[Lutecium-group] Re : Barthes et Lacan
harry haller
haller900 at hotmail.com
Sat Aug 9 23:26:14 UTC 2008
Barthes et Lacan?
Là, il s'agit d'un sujet passionnant. Voila longtemps que je souhaite répondre à cette conjonction Lacan "et" Barthes (ou inversement), depuis votre appel à discussion. Je suis en vacances et ne puis avoir accès à mes notes concernant les 2 cours au collège de France. Mais je veux bien tenter d'en écrire quelque chose.
D'abord, j'avoue, et c'est peut-être polémique; mais, pourtant, quel soulagement devant le fait que les cours audios de Barthes semblent, dans leur profondeur, nous soulager de l'hermetisme de Lacan. Pardon, mais j'oubliais parfois qu'un cours pouvait me transporter, de bout en bout, sans cette impression que je n'y avais saisi que peu de chose, malgré un effort conséquent.
Alors Barthes et Lacan?
Ce n'est pas tant Barthes et Lacan, que Barthes et la psychanalyse. Dans les deux premiers cours ("Comment vivre ensemble" et "Le Neutre"), la psychanalyse est constamment interrogée. De mon souvenir, je dirai que Freud est plus commenté que Lacan. Même Bion, pour ses conceptions sur la possibilité de "former groupe", a plus de place que Lacan. Pourtant, on dirait que Barthes navigue à travers les concepts lacaniens, surtout celui de symbolique. Mais ce n'est pas sans défense; en effet, lorsqu'il utilise le concept de symbolique, ce qui pour l'époque ramenait, pour tous, à Lacan, il préfère nous rappeler qu'il aime à utiliser les concepts dans leur flou artistique.
Ceci n'est qu'un exemple. Mais, si j'ose une participation à ce débat, je dirai que Lacan et Barthes se rencontrent malgré eux. J'insiste, ce n'est pas "Barthes et Lacan", mais "Barthes et la psychanalyse". Barthes disait que son objet d'étude est le signifiant. Il s'inscrivait, avec Lacan, en un même champ d'étude, pour ne pas dire: "en un même paradigme".
Et le paradigme en commun est là. Mais jamais sans quelques distances. Comme pour la notion de fantasme. Car chacun des cours de Roland Barthes commencent par un fantasme. Il exige de pouvoir faire des cours dont le moteur est fantasmatique. Par exemple, le cours intitulé "Le neutre", s'intitule réellement "Le désir de neutre". Mais, là aussi, Barthes se défend de prendre le terme fantasme dans son acception purement psychanalytique: Ah!!! "Roland Barthes et la psychanalyse"?
Enfin, en guise d'ouverture, je soulignerai ce que Roland Barthes semble faire: "il s'agit de mettre à jour les signifiants refoulés de notre civilisation", c'est moi qui le dit. Non pas poussé par un désir pervers, mais parce qu'il semble que l'air du temps s'enchante de forclore un certain nombre de signifiants. Signifiants qui, du fait de leur absence, font souffrir ce qui de la singularité de Barthes voudrait se dire (d'où les références savantes à l'étymologie): le fantasme. Parfois Barthes rêve d'être neutre, et à d'autre moment c'est bien "l'idiorrythmie" qui le tente.
Cordialement,
P.S. : Barthes possède beaucoup d'humour.
GK
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