[Lutecium-group] Réf. : RE : article à ne pas manquer....

Augustina augustina.b at free.fr
Sat May 17 08:28:17 UTC 2008


Bonjour,

J'ai été surprise quant aux propos racistes tenus dans cet article mais
surtout d'y lire une méconnaissance de la perversion. 

am
 
 
-------Message original-------
 
De : Natalia Milopolsky-Costiou
Date : 15/05/2008 17:44:02
A : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
Sujet : [Lutecium-group] RE : article à ne pas manquer....

lutecium-group: Ceci est un document du  Groupe de Travail Lutecium.
---
Oui, en effet, je l’ai lu il y a une semaine

 
  J’y reconnais aussitôt le style de JAM, qui est un brillant intellectuel,
mais dont l’allusion « ethnologique » de l’affaire me laisse perplexe. Je
parlerai plutôt non pas de l’absence de l’inconscient du monstre en question
mais de la-dite culpabilité (immense !) de la victime, qui a dû me
semble-t-il payer ainsi pour le malheur de sa mère et dont la « substitution
» appairât donc comme un sacrifice presque spirituel. Pensez-vous que cette
horrible affaire soit vraiment « propre » à la société autrichienne ou
quelconque ? Beaucoup des gens « ignorants » seront choques à apprendre le
nombre des cas semblables qui ne se dévoilent jamais (si ce n’est dans nos
cabinets et encore
) et qui sont évidemment largement moins médiatisés.
C’est à cela que la chose me fait penser cette semaine, dans l’empathie pour
toutes ces vies sacrifiées en cachette

 
  Cordialement,
  Natalia
 
Violaine Clement <violaine.clement at co-perolles.ch> a écrit :
  lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium.
---
 
Le Point
 
 
08/05/2008 N°1860 Le Point
 
Interview Jacques-Alain Miller
Un psy analyse l'affaire Fritzl
 
Propos recueillis par Christophe Labbé et Olivia Recasens
 
 
 
© DOC.LKA/US PRESS/SIPA
 
 
Le psychanalyste Jacques-Alain Miller examine pour Le Point le fait
divers qui secoue l’Autriche, où l’on découvre comment Josef Fritzl,
73 ans, a séquestré sa fille pendant vingt-quatre ans et lui a fait
sept enfants. Pour Miller, ce qui sort de l’ordinaire, ce n’est pas
l’inceste, c’est « la régularité invariable d’un acte immonde ».
Interview.
 
 
Le Point : Qu’est-ce qui peut conduire un individu à un tel degré de
perversion ?
 
Jacques-Alain Miller : Une bonne éducation, à l’ancienne, de hautes
vertus morales... Je m’explique. Par quels traits Das Inzest-Monster,
comme l’appellent les Autrichiens, restera- t-il dans les annales
cliniques et policières ? Vous pensez bien qu’il ne le devra pas au
seul fait de l’inceste, pratique fort répandue, ni non plus au nombre
de ses victimes. S’il est exceptionnel, c’est par la ténacité, la
constance, l’endurance. Ce qui sort de l’ordinaire, c’est la
régularité invariable d’un acte immonde, la méthode, la minutie et
l’esprit de sérieux investis dans l’accomplissement solitaire d’un
forfait unique s’étendant sur un quart de siècle. Pas une erreur, pas
un faux pas, pas un acte manqué. Total quality. Ce sont là autant de
qualités éminentes traditionnellement attribuées au caractère
germanique. Mises au service de la science et de l’industrie, elles
ont fait la réputation des pays de langue allemande. D’ailleurs,
c’était un ingénieur en électricité, et il disait à sa femme qu’il
descendait dans sa cave pour dessiner des plans de machines.
 
Si Gilles de Rais en France, Erzsebeth Bathory en Hongrie, grands
féodaux des XVe et XVIe siècles, restent dans les mémoires, c’est au
contraire pour le désordre de leur conduite, leurs viols et
assassinats innombrables. L’Autrichien, petit notable provincial, lui
aussi est un tyran, mais purement domestique. Il mène une existence
parfaitement « popote », mais dédoublée. Il est fidèle à sa fille
Elizabeth, unique objet de sa jouissance, dont il fait en quelque
sorte une seconde épouse. Il lui donne sept enfants, le même nombre
qu’à son épouse légitime. Il semble que l’on ne puisse lui reprocher
ni avortement ni contraception : c’est un bon catholique. Il opère
dans la plus grande discrétion, sa conduite n’est l’occasion d’aucun
scandale, d’autant que cette seconde famille, il la fait vivre sous
terre, dans des cagibis aveugles où l’on ne peut se tenir debout, à la
Louis XI.
 
