[Lutecium-group] musicalité, style et écriture psychotique
Jean-françois Doucet
jeanfd at ulrik.uio.no
Mon Mar 19 09:49:30 UTC 2007
Merci de votre email auquel, sans doute avec retard, j' ajoute un
commentaire qui touche à la musicalité du texte : si mes souvenirs sont
bons, L.F. Céline a parlé de cette " petite musique " caractéristique du
style d'un auteur
en même temps que son formidable travail d'écriture a été qualifié de
psychotique
Bien cordialement
Jean-francois Doucet
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Bonjour,
>
> Le problème, c'est qu'il ne suffit pas d'écrire une fiction, avec un héros
> ou non, pour se dire écrivain. Par exemple, je ne considère que les BD de
> Spiderman soient de la littérature. Donc, ces rapports entre la
> fantasmagorie d'un auteur et l'histoire qu'il raconte sont très
> insuffisants
> pour qu'il définir la littérature, au sens esthétique, artistique du
> terme,
> et pour en parler.
>
> La littérature est au-delà de l'histoire que raconte un livre. Elle est,
> entre autre, et c'est absolument capital, du côté de la musicalité. Alain
> Didier-Weill, dans un livre assez remarquable, dont le titre est
> Invocations, donne un repérage précis de cette musicalité, d'essence
> dionysiaque : est auteur celui qui se tient très au bord du Réel depuis le
> symbolique. Plus au bord encore, c'est la musique elle-même. C'est sur ce
> bord entre symbolique et réel qu'opère la littérature. C'est le bord de
> l'inoui, de ce qui, jusqu'à ce livre, n'avait encore jamais été entendu.
>
> Alors qu'à prendre les choses par la fantasmagorie de l'auteur et ses
> relations à ses personnages ou à l'histoire du livre, on reste dans
> l'imaginaire, et on rate l'essence de la littérature. Pire : on n'est pas
> loin de dire que tout le monde pourrait être écrivain. Ca n'est pas le
> cas.
> Ecrire (lire également), cela nécessite au contraire de s'exiler de son
> imaginaire, de son petit moi, de faire taire "sa radiophonie intérieure"
> (Roland Barthes). Sinon, on ne fait que se raconter, fut-ce de façon
> masquée, et d'un point de vue littéraire, c'est sans intérêt aucun.
>
> Bon dimanche,
>
> --
> Catherine
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "Eric Maillard" <emaillard at noos.fr>
> To: <maldoro at ifrance.com>; "Groupe de travail pour la psychanalyse
> lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Sunday, March 18, 2007 12:26 PM
> Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Il me semble que dans le fantasme qu'est ce "drame qu'il ressent dans sa
> propre existence", l'auteur, par identification-projection, crée un double
> imaginaire, un Autre virtuel, héros hélas inopérant qui, je crois, ne
> "reçoit" aucune pulsion. Peut-être, effectivement, le leurre peut-il
> soulager ?
> EM
> ----- Original Message -----
> From: "Frans Tassigny" <frans.tassigny at gmail.com>
> To: "lutecium-group" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Saturday, March 17, 2007 6:14 PM
> Subject: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> . Il y aurait un "transfert" entre l'auteur et son héros; celui-ci déplace
> un drame qu'il pressent dans sa propre existence en l'articulant dans le
> champ romanesque. Il exorcise son angoisse à travers une expérience
> fictive,
> il essaie son héros au meurtre, au suicide, déplaçant ainsi ses propres
> pulsions auto-destructrices. Cela le soulage et si ses problèmes restent
> entiers, il les a momentanément "déchargés", sa ou ses victimes passent du
> réel à la fiction dans la conscience obscure d'une société qui se repaît
> de
> larmes et de sang.
>
> un psychanalyste m'a répondu ceci :
>
> .Lacan a trouvé dans Lol V. Stein l'application de certaines de ses
> théories
> ...Mais dire qu'il y a un "transfert" entre l'auteur et son héros ne me
> semble pas tout à fait correct... Il me semble que le travail d'écriture
> est
> plutôt de l'ordre de travail du rêve... C'est absolument insuffisant de
> dire
> qu'un ecrivain fait suicider son personnage parce qu'il subit ce genre de
> pulsion lui-même... Aussi bien que de reduire un rêve de suicide à son
> contenu manifeste... S'il y a du "transfert" dans l'ecriture c'est plutot
> entre l'auteur et son lecteur abstrait, il me semble. C'est le lecteur qui
> est l'Autre s'il y en a un plutôt que le héro. Le discours découle de
> l'histoire de l'auteur, mais il est codé et doit être decripté.
>
> je crois cette intervention pertinente Mais qu'en est-il véritablement du
> sujet de l' inconscient? Qu'en est-il de cette présence qui lui est
> sujette?
> transfer ?
>
> votre avis
>
> merci
> ft
> --
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