[Lutecium-group] Richard Abibon : Le retour à Freud !
Jean-Pierre Edberg
jean-pierre.edberg at wanadoo.fr
Wed Jan 28 11:18:34 UTC 2009
Richard Abibon : Le retour à Freud !
Très belle soirée hier soir chez Lipsy pour la présentation par Richard Abibon de son dernier livre : Le rêve de l'analyste.
Le débat était introduit par Sabine Chagny, doctorante, et par Josée Amhrein, psychanalyste. On notait la présence de Marie-Laure Caussanel et, éminemment rare, celle de Michel Thomé. C'était en quelque sorte la topologie lacanienne historique qui saluait l'auteur, Pierre Soury et Michel Thomé ayant accompagné Lacan dans son avancée topologique.
Je n'ose essayer de vous donner un compte rendu fidèle des interventions et si j'ai écouté attentivement, je suis – hélàs ! - piètre sténotypiste. Bref pour le dire simplement mes notes sont abondantes et illisibles. Mais je me réserve d'y revenir.
En revanche les interventions « croisée » de Sabine Chagny et de Josée Amhrein ont fait clairement ressortir la singularité de l'oeuvre, ou de la trajectoire?, de Richard Abibon – et je ne vise pas ici la partie proprement topologique trop connue pour qu'il soit nécessaire d'y insister -, mais l'utilisation de ses propres rêves, et donc de son intime, dans le cadre de la relation analytique, puisque c'est la relation transférentielle elle-même qui se manifeste dans le vécu l'analyste.
Ce faisant, et l'on aurait tort de ne pas le souligner, Richard Abibon fait « retour » à Freud et même au rêve « princeps » de la psychanalyse, le rêve d'Irma, celui qui introduit la Traumdeutung. Car c'est bien de son analysante, Irma, que rêve Freud et à travers celle-ci de quelques autres femmes, notamment la sienne. Curieusement, comme le nom qui barre la carte dans La lettre volée, cette particularité reste presqu'inaperçue, d'ailleurs de Freud lui-même!, ce sont les « reproches » qui lui sont faits par un collègue qui sont mis en exergue, le rêve est présenté comme un plaidoyer. Pourtant c'est bien de son propre rapport avec le féminin, et même avec le sexuel – ou le symbolique, dirait Lacan?, qui par le biais d'Irma est posé dans le rêve.
Et ce que les débats ont fait clairement ressortir c'est précisément l'interdit, le bannissement, la forclusion peut-être?, de l'intime de l'analyste dans l'analyse. D'un intime dont en quelque sorte la mention serait considérée comme une sorte d'obscène ou, pire, de transgression du cadre analytique.
Les interventions de Marie-Laure Caussanel sont venues confirmer sur ce point les observations introductives de Sabine et, mieux encore, une extraordinaire anecdote de Josée Amhrein est venue étayer, illustrer ce qui précède : Jean Clavreul lui-même, son contrôleur de l'époque, ayant d'évidence considéré comme « irrecevable », hors de propos, trahissant une sorte de manquement à l'éthique de l'analyse ou, à tout le moins, un « manque de distanciation », dont une "sortie du cadre", la mention d'un rêve portant sur une analyse en cours.
Bref c'est à la forclusion de l'analyste dans l'analyse que s'en prend Richard Abibon!
Et il est des tabous dont on ne peut s'affranchir sans risquer une traversée du désert..
Pourtant « celui qui dit ce qu'il croit avoir entendu de ce que son analysant a cru lui avoir dit » par "la voie royale" du rêve est bien celui qui fait retour à Freud!
Bon courage, Richard!
Mazal Tov, même!
Jean-Pierre
Richard Abibon : Le rêve de l'analyste,
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