[Lutecium-group] A propos de la psychanalyse en Angleterre.

Didier Mathy mathydidier at skynet.be
Thu Apr 8 22:15:30 UTC 2010


Chers Lutéciens,
J'ai fait circuler au sein du Forum du Champ lacanien de Liège, cet 
appel.  Voici l'avis d'un collègue psychanalyste et ami, D. Demey, qui 
ne manque pas de piquant et, why not?,  de pertinence.
Didier Mathy.

Qu'est ce que c'est que cette affaire?

Faire passer une demande de souscription pour aider de pauvres psy 
désemparés qui ne saivent pas se défendre tout seuls?!

Etrange que les spécialistes de la cause, du désir, ne puissent se 
défendre par eux-mêmes et fassent appel à la parole d'un Autre, ici le 
meilleur des avocats pour défendre leur cause!

Quelle entourloupe, quelle méprise, permettez-moi...

Si la psychanalyse ne sait dire à propos d'elle-même pourquoi  et en 
quoi elle échappe à toute légifération de son discours -entendez de sa 
pratique où le discours se passe-, et bien alors qu'elle se fasse 
étriper, c'est qu'elle n'est pas au fait de sa pratique, qu'elle doit se 
faire "baiser" par le discours du maître et du capitaliste, ou de la 
science.

Que la psychanalyse passe au tribunal ou au parlement pour faire 
entendre son hors champ de l'emprise de tout discours sur elle, ou de 
n'importe lequel sur un autre -- à part sur celui du capitaliste qu'il 
sera bon d'éradiquer-, c'est une chose, un fait de société. Mais qu'elle 
fasse appel à des avocats, à des experts juridiques pour défendre sa 
cause, c'est qu'elle ne perçoit pas bien qu'elle est elle-même hors lieu 
d'une maîtrise du sien de discours, qu'elle n'a pas assez pris la mesure 
du Réel pour en faire valoir l'extraordinaire de son chant et de son 
champ, pour en faire valoir son être, son essence et sa propriété 
commune, son avenir.

Qu'elle aille au tribunal, dans ce cas là, cela la fera travailler sur 
sa raison d'être, sur sa cause et sur sa manière de la défendre.

Mais jamais, il ne peut être question que ce soit par des avocats, par 
des « maîtres » en la loi, en la maîtrise des règles.  Qu'elle compte 
pouvoir s'en sortir avec des arguments juridiques venant de ce 
discours-là, qu'elle s' attende d'être épargnée comme ça, c'est une 
méprise totale de l'affaire, et  faire perdre beaucoup d'argent à des 
naïfs ou des dupes, pour rien.

Que les analystes parlent en leur nom d'abord et uniquement, quel qu'en 
soit le risque et le prix. Qu'ils s'arrangent avec la subjectivité de 
leur époque pour savoir qu'en dire, où et comment ils se situent.

S'ils n'y parviennent pas, c'est qu'ils ne sont pas au fait de leur 
objet, la psychanalyse, c'est qu'ils ne « méritent » aucune aumône.

Cette "psychanalyse-là" qui fait pitié, n'aurait pas fait le tour de sa 
question... elle n'aura pas été jusqu'au bout de sa révolution. Qu'elle 
poursuive son chemin ou qu'elle crève!

Implorer l'aumône et cette solidarité pleurnicheuse et victimaire, mais 
quel parjure vis à vis de la cause!

Non, et non... mais des éclaircissements, des appuis langagiers et 
conceptuels pour amener à une parole pertinente, oui. Une relance de 
travail dans un transfert d' Ecole et de Cause, en soutenant l'éthique 
de l'inconscient, du réel, de ce qui toujours doit être tenu dans 
l'échappée pour qu'il y ait désir, pour qu'il y ait parole, pour qu'il y 
ait forme humaine dans la société d'aujourd'hui,  cela oui... mais de 
l'argent pour faire parler un Autre, non ! Quelle sinistre simagrée, 
quel détournement, quel fourvoiement de la cause!

Comprenne qui pourra.

Il faut oser dire "je sais". Et se défendre sur sa seule certitude de 
l'analyse.

Aussi, c'est bien qu'elle se fasse attaquer, cela aiguillonne son 
travail, oriente sur ce qui lui reste à faire pour pouvoir prétendre ad 
vitam et pour sa cause, celle de l'entre-tenu de la causerie humaine, de 
ce qui fait exigence ultime pour l'homme, sa condition d'être parlant. 
Il faut oser aller dire  « je sais, vous vous trompez, messieurs les 
juges, les parlementaires » et se défendre bec et ongle. Car eux, 
n'auront pas de vergogne à dire "nous savons" comme un seul groupe, en 
promulguant des interdictions, dont celle de l'analyse. C'est d'ailleurs 
ce qu'ils font!

A ceux qui l'attaquent, commençons par  demander  « Qu'est-ce que c'est 
que la psychanalyse, vous qui ne l'avez jamais pratiquée ou peu ? 
Qu'est-elle donc en dehors des ragots de ses déçus ? »  et développons, 
nous-mêmes ce qu'elle est, dans son affiliation. Si nous ne le pouvons, 
c'est qu'il nous manque d'avoir perçu quelque chose qui fait l'essentiel 
de la cure.

Demander à des avocats de dire comment, pourquoi la psychanalyse n'est 
pas ci, n'est pas ça, est cela est ceci... mais où va-t-on?

Sur le site "Révolution-Psychanalyse", on trouvera des éléments de 
réponse à l'indigence prononcée. Il faut travailler sur cette question 
de sa certitude. Et si elle flanche trop, qu'elle ne sait plus où elle 
se trouve, retourner au charbon. Je sais. Ce n'est pas facile. Il faut 
tenir et y aller de son propre dire ou alors changer de métier.

* 
http://www.revolution-psychanalyse.com/manifeste-revolutionpsychanalyse.php*

Daniel DEMEY

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