[Lutecium-group] Jalons pour une histoire de la psychanalyse sur l'Internet francophone
Yann Leroux
yann.leroux at laposte.net
Fri Apr 14 14:40:52 UTC 2006
*JALONS POUR UNE HISTOIRE DE LA PSYCHANALYSE SUR L'INTERNET FRANCOPHONE*
/Share what you know. /
/Learn what you don't./
Il me semble important de poser quelques jalons qui faciliteront les
recherches ultérieures sur l'histoire de la psychanalyse sur l'Internet
francophone. Internet est en effet un milieu curieux : l'information y
fourmille, elle est disponible -- pour qui sait la chercher -- et semble
pouvoir être disponible éternellement. Il n'en est rien. Certains sites
ont déjà disparu sans laisser de traces. Et compter sur les mémoires
individuelles est difficile. D'une part, parce que déjà les souvenirs se
brouillent, d'autre part parce l'Internet est le lieu de l'écrit, et
qu'aucune transmission orale n'a été assurée, et enfin parce que les
internautes prennent rapidement de déléguer au réseau une partie de leur
fonctionnement psychique : pourquoi se souvenir, dès lors que tout, du
plus futile au plus important, est archivé sur le site ou la liste de
diffusion ? Mais parfois les archives électroniques disparaissent. Reste
donc le travail de mémoire. Il est par ailleurs d'autant plus temps de
le faire que les choses se complexifient devient difficile d'englober
d'un seul regard l'ensemble du paysage psychanalytique francophone sur
le net.
La psychanalyse sur le Web est d'abord histoire d'initiatives
personnelles. Pendant des années, il est question de psychanalyse sur
des listes de diffusion ou des sites Internet Les insitututions viennent
tardivement, et pendant des années ce sont des individus qui ont,
passionnément, porté la question freudienne sur l'Internet. Il faut
reconnaître là aux lacaniens un dynamisme particulier. En 1999, un gros
tiers des sites francophones référencés par DESGROSEILLERS sont tenus
par des lacaniens, et sont, dans leur grande majorité, des pages
personnelles. Ce sont eux qui, principalement conquièrent et déchiffrent
ces nouvelles terres. Les institutions, lorsqu'elles s'implanteront sur
le net, auront une attitude mitigée vis-à-vis des premiers arrivants.
D'une part, pour certaines, elles bénéficieront de l'expertise qu'auront
accumulé certains de leurs membres. D'autre part, elles auront une
attitude coloniale, c'est-à-dire qu'elles feront peu cas de ceux qui les
ont précédé et de leur culture. Ainsi, par exemple, les sites
institutionnels feront peu de place dans les rubriques « liens » aux
sites personnels. Et, plus grave, elles ne s'imprégneront pas de la
culture et des idéaux de l'Internet.
Longtemps après les initiatives personnelles, les institutions arrivent
sur le net. A la joie toute enfantine des individus qui investissent ce
nouvel espace de jeu qu'est l'Internet en échangeant principalement sur
les listes de diffusion s'oppose la lenteur et la prudence des
associations sur le web. Pour elles, il s'agit avant tout de se
présenter. Les sites web sont autant de vitrines dans lesquelles elles y
racontent leur histoire et y présentent leurs organes. Dans ce nouveau
lieu, c'est d'abord pour chacune l'occasion d'y réassurer le roman de
ses origines. Toutes, donc, s'y donnent une filiation en accord avec
leur ancêtre fondateur. C'est aussi l'occasion d'y réaffirmer ses
alliances : la rubrique « lien » est là tout à fait exemplaire très
rares sont les institutions qui s'avouent des liens avec « l'autre
coté ». Pourtant, dans les toutes premières versions du site de l'IPA,
on trouvait un lien vers le très lacanien psychonet.com de Michel
Sauval. Il faut dire que dans l'Internet naissant, le rêve des
fondateurs était encore vibrant : une information libre et disponible
pour le plus grand nombre et à laquelle chacun peut contribuer. A
l'époque, l'échange de bannières et de liens de site à site était la
règle. Autour de chaque site, une vie communautaire en ligne a commencé
a se développée, encourageant l'invention de nouveaux dispositifs qui à
leur tour renforçaient le sentiment d'être dans un groupe. C'est ainsi
que l'on est passé de la communauté des sites avec les /webrings /à la
communauté des individus, avec les forums, les dispositifs de messagerie
instantanée, les comptes personnels etc. Il est devenu maintenant usuel
que les webmestre permettent à tout internaute de commenter le contenu
du site.
Sauf pour les sites des associations de psychanalyse... Sur le domaine
francophone, il n'y a guère que l'Ecole Lacanienne de Psychanalyse qui
propose un forum. Pourtant, l'IPA, qui n'a pas la réputation d'être une
institution fantaisiste, avait pratiquement dès le début mis en ligne un
forum de discussion. En France, les choses sont allées autrement. D'une
part, me semble t-il, du fait de préjugés théoriques sur ce qui a été
fort malencontreusement appelé « le virtuel » : tout ce qui se
produirait sur la toile serait « parole vide » et il y aurait à tirer
des forums plus d'inconvénients que d'avantages. D'autre part, du fait
de la méconnaissance de la vie participative de l'Internet. Les
institutions psychanalytiques ont ainsi tourné le dos à d'énormes
gisements de connaissances en ne se donnant pas les moyens, par exemple,
de faire des connexions en ligne avec d'autres disciplines, ou encore
d'inventer d'autres utilisations des dispositifs existants. Il serait
ainsi, par exemple, très facile d'entamer des dialogues avec d'autres
disciplines ou encore d'ouvrir des forums pour un temps limité à un
invité qui répondrait aux questions des internautes. Enfin, on ne peut
que s'étonner qu'une discipline qui fasse si grand cas de la parole, ait
tant de mal à la donner à ses visiteurs qui au pire critiqueront ce qui
leur est donné à lire. Est-ce si gênant ?
Les institutions ont investi l'Internet en tentant d'y apporter leurs
règles, ce qui, bien évidement, n'est pas sans poser problèmes. Par
exemple, le contenu éditorial d'un site est souvent contrôlé par un
organe de l'association, ce qui fait que la souplesse d'exécution, si
cruciale sur Internet, est tout simplement empêchée, car s'il faut dix
secondes pour mettre en ligne un article, il faudra des mois pour que la
commission ad hoc se réunisse, et, la chance aidant, qu'elle prenne une
décision. Le contenu mis en ligne est encore trop pauvre, le plus
souvent du fait de problèmes de droits -- et donc d'argent -- et les
sites servent encore trop souvent de vitrines aux différentes revues.
Un mot encore : certaines associations n'ont pas de site, d'autres
viennent tout juste d'en avoir. Je pense à la Société Psychanalytique de
Recherche et de Formation qui a presque immédiatement mis en ligne un
site quelques mois après sa création ou à Dimension Psychanalytique qui
vient d'avoir une liste de diffusion à son nom créée et hébergée par
lutecium.com. D'autres, comme Le coût freudien, l'Association de
Psychanalyse Jacques Lacan ou Errata manquent encore au Web
[Une archéologie du temps présent]
La première mention à la psychanalyse sur le réseau date du 10 Mai 1989.
Elle est amenée par Richard SHAPIRO sur le groupe rec.arts.sf-lovers [1]
<#_ftn1> où, entre une discussion sur Chtulu et La planète des singes,
on polémique à propos d'un article publié dans un journal mormon. C'est
l'occasion pour les uns de se moquer du post-structuralisme, et pour les
autres de le soutenir. On retrouve la psychanalyse quelques mois plus
tard, le 24 octobre, sur le groupe rec.arts.books dans lequel un
francophone s'aventure pour demander le titre original du livre de Bruno
BETTELHEIM : psychanalyse des contes de fée.
Il faut s'arrêter un moment sur ces groupes de discussion, ces
/netnews/, car ils constituent la colonne vertébrale de l'Internet
naissant, et aujourd'hui encore, sous leur forme originaire ou dans des
versions exportées sur le web, ils constituent la part la plus
importante du réseau.
En 1969, un premier réseau se met en place via le protocole NCP. Il
relie quatre centres universitaires : l'UCLA (Université de Californie,
Los Angeles), le SRI (Standford Research Insitute, Standford), l'USCB
(Université de Californie, Santa Barbara) et l'Université d'Utah (Utah).
Le 7 avril 1969, S. CROCKER publie la première RFC (« Host software »).
Ce sera la date officielle de la naissance d'Internet. L'implantation du
réseau au coeur du monde universitaire permet de le sortir d'une
utilisation purement militaire. En 1971, ARPANET compte 15 noeuds et 23
machines. Elles sont cinquante en 1972. et en juillet 1975, ARPANET est
livré à l'armée comme étant un réseau opérationnel. Dans les faits, il
est fréquenté par un nombre sans cesse croissant de civils, qui
utilisent le réseau pour leurs recherches universitaires mais également
pour rester en contact avec d'anciens collègues, poursuivre une
discussion de façon plus détendue que pendant un cours ou un séminaire
ou tout simplement se raconter la dernière blague à la mode.