Ce n’est tout de même pas son éducation qui peut expliquer sa conduite !
 
On a appris qu’il fut élevé sans père par une mère qui tous les jours
le battait comme plâtre. Le fait n’a pas dû rester sans conséquences.
On peut toujours dire qu’il voulait se venger de l’objet féminin et se
prémunir contre ses caprices... Mais on serait bien en peine d’en
déduire son vice : d’autres issues étaient possibles. En 1967, au
moment de la naissance d’Elizabeth, son quatrième enfant, il fut
arrêté pour un viol ; il en aurait commis d’autres. Tout se passe
comme s’il avait décidé de se ranger, et de s’en tenir à une bigamie
incestueuse. On ne lui connaît que quelques escapades sexuelles en
Thaïlande, avec des copains, notables de la ville. Il en revenait
bronzé, en pleine forme, auprès de sa petite famille, qui, elle, ne
voyait jamais le soleil.
 
Etait-il une sorte de Dr Jekyll-Mr Hyde ?
 
C’était à la fois un Père sévère, le Père de la loi, dont la rigueur
implacable étonnait ceux qui le voyaient régir sa famille du dessus
et, avec sa famille du dessous, un Père jouisseur, hors la loi. Dans
ces deux rôles, à un certain niveau, il fut irréprochable : songez
qu’il assura sans faillir un instant la subsistance de tous les siens.
En même temps, c’était sans doute un escroc : de ses opérations
immobilières il ne reste que des dettes considérables. C’est l’Etat
qui devra payer les années de psychothérapie et rééducation qui seront
nécessaires à la famille du dessous. Le montant en aurait d’ores et
déjà été évalué à 1 million d’euros.
 
La culture patriarcale, l’empreinte catholique, la religion du «
chacun chez soi », qui marquent l’Autriche, ont-elles pu jouer un rôle ?
 
Certains de ces traits valent pour la Sicile. Or on imagine mal une
telle histoire à Syracuse ou Trapani : là, les gens qui vivent entre
quatre murs sans sortir sont plutôt des mafieux pourchassés par les
carabiniers.
 
Mais est-ce un hasard si, après « l’affaire Kampusch », ce fait divers
éclate en Autriche ?
 
Le cas Fritzl après l’affaire Kampusch, cela fait sens,
nécessairement. Tandis que les Etats-Unis sont la terre bénie des
serial killers, l’Autriche prend rang avec la Belgique pour les
pervers casaniers à souterrain, si je puis dire. Le cas présent se
distingue par son atmosphère d’obéissance aveugle. Non pas seulement
celle de sa femme : Fritzl louait des chambres dans sa maison, une
centaine de locataires y défilèrent au cours du temps, il leur disait
de ne pas descendre dans son bunker, et aucun ne songea à enfreindre
cette interdiction. On déplore volontiers les infractions faites de
nos jours au respect de la vie privée : c’est un reproche que l’on ne
fera pas aux Autrichiens. A la Ybbstrasse, tout était en ordre, la
façade pimpante, le réfrigérateur souterrain bien garni, les vêtements
bien lavés et repassés. On regardait la télévision en famille. Le
bunker ? C’était un abri antiatomique familial, édifié à l’aide de
subventions officielles. Un grand crime populaire, c’est toujours un
fait social total, pour reprendre l’expression de Marcel Mauss : c’est
un microcosme de la société, elle s’y reflète tout entière. Fritzl :
criminel peut-être, mais Korrekt avant tout. En règle. Pas de
trébuchement. Pas d’inconscient. Pas de sentiment de culpabilité.
 
Au regard de l’histoire passée, peut-on parler d’un peuple qui «
refoule » sans cesse, refusant de regarder la réalité en face ?
 
C’est ce que disent les Anglais. Ils voient en Fritzl un symbole de
l’Autriche. C’est aussi l’idée du romancier Josef Haslinger. La maison
natale de Hitler est à une heure et demie d’Amstetten par la route,
Mauthausen plus proche encore. Le chancelier annonce une grande
campagne internationale de relations publiques pour améliorer l’image
de l’Autriche. Des esprits pratiques lui demandent plutôt des sous
pour les services sociaux. Un dessin du Times de Londres montre
l’Autriche allongée sur un divan ; derrière, Sigmund Freud. On peut
rappeler que le pays a pris soin d’éradiquer la psychanalyse, ou peu
s’en faut. L’avocat plaidera l’aliénation mentale. Au vu de l’extrême
maîtrise de soi dans le crime et la durée du délit, l’irresponsabilité
ne va pas de soi.
 
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