[Lutecium-group] [Lutecium-group d'un sens à l' autre
Philippe Gendrault
pgendrault at yahoo.com
Sun Jan 20 18:52:20 UTC 2008
Madame Liliane (si vous me permettez d'utiliser de votre prenom)
Excusez moi de ne pas vous avoir repondu plus rapidement mais je viens juste de trouver ces nombreux messages. Je voulais reflechir a vos propos ainsi qu'a ceux de Monsiour Doucet a qui je repondrai un petit peu plus tard.
Qu'en est-il du produit de la traduction? Bien sur c'est une nouvelle enonciation, une enonciation differente et singuliere qui parle le traducteur ou traductrice mais c'est egalement la meme enonciation dans la mesure ou celui ou celle qui traduit veut communiquer la parole meme de l'autre. Peut-on sortir de ce paradoxe. Il ya de l'un (de la difference basee sur du un) et de l'autre (du meme base sur la difference).
Traduction/trahison. J'assume qu'en general cela veut dire que le traducteur dans ce processus trahit le texte original de l'auteur. De ce fait il n'y a pas reproduction exacte, telle une transcription genetique. Le traducteur, en tant que sujet interpretant, trahit. En trahissant, il se revele egalement. Cette trahison subjectivise son travail qui devient en effet son travail, son oeuvre. Lorsque je traduis, non seulement je trahis l'auteur mais aussi je me trahis dans le sens analytique ou la denegation, le lapsus trahissent l'enonciateur en qu'ils revelent et pour l'analyste de preter attention a ces trahisons.
D'un point de vu des conventions sociale, donc de relations conscientes, intentionelles, et industrielles (ces espaces juridico-industriels), le role du traducteur, par example de Lacan, est d'essayer, je dis bien d'essayer, d'etre loyale a Lacan, a ce qu'il percoit etre ce Lacan (etre loyale dans le sens ou l'on veut eviter de le trahir) qu'il veut traduire, meme si lui en tant que sujet intervient; sa traduction se devrait de parler Lacan, tout comme l'interpretation de l'analyste s'en va du cote de l'analysant.
J'ai lu quelque part, excusez moi de ne plus avoir cette reference en tete, que la fonction du traducteur etait celle du pere qui traduit une generation pour une autre, une traduction qui comme nous le savons parfois peut se trouver coincee cruellement dans des repetitions ou bien peut s'averer etre liberatrice. La traduction comme telle, s'inscrit alors plutot dans une transmission. En anglais, traduction est "translation", avec cette notion du "trans", a travers...
Je ne peux m'empecher, chaque fois que je lis quelque chose au sujet du gendre d'y lire, la, une histoire de famille, une histoire de transmission.. qui remarquablement continue, pourvu que ca dure.....
Je pense que la traduction et "l'horreur" de l'interpretation nous force a confronter la difference, qui est reviens toujours comme dirait Lucien Israel, a celle qu'il y a entre les petites filles et les petits garcons. La traduction, le fait meme des differences de langues nous force a abandonner nos refuges linguistiques imaginaires aussi sophistiques soient-ils. Cependant, je crains qu'il soit alors facile de tomber dans un relativisme extreme si prevalent aux Etats-Unis ou en langue Anglo-americaine.
Quant a la simplification, meme si elle est bienheureuse, je la met plus du cote de l'enseignement que du cote de la transmission.. Cela aide, et je mentirai si je disais ne pas avoir lu bien des introductions, des simplifications de Lacan (meme en bandes dessinees) mais bien sur, seulement jusqu'a un point...
:) oups! :-)!
Philippe
Liliane Fainsilber <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr> wrote:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
C'est curieux, parce que j'ai répondu hier à Philippe et la réponse n'est jamais arrivée,
je la retransmets dans la foulée de votre message Jean-François parce qu'elle complète en partie votre réponse :
Oui cher ami du Farwest - nous vous faisons vivre notre farwest lacanien ! : -)
Et bien je vous répondrais, encore que je sois sensible à votre argument, que justement toute traduction implique sinon une trahison, au moins une nouvelle énonciation de la part du traducteur. Ce texte traduit, doit absolument être interprété par lui. A la limite cela devient le sien. Qu'est-ce que vous en pensez ?