Donnons rapidement quelques repères chronologiques. En 1969, quatre
universités américaines (UCLA L.A. ; SRI Stanford ; USCB Santa Barbara ;
Utah University Cedar City) sont interconnectées et forment le réseau
ARPANet. En 1972, un étudiant, Ray TOMLINSON, invente une application
qui se répandra comme une trainée de poudre : le mail. A partir de là,
les choses vont très vite. En 1975, les premières mailing-lists sont
créées. Ce sont des groupes dans lesquels un mèl posté sur l'adresse de
la liste est ensuite diffusé à tous les membres de la liste. En 1974,
Vinton CERF et Bob KHAN parlent pour la première fois d'un « Internet ».
A la fin de l'année 1979, Jim ELLIS et Tom TRUSCOTT, deux étudiants en
sciences informatiques de Duke University, rêvent d'un réseau qui
déborderait des limites de l'ARPANet. Un troisième étudiant, Steve
BELLOVIN, de la University of North Carolina, écrira le programme :
c'est la naissance de USENET, c'est-à-dire *USE*r's *NET*work (le réseau
de l'utilisateur). Le réseau croît rapidement. Il compte en 1986 sept
hiérarchies et plus de dix mille groupe. Chaque hiérarchie (par ex. misc
[divers]) compte plusieurs groupes (par ex. misc.sports ;
misc.sports.basketball ; misc.sports.football) et un groupe peut réunir
plusieurs centaines de personnes. L'aventure de ce réseau, qui a ses
moments historiques (Great Remaning, the Cabal...), ses figures, son
jargon, ses rites mérite un traitement a part.
Sur le web, il faudra attendre 1992-1993 et René DESGROSEILLERS pour
voir un contenu concernant la psychanalyse sur le domaine francophone.
Le réseau a encore son coté universitaire et scientifique et il est très
rudimentaire. Psychanalyste et membre de la Société Psychanalytique de
Montréal, DESGROSEILLERS dispose des notes de divers séminaires qu'il a
donné, notamment sur les courants psychanalytiques. Il est par ailleurs
intéressé par le fonctionnement du web et décide de mettre ce contenu en
ligne. L'époque est aux modems 14.4 K, le navigateur en vogue s'appelle
Mosaic -- il deviendra ensuite Netscape -, et WWW veut aussi dire
Wait... Wait... Wait... Les échos qu'il reçoit par mail l'encouragent à
continuer et a construire ce qui va devenir le site de référence sur la
psychanalyse. Les pages de La psychanalyse sont souvent citées sur le
Web, et les encyclopédies en ligne y font directement référence.
Il faut bien se représenter que les débuts du web datent de 1991. Deux
ans auparavant, Tim BERNAYS LEE, du CERN de Genève, avait proposé l'idée
d'un espace hypertexte c'est-à-dire de un lieu ou les chercheurs de
différents sites pourraient organiser et mutualiser l'information[2]
<#_ftn2>. Le téléchargement d'un document à partir d'un site distant et
l'utilisation de l'hypertexte sur une même machine étaient connus. Le
génie de Tim BERNAYS LEE a été de fusionner ces deux possibilités pour
donner corps à son rêve d'universalité: un espace commun où l'on
communique en partageant de l'information, sans se soucier de la forme
ou de la localisation du document. [3] <#_ftn3> En ces temps
précocissimes, le réseau était pris par une sorte de tentation de
Babel : les langages, les machines, les protocoles, la résolution des
écrans... tout allait vers une différenciation anarchique. Sur USENET,
la babélisation avait été stoppée par la prise en main du développement
du réseau par quelques administrateurs. L'épisode est connu sous le nom
de /backbone cabal, /c'est-à-dire que la solution trouvée avait été
l'édification et le développement du réseau autour de l'image d'une
épine dorsale, ce qui l'avait doté d'un centre névralgique, à défendre
ou à attaquer, et d'une organisation verticale : les groupes ont une
hiérarchie et sont emboîtés les uns dans les autres[4] <#_ftn4>. Le
modèle de référence est celui de l'arbre. Au CERN, la quantité de
rapports, de données d'expériences, de documentation sur les expériences
en cours et passées rendent les recherches de plus en plus complexes et
ce d'autant plus qu'il n'est pas rare de devoir lancer des requêtes
différentes sur différentes machines avec pour chaque machine une
interface différente. L'organisation horizontale est parfaite pour
organiser l'information mais pose des problèmes pour la retrouver car il
faut souvent remonter la hiérarchie pour explorer d'autres branches. A
l'arbre, Tim BERNAYS LEE va substituer la toile, c'est-à-dire un espace
organisé autour du monde de l'horizontalité. Passer de la verticalité à
l'horizontalité, c'est passer ici passer d'un espace de l'emboîtement à
celui de l'horizon, de la logique du chargement vers soi au mouvement
vers le dehors avec cette navigation immobile qui caractérise le web,
d'un espace croisé par le temps, à un espace ou le temps
Le rêve de Tim BERNAYS LEE déborde rapidement le CERN. En août 1991, il
annonce sur USENET « the www project »[5] <#_ftn5>. En Octobre, deux
listes de diffusion, www-talk at info.cern.ch et www-interest, sont crées
pour débattre du 3W : le protocole (http), le langage (HTML) et les
navigateurs y sont là inventés en commun. Un an plus tard, il y a 26
serveurs http « raisonnablement fiables », et Jean Armour POULLY invente
l'expression « surfing the internet » pour décrire les voyages
électroniques qui lui permettent de sauter les océans et les continents
tout en restant chez elle. En 1996, il seront 16 millions de surfeurs.
Parmi eux, le docteur Jean-Marie THURIN. En mai 1996, il met en ligne
sur un serveur de l'INSERM, et niché dans le nom de domaine psydoc.fr
quelques pages web dédiée l'Ecole de Psychosomatique. La même année H.
KREUTZEN aura plus de succès. La même année, il crée une liste de
diffusion qu'il appelle « Psychanalyse et Internet » mais son adresse,
lacan-list at linkline.be et le contenu des discussions feront qu'elle sera
appelée « la Lacan-list »
Une liste de diffusion est à la fois une « méthode de diffusion
d'informations, dans laquelle les abonnés de la liste peuvent envoyer
des messages qui seront diffusés aux autres » [6] <#_ftn6> et le groupe
de personnes qui s'échangent ces messages. Le groupe peut être ouvert ou
fermé, les messages peuvent être modérés -- c'est-à-dire qu'ils sont
approuvé par un modérateur avant d'être diffusés -- ou non, les archives
peuvent être publiques ou non ; ces différentes possibilités donnent a
chaque liste, en fonction de son histoire, une résonance groupale
particulière.
H. KREUTZEN avait crée cette liste en lui donnant comme objet de mieux
comprendre les phénomènes qui s'observent banalement dans les espaces de
discussion sur Internet. Autant il est facile de les créer, autant il
est difficile de maintenir une parole ouverte sur l'altérité, et
rapidement les débats s'enflamment. Cela est à tel point qu'une loi dite
loi de Godwin, stipule que plus un sujet de discussion s'éternise, plus
la probabilité d'une comparaison avec le nazisme ou aux camps de
concentration[7] <#_ftn7>. Ironiquement, c'est du fait même de ces
phénomènes que la lacan-list sera dissoute. Mais auparavant, elle
restera longtemps le seul espace de discussion dédié spécifiquement à la
psychanalyse. D'abord anglo-française, la liste deviendra, au fil du
développement de l'Internet en Europe, deviendra exclusivement
francophone. Elle s'adosse en 1998 à un site, Lacan Freud Psychanalyse
qui propose un index référentiel du Séminaire de Lacan qui fera les
délices des habitués de la Lacan-list. L'index trouvera un éditeur en
2000, et sera supprimé du site. Un espace « Poubellication » reçoit les
contributions de différents auteurs parmi lesquels on trouve Henri
KREUTZEN lui-même, Jean-Louis BLAQUIER et Guillermo RUBIO.
C'est dire à la fois dans quelle boite sont pris les outils conceptuels
pour comprendre ce qui se passe sur Internet, mais également la grande
ambivalence des analystes quant à la valeur à accorder à cette sorte
d' « oralité écrite »[8] <#_ftn8> que l'on retrouve sur le net. Vite
écrits, vite envoyés, parfois vite pensé, le mail est comparé aux écrits
papier auxquels ils sont habitués et l'avis général est plutôt que ce
qui se dit -- mais est-ce là une parole ?, se demande t-on parfois -- ne
vaut pas grand-chose. Embarrassé dès qu'il s'agit de penser la dynamique
groupale, les lacaniens ne réussiront pas à l'objectif que s'était donné
le fondateur : expliciter, théoriser, comprendre les phénomènes de
« /flame wars/ » c'est-à-dire l'inflammation endémique du groupe ou
d'une partie du groupe en discussions vaines et stériles ou l'irruption
de trolls c'est-à-dire de personnes dont le but est de provoquer ces
discussions/. /
Henri KREUTZEN quitte la Lacan-list et la Belgique en 2001 pour
s'installer au Brésil ; il demande à un des premiers abonnés, Jos
TONTLINGER, psychanalyste, de bien vouloir prendre la relève. Jos
TONLINGER est sur le net depuis 1995 et a noué avec le fondateur de la
lacan-list des contacts personnels. En Juin 2001, Linkline, l'hébergeur
de la lacan-list est racheté par Tiscali. Lors du transfert, la liste
et ses archives sont détruites. Jos TONLINGER, avec l'accord d'H.
KREUTZEN, continue l'aventure de lacan-list chez Wanadoo le 27 Juin
2001. La lacan-list 2, comme les abonnés prennent l'habitude de
l'appeler, s'achèvera en Janvier 2002.
