mardi, 29 novembre 2022 19:05

"Arts, réel et psychanalyse" -Journée préparatoire au Séminaire Inter-Associatif Européen de Psychanalyse 3/12/2022

Organisé par le Groupe d'Etudes Psychanalytique de Grenoble, cette journée préparatoire aura lieu à Paris 17ème, Salle de la paraoisse Sainte Marie eds Batignolles, 77 place du docteur Félix Lobligeois.

de 10 heures à 17 heures. cette jourée se tiendra aussi par zoom ; pour recevoir le lien zoom, s'inscrire : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

JOURNEE PREPARATOIRE AU SEMINAIRE INTER-ASSOCIATIF
DE GRENOBLE, ARTS, REEL ET PSYCHANALYSE
SAMEDI 03 DECEMBRE 2022, 10H à 18H

Salle de la Paroisse Sainte Marie des Batignolles , 77 Place du Docteur Félix Lobligeois, 75017 PARIS.

Si créer une oeuvre et la partager trouve de précises résonnances avec l’exercice d’un dire tel que la psychanalyse y invite, nous nous proposons de repérer les points de rencontre qui organisent ces résonnances. Par l’usage inédit des objets courants du désir, l’ exploration des objets voilés qui le causent, par l’attention singulière prêtée au reste, et au détail, par un rapport à la jouissance nouveau, ordonné différemment que dans le lien social subverti par sa mise en scène, arts et psychanalyse se donnent la réplique.
Dans leur recours singulier au symbolique, les arts seraient-ils aussi à la pointe de ce que les psychanalystes cherchent à nommer de leur expérience, et du réel qui la conditionne ? Et si la création artistique traduit le réel dans un langage propre à la technique de l’auteur, ce travail de traduction prend une forme qui laisse place au féminin, entendu comme ce qui se distingue de la norme phallique et ne se prête pas à l’universel. De ces affinités avec l’immanence du féminin, et la crudité du réel, les arts partagent avec la psychanalyse l’exigence d’en suivre le dessin littoral- dessin dont le tracé impose un écart avec « la nécessité à laquelle veut nous condamner la lettre, en tant qu’émanation du sens ».
Mais si la création artistique se fait passeur de la dimension du réel encore faut-il qu’une parole en fasse acte. Qu’il s’agisse de la répétition symptomatique et de son élaboration, de l’altération de la jouissance et de la permanence de leur inscription, aussi affins qu’ils soient, arts et psychanalyse entretiennent quelques différences déterminantes. Nous pouvons attendre de ce séminaire qu’elles soient relevées avec rigueur pour mieux définir le statut radicalement nouveau de la psychanalyse dans la culture.
Ainsi, l’enjeu d’un tel séminaire s’annonce, encore, politique, puisqu’il s’agit dans une ouverture au public, de transmettre en quoi la psychanalyse, dans le destin qu’elle propose aux symptômes et à la jouissance se distingue d’une technique thérapeutique pour s’arrimer dans la culture d’une façon assurément originale et difficilement révocable.
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Matinée (10h-13h)
- Introduction Albert Maître
- Séminaire mensuel du GEPG1 sur le thème du séminaire Inter-Associatif
- Réflexion sur le texte de Friedrich Nietzsche: " Die Geburt der Tragödie aus dem Geiste der Music" Franco Quesito (Sotto La Mole) et Léo Ruelens (EBP)
- Sur le texte de Heidegger "Über der Ursprung des Kunstwerkes" ("de l'origine de l'oeuvre d'art") de la part de Jean-Pierre Van Eeckhout (GPP)
- L’analyste, son auteur, sa poésie,2 avec Nizar Hatem (GEPG), Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Catherine Carpentier, Isabelle Carré, Jacques Nassif et Radjou Soundaramourty, cartel ouvert.
- Sur Juan José Millas : « Quand un maître de l’infamilier (Unheimliche), dans ses critiques hebdomadaires du vendredi dans El País (cf. l’exemple ci-joint) se mêle dans ses fictions de faire concrètement exister la psychanalyse, dans son autobiographie (El mundo) ou ses romans (Le désordre de ton nom, Deux femmes à Prague ou, récemment, La vida a ratos), est-il un inducteur de psychanalyse, dans un pays où elle n’existe dans la culture quotidienne que sous forme de thérapie, ou précisément le symptôme de son absence ? » cartel en Espagnol à Barcelone, ouvert, avec Jacques Nassif, Lurdes Fernandez, Yolanda Sanchez Carlo, Carlos de La Cruz, Alice Mollereau, Fernando Reyes, Mercè Olivera i Balart…
1 Argument en annexe
2 Argument en annexe
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Après-midi
(14h30-18h)
- Ping Pong... mouvements vers l’image , ce cartel a pour objet
d’interroger, à partir des expériences intérieures de chacun, le mouvement
singulier qui le « bascule » ou le précipite vers l’image. Psychanalyse et
cinéma se renvoient ici la balle dans un jeu sans règles définies d’avance.
Avec Sihem Keller, Marie Diebler, Christophe Amestoy (CCAF)…
- Sur un film de Lars von Trier, Nymphomaniac3, Projet de Jean-
Jacques Moscovitz (Psychanalyse Actuelle)
