[Lutecium-group] Le manque et les séancesmanquées
Guy de Villers Grand-Champs
Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
Fri Aug 18 10:31:43 UTC 2006
Chère Natalia Milopolsky-Costiou,
Quelques soient les "causes" de la séance manquée, volontaire ou
involontaire, directe ou indirecte, extérieure ou intérieure, il appartient
à l'analyste de verser ces "clocheries" (au sens où Lacan dit qu' "il n'y a
de cause que de ce qui cloche" -Sém. XI, séance du 22 janvier 1964, p. 25
dans l'édition du texte établi par J-A Miller et publié au Seuil en 1973) au
compte de l'inconscient.
Ces séances manquées ne sont pas perdues pour l'analyse si on les reçoit
comme des "acting out", c'est à dire comme "amorce du transfert", dit Lacan
dans la séance du 23 janvier 1963 du séminaire sur L'angoisse. Dans
l'édition du texte établi par J-A Miller ( Seuil, 2004), c'est à la page
148. Je vous renvoie aussi à un texte très clair de Liliane Fainsilber:"La
jouissance, le désir et le symptôme"
[http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/jouissance.htm]
Toute la séance est à lire.
Bien à vous,
Guy.
Le 18/08/06 10:58, « Natalia Milopolsky-Costiou » <sirano at iname.com> a
écrit :
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Cher Guy de Villers,
>
> merci beaucoup pour vos textes.
>
> Je me permets de joindre votre dialogue avec Jaques Siboni à propos de
> séances manquées. En tant que thérapeute je constate assez rarement
> l'absence "accidentelle" des patients, mais je crois qu'il faut toute
> fois distinguer les differentes causes de cette absence, telles - une
> maladie, une voyage d'affaire urgent, un vrai accident je dirai vers la
> réalité exterieure, et les mêmes titres dirigés à l'interieur de soi
> pour envelopper le manque (de confiance, de miroir, de complicité). En
> tout cas la séance manquée n'est certainement pas perdue car l'absence de
> l'analyste le jour prevu d'avance reste intensement vecu par
> l'inconscient du patient et dont les consequences vont être analyser.
>
> Amitiés,
>
> Natalia
>
> ----- Original Message -----
> From: "Guy de Villers Grand-Champs"
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> Subject: Re: [Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone
> Date: Fri, 18 Aug 2006 00:47:27 +0200
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
>
> Cher Jacques Siboni,
> Merci pour cette vignette clinique dont le cas de figure est
> effectivement
> très fréquent dans notre clinique.
> Je me permets de marquer mon désaccord avec votre proposition de dire
> à
> l'analysant : "Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une
> séance
> perdue à jamais pour la psychanalyse." Car il me semble qu'il ne
> s'agit ni
> d'une rupture de contrat qu'il faudrait sanctionner -je connais un
> collègue
> qui fait payer le double des honoraires pour chaque séance manquée!-,
> ni
> "d'un dispositif de parole" par rapport auquel l'analysant serait en
> défaut.
> Pour dire simplement les choses, je reprends la notion de "névrose de
> transfert", notion freudienne s'il en est -depuis 1913-, et j'en tire
> la
> conséquence. Soit que tout ce qui arrive entre l'analysant et son
> analyste
> appartient à l'analyse et est donc à entendre comme symptôme, au lieu
> de
> l'Autre, que vous avez bien identifié freudiennement à la "dritte
> Person".
> Manquer une séance n'est donc perdu ni pour l'analyse tout court, ni
> pour
> l'analyse de cet analysant-là. Du moins, s'il y a un analyste pour se
> faire
> partenaire de ce symptôme.
> Comment recevez-vous ceci? Il me plairait de vous lire, et d'autres
> lutéciens qui pratiquent l'analyse sur l'une ou l'autre rive.
> Cordialement,
> Guy.
> N. B. : Je joins deux textes fort bien documentés, l'un sur la Dritte
> Person, de Pierre Thèves, et l'autre sur la névrose de transfert,
> d'Erik
> Porge.
>
>
>
>
> Le 17/08/06 11:31, « Jacques Siboni » a écrit :
>
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> Chère Violaine
>>
>> merci de demander des précisions car ce que j'ai ici indiqué est
> très
>> elliptique.
>>
>> Je vais prendre un exemple concret et très courant dans les
> relations
>> analyste/analysant.
>>
>> Un analysant manque de nombreuses séances ou arrive très souvent en
>> retard. Quelles peuvent
>> être les réactions de l'analyste?
>>
>> Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se sentir
> obligé
>> d'incarner la loi
>> de l'analyse: "Vous devez venir impérativement à vos séances, sinon
> je
>> vais vous virer".
>> L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il
> incarne
>> une fonction coercitive
>> de respect de l'ordre établi. L'analyste y répond: "Nous avions
> conclu un
>> contrat, tu es
>> en train de le violer, je t'oblige à le respecter par la
> contrainte."
>> L'analyste est là juge, partie, et policier. Il a répondu à la
> demande
>> hystérique
>> de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!"
>>
>> Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat, mais
> d'un
>> dispositif de parole,
>> qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant
> qu'psychanalyste,
>> il sera à même de dire quelque chose
>> du genre: "-- Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une
> séance
>> perdue
>> à jamais pour la psychanalyse."
>> Il y a là un refus de répondre à la demande de l'analysant en
> indiquant
>> quelle est
>> la direction de la cure.
>>
>> À partir de cet exemple il devrait être possible d'inférer ce que
> j'énonce
>> du
>> contre transfert
>>
>> Bien amicalement
>>
>> Jacques
>>
>>
>> On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement
>> wrote:
>>
>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>> ---
>>> Cher Jacques,
>>>
>>> Votre intervention sur le tiers m'intéresse beaucoup. Ce que je ne
>>> comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert.
> J'en
>>> avais une idée à la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la
> somme des
>>> préjugés de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve d'une
>>> analyse pas terminée. Vous parlez de l'analyste qui,
>>>> parfois dans ses manifestations contre
>>>> transférentielles ---
>>>> va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un
> contrat
>>>> pervers. Cela peut être
>>>> en référant à un organisme ordinal ou imposant par la force ou
>>>> l'intimidation pour
>>>> imposer sa volonté.
>>>
>>> Il me semble que si l'analyste joue à cela, il n'est plus
> analyste,
>>> mais directeur de conscience. Le dispositif analytique est garant
> de
>>> l'existence du tiers, et la seule possibilité qu'a l'analyste, en
>>> dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il est
>>> utilisé consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel",
> ou
>>> pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui ne
>>> serait pas lui-même soumis au tiers, un fou, n'est pas un
> analyste. Je
>>> n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait des
>>> psychotiques aussi bien : les névrosés ne sont pas seuls au monde.
>>>
>>> Pouvez-vous m'éclairer sur ce point du contre-transfert ?
>>>
>>> Violaine Clément
>>>
>>>>
>>>
>>>
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>>>
>>
>>
> << E. Porge-Névrose de transfert.doc >>
> << P. Thèves-Witz-Dritte Person.doc >>
>
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