C'est avec la théorisation de J. LACAN sur la lettre, la parole, RSI,
..... que l'on tente alors de comprendre ce qui se passe sur Internet,
avec une curieuse tendance à compter pour rien ce qui peut s'écrire :
poubellication, parole vide, imaginaire (dans un sens défavorable) sont
les termes qui reviennent le plus souvent dès lors que l'on s'interroge
sur ce qui se passe sur Internet
En Juillet 1996 Sylvain MISSONIER avait porté sur le web la revue Le
carnet/PSY. C'est Serge LEBOVICI qui en écrit le premier billet
d'humeur. La revue, née en 1994, a donc très rapidement été adossée à un
site Internet, appelé « à en devenir la mémoire vivante et
pragmatique »[9] <#_ftn9>. La version /online /de la revue est dotée
d'un forum conçu comme « agora » où chacun peut déposer ses avis, ses
bonnes adresses, son agenda de manifestations ou encore commander des
numéros de la revue papier. Un dossier sur « l'/Internet addiction/ »
est ouvert, ainsi qu'un débat sur l'exposition Freud à Washington.
En 1998, Sylvain MISSONIER s'interroge : que peut-on attendre du Web,
qui se donne à la fois comme figure du pire (pédophilie, nazisme...) et
du meilleur (communication facilitée, savoir disponible...) et reprend
l'histoire de l'Internet comme émanant de l'U.S. Air Force
En 1957, après l'humiliation de Spoutnik, les américains créent au sein
du /Departement of Defence /l'ARPA : Advanced Research Projects Agency,
afin de s'assurer une supériorité technique et scientifique. C'est au
docteur J.C.R LICKLIDER, nommé à la tête de l'ARPA en octobre 1962 que
l'on doit la vision d'un « réseau galactique » permettant à toute
personne d'avoir accès à l'information ou qu'elle se trouve [10]
<#_ftn10> et d'avoir ouvert l'ARPA à la coopération universitaire. La
première connexion entre deux ordinateurs utilisant la technologie de
transfert par paquets date de 1965, et deux années plus tard, le chef du
projet de réseau informatique a l'ARPA, Lawrence G. ROBERT présente ses
« Plans pour le réseau ARPANET » au cours d'une conférence qui verra
également Paul BARAN, de la RAND (*R*esearch *AN*d *D*eveloppement)
présenter un papier sur l'utilisation d'un réseau à communication de
paquets pour transmission sécurisée de la voix, même en cas de
destruction partielle du réseau suite à une guerre nucléaire. Les
chercheurs de la RAND et de l'ARPA s'ignoraient mutuellement, et c'est
sans doute de la conférence de Paul BARAND que vient l'idée que
l'Internet est né du désir du gouvernement américain de se doter d'un
réseau résistant à une guerre nucléaire.
Pour ma part, non sans ignorer qu'a cette époque, le simple fait de dire
que l'on travaillait à quelque chose qui résiste aux bombes, forcément
nucléaires, et forcément soviétiques, faisait affluer les subventions de
recherche, j'y vois également un écho d'un fantasme groupal qui dit la
fragilité des débuts et les « mauvaises » origines
L'appel que prend Sylvain MISSONIER sur D. ANZIEU : /Créer, détruire/ me
semble tout à fait bienvenu tant il est évident qu'Internet, nous
invite, une fois encore, à cette alternative : l'invention de nouvelles
modalité d'être aux autres et à soi-même qui peuvent ouvrir à de la
création ; leur utilisation à des fins de destruction
Carnet/PSY innove. Traditionnellement, lors de leur passage en ligne,
les revues se sont assez frileuses. C'est ainsi qu'en 1995, la
vénérable /American Imago/, créée par S. FREUD et H. SACHS en 1939
n'avait mis en ligne que l'éditorial des numéros publiés ainsi qu'un
résumé des textes publiés depuis janvier 1995. L'/International Journal
of psycho-analysis /fera de même en Décembre 1996 mais en proposant,
parfois, l'accès à certains articles.
En 1997, Geneviève LOMBARD, analyste du Quatrième Groupe, entre en
contact avec DESGROSEILLERS après avoir lu ce qu'il avait écrit sur
l'Analyse Quatrième sur son site. La discussion débouche sur une l'idée
que /La psychanalyse/ pourrait accueillir un texte de Jean-Paul
VALABREGA sur l'Analyse Quatrième. Ce dernier accepte, et donne en prime
une photo de lui. Par la suite, Geneviève LOMBARD écrira pour /La
psychanalyse/ un texte qui retrace les tout début de la psychanalyse en
France : « Hesnard et l'école psychanalytique de Bordeaux ». Cette
rencontre est un des fils qui donneront naissance au site du Quatrième
Groupe.
Le Musée Sigmund Freud de Vienne met en ligne une biographie succincte
de S. FREUD et quelques informations utiles pour accéder au musée. En
mars, la revue Les carnets de psychanalyse propose en ligne les
sommaires des numéros publiés depuis 1991, date de création de la revue.
Sur le même site, l'association Errata, crée en 1983 après le big bang
de la dissolution de l'Ecole Freudienne de Paris, est présentée.
A l'été 1997, je propose la création d'un groupe de discussion sur
USENET dédié à la psychanalyse. C'est la première fois que le mot est
utilisé, et si l'idée est accueillie plutôt favorablement, le groupe ne
sera pas crée. Contrairement aux listes de diffusion ou le désir d'un
seul suffit, sur USENET, la création d'un nouveau groupe passe par une
succession de procédures. Des Appels à Discussion (AAD) doivent être
diffusés dans plusieurs groupes et une discussion sur le groupe à créer
s'engage dans un groupe (FUAD -- fr.usenet.annonces.discussions). Un
Appel à Voter est ensuite lancé et, selon les résultats du vote, le
nouveau groupe est crée ou non. Ces procédures sont l'occasion de
guerres picrocholines, amusantes ou éreintantes, selon le point de vue
ou l'on se place, et le groupe ou elles ont lieu (fufe) donnera
naissance a quelques perles typiquement usenetiennes : « fufer »
signifie argumenter pour le plaisir de l'argumentation, «capilotracté »
parle de lui-même etc.
Cela m'amènera à abandonner l'Appel à Discussion en cours et, pendant un
temps, sur USENET, les questions de psychanalyse seront débattues sur le
groupe dédié à la philosophie. Chez Multimania, qui offre des
hébergements gratuits aux sites personnels, je crée en 1998 un site
dédié à l'histoire de la psychanalyse. On y trouve les grandes lignes :
la période pré-analytique avec les hypnotiseurs comme Braid, Mesmer,
l'Abbé Faria..., la préhistoire de la psychanalyse : « j'arrivais le
soir ... » « Je ne crois plus à ma neurotica », puis le développement de
la psychanalyse. Une part est réservée à la situation française et ses
aventures institutionnelle et une autre présente les filiations
psychanalytiques depuis FREUD. On y trouve également la biobliographie
compléte de S. FREUD établie par O. HUSSON pour la réédition de
l'ouvrage de H. F. ELLENBERGER et augmentée par Y. DIENER dans le cadre
d'un enseignement à l'Université de Paris-X Nanterre. Le site évoluera
assez rapidement pour ne garder que la trame de l'histoire de la
psychanalyse. Il changera d'hébergeur à plusieurs reprises
(multimania.fr, levillage.org, free.fr ). Il s'est trouvé depuis début
2006, un nom de domaine filiationspsychanalytiques.net[11] <#_ftn11> qui
présente l'histoire de la psychanalyse année par année, et un dispositif
(wikimedia) qui permet à tout le monde d'ajouter ou de corriger du
contenu. Les filiations psychanalytiques apparaissent sous forme d'une
carte généalogique qui permet, me semble-t-il, de repérer les mouvements
de transmission ainsi que les legs abandonnés, qui gisent dans les
théories analytiques.
