[Lutecium-group] RE : le lit d'Aristote

Liliane fainsilber liliane.fainsilber at orange.fr
Tue Apr 19 05:40:00 UTC 2011


Merci cher Jean-Pierre pour cette philosophie au lit. Je te donne les 
références de ce pas.
----- Original Message ----- 
From: "JP Bienvenu" <jpbienvenu at orange.fr>
To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'" 
<lutecium-group at lutecium.org>
Sent: Tuesday, April 19, 2011 5:37 AM
Subject: [Lutecium-group] RE : le lit d'Aristote


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-----Message d'origine-----
De : Liliane Fainsilber

> qui connait l'histoire du lit d'Aristote

Ce n'est pas une "histoire", mais un simple exemple.

> c'est dans la métaphysique, libre béta.

Hum... Y aurait-il un "libre béta" dans le lit ? Ça se corse et ça devient
chaud ! Mais si, au lit, honnie soit qui mâle y pense, c'est bien triste !

Bon, en fait, dans Métaphysique B, le stagirite soulève treize apories
métaphysiques qui tournent autour de la question des principes, ainsi que de
la nature du genre et des espèces. C'est une polémique tout à fait
essentielle avec les platoniciens (plus qu'avec Platon lui-même), ainsi
qu'avec certains antésocratiques. Le passage où il est question du lit
(Métaphysique B 998 b 1-3), sixième aporie, concerne la nature des principes
: "Faut-il considérer les genres comme éléments et principes des êtres ?
N'est-ce pas plutôt le rôle des parties premières constitutives de chaque
individu ? Par exemple, les éléments et les principes du mot semblent bien
être les éléments premiers qui concourent à la formation de tous les mots,
et non pas le mot, pris comme genre commun ; et nous appelons éléments ces
propositions géométriques dont la démonstration est contenue dans la
démonstration des autres propositions, soit de toutes, soit de la plupart.
[...] Si l'on veut considérer la nature de quelque autre être, d'un lit, par
exemple, on cherche de quelles pièces il est composé, ainsi que leur
arrangement, et c'est alors qu'on connaît sa nature. De ces raisons, il
résulte donc que les genres ne sauraient être les principes des êtres. -
Mais, d'un autre côté, comme nous connaissons chaque chose au moyen des
définitions, et que les genres sont les points de départ des définitions,
les genres doivent être nécessairement aussi les principes des êtres
définis."

Donc, sont-ce les genres qui sont principes, ou les éléments ?

> J'ai trouvé les trois lits de Platon mais pas le sien.

Les trois lits de Platon dans la République ne sont pas sans rapport avec ce
lit d'Aristote ici ! Pour Platon, le véritable lit n'est pas celui qu'a fait
le menuisier, mais l'idée de lit à partir duquel le menuisier a construit
les éléments sensibles qui forment le lit dans lequel on se couche. L'idée
réelle (Platon) est générique ; c'est pourquoi Aristote la transforme ici en
"genre", ou "principe" à partir duquel les éléments seraient. À moins que ce
ne soit le contraire, d'où l'aporie. Apparemment au moins, Aristote s'oppose
diamétralement à Platon puisque la thèse platonicienne ne semble ne pas
marcher. C'est surtout cette position que l'aristotélisme vulgaire a retenu.
En fait, c'est beaucoup plus compliqué que cela (l'autre terme du problème
ne marche pas mieux, d'où l'aporie), mais il faudrait écrire des volumes
entiers (ce qui a été fait) pour expliquer le problème, et ce n'est pas ici
que je le ferai !

> Lacan l'évoque à propos de la "couche analytique" en rapprochant l'acte
analytique et l'acte sexuel dans la logique du fantasme.

Je n'ai pas en tête le texte de Lacan auquel tu fais référence : je ne peux
donc pas t'éclairer. Quel est-il, précisément ? Le rapport (Honni soit qui
mal y pense !), en tout cas, ne saute pas aux yeux.

JP B



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