[Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone
Jacques Siboni
jacsib at lutecium.org
Thu Aug 17 06:50:01 UTC 2006
Nos derniers échanges ont mis en lumière des divergences concernant
la notion de tiers dans les contrats humains.
Je pense que cette notion est à rapprocher de celle de "Dritte Persone".
Un des exemples donnés décrivait une entente entre entre deux personnes et
concluait sur l'absence de tiers. Liliane en réponse pointait le caractère
symbolique de ce tiers
En effet dans ce cas le tiers n'est pas exclu mais implicite. Il deviendra
explicite si survient un litige
quant à la réalisation du contrat.
Pour éviter ces ambiguités ce tiers est en général nommé explicitement
dans les contrats. Dans
les petites lignes illisibles des contrats de location ou de GSM il est
noté quelque
chose du genre "les contractant reconnaissent la compétence du tribunal de
commerce de xxx
pour gérer les litiges". Les signatures à la mairie lors d'un mariage
entrainent l'acceptation
de tous les termes du code civil lus par le maire et la reconnaissance de
la compétence du Tribunal
aux affaires familiales pour gérer un conflit en cas de manquement aux
droits et obligations des époux.
Dans le contrat sadien le tiers est de fait exclu. Chaque membre s'évertue
avec ses moyens
à faire se perpétuer le contrat. C'est en cela que Lacan nous a rappelé
que toute sexualité
est perverse. Sadien et pervers sont ici à entendre en termes analytiques.
En effet ces moyens ne sont pas nécessairement violents ni coercitifs,
comme on pourrait
le craindre dans le terme sadien. Une crise d'hystérie à point nommé
peut proroger et relancer un couple vacillant. Une aventure extra
conjugale dont la publicité est
distillée peut raviver le désir...
D'ailleurs pour contrecarrer les exactions perverses le plus sûr moyen est
d'introduire le tiers,
nommément en faisant le plus de publicité autour de l'acte pervers, en
faisant savoir au plus
grand nombre la pratique. Cela le pervers va le détester.
Enfin dans la relation analytique qu'en est il?
Le tiers existe, nommément l'Autre. Ne pouvant s'incarner ce n'est pas
véritablement
un contrat mais un dispositif de parole.
L'analysant --- et parfois l'analyste dans ses manifestations contre
transférentielles ---
va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un contrat
pervers. Cela peut être
en référant à un organisme ordinal ou imposant par la force ou
l'intimidation pour
imposer sa volonté.
Bien amicalement
Jacques
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