La présente recherche me fait (re)découvrir un prédécesseur. En Mai
2001, DesGroseillers donne dans son carnet d'adresses un lien du site
Espaces Lacan (Psychanalyse et Politique) qui pointe vers une page
Filiations Psychanalytiques qui reprend différentes généalogies
analytiques : Freud, Ferenczi, Jones... Le site propose en
téléchargement quelques textes de Freud, de Lacan (dont des séances du
Séminaire), un dossier Dissolution qui reprend des textes échangés au
moment de la dissolution de l'Ecole de la Cause Freudienne, et bien
évidement « quelques figures topologiques élémentaires ». Le site mis en
ligne par Catherine ALCOULOUMBRE qui y présente également le travail de
son séminaire qu'elle regroupe sous le nom d'/Etoffes, /et dans lequel
elle tente d'explorer comment se trame la réalité. Le site est encore
actif à l'adresse http://perso.wanadoo.fr/espace.freud/
En octobre 1997, Jean-Noël RADULESCO, médecin psychiatre et
psychanalyste, ouvre un site chez Geocities. Durant l'été, un nouveau
dispositif, ICQ, est apparu sur le net. Il permet de s'envoyer des
« messages instantanés » ou d'ouvrir des sessions de chat dans
lesquelles tout le monde écrire en même temps. La frappe, les
effacements, sont visibles par tous au moment même ou l'on écrit. ICQ
(« I seek you -- je t'ai cherché ») permet également de se montrer aux
autres dans différents états : en ligne, occupé, ailleurs, ne pas
dérangé. On peut également être /online/ et se montrer /offline /ce qui
permet quelques jeux de cache cache.. C'est ce dispositif que Jean-Noël
RADULESCO propose d'utiliser, et pour en faire la promotion il ouvrira
plusieurs pages chez différents hébergeurs : altern.org, geocities.com,
free.fr ou l'on peut retrouver « Le forum de la psychanalyse » depuis
2001. La page se clôt sur une série d'avertissements : « Ce site,
réservé aux praticiens de la psychanalyse ne propose ni soins ni
conseils en ligne. Il n'a pas non plus pour but de fournir des adresses
de praticiens ou de thérapeutes. Il n'est affilié à aucune Ecole ni
groupement de psychanalystes » que l'on retrouvera un peu partout ou des
espaces de discussion dédiés a la psychanalyse seront ouverts. La
prudence « ce n'est pas un cartel » est aussi caractéristique. Partout
où des espaces de discussions seront ouvert, l'avertissement « ce n'est
pas... » figurera à son frontispice, et la dénégation aura bien entendu
comme effet que certains s'y précipiteront pour l'éprouver. La page web
« le chatpsy » évoluera beaucoup avec le temps. Elle fera un moment
partie d'un /webring/ de psychanalyse, hébergera un forum, une liste de
diffusion pour finalement abandonner ICQ autour de 2004. Au printemps
1998, Jean-Noel RADULESCO crée alt.psychology.psychoanalysis après une
courte discussion dans le forum alt.config ou il tente d'expliquer, en
anglais, les spécificités de la psychanalyse. Il le fait dans la
hiérarchie alt., ce qui ne le contraint pas à suivre les pénibles
procédures de création de groupe (AAD, AAV etc.). Le nom du groupe :
alt.psychology.psychoanalysis, et le texte qui l'introduit sont en
anglais avec une traduction en français. Le groupe a pour objet « la
pratique et la théorie selon les enseignements de Freud et de Lacan » et
son créateur en attend des échanges entre praticiens de cultures et de
pays différents. Un lien est donné avec une page web du chatpsy.
Cela dit bien à la fois le désir de quelques uns l'espoir d'échanges
internationaux et locaux qu'a suscité Internet pour beaucoup d'entre
nous et la difficulté, alors, à trouver suffisamment de francophones
intéressés par la psychanalyse pour instituer une dynamique d'échanges.
Dans ce contexte, la création cette même année 1998 de la liste de
diffusion FrancoPsy annonce un début de changement. Il y a, dès le nom,
une volonté de rassemblement autour de la langue française. Mais cette
ouverture est limitée aux professionnels de la santé mentale. Est-ce
cela, ou le fait qu'elle ait été mal référencée ? Toujours est il
qu'elle ne connaîtra pas un grand succès. Elle marque, en tous cas,
qu'il y a maintenant suffisamment de francophones sur le net pour parler
de psychanalyse
L'association historique fondée par FREUD & FERENCZI arrive sur le web
août 1997, date de création du nom de domaine. La première version du
site est étique mais se développe rapidement et le compteur du site
affiche crânement ses 33966 visites au début de l'année 1998. On trouve
également à cette époque un /Appeal for Literature for Eastern Europe
/du /East-European Subcommitte. /Le texte est traduit en français, et on
peut y lire que les Groupes des pays de l'est manquent cruellement
d'ouvrages de référence mais qu'il est impossible de leur faire parvenir
« en toute sécurité ». La proposition de l'IPA est paradoxale car elle
fait état de « l'excellent équipement électronique » des groupes de
l'est et appelle dans le même temps à acheter des CD-ROM. Bon élément,
la Société Italienne a déjà envoyé un appareil au groupe croate. On
s'étonne tout de même que personne à l'IPA n'ait eu l'idée de numériser
la Standart Edition et de la faire parvenir aux groupes de l'est. Dans
ses premières versions, la page de l'IPA est surtout un annuaire des
sites des différentes associations psychanalytiques. Le site croît
rapidement et une nouvelle mise en page est donnée dès Janvier 1999. Le
fond bleu vert d'origine, orné du logo de l'IPA, est remplacé par un
fond bleu rythmé par de grands rectangles jaunes, roses et verts. Les
rubriques restent inchangées : congrès et conférences, la newsletter de
l'IPA ; l'organisation de l'IPA. Par contre, on y trouve maintenant un
forum où les discussions se font principalement en anglais -- il y a
quelques messages en portugais. Il s'agit principalement de demandes
d'informations émanant d'étudiants : ici sur les représentation de
l'inconscient par les surréalistes, là des précisions sur l'origine de
l'idée de Dieu ou encore une réalisateur australien qui vient faire
connaître son film. En 2000, le site prend une toute autre ampleur. La
mise en page est à la fois plus sobre et plus précise : un fond blanc,
une barre de navigation bleue en haut permet d'accéder aux rubriques
(« News » ; « Scientific » ; « Clinical » « Education ») ainsi qu'à une
partie réservée aux membres de l'IPA. En exergue, des liens conduisent,
entre autres, à l'histoire de la Société psychanalytique de Vienne ou de
l' /Australian Psychoanalytical Society/ , au calendrier de différentes
conférences où à l'appel à contribution pour le 42ieme Congrès
International de Psychanalyse qui se tiendra à Nice en 2002. L'ensemble
donne une impression à la fois dense et fouilli . Enfin, dans la
rubrique « Liens », on trouve, dans une mer de sites appartenant à la
famille IPA, l'îlot lacanien du site de Michel Sauval, psiconet.com. En
2003, l'IPA confie la réalisation de son site à une société, Fisher
Technologie PLC[12] <#_ftn12>. Le site donne alors d'emblée à voir le
polyglottisme de l'IPA en proposant un choix de langues (anglais,
français, allemand, espagnol). Le coté fouillis disparaît et les
rubriques se présentent dans un bel ordonnancement. La partie
« communauté » est enrichie : chaque membre de l'IPA peut envoyer des
messages privés, via le site, à un autre membre, gérer ses inscriptions
aux listes de diffusion du site et forums de discussion, suivre ses
sondages, ajouter une photo à son profil etc. Les rubriques sont
regroupées : « /news and events/ », « /clinical and scientific/ » et
l'IPA prend maintenant le temps de présenter l'histoire de sa fondation
dans un article, en passant sous silence les Grandes Controverses où les
scissions des institutions psychanalytiques françaises
En juin 1998, G. LOMBARD met en ligne une première version du site du
Quatrième groupe. Le principe en avait été accepté à l'Assemblée
Générale du 7 mars 1998 par un vote à main levée qui avait recueilli 32
oui, 2 non et 3 abstentions (32 votants). L'argumentation de G. LOMBARD
était qu'il existait sur Internet[13] <#_ftn13> et qu'il valait mieux
mettre en circulation des textes choisis et élaborés par le Quatrième
Groupe lui-même. Jusqu'au mois de Juin, date de mise en ligne du nom
de domaine quatrième-groupe.org, des discussions ont lieu sur la
présentation à donner au site, ainsi qu'au texte qui en annoncera la
venue. Cette période de préparation à la naissance du petit dernier du
Quatrième Groupe ne doit pas masquer l'autre scène qui a présidé à sa
venue. Longtemps portée seule par Geneviève LOMBARD avant d'être
reconnue suffisamment bonne par ses collègues en Assemblée Générale,
l'idée d'un site porte aussi les stigmates faits à un enfant mal
accueilli, venu trop tôt ou trop tard, en tous cas à un moment ou il
était difficile de lui faire toute la place qui lui était due. C'est
ainsi que l'idée est votée après avoir examiné la question du siège
social, du local du Quatrième Groupe, de la prochaine Réinstitutante, et
de la publication des actes de la journée « Autisme et Métapsychologie »
et il est possible que se donner ensuite un domicile sur l'Internet ait
outrepassé les capacité du moment du groupe. Pour soixante dix dollars,
le 4 juin 1998 Geneviève LOMBARD achète quatrieme-groupe.org pour le
Quatrième Groupe. Le nom de domaine est valide pour une période de deux
ans, et le site est hébergé par Host Web. De façon logique, car elle est
la plus avancée sur ces questions, il lui en est confié la mise en
oeuvre technique tandis que la responsabilité en est assurée par Bernard
DEFRENET, en liaison avec le bulletin, et Y. GUTTIEREZ en liaison avec
le bureau. Il faut préciser que ce sont là les trois seuls analystes
membres, à des degrès divers, au fait de ce qui se passe sur
Internet[14] <#_ftn14>. Le site est référencé par /La psychanalyse/, ce
qui lui vaut d'emblée un bon trafic. déjà des textes sur le Quatrième Groupe
Il faut préciser qu'il s'agit là des trois personnes au faIl faut
ajouter à cela qu'en 1998, peu d'analyses membres du Quatrième groupe
étaient au contact avec l'Internet. A titre d'indication, on se peut
rapporter au Bulletin du primptemps 1998 : sur les 25 membres analyste,
seuls trois (Bernard DEFRENET, Yvonne GUTIERREZ et Genevieve LOMBARD)
donnent une adresse email.
