[Lutecium-group] Errata, lapsus et coquilles dans mon précédent message.
michel CARRIERE
michel_carriere at hotmail.fr
Sun Aug 13 17:20:08 UTC 2006
Bonsoir,
Merci à Jacques Ponzio, le lapsus est évident et répété, sourire et
pour moi doublement significatif !
Je prie les lectrices et lecteurs d'excuser les nombreuses coquilles
restées dans le texte que je vous ai proposé et que je vous renvoie,
corrigé des fautes les plus grossières :
Bonjour,
Les échanges qui ont lieu dans ce groupe me paraissent toujours
de très grande qualité.
Lecteur très assidu, je n'interviens que fort peu, n'ayant pas
d'élément important à ajouter aux débats.
J'interviens dans le présent débat pour apporter une précision
sur une expression employée celle de "droit du plus fort" et
partager ce qui m'a été transmis.
Il y a déjà 30 ans, un de mes professeurs, à la faculté de droit
d'Aix en Provence nous proposait de réfléchir à cette expression
pour cerner le concept qui la sous-tendait.
Il insistait sur le point suivant : la notion de droit du plus fort
est un "oxymore". En effet il existe, d'une part un état de fait
"celui du plus fort, et d'autre part, un concept, culturel,
construit, celui de Droit.
L'état de fait du plus fort s'analyse comme étant "non
contractuel"...le plus fort impose sa volonté...c'est, entre autre,
le "vae victis" de Brennus".
Le droit suppose une relation contractuelle ; il succède à l'état de
fait du plus fort, et il lui arrive parfois, au travers de certaines
règles, de reprendre, de pétrifier certains rapports résultant de
l'état de fait du plus fort. Il reste que ce faisant, il passe par
un "contrat" faisant intervenir au moins les "cocontractants" et le
"garant".
Le Roi tient son pouvoir de Dieu, il est sacré par le clergé et le
peuple en est témoin ; le garant est d'ordre divin.
Le peuple élit ses représentants. Ceux-ci légifèrent dans un
contrôle mutuel (la séparation des pouvoirs) et le contrat est
renouvelé à
chaque élection afin de garantir ce contrôle dont le garant est le
Peuple
et la Constitution qu'il s'est donné.
En revanche un tyran prend le pouvoir par la force, et son pouvoir
ne tient qu'à l'état de fait du plus fort, sans d'autre légitimité que
la force brute, et son pouvoir sera défait par la force brute.
La Guerre, malgré tous les oripeaux de droit dont on souhaite
l'habiller, ramène, le plus souvent à l'état de fait du plus fort,
que ce soit par les armes, par la diplomatie ou par la communication.
Un vainqueur et un vaincu et , pour le vaincu "vae victis".
La notion de "guerre juste ", autre "oxymore" découle du premier
"droit du plus fort". En revanche, s'il n'existe pas de guerre
juste, il existe des guerres justifiées, et parfois, beaucoup plus
rarement
des guerres légitimes.
Le droit international tend à introduire la notion d'état de droit à
la place d'état de fait du plus fort. Cela, semble-t-il ne sera
possible que lorsque l'ensemble des états reconnaîtra une autorité
supérieure, doté de la légitimité du droit, tiers non partisan
entre les paries, et dotée de la capacité d'agir et de sanctionner.
Cette notion , nous disait-il est importante, et à mettre en relation
avec la maturation d'un humain qui passe d'une vision du père tout
puissant à une vision sociale des rapports humains fondée sur le
contrat.
L'oxymore contenu dans la notion de droit du plus fort est celle
qui permet, lorsque cela apparaît nécessaire de couvrir du manteau du
droit l'exploitation des rapports de force.
Il nous engageait à ne jamais céder à cette facilité de langage, qui
avait couvert beaucoup des grands crimes commis par la civilisation.
Car, ajoutait-il c'est la civilisation qui a généré les plus grandes
atrocités et parler de barbarie en parlant du "génocide" de la
Shoah" , des carnages révolutionnaires, des crimes religieux etc.
revient à essayer de dédouaner la Civilisation de son "Crime
primordial"
quand elle rationalise le massacre et l'exploitation des humains par
les
humains.
Jamais ajoutait-il un barbare n'aurait inventé les camps de
concentration et la mécanique administrative et culturelle qui a
permis leur fonctionnement, jamais la barbarie n'aurait inventer les
hôpitaux psychiatriques ni le goulag, jamais la barbarie n'aurait
inventé les noyades de Nantes ni les canonnades de Lyon...
Seule la civilisation, renouant avec l'état de fait du plus fort, et
le couvrant sous le manteau du droit et de la légitime défense
pouvait justifier ses plus sinistres crimes.
Le droit du plus fort, ajoutait-il, permet à "dipe Roi "de "jouir
du meurtre de son Père et de l'Inceste Primordial" dans un présent
immuable qui le justifie dans ses actes et pensées.
Ce que ne permet pas l'état de fait du plus fort, qui laisse dipe
meurtri et vulnérable, et, par-là, susceptible de régénérescence et
de progrès.
En espérant ne pas vous avoir trop ennuyé.
Michel CARRIERE
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