A la formule connue traduction/ trahison, je rajouterais, nouvelle énonciation. Cela pose entre autre la question de celui qui devrait signer un texte. On donne en général comme réponse l'association du nom du traducteur à celui qui en est l'auteur. Ce n'est que justice. Amicalement. Liliane.
----- Original Message -----
From: "Jean-françois Doucet"
To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
Sent: Sunday, January 20, 2008 12:02 PM
Subject: Re: [Lutecium-group][Lutecium-group d'un sens à l' autre
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
Merci de votre courriel, cher Philippe, qui participe à la discussion sur
les questions de traduction c'est à dire se mèle de ce qui le regarde de
là-bas au Far West, sans doute confronté que vous êtes, justement, à la
question de la traduction ou de l'interprétation (si vous êtes francais de
langue maternelle comme je le suppose ).
Justement supposer, comme la phrase de E. Roudinesco que vous commentez,
que ce qui a été écrit par l'un, peut sans problème être écrit par l'autre
ou réécrit par l'autre, c' est dire du même coup qu'un sens passe d' un
texte à l'autre un peu comme le fameux Calorique des siècles passés qui
passait d' un corps (chaud) à un autre corps (froid) avant que la
thermodynamique ne vienne mettre un peu de précisions dans les concepts.
Or, au siècle de la cybernétique, nous fonctionnons encore sur le schéma
de l'émetteur et du récepteur entre lesquels passerait un sens quelques
soit les interlocuteurs. Transposé à l'écriture, un sens passerait
également d'un écrivain à un lecteur sans tenir compte que le lecteur
reconstruit un sens bien à lui, la compréhension se mesurant à la
proximité du texte écrit et de ce qu' en a compris le lecteur. Dans ces
conditions, changer le texte écrit revient du même coup à demander une
nouvelle compréhension au lecteur sans garantie de conserver la même
distance entre les sens que l'auteur a donné à son texte et ce que le
lecteur en a compris. Or un même message, tout le monde le sait très bien,
peut-être compris de manière très différentes par différents lecteurs,
l'idéal étant que les écarts entre ce qu'ont compris les différents
lecteurs d'un même texte soient le plus faible possible. Et forcément, les
écarts augmentent avec le nombre d'interprétations.
En l' occurence d'ailleurs, les sténotypies prises sur le vif par les
auditeurs des seminaires ne sont qu' un pis aller puisque la diction
(scansion des mots, intonations, silences sur lequel se fonde le discours
etc ) participe également au sens d'un séminaire de J. Lacan. Que pour des
raisons commerciales, on fasse un travail d'édition sur le texte des
Séminaires comme l' a entrepris le beau-fils de J. Lacan, est, à mon sens,
tout à fait louable. Mais là encore, pour ce qui est du sens qu' a voulu
transmettre J. Lacan dans ses seminaires, ce ne peut-être qu'un pis aller
si, quittant des préoccupations éditoriales ou commerciales, on s'attache
à la question du sens des doctrines couchées sur le papier du texte.
Disons qu' il s' agit un peu, toute proportion gardée, d' un travail de
vulgarisation qui a son rôle à jouer selon l'usage qu' on veut en faire.
Pour ceux qui veulent aller au fond des choses, il est difficile d'
admettre que l' un peut écrire à la place de l' autre dans la mesure où,
justement, la psychanalyse montre bien qu'il existe bel et bien une
manière individuelle d' agencer les mots à l' aide soit de la voix soit de
la plume. L' admettre serait, à mon sens, rater l'introduction de "l'
organisation des signifiants "au cours du XXème siècle dans les
considérations sur le sens des messages communiqués entre êtres humains.