A la même période, Geneviève LOMBARD se voit conseiller par un ami de
mettre en ligne son propre site. Ce sera inconscient.net qui verra le
jour peu de temps après quatrieme-groupe.org dont la mise en ligne se
fait en juin. Inconscient.net a d'abord existé sous la forme d'un
hébergement chez Mygale [15] <#_ftn15> à l'adresse
http://www.mygale.org/03/icsweb avant d'être basculé sur les serveurs de
Host Web
Inconscient.net s'ouvre sur une citation d'Au-delà du principe du
plaisir. On y croise en image un Eros et le bas-relief de la Gradiva. Il
est vrai que l'écriture de G. LOMBARD, à la fois légère et dense, trace
les questions essentielles que l'Internet et ses usages pose à la
psychanalyse et que l'on ne peut qu'être tenté de la suivre : la
question liaison / déliaison, la « virtualisation » à l'oeuvre dans la
cure analytique bordée par le cadre, celle du temps presque suspendu de
l'Internet : « /Comment penser le virtuel dans la communication-cyber,
dès lors que son illimitation, sa dé-terriorialisation , sa
dé-corporéification, ne sont plus contenus dans aucun « cadre » vraiment
repérables par des paramètres précis ?/ » demande-t-elle ? C'est-à-dire
qu'elle disjoint la question du virtuel et de l'Internet et qu'elle
repère bien quelques unes des composantes fortes de l'Internet. C'est,
à ma connaissance, la première a avoir mis au travail de façon féconde
les questions posées par l'Internet. Son travail s'axe sur deux grands
principes : une interrogation du dedans, c'est-à-dire à partir d'une
pratique de l'Internet, et une connaissance des outils à la psychanalyse
en les interrogeant du dedans, c'est-à-dire à partir d'une pratique et
d'une connaissance des outils utilisés. Ainsi, les premiers articles
tournent autour de l'usage des newsgroups (groupes de discussion) et du
mail et à coté de la signature de G. LOMBARD, on trouve celles de J.
TROCCAZ, B. DEFRENET. Les articles sont scrupuleusement datés, ce qui
leur donne à la fois une patine et une prise qui permet de mieux suivre
l'évolution de la pensée de l'auteur et de parer aux prétentions de
toute éternité que l'on trouve sur tant de sites.
Jalil BENNANI, psychiatre et psychanalyste à Rabat, crée en novembre
1998 le site Convergences psy. Il y présente un aperçu bref mais
précieux de l'histoire de la psychanalyse au Maghreb, différentes
associations « psy » marocaines, une bibliographie succincte sur
« Psychanalyse et Islam ». Le site comporte un forum.. En décembre,
Jean-Noël RADULESCO ouvre Psychanalyse in situ, conçu comme « hors
institution et interdisciplinaire ». le site s'enrichi au fil du temps
de plusieurs outils : webring, liste de diffusion, ICQ. A la même
période, Psychonet met en ligne des textes, photos, vidéos et liens
concernant Jacques LACAN.
En Janvier, la revue Le Coq-héron propose en ligne la quasi-totalité des
sommaires de son catalogue depuis la date de sa création en 1999, soit
quelques 160 numéros. Le site est hébergé par multimania.com et il
faudra attendre Avril 2001 pour que le site soit accessible via le nom
de domaine coqheron.com. Malheureusement, le site fermera en juin 2002,
et le nom de domaine est aujourd'hui libre.
Sous l'impulsion d'Alain de MIJOLLA, l'Association Internationale de la
Psychanalyse s'implante sur le net. Familier de l'informatique
personnelle depuis 1981, il crée le site en utilisant le logiciel
Frontpage et le met a jour régulièrement. Trois ans plus tard, il
demandera à Jean-Luc THERON de la société Amalgeste d'en revoir la
charte graphique.
En 1999, Stéphane BARBERY achète barbery.net, et Laurent Le VAGUERESE
fait basculer le serveur minitel 36-15 OEDIPE sur le web avec comme nom
de domaine oedipe.org La première version du site est construite avec
l'aide de Stéphane BARBERY qui ouvrira son site, barbery.net en octobre
2000. Stéphane BARBERY considère le net comme un moyen de diffusion, et
il construit peu à peu un site plein de poésie. A coté des jeux de
l'oulipo, on trouve des mails échangés avec différentes personnes où il
se montre redoutable contradicteur ou encore des constructions
théorico-cliniques. Laurent Le VAGUERESE publiera en Juin 1999, en
collaboration avec Carole MENAHEM un « Surfez avec Freud » qui présente
les différents sites dédiés à la psychanalyse et les différents outils
pour y accéder. Clair, didactique, précis, le livre donne une vue aussi
exhaustive que possible de la situation de la psychanalyse sur Internet
et a demandé plus d'une année de recherche. La psychanalyse n'était pas
étrangère à Carole MENAHEM puisque dans le cadre de ses études, elle a
effectué des recherches documentaires à la bibliothèque Sigmund Freud et
a participé à la mise en place de la base de donnée Alexandrie. De 2000
à 2002, elle collaborera au développement de la rubrique liens du site
www.oedipe.org <http://www.oedipe.org/> qui recense et critique les
sites et listes de discussion en relation avec la psychanalyse.
C'est sous son acronyme anglais et avec la précision : « on line » que
l'on trouve l'Association Mondiale de Pyschanalyse, pendant lacanien de
l'IPA fondée par Freud en 1910. En février 1999, le nom de domaine
wapol.org (pour World Association of Pyschoanalysis On Line) est acheté
[16] <#_ftn16>. Dans ses premières versions, le site est anglophone. On
peut y télécharger quelques photos de Freud et de Lacan, des dessins
d'Escher, et bien entendu des graphes, des schémas, des tores et des
noeuds borroméens. L'orientation lacanienne y est décrite, et il est
possible de s'abonner à plusieurs listes de diffusion. Les liens vers
les différents sites des Ecoles de l'AMP sont donnés avec des noms de
domaines qui sont depuis tombés en désuétude, comme amp-ecf.org. Fin
2000, une bannière « en travaux » annonce une mise a jour prochaine. Le
site est à nouveau mis en ligne en mars 2001, sans changements
importants. En décembre 2003, nouvelle annonce : « On est en train de
mettre à jour le site web » et en 2004 le site est livré dans
l'habillage qui est encore le sien. L'ambition mondiale se donne
maintenant à lire : le site est accessible en plusieurs langues :
français, espagnol, portugais italien, et anglais et permet d'explorer
la galaxie d'associations lacaniennes. On y retrouve une rapide
présentation de « la série des écoles » : Ecole de la Cause Freudienne
bien sûr, mais aussi L'École Européenne de Psychanalyse avec ses
sections espagnoles, italienne et anglaise ; les argentins de l'Ecole de
l'Orientation lacanienne, l'Ecole brésilienne de psychanalyse et la
Nouvelle Ecole lacanienne (Pérou, Équateur, Venezuela, Cuba, Colombie et
Miami). Il est possible de s'inscrire à la liste de diffusion de l'AMP
ou à celles des écoles de l'AMP (9 en tout) Le fameux « Je fonde... » de
Lacan est donné dans les Textes institutionnels tandis qu'un annuaire
recense les 1235 membres de l'AMP. La passe y est abordée, ainsi que la
garantie que les Ecoles peuvent offrir quant à la formation des analystes
Pour l'institution psychanalytique historique française, l'année 1999
s'annonce résolument /online. /Le 31 décembre 1998, elle se donne pour
adresse spp-asso.fr Dans ses premières versions, la page d'accueil
s'ouvre sur une photo de Freud en haut à droite, et l'accès au site se
fait par un clic sur le logo de la SPP placé au centre de la page. C'est
un dispositif qui est alors assez utilisé sur le web : la page d'accueil
mime alors une porte d'entrée et ce n'est qu'en cliquant sur un lien que
l'on « entre » dans le site lui-même, perçu alors comme l'intérieur
d'une maison. Ce logo -- la silhouette d'un sphinx ailé est répété dans
le site comme point de départ de différentes rubriques [17] <#_ftn17> ;
la répétition du motif permet d'asseoir l'identité graphique de la page
et de la SPP dont le nom est inscrit a droite et séparé des différentes
rubrique par un arc de cercle. La SPP est alors comme un soleil d'où
rayonnent différentes rubriques. Dans « Questions sur la psychanalyse
(introduction) sont présentées à la fois la cure classique et ses
extensions : le groupe, et la psychanalyse des enfants. L'actualité
(Août 1999) renvoie à une déclaration de la société psychanalytique de
Vienne et à un texte de Jean Cournut sur « La psychanalyse dans le champ
des psychothérapie », en écho au débat sur le titre de psychothérapeute
qui émerge alors en France. Le site sera ensuite réécrit en 2001 par
Jean-Luc THERON[18] <#_ftn18> de la société Amalgeste ; Il est également
concepteur de la charte graphique de du site le carnet/PSY qu'il
réorganise en 2000 ainsi que celui de la l'AIHP (2001)
Le 7 octobre, le nom de domaine carnetpsy.com est acheté
En Avril, François MOREL, psychanalyste, met en ligne un site : la
cause des filets.
Le 16 Novembre, Jean-Noël RADULESCO crée la liste Psychanalyse
l'hébergeur de listes de diffusion egroupes.com. Egroupes.com sera
ensuite racheté par Yahoo ! et la liste psychanalyse migrera sans
dommages vers ce nouvel hébergeur.
