[Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone
Jacques Siboni
jacsib at lutecium.org
Thu Aug 17 09:31:56 UTC 2006
Chère Violaine
merci de demander des précisions car ce que j'ai ici indiqué est très
elliptique.
Je vais prendre un exemple concret et très courant dans les relations
analyste/analysant.
Un analysant manque de nombreuses séances ou arrive très souvent en
retard. Quelles peuvent
être les réactions de l'analyste?
Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se sentir obligé
d'incarner la loi
de l'analyse: "Vous devez venir impérativement à vos séances, sinon je
vais vous virer".
L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il incarne
une fonction coercitive
de respect de l'ordre établi. L'analyste y répond: "Nous avions conclu un
contrat, tu es
en train de le violer, je t'oblige à le respecter par la contrainte."
L'analyste est là juge, partie, et policier. Il a répondu à la demande
hystérique
de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!"
Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat, mais d'un
dispositif de parole,
qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant qu'psychanalyste,
il sera à même de dire quelque chose
du genre: "-- Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une séance
perdue
à jamais pour la psychanalyse."
Il y a là un refus de répondre à la demande de l'analysant en indiquant
quelle est
la direction de la cure.
À partir de cet exemple il devrait être possible d'inférer ce que j'énonce
du
contre transfert
Bien amicalement
Jacques
On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement
<violaine.clement at co-perolles.ch> wrote:
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Cher Jacques,
>
> Votre intervention sur le tiers m'intéresse beaucoup. Ce que je ne
> comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert. J'en
> avais une idée à la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la somme des
> préjugés de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve d'une
> analyse pas terminée. Vous parlez de l'analyste qui,
>> parfois dans ses manifestations contre
>> transférentielles ---
>> va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un contrat
>> pervers. Cela peut être
>> en référant à un organisme ordinal ou imposant par la force ou
>> l'intimidation pour
>> imposer sa volonté.
>
> Il me semble que si l'analyste joue à cela, il n'est plus analyste,
> mais directeur de conscience. Le dispositif analytique est garant de
> l'existence du tiers, et la seule possibilité qu'a l'analyste, en
> dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il est
> utilisé consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel", ou
> pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui ne
> serait pas lui-même soumis au tiers, un fou, n'est pas un analyste. Je
> n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait des
> psychotiques aussi bien : les névrosés ne sont pas seuls au monde.
>
> Pouvez-vous m'éclairer sur ce point du contre-transfert ?
>
> Violaine Clément
>
>>
>
>
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