Bien cordialement
Jean-francois Doucet
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Hello Mme Fainsilber,
>
> J'ai l'impression de me meler un petit peu de ce qui ne me regarde
pas,
> car vous ecrivant du far west (Californie), je n'ai pas le plaisir des
malentendus etant donne que le travail clinique lacanien rencontre ici
surtout de sourdes oreilles. Cependant, je voudrais simplement commenter
cette phrase:
> "....qu'elle peut à ce point méconnaitre l'importance du style
puisque,
> selon elle, ce qui a été écrit par l'un, peut sans problème être écrit
par l'autre ou réécrit par l'autre."
> N'est ce pas la le theme meme des echanges precedents sur la
traduction,
> qu'un ecrit, en effet, [dans une langue] puisse "etre ecrit ou reecrit
par l'autre [langue/ de l'autre langue/dans l'autre langue]?"
> Peut-on se demander si, ce qu'il ya d'affligeant pour ne pas dire
> d'impossible dans l'affirmation de Mme Roudinesco ne rencontre pas,
peut-etre, la contradiction intrinseque a la parole, qui m'authoriserai
a re-ecrire et par la traduire ce que je j'entends:
> "...ce qui a été écrit par l'un, peut par cents problèmes être écrit
par
> l'autre ou réécrit par l'autre." :)
> Philippe Gendrault, San Francisco
>
> Liliane Fainsilber
wrote:
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Cher Jean-Pierre, j'ai du provoquer un malentendu car la phrase qui m'a
profondément affligée et surtout fait bondir c'est celle qui porte sur
le
> fait que Miller, selon Roudisnesco, va "simplifier avec bonheur le style
de son beau-père".
> Ce qu'il y a de certain c'est que plus que jamais il faut continuer à
conserver précieusement et à faire circuler les sténotypies des
séminaires
> de Lacan. Déjà je constate que les jeunes analystes et les étudiants ne
se
> réfèrent plus tellement à elles et se contentent de lire et de
travailler
> les séminaires "officiels" édités au seuil, négligeant tout ce qui fait
la
> valeur de des énonciations de Lacan, dans ses premiers balbutiements,
dans
> sa fraicheur primesautière, avec ces ratés et ces reprises, ce qui fait
la
> richesse de cette toute première émergence du savoir inconscient venant
au
> jour.
> Pour le reste, je dois vous avouer que je ne l'ai pas lu, car je préfère
quand même lire le séminaire dans le texte, mais c'est sa lecture à elle
et sans doute doit-elle être, en tant que telle, respectée. Pourtant je
ne
> me retrouve guère dans ce qu'Elisabeth Roudisnesci écrit sur la
> psychanalyse et de la psychanalyse. En tout cas, c'est surprenant de
voir
> qu'elle peut à ce point méconnaitre l'importance du style puisque, selon
elle, ce qui a été écrit par l'un, peut sans problème être écrit par
l'autre ou réécrit par l'autre. ( Il ne m'arrive pas souvent d'être en
désaccord avec ce que vous écrivez. Amicalement. Liliane.
>
> ----- Original Message -----
> From: "Jean-Pierre Feifer"
> To: "Liliane Fainsilber"
> ; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> Sent: Saturday, January 19, 2008 4:15 PM
> Subject: Re: [Lutecium-group] Affligeant !
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
>
> Non merci Liliane, sans façon pour les articles façon Nouvel Obs style
condensés du Reader Digest ça me fait trop mal au ventre !!! Mais merci
malgré tout car par chance, plus loin se trouvent d'autres références
vraiment propres au questionnement... A digérer lentement.
>
> http://www.liberation.fr/transversales/weekend/304831.FR.php
>
> ou encore là :
>
> http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3260,36-997727@51-997776,0.html
>
> Ceux-là donnent vraiment envie de lire les auteur(e)s. Alain Corbin pour
le dernier article et Irène Théry, Françoise Thébaud... pour le premier.
>
> JP.
>
> samedi 19 janvier 2008 07:47
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> cc:
> From: "Liliane Fainsilber"
>
> Subject: [Lutecium-group] Affligeant !
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
>
> Il vaut la peine de lire cet article :
> http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3260,36-1000335@51-997776,0.html
>
>
>
> J'en suis affligée . Liliane.
>
>
>
>
> __._,_.___
>
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