Fin 1999 -- début 2000, Liliane FAINSILBER crée un site qu'elle appelle
Le goût de la psychanalyse. De l'Internet, elle apprécie la liberté et
la possibilité qui lui est ainsi offerte de faire connaître ses livres
[19] <#_ftn19> en dehors des circuits institutionnels. Le site a une
fréquentation tout a fait honorable pour un site personnelle et les
visiteurs prennent souvent le temps de lui donner leurs avis sur les
livres où les textes qui sont publiés sur le site. La fréquentation des
espaces de discussion sur Internet l'amènera à écrire « Lettres à
Nathanaël » (publié en Novembre 2005) en s'appuyant sur les questions et
thèmes abordés sur différentes listes de diffusion et forums. Elle est
également une des rares a avoir pu faire d'une liste de diffusion un
espace de travail, un /carnet/ comme cela a été inventé sur la lacan-list
Au tout début de l'année 2000, après une discussion difficile, un forum
dédié à la psychologie est créé sur USENET grace a la gestion pleine de
tact qu'a pu faire Stéphane FAURE de ses différents Appels à
Discussion. Fr.sci.psychologie a pour objet les discussions sur la
psychologie mais très rapidement il n'est question que de psychanalyse.
Une certaine mise en forme est tentée sur le groupe même, mais il
s'avère assez rapidement qu'aucune discussion constructive n'est
possible. Une partie du forum s'isole sur une liste de diffusion
faq-psychologie créé sur Yahoo ! afin de pouvoir construire une première
Foire aux Questions. Elle sera postée le 2 septembre et parmi les
questions traitées : qu'est ce qu'un psychanalyste ? Au moment de
décider de qui sera signé le document, je propose « un groupe de
participant au forum » et c'est sous cette signature qu'elle circule encore.
C'est sur un compte gratuit hébergé chez free.fr que l'on retrouve le
cercle freudien en 2001. La plus vieille archive accessible date de
Janvier 2001 et le site n'a pas beaucoup bougé depuis. Sur fond gris
ardoise , le cercle freudien se présente d'une façon tout à fait
classique. Il faut dire que la réalisation en HTML « pur » ne permet pas
la sophistication et la souplesse apportée par le php. On trouve sur le
site une histoire du cercle freudien (jusqu'en 1995), les statuts de
l'association, les différentes publications (les bulletin du cercle, les
cahiers du cercle et Che voï) et les activités du groupe (séminaires,
groupes de contrôle, les mercredi du cercle
Le passage au Web coûte à l'ELP le terme de psychanalyse lorsque le nom
de domaine est acheté en Janvier 2001. Le site est organisé autour de
deux colonnes ; au dessus d'elles, dans un bandeau, le nom « Ecole
lacanienne de psychanalyse » ondule doucement. La colonne droite
affiche le contenu du menu qui se trouve dans la colonne de gauche :
L'école ; Actualités ; Publications ; Enseignement ; Section de
Clinique ; Bibliothèque ; Tcqvatvsslpsjold ; Recherche. La présentation
de l'Ecole Lacanienne de Psychanalyse est faite par Guy le Gaufey : il
rappelle la création de l'ELP à partir de la dissolution de l'Ecole
Freudienne de Paris et du désir de quelques uns de créer « un lieu de
transmission qui fût une /école/ (aucun doute sur ce point) /lacanienne/
(c'était un fait, pourquoi le cacher ?) et /de psychanalyse/ (là-dessus,
les avis devaient plus tard se partager quelque peu). » Il donne aussi
la raison du bilinguisme du site : lors de sa création et 1985, des
membres de l'ELP vivaient en Amérique Latine et en 2001 sur les 147
membres de l'association, 77 vivent sur le continent Sud américain. La
présentation de l'Ecole donne lieu a une revue des différentes
associations en lien avec l'ELP (EPEL ; EPEELE, EPEELP, artef/a/cto,
toutes trois hispanophones). Mais la principale innovation de
ecole-lacanienne.net vient de cette rubrique étrange :
Tcqvatvsslpsjold : Tout Ce Que Vous Avez Voulu Savoir Sur La
Psychanalyse Sans Jamais Oser Le Demander pointe vers deux forums :
forum « Questions en vrac » ou sont attendues des questions dur la
psychanalyse, sur l'ELP et « possiblement bien d'autres choses ». On y
parle anglais, français ou castillan ; et un « Forum thématique » ou
sont discutés les articles publiés sur le site
En mars 2001, le nom de domaine etatsgeneraux-psychanalyse.net est
acheté et deux mois plus tard, le site est mis en ligne. Il reprend les
textes des différentes interventions des *E*tats *G*énéraux de la
*P*sychanalyse qui a eu lieu à Paris du 8 au 11 juillet 2000 à Paris
suite à l'appel de René MAJOR (1997) et tente de maintenir le mouvement
de travail qui s'était opéré. En 2000, les EGP avaient utilisé un
dispositif inédit. L'annonce en avait été faite sur le un site web
www.psychanalyse.refer.org <http://www.psychanalyse.refer.org/>, qui
recensait les différentes interventions à venir, les centralisait, les
faisait circuler et présentait les différents comités nationaux et
internationaux. Transmission de la psychanalyse, politique, social,
philosophie, neuroscience, littérature, art... les quelques mille
participants de trente trois nationalités ont eu de quoi s'occuper. Les
textes étaient présentés par des rapporteurs, chacun étant totalement
libre de la présentation qu'il souhaitait en faire. Certains ont masqué
l'auteur du texte qu'ils rapportaient, d'autres le commentaient,
d'autres encore le lisaient. Yann DIENER a contextualité en Février
2003, sur le site des EGP, cette manifestation. Il rappelle le rôle
charnière du séminaire de René MAJOR intitulé « Confrontations » et qui
permet à des membres de la SPP d'aller à la rencontre des lacaniens. Le
séminaire perd un « s » à l'issue d'un conflit mais gagne en
fréquentation. /Confrontation /s'achève en 1983, et quatorze ans plus
tard, le rêve d'une réunion des psychanalystes quelque soit leur
institution d'origine, et donc leur formation, est repris dans ces EGP.
Quelques deux cent cinquante textes répondront à l'appel de René MAJOR.
Le site hébergera également la pétition dite du « Front du refus »
lancée par René MAJOR contre l'amendement Accoyer. En mai 2001, les
députés avaient entendu les principales institutions psychanalytiques
car il était question de légiférer autour de la profession de
psychothérapeute. Les députés se sont entendus dire que la psychanalyse
n'était pas concernée par ces questions de psychothérapie et si
certaines s'avançaient en disant la prudence requise par une législation
dans ce domaine, la plupart s'en lavait les mains. La psychanalyse a
alors été rejetée par les députés dans le champ de la psychiatrie, ce
qui a amené ces premiers a réagir vivement. Depuis, du rapport de la
commission Clery-Melin au rapport de l'INSERM montrant une plus grande
efficacité des thérapies cognitivo-comportementales, la situation est
des plus vives mais les analystes semblent s'être souvenu que leur
pratique est une pratique de soin. Le forum du site OEdipe a pu voir
quelques les ténors de la psychanalyse briser quelques lances avec ceux
des TCC, principalement Jean COTTRAUX
Au Forum des psy, en novembre 2003, Jacques Alain MILLER lance un
manifeste pour que l'amendement Accoyer ne soit pas voté au Sénat en
Janvier 2004 et que le Ministère de la Santé renonce à appliquer les
préconisations du rapport Cléry-Melin. A la demande du Ministre de la
Santé, l'INSERM retire de son site le rapport, ce qui ajoute encore à la
confusion.
A l'été 2000, Jacques SIBONI continue l'aventure de la liste de
diffusion Freud-Lacan sur le web en achetant le nom de domaine
lutecium.org. La liste Freud-Lacan avait été crée autour de l'année 1997
et un an plus tard elle regroupe déjà une trentaine de nationalités. La
liste est bilingue à la fois dans sa forme : on y parle anglais et
français, et dans son contenu : il s'agit de Freud et de Lacan, avec
tout ce que cela implique comme articulations possible. L'idée de son
propriétaire était à la fois d'aider les non-francophones à mieux
comprendre Lacan, et de promouvoir la langue française sur le net. Ce
second point est important : beaucoup d'acteurs de l'époque ont créé des
espaces de discussion en français afin de faire contrepoint a ce qui
était perçu, à tord ou à raison, comme une hégémonie de la langue
anglaise sur l'Internet. Dans un premier temps, le robot de la liste est
hébergé par l'université de Grenoble tandis que les archives sont les
archives de la liste sont hébergées parle Comité Réseau des Université
(francopholiste) sur le site de l'université de Rennes 1. Lutecium se
fera surtout connaître par le travail patient de Jacques SIBONI sur les
séminaires de Jacques LACAN : il numérise les séminaires dont il possède
en propre des enregistrements audio et les met en téléchargement sur son
site. Au final, grâce au soutien de l'Ecole lacanienne de psychanalyse,
ce seront 10 années de séminaire de LACAN qui seront numérisées par
Sibony et mises à la disposition du plus grand nombre. Au texte du
Séminaire établit par Jacques-Alain MILLER, il devient possible de
superposer la voix de LACAN, de se perdre avec lui dans ses digressions,
d'entendre les ruptures, les hésitations, le théâtralisme, la fatigue,
parfois, le désespoir feint, l'apostrophe, l'habitude... Cette version
sonore permet de mettre en vis-à-vis le la transcription textuelle qu'en
donne Jacques-Alain MILLER « redressée, mot à mot -- le déchet ne se
montant pas à trois pages » et appelée à valoir « pour l'original, qui
n'existe pas »[20] <#_ftn20> avec une version ou le corps et la lettre
se mêlent intimement.
