[Topologos] J.-C. Milner et les noeuds (1995) : le "c'est montré" et le "c'est écrit"

Amîn Hadj-Mouri aminhadjmouri at gmail.com
Wed Sep 17 06:54:29 UTC 2025


Bonjour, merci pour ces « saillies ontologiques » de Milner qui ne m’intéressent pas beaucoup quant  au renforcement et à « la compactification  de la faille » qui nourrit le discours analytique. Enlisé dans l’ontologie,  il a cru que celui-ci pouvait engendrer un « métalangage » qui aurait pu avoir raison du «  manque à être » induit par la dépendance irréversible de l’ordre symbolique. La linguistique, assise sur l’ontologie, et non pas sur la « linguisterie » lacanienne, n’apporte rien à la raison freudienne, et partant au discours analytique. Or, pour occuper au mieux ma place d’analyste et mener à bien la tâche analytique - ô combien rigoureuse et exigeante- je préfère ( mais d’autres choix sont possibles) m’atteler à mieux mettre en évidence la vérité du désir en tant qu’elle est affaire de parole et…..d’écriture. 
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> Le 17 sept. 2025 à 06:22, Loic TOUBEL <toubel1974 at gmail.com> a écrit :
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> Bonjour,
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> Je vous lis avec beaucoup d'intérêt et je vous propose de (re)lire Milner (1995) :
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> "Ainsi le second classicisme a-t-il passé, à l'instant où il paraissait s'accomplir. Lacan lui-même y a mis un terme. Le séminaire XX, qui en constitue le sommet, déclenche aussi le mécanisme de sa déconstruction. Tout est déjà mis en pièces, lorsque Lacan choisit, aux approches de 1980, de se taire. Le noeud d'un côté, le poème de l'autre ; la ficelle et la lettre ; le silence et le calembour. On songe à l'Ethiopie.
> 
> [...]
> 
> Monstration par monstration, le noeud a entravé le mi-dire en tant que moyen du bien dire, mais les entraves du mi-dire et l'inaccessibilité du bien dire sont une abolition de l'inconscient. Si non seulement le silence est requis, mais aussi possible [...], c'est que la vérité ne parle pas et que l'inconscient n'existe pas. Il n'y a pas de chose freudienne. Si Wittgenstein l'emporte, si le noeud l'emporte sur l'écrit, Lacan n'est pas seul détruit.
> 
> [...]
> 
> Je ne conclurai pourtant pas cela. Je conclurai seulement à un dépérissement du second classicisme. Comme le premier, lui aussi, avait dépéri. A cet évènement, il y a une cause de doctrine : l'émergence du noeud. Par un effet presque machinique, cette émergence désamarre l'instance de la lettre ; celle-ci, flottant comme un vaisseau en état d'ébriété, foisonne indéfiniment - sous le fanion de Joyce. Le programme, alors, est clair ; après la fin du second classicisme, un seul problème demeure : quels rapports entretiennent le "c'est montré" et le "c'est écrit" ?
> 
> [...]
> 
> De ce qui pouvait relever le second classicisme, nul ne doit rien assurer. Mais on peut assurer que le second classicisme était achevé et qu'il n'était pas le dernier mot."
> 
> J.-C. Milner, L'Oeuvre claire, Lacan, la science, la philosophie (1995).
> --
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