[Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone
Guy de Villers Grand-Champs
Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
Thu Aug 17 22:47:27 UTC 2006
Cher Jacques Siboni,
Merci pour cette vignette clinique dont le cas de figure est effectivement
très fréquent dans notre clinique.
Je me permets de marquer mon désaccord avec votre proposition de dire à
l'analysant : "Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une séance
perdue à jamais pour la psychanalyse." Car il me semble qu'il ne s'agit ni
d'une rupture de contrat qu'il faudrait sanctionner -je connais un collègue
qui fait payer le double des honoraires pour chaque séance manquée!-, ni
"d'un dispositif de parole" par rapport auquel l'analysant serait en défaut.
Pour dire simplement les choses, je reprends la notion de "névrose de
transfert", notion freudienne s'il en est -depuis 1913-, et j'en tire la
conséquence. Soit que tout ce qui arrive entre l'analysant et son analyste
appartient à l'analyse et est donc à entendre comme symptôme, au lieu de
l'Autre, que vous avez bien identifié freudiennement à la "dritte Person".
Manquer une séance n'est donc perdu ni pour l'analyse tout court, ni pour
l'analyse de cet analysant-là. Du moins, s'il y a un analyste pour se faire
partenaire de ce symptôme.
Comment recevez-vous ceci? Il me plairait de vous lire, et d'autres
lutéciens qui pratiquent l'analyse sur l'une ou l'autre rive.
Cordialement,
Guy.
N. B. : Je joins deux textes fort bien documentés, l'un sur la Dritte
Person, de Pierre Thèves, et l'autre sur la névrose de transfert, d'Erik
Porge.
Le 17/08/06 11:31, « Jacques Siboni » <jacsib at lutecium.org> a écrit :
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Chère Violaine
>
> merci de demander des précisions car ce que j'ai ici indiqué est très
> elliptique.
>
> Je vais prendre un exemple concret et très courant dans les relations
> analyste/analysant.
>
> Un analysant manque de nombreuses séances ou arrive très souvent en
> retard. Quelles peuvent
> être les réactions de l'analyste?
>
> Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se sentir obligé
> d'incarner la loi
> de l'analyse: "Vous devez venir impérativement à vos séances, sinon je
> vais vous virer".
> L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il incarne
> une fonction coercitive
> de respect de l'ordre établi. L'analyste y répond: "Nous avions conclu un
> contrat, tu es
> en train de le violer, je t'oblige à le respecter par la contrainte."
> L'analyste est là juge, partie, et policier. Il a répondu à la demande
> hystérique
> de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!"
>
> Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat, mais d'un
> dispositif de parole,
> qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant qu'psychanalyste,
> il sera à même de dire quelque chose
> du genre: "-- Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une séance
> perdue
> à jamais pour la psychanalyse."
> Il y a là un refus de répondre à la demande de l'analysant en indiquant
> quelle est
> la direction de la cure.
>
> À partir de cet exemple il devrait être possible d'inférer ce que j'énonce
> du
> contre transfert
>
> Bien amicalement
>
> Jacques
>
>
> On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement
> <violaine.clement at co-perolles.ch> wrote:
>
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> Cher Jacques,
>>
>> Votre intervention sur le tiers m'intéresse beaucoup. Ce que je ne
>> comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert. J'en
>> avais une idée à la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la somme des
>> préjugés de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve d'une
>> analyse pas terminée. Vous parlez de l'analyste qui,
>>> parfois dans ses manifestations contre
>>> transférentielles ---
>>> va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un contrat
>>> pervers. Cela peut être
>>> en référant à un organisme ordinal ou imposant par la force ou
>>> l'intimidation pour
>>> imposer sa volonté.
>>
>> Il me semble que si l'analyste joue à cela, il n'est plus analyste,
>> mais directeur de conscience. Le dispositif analytique est garant de
>> l'existence du tiers, et la seule possibilité qu'a l'analyste, en
>> dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il est
>> utilisé consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel", ou
>> pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui ne
>> serait pas lui-même soumis au tiers, un fou, n'est pas un analyste. Je
>> n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait des
>> psychotiques aussi bien : les névrosés ne sont pas seuls au monde.
>>
>> Pouvez-vous m'éclairer sur ce point du contre-transfert ?
>>
>> Violaine Clément
>>
>>>
>>
>>
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