Le 2 décembre 2001, dans ce contexte troublé, je poste une nouvelle FAQ
sur fr.sci.psychologie qui présente les psychothérapies en les
regroupant en quatre familles : les thérapies centrées sur le symptôme,
les thérapies cognitivo-comportementales, les thérapies centrées sur
l'organisations conflictuelle sous-jacente et les thérapies centrées sur
l'organisations familiale ou sociale. Elle est également signée « un
groupe d'utilisateur de fr.sci.psychologie » et sera également postée
sur fr.sci.psychanalyse lorsque ce groupe sera créé le 28 octobre 2002
suite à un Appel à Discussion de Patrick BRUANT. En Novembre 2003,
j'écrirai une nouvelle Foire Aux Questions : « La consultation
psychologique de l'enfant » pour les groupes fr.sci.psychologie et
fr.sci.psychanalyse qui donne une liste des lieux ou l'on peut
consulter, la manière dont la consultation se passe habituellement, et
les troubles qui peuvent alarmer.
L'association Analyse Freudienne se dote d'un site en février 2002 et
dans ses premiers versions, la page d'accueil s'ouvre sur un choix entre
le français et l'espagnol. Le choix d'un « tout textuel » donne au site
une certaine austérité qui est encore relevée par l'habillage noir, gris
et blanc. Le site présente surtout l'association : l'acte de fondation
du 24 février 1992 y est accessible, de même que les statuts et la
composition du bureau. Un lien permet d'accéder à un annuaire, mais en
Mars 2005 cette possibilité ne sera toujours pas implémentée. Dans ses
versions les plus récentes, le lien a été supprimé.
Le nom de domaine a été acheté en septembre 2002 et le site est mis en
ligne dans la foulée. Le pas léger de la Gradiva conduit au menu :
Institution ; Stages et Formation ; Enseignements ; Journées,
Conférences et Colloques ; Enfance en jeu ; Membres, Courier ; Comment
nous contacter et Email. On le voit, le site est avant tout informatif :
il s'agit de présenter l'Espace Analytique et ses spécificités : le
travail avec les enfants et l'accueil et la formation de stagiaire. Il
est en effet possible, via le site, de prendre contact avec quelqu'un de
l'association pour effectuer un stage sous la supervision d'un membre de
l'Espace Analytique : Bonneuil, et La Borde, bien sur, qui sont des
lieux historiques de la psychanalyse en France, mais aussi d'autres
lieux comme la Pitié Salpétrière au service de Service de Stomatologie
et Chirurgie maxillo-faciale ou au CMPP de Saint Mandé. En octobre 2004,
un nouveau nom de domaine -- espaceanalytique.org -- est acheté parce
que suite à des problèmes avec l'hébergeur, le nom de domaine précédent
pointe sur des pages pornographiques. Ce qui fait dire au webmestre
actuel, Prado de Oliveira, que « pendant quelques jours, Espace
analytique a été la seule institution psychanalytique qui s'occupait
sérieusement de questions de sexe. »
C'est en octobre 2002 que l'Ecole de la cause freudienne acquiert le
nom de domaine causefreudienne.net. Le site propose d'abord un choix
entre deux langues : l'anglais ou le français, puis s'ouvre sur deux
colonnes. A droite, le menu (Découvrir l'école ; l'orientation
lacanienne ; Evénements ; Livres et revues ; Liens) et à gauche le
contenu correspondant à la navigation. Sur la page d'accueil, la marge
gauche d'un court texte de présentation de l'ECF semble s'appuyer sur
une image retravaillée de Lacan, et dont on ne sait trop si elle émerge
du fond blanc ou si elle y retroune. La présentation de l'ECF est
reprise de façon plus détaillée dans le lien « Découvrir l'Ecole ».
« L'orientation lacanienne » donne le point de vue de l'ECF, et plus
précisément de Jacques-Alain MILLER, puisque c'était la le titre de son
cours au Département de Psychanalyse de l'Université Paris VIII. Une
place est alors faite à « la psychanalyse appliquée à la
thérapeutique », ce qui, pour les lacaniens, est une manière de
révolution. Un espace est réservé aux différentes revues lacaniennes (La
Cause freudienne, Ornicar ? Quarto, La lettre mensuelle) avec un lien
vers une boutique en ligne (ecf-echoppe.com) et quelques conférences
sont mises en ligne. Les liens sont limités au monde lacanien : l'AMP,
les Ecoles, l'ALP, l'Ecole Une
L'année 2003 voit un changement sur la liste psychanalyse : Jean-Pierre
EDBERG est nommé d'office modérateur par J.-N. RADULESCO. Il faut dire
qu'un membre du groupe, outome, trolle allégrement la liste. Il était
déjà connu sur les deux précédentes lacan-list qu'il avait également mis
à mal. Il met rapidement le feu sur la liste psychanalyse et le nouveau
modérateur passe beaucoup de temps à trier et filtrer les différentes
identités d'outcome. En Avril, il est nommé propriétaire de la liste,
toujours sans l'avoir demandé. En fonction des états de la liste, il y
aura d'ailleurs plusieurs propriétaires et la charge de la modération
sera confiée a des membres du groupe, qu'ils le demandent ou pas -- le
geste du fondateur étant là purement et simplement répété.
En Juillet 2003, l'APF acquiert le nom de domaine
associationpsychanalytiquedefrance.org. Le site s'ouvre sur une image de
la place Dauphine, siège de l'association, avec un discret rayon de
soleil qui perce les frondaisons et balaye la place de droite à gauche
La facture du site est très classique : une barre de navigation, en haut
permet d'accéder aux rubriques (Présentation ; Histoire ; Documents ;
Formation ; Liste des membres) L'histoire de l'APF est présentée par
Jean-Louis Lang, qui réactualise ainsi l'entrée qu'il avait écrite pour
le Dictionnaire international de la psychanalyse tandis que la partie
Formation reprend un article de Michel Gribinski publié dans le
Bulletin de la FEP [21] <#_ftn21>
En 2004, Yann DIENER met en ligne La lettre lacanienne. Le site est
d'abord hébergé par free.fr puis sous le nom de domaine
la-lettre-lacanienne.net à partir de la fin du mois de Mai. La lettre
lacanienne fait remonter sa filliation à la dissolution de
l'Association « Qu'est-ce qu'une école pour la psychanalyse ? » en
2000, après trois années d'existence et son remplacement en 2000 d'une
« Association pour une école de la psychanalyse » (A.P.E.P.) avant de
devenir en 2003, suite à son rapprochement avec l' « Ecole de
psychanalyse Sigmund Freud » (E.P.S.F.), « la lettre lacanienne, une
école de la psychanalyse »
En Mars 2004, Laurent SAUERWEIN crée l'association (A)LPHA --
Association pour la laïcité de la psychanalyse et la dote d'un site
internet : alpha-psychanalyse.org. Le site en est à sa troisième version
et la mise en page est de Laurent SAUERWEIN. Il est un moment hébergé
par forum-psychananlyse.net mis en ligne en septembre 2004. Le projet
de Laurent SAUERWEIN pour ce site est de publier des textes sur la
psychanalyse et l'art. Un mémoire de recherche de DEA de Armelle GAYDON,
réalisé sous la direction de M. Gérard WAJEMAN (Paris VIII) ouvre les
publications
Les cartels constituants de l'analyse freudienne arrivent sur le web en
avril 2004 avec comme nom de domaine cartel-constituants.fr. Le site est
réalisé par une société, idealcoms.net qui livrera le site fin 2004 --
début 2005. Le site présente surtout les CCAF. Une barre de navigation,
en haut, donne accès a plusieurs rubriques (Accueil ; Les CCAF ; Le
courrier ; La passe ; Les dispositifs ; Colloques ; Bibliothèque ;
IAEP ; Convergia ; Liens), chacune d'entre elle. Les membres des CCAF
ont un compte privé à partir duquel il peuvent lire en ligne le bulletin
de la revue. ). Le site a été a l'origine livré avec un forum issu de
l'open source (PhpBB) et sous licence GPL [22] <#_ftn22>, mais cette
possibilité n'a jamais été utilisée.