- Des psychanalystes femmes regardent les oeuvres d’artistes femmes.
Avec Fabienne Bert, Isabelle Carré, Claire Colombier, Marie Diebler,
Valérie Marchand, Lola Monleón, Françoise Moscovitz, Marie-Laure
Roman, Michèle Skierkowski.
- À propos du tableau « La femme à barbe », exposé à Séville,
comment ce tableau innommable peut faire réfléchir des psychanalystes.
Anne Santagostini.
- Est-il possible de sortir de la mélancholie sans sublimation? Est-ce
une issue ou une impasse? Sophie Collaudin.
- Le rêve comme agent double de l’autre (sur Eyes Wide Shut de
Kubrik et le livre Rien Qu’un Rêve de Schnitzler) Catherine Gillaume.
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Cf le texte envoyé en addition de ce programme : Excitation sexuelle dans Nymphomaniac
de lars van trier par JJ Moscovitz
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Arguments et documents
Argument du séminaire mensuel du GEPG :
Notre parcours sur les rapports entre les arts et la psychanalyse nous a entraînés vers la rencontre de quelques oeuvres relevant de pratiques très variées, anciennes ou contemporaines. Nous l’avons constaté, la patte de leurs créateurs ouvre et dessine, chacune de son tracé singulier, un champ de conjonction avec les préoccupations des analystes. Les oeuvres d’art présentent des affinités certaines avec les formations de l’inconscient, notamment quand leur articulation apparaît s’agencer d’un récit, soutenu par les figures de style propres aux processus secondaires. De façon tout aussi palpable, elles sont traversées par la scène fantasmatique. Mais s’il arrive que l’artiste crée une forme qui procède des effets du symbolique, son acte transmet aussi ce qui dans ces effets excède l’emprise du symbolique. Ainsi avons-nous observé un passage récurrent de la violence encadrée dans l’oeuvre vers l’effraction de cette oeuvre dans son public, provocant le choc que Walter Benjamin désigne comme le propre de l’art. Cette transmission d’un accès au réel, par son excès, nous incite à nous pencher plus spécifiquement sur ce que la dent creuse du langage singulier à chaque oeuvre révèle d’une brèche dans son relief éburné, 3 les lacets décousus de la lettre, les luisances sans reflet de l’objet. C’est peut-être sur ce versant d’un accès particulier au réel que la pratique artistique rencontre avec le plus de justesse ce qui produit l’acte analytique. C’est en tout cas par ces questions que nous proposons de reprendre les séances du séminaire.
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L’analyste, son auteur, sa poésie
(Argument écrit au décours d’une courte correspondance)
Quand la poésie s'empare de toi, par passion ou nécessité, serait-ce lié, voire identique, mais sous un jour différent, à ce qui terrasse le lecteur après avoir envahi le poète ? Le poème, cet objet merveilleux et mirifique qui efface la subjectivité du poète comme de son lecteur devient, par ce qui résonne au-delà du sens compréhensible, l'auteur de celui qui lit autant que de celui qui écrit. L’identité y disparaît dans l’écriture, laisse place à la trace d'un style. Cette ouverture captivante serait-elle la raison pour laquelle il n’est pas rare que l’analyste accompagne son écoute d’une lecture, voire d’une écriture- moyen trouvé de se rendre visible son acte ?
La poésie soutiendrait-elle la fonction de psychanalyste- son désir, le cause-t-elle ?
Mais ne risque-t-elle pas alors de se substituer à la lecture, autrement plus difficile, de la texture poétique de la langue, sous-jacente au discours de l’analysant ? Et sa “cause” (de l’analyste) ne devient-elle pas alors le but que nous pourrions lui assigner: qu’il se rende capable de faire entendre sa lecture à l’analysant ?
Un poète qui s’y entend finit par faire dire à la langue qu’il écoute et qu’il parle à quel point elle peut, elle doit résonner comme la langue profondément étrangère qu’il redécouvre et qu’il nous fait entendre. La poésie résiste au sens commun, mais, autre langue dans la langue, elle appelle l’interprétation de celui qui, y restant sourd, est contraint à en rechercher le sens. Invité à maintenir la tension de cet appel, quitte à suspendre ses pas avant d'en entendre la portée, l’analyste offre le lieu adéquat pour qu’un sujet puisse jouer de la langue, de plusieurs langues, se rendant à même d’entendre ainsi le poétique de son dire.
Ce cartel fait le pari que quelques analystes parviennent, associant à leur écoute le texte d’un poète, d’une poétesse, le poétique d’un texte, à transmettre ce qui de cette poésie les a soutenus dans leur fonction. Prolongeons ce pari par la possibilité de restituer quelques traits de ce travail lors du séminaire de juin 2023 à Grenoble.
Avec Schehadé, Dattas, Hugo, Du Bouchet, Abu Nawass… et leurs lecteurs, ce cartel pourra se tenir par zoom.

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