 et 1956), qui
> voyaient là pour le moins une violation de leur neutralité, Jung continua de
> collaborer avec Göring jusqu'en 1940. »(in La révolution psychanalytique »,
> Tome 2, PBP, 1964, p. 249).
> Sur C.G. Jung et le nazisme, cf. «Carl Gustav Jung: de l¹archétype au
> nazisme. Dérive d¹une psychologie de la différence. » d¹Elisabeth Roudinesco
> ; «Jung: le Christ Aryen. Les secrets d¹une vie.» de Pierre Péan et Richard
> Noll..
> Ces quelques lignes sont extraite du site internet
> http://www.psyvig.com/default_page.php?menu=12&page=4
>
>
> Guy de Villers Grand-Champs
> Cours de Valduc, 13
> B-1348 Louvain-la-Neuve
> BELGIQUE
> Tél. : +32 10 45 47 89
> Fax : +32 10 45 69 74
> Courriel : Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
>
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