[Lutecium-group] Hécatombe…. de Nathalie Georges-Lambrichs

Marco Mauas marco_m at netvision.net.il
Tue Jun 4 12:45:18 UTC 2013


Cette histoire de la “raclette” et du suppose “frais” me rappelle une anecdote de Borges. Je dois la raconter en Espagnol. Interroge Borges une fois, en Argentine bien sur,  sur ce qu’il pensait du Folklore’ il repondit: “Esta llegando al campo”.
Cordiale et raclettement,
MM

From: Violaine Clément 
Sent: Tuesday, June 04, 2013 1:05 PM
To: Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne 
Subject: Re: [Lutecium-group] Hécatombe…. de Nathalie Georges-Lambrichs

lutecium-group: Ceci est un document du  Groupe de Travail Lutecium.
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Cher Alain Monnet, 

Votre réponse me fait penser à ceux qui trouvent Lacan indigeste, et qui, finalement, aimeraient que l'inconscient parle une langue qui existe déjà... On le traitait de Gongora, ce poète baroque espagnol. Cette culture raffinée me touche d'autant plus qu'elle m'ouvre des portes vers d'autres paradis, certes fort peu naturels, mais si suaves.

Je regrette que vous soyez hermétique à ces jeux de langue, qui, pour moi, rendent la vie plus savoureuse. 

Bien cordialement,

Violaine



Le 3 juin 2013 à 20:00, Alain Monnet a écrit :


  lutecium-group: Ceci est un document du  Groupe de Travail Lutecium.
  ---Il serait temps de nous servir un séminaire frais, et pas cette raclette vraiment trop lourde à digérer!


  Gesendet: Montag, 03. Juni 2013 um 14:06 Uhr
  Von: "Violaine Clément" <violaine.clement at co-perolles.ch>
  An: lutecium <lutecium-group at lutecium.org>
  Betreff: [Lutecium-group] Hécatombe
. de Nathalie Georges-Lambrichs 
  Chers Lutéciens,

  À lire absolument, sous la plume savante et alerte d'une Lutécienne, ce texte qui indique comment le divan peut délier la langue de l'Héautèntimoroumenè...

  Violaine Clément
  Hécatombe, par Nathalie Georges-Lambrichs
  Dans l’empire du trauma, il y aurait des mots justes ? Pas un mot, qui, faisant mouche ou long feu, ne révèle aussitôt sa nature, de n’être pas ce qui, un instant autre, ailleurs, tuait, tue, tuera.

  Je suis de ceux qui parlent sous la bannière du slogan mémorable cépapaskonarienadirkifôfermésag***. C’est même ce qui m’a fait tomber au champ freudien, des ailes noires d’un rêve sur un confortable divan. Longtemps je m’y suis allongée de bonne heure, obéissant au commandement unique « tais-toi » refermé comme une bogue hérissée sur les quatre fois sept octosyllabes de L’héautontimorouménos. Là, joignant un geste minuscule à une parole invaginée, je restais bouche cousue, respirant et fumant sur undidivan et prétendant troquer l’argent de mes séances contre un droit de respirer, donc de vivre.

  Jusqu’à ce qu’un jour, au terme d’une année
 (je vérifie sur google que telle est bien la durée de la gestation chez les ânes) la parole lovée dans le sein du divan-porteur se mette à pousser et, chatouillant ma glotte, glissant sur le toboggan de ma langue, s’affronte à l’air et produise dans l’enclos des dents des sons prêts à franchir mes lèvres pour revêtir l’uniforme gaulois et subir dans le vaste monde le joug exquis de la divine grammaire.

  Las ! Dans l’empire du trauma, pas un seul mot juste. Tous ratent et font le lit de l’impossible à dire qui va, se déclinant, se conjuguant, se traduisant, versifiant ou prosifiant, poursuivant sa carrière, laquelle attend, dans La Marseillaise, l’heure où la prochaine génération de morts s’y couchera.

  Frères humains


              Ainsi fûmes-nous les héritiers de l’homme aux rats, de son courage vacillant, de son humanité exterminée sur le premier champ de bataille du siècle dernier, en sa mauvaise forme indue. Ceux de Sartre et de sa mauvaise foi. Ceux, enfin, de Lacan qui, arrachant au bûcher les feuillets couverts de l’écriture de Freud et faisant Séminaire, au lendemain de 1945, pour subvertir le huis clos généralisé sous la houlette de l’ange exterminateur, fit à nouveaux frais des héritiers des élèves.

             Dieu mort, vomis la colère du soldat inconnu fils de personne, cette colère pernicieuse qui causa tant de malheur à lui-même valant pour tous et n’importe qui & précipita dans le sombre royaume de la terre-mère devenue boue et métal hurlant les âmes généreuses de tant de Teste et de Plume, & livra leurs corps en proye aux blindés & aux avions de chasse, depuis le jour fatal qu’un marchandage opaque eût réuni les fils contre les fils, accomplissant ainsi à la lettre le programme du père mort de la civilisation




              « Je suis de ceux », ai-je écrit
 Ai-je donc perdu tout sens de l’accord ?


   

   

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