C'est sous son acronyme anglais et avec la précision : « on line » que
l'on trouve l'Association Mondiale de Pyschanalyse, pendant lacanien de
l'IPA fondée par Freud en 1910. En février 1999, le nom de domaine
wapol.org (pour World Association of Pyschoanalysis On Line) est acheté
[23] <#_ftn23>. Dans ses premières versions, le site est anglophone. On
peut y télécharger quelques photos de Freud et de Lacan, des dessins
d'Escher, et bien entendu des graphes, des schémas, des tores et des
noeuds borroméens. L'orientation lacanienne y est décrite, et il est
possible de s'abonner à plusieurs listes de diffusion. Les liens vers
les différents sites des Ecoles de l'AMP sont donnés avec des noms de
domaines qui sont depuis tombés en désuétude, comme amp-ecf.org. Fin
2000, une bannière « en travaux » annonce une mise a jour prochaine. Le
site est à nouveau mis en ligne en mars 2001, sans changements
importants. En décembre 2003, nouvelle annonce : « On est en train de
mettre à jour le site web » et en 2004 le site est livré dans
l'habillage qui est encore le sien. L'ambition mondiale se donne
maintenant à lire : le site est accessible en plusieurs langues :
français, espagnol, portugais italien, et anglais et permet d'explorer
la galaxie d'associations lacaniennes. On y retrouve une rapide
présentation de « la série des écoles » : Ecole de la Cause Freudienne
bien sûr, mais aussi L'École Européenne de Psychanalyse avec ses
sections espagnoles, italienne et anglaise ; les argentins de l'Ecole de
l'Orientation lacanienne, l'Ecole brésilienne de psychanalyse et la
Nouvelle Ecole lacanienne (Pérou, Équateur, Venezuela, Cuba, Colombie et
Miami). Il est possible de s'inscrire à la liste de diffusion de l'AMP
ou à celles des écoles de l'AMP (9 en tout) Le fameux « Je fonde... » de
Lacan est donné dans les Textes institutionnels tandis qu'un annuaire
recense les 1235 membres de l'AMP. La passe y est abordée, ainsi que la
garantie que les Ecoles peuvent offrir quant à la formation des analystes
La Fédération des ateliers de psychanalyse achète son nom de domaine en
octobre 2004 : federation-ateliers-psychanalyse.org est l'adresse sous
laquelle on la trouvera sur le web. Une portée sur laquelle est jetée
quelques notes est la l'entrée du site. Au-delà, l'organisation est
classique : un menu, à gauche, sur fond de portrait de Freud, et le
contenu, à droite. Sur le menu : Présentation ; Boite à outils ;
Ateliers ; Séminaires ; Epistolettre ; Nouvelles des villages voisins ;
contacts et liens. Il s'agit avant tout d'une présentation de la
Fédération des ateliers de psychanalyse. Après un historique succinct,
les modalités de travail à la FAP y sont présentées. Le lien
« Epistolettre » conduit au sommaire du bulletin de la FAP. Mais le plus
important est sans doute les « Nouvelles des villages voisins » qui
ouvre sur le travail d'autres psychanalystes venant d'autres
institutions : [...] C'est la quelque chose de tout à fait inédit : des
21 institutions recensées ici, la Fédération des Ateliers de
Psychanalyse est la seule a faire trace en son sein de ce que d'autres
produisent ailleurs.
C''est en décembre 2004 que l'Ecole de psychanalyse Sigmund Freud
investit le web avec le nom de domaine epsf.fr. Dans un bandeau, Lacan à
gauche et Freud à droite bornent le nom « Ecole de psychanalyse Sigmund
Freud » De là, on accède à un premier menu à partir duquel l'histoire et
les stratus de l'Ecole sont donnés (« A propos de l'école ») tandis que
les publications ouvrent sur les premières et quatrième de couverture de
Scripta et les sommaires des Carnets de l'EPSF. Dans les liens, la
famille lacanienne : l'ALI, le Cercle freudien, l'Ecole lacanienne de
psychanalyse, OEdipe, La lettre lacanienne Analyse freudienne et Espace
analytique
A la fin de cette même année, sur USENET, le groupe
fr.soc.psychotherapies que j'avais proposé ne passe l'épreuve du vote.
Champlacanienfrance.net est acheté en septembre 2005 pour l'Ecole de
psychanalyse des forums du champ lacanien. La conception et la
réalisation du site sont confiées à la société tektonika.com à partir du
CMS open-source SPIP (Licence GPL). Le site est conçu comme « un outil
d'information » sur les activités et les positions de l'EPFCL. Elle s'y
présente dans le lien « l'Ecole »qui permet de s'informer sur les
cartels, la passe, les enseignements, l'histoire, les statuts les
événements ... de l'EPFCL. Une rubrique est réservée aux nombreuses
publications de l'EPFCL. On y trouve la première de couverture,
l'argument et le sommaire de chaque. Enfin, une rubrique « Formations
clinique » donne le programme des informations sur les « Collèges
cliniques » et les « Stages » avec des liens pour qui souhaiterait s'y
inscrire.
En Juin 2005, la société Darjeelink dote le site du Quatrième Groupe
d'un blog interne, Agora, conçu comme un espace d'échanges sur les
questions institutionnelles et les travaux en cours. L'accès en est
restreint, aux membres. Agora complète le blog du Comité du Site en
place depuis Avril 2005
C'est en novembre 2005 qu'est acheté le nom de domaine spf.asso.fr. La
réalisation du site est confiée à la société Epistema qui livre un site
a base de son CMS Reaxia.
La toute nouvelle Société Psychanalytique de Recherche et de Formation
met en ligne le nom de domaine sprf.asso.fr
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[1] <#_ftnref1> http://www.digipills.com/minilienok/?zuOYBdTtZw
[2] <#_ftnref2>
http://www.w3.org/History/19921103-hypertext/hypertext/WWW/Proposal.html
[3] <#_ftnref3> http://www.ibarakiken.gr.jp/www/world/shorthistory-e.html
[4] <#_ftnref4> La place manque, ici, pour dire autrement que sous ce
mode élliptique l'histoire proprement groupale de USENET et de son
développement.
[5] <#_ftnref5> http://www.w3.org/People/Berners-Lee/1991/08/art-6484.txt
[6] <#_ftnref6> Le jargon français
http://www.linux-france.org/prj/jargonf/L/liste_de_diffusion.html
[7] <#_ftnref7> Un événement est dit certain lorsque sa probabilité tend
vers un
[8] <#_ftnref8> Cf. HERT, Ph. « Quasi-oralité de l'écriture électronique
et sentiment de communauté dans les débats scientifiques en ligne »,
/Réseaux/, n°97, p. 211-259.
[9] <#_ftnref9> « Sous le signe du lien numérique » S. MISSONIER, Le
carnet/PSY, novembre 1998
[10] <#_ftnref10> Plus exactement, on lui doit sa mise en place
technique, car la science-fiction en avait déjà rêvé.
[11] <#_ftnref11>
[12] <#_ftnref12> http://www. mediafish.net
[13] <#_ftnref13> G. LOMBARD fait là référence au site de
DesGroseillers, La psychanalyse
[14] <#_ftnref14> On peut se reporter au Bulletin d'information n° 24
dans lequel ces trois personnes sont les seules à donner une adresse email.
[15] <#_ftnref15> Mygale.org est une des bonnes surprises d'Internet et
dont il faudrait faire l'étude. Mygale est u site d'hébergement ouvert
par Frédéric Cirera dans le cadre de la préparation d'une maîtrise sur
la sécurité d'un serveur. Il offre a qui le souhaite la possibilité de
créer un site web sous l'adresse http://www.mygale.org/~<nomdusite
<http://www.mygale.org/%7E%3cnomdusite>> La communauté s'agrandit, se
structure, prend le nom de multimania.com avant d'être racheté par le
moteur de recherche Lycos non sans avoir vécu quelques soubresauts.
[16] <#_ftnref16> Détail amusant, Wapol est aussi le nom d'un personnage
d'un manga : c'est un Roi-tyran qui
[17] <#_ftnref17> Il s'agit de Questions sur la psychanalyse ; liste des
membres ; Conférences. Colloques (ouverts au public) ; Congrès des
psychanalystes de langue française ; Actualités ; Instituts de
psychanalyse ; Groupe régionaux ; Centre de consultation et de
traitement psychanalytiques ; Bibliothèque Sigmund Freud. Lectures ;
Choix de livres. Monographies et Débats ; Revue Française de
Psychanalyse ; Histoire de la psychanalyse.
[18] <#_ftnref18> http://www.almageste.net/Auteur/index.htm
[19] <#_ftnref19> Lilane FAINSILBER a publié « "Eloge de l'hystérie
masculine » (Nov. 1997) et »La place des femmes dans la psychanalyse »
(Jan. 2000)
[20] <#_ftnref20> Jacques-Alain MILLER , postface à Jacques LACAN, Le
Séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la
psychanalyse. Seuil, 1973
[21] <#_ftnref21> Michel Gribinski , /Bulletin de la FEP/, n° 48,
printemps 1997
[22] <#_ftnref22> General Public Licence. Il s'agit d'un modèle de
licence pour logiciel libre proposé en 1991 par la Free Software
Foundation. Elle repose sur trois caractéristiques :
1. Tout le monde a accès au code source et a le droit de le modifier.
Mais toutes les modifications doivent être re-publiées et faire mention
des contributeurs et des modifications (sauf si l'usage est interne).
C'est l'héritage obligatoire : tout travail basé sur un travail en GPL
<http://www.linagora.com/technologies/glossaire/_r58.html#GPL> doit être
en GPL.
2. Par ailleurs, la licence GPL
<http://www.linagora.com/technologies/glossaire/_r58.html#GPL> autorise
la liberté de reproduction pour le licencié (copyleft).
3. Enfin la licence GPL
<http://www.linagora.com/technologies/glossaire/_r58.html#GPL> contient
une clause de non garantie. LGPL : c'est une forme mixte de licence qui
autorise la combinaison d'éléments libres et non libres dans un même
produit.
à http://www.linagora.com/technologies/glossaire/_r58.html
[23] <#_ftnref23> Détail amusant : Wapol est aussi le nom d'un
personnage d'un manga
--
http://yann.leroux.free.fr [ePsychologie - Le blog]
http://www.psyapsy.org [le portail des psychologues francophones]
http://www.filiationspsychanalytiques.net [Filiations Psychanalytiques]
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