[Lutecium-group] Le manque et les s é ancesmanqu é es

Guy de Villers Grand-Champs Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
Fri Aug 18 15:21:21 UTC 2006


Je manie difficilement le terme de "holding". Il serait à rapprocher plutôt
de l' "acting-in", ne pensez-vous pas?
Bon w-e à London, via Eurostar, je suppose!
Guy.


Le 18/08/06 16:14, « Natalia Milopolsky-Costiou » <sirano at iname.com> a
écrit :

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Bonjour Guy de Villers,
> 
> A propos d'"acting out" il me vient à l'esprit un autre concept
> anglo-saxon (de Winnicott) de "holding" developpé à partir de celui de
> Ferenczi (invariable jusqu'à sa mort ainsi presque comprehensible) qu'on
> voit toujours l'enfant chez le patient, l'enfant qui a besoin d'être pris
> dans les bras. Cela donne des idées sur ce que peut se passer durant la
> séance manque du coté de ce manque-là.
> 
> Justement, je pars à Londres pour le weekend voir quelques collegues from
> British Psychoanalytical Society, en esperant de revenir avec nouveautés
> bibliophiles :))
> 
> Bon weekend à vous,
> 
> Natalia
> 
>   ----- Original Message -----
>   From: "Guy de Villers Grand-Champs"
>   To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
>   Subject: Re: [Lutecium-group] Le manque et les séancesmanquées
>   Date: Fri, 18 Aug 2006 12:31:43 +0200
> 
> 
>   lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>   Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>   ---
>   Chère Natalia Milopolsky-Costiou,
>   Quelques soient les "causes" de la séance manquée, volontaire ou
>   involontaire, directe ou indirecte, extérieure ou intérieure, il
>   appartient
>   à l'analyste de verser ces "clocheries" (au sens où Lacan dit qu' "il
>   n'y a
>   de cause que de ce qui cloche" -Sém. XI, séance du 22 janvier 1964,
>   p. 25
>   dans l'édition du texte établi par J-A Miller et publié au Seuil en
>   1973) au
>   compte de l'inconscient.
>   Ces séances manquées ne sont pas perdues pour l'analyse si on les
>   reçoit
>   comme des "acting out", c'est à dire comme "amorce du transfert", dit
>   Lacan
>   dans la séance du 23 janvier 1963 du séminaire sur L'angoisse. Dans
>   l'édition du texte établi par J-A Miller ( Seuil, 2004), c'est à la
>   page
>   148. Je vous renvoie aussi à un texte très clair de Liliane
>   Fainsilber:"La
>   jouissance, le désir et le symptôme"
>   [http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/jouissance.htm]
>   Toute la séance est à lire.
>   Bien à vous,
>   Guy.
> 
> 
> 
>   Le 18/08/06 10:58, « Natalia Milopolsky-Costiou » a
>   écrit :
> 
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> Cher Guy de Villers,
>> 
>> merci beaucoup pour vos textes.
>> 
>> Je me permets de joindre votre dialogue avec Jaques Siboni à propos
>   de
>> séances manquées. En tant que thérapeute je constate assez rarement
>> l'absence "accidentelle" des patients, mais je crois qu'il faut
>   toute
>> fois distinguer les differentes causes de cette absence, telles -
>   une
>> maladie, une voyage d'affaire urgent, un vrai accident je dirai
>   vers la
>> réalité exterieure, et les mêmes titres dirigés à l'interieur de
>   soi
>> pour envelopper le manque (de confiance, de miroir, de complicité).
>   En
>> tout cas la séance manquée n'est certainement pas perdue car
>   l'absence de
>> l'analyste le jour prevu d'avance reste intensement vecu par
>> l'inconscient du patient et dont les consequences vont être
>   analyser.
>> 
>> Amitiés,
>> 
>> Natalia
>> 
>> ----- Original Message -----
>> From: "Guy de Villers Grand-Champs"
>> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
>> Subject: Re: [Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone
>> Date: Fri, 18 Aug 2006 00:47:27 +0200
>> 
>> 
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> 
>> Cher Jacques Siboni,
>> Merci pour cette vignette clinique dont le cas de figure est
>> effectivement
>> très fréquent dans notre clinique.
>> Je me permets de marquer mon désaccord avec votre proposition de
>   dire
>> à
>> l'analysant : "Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une
>> séance
>> perdue à jamais pour la psychanalyse." Car il me semble qu'il ne
>> s'agit ni
>> d'une rupture de contrat qu'il faudrait sanctionner -je connais un
>> collègue
>> qui fait payer le double des honoraires pour chaque séance
>   manquée!-,
>> ni
>> "d'un dispositif de parole" par rapport auquel l'analysant serait
>   en
>> défaut.
>> Pour dire simplement les choses, je reprends la notion de "névrose
>   de
>> transfert", notion freudienne s'il en est -depuis 1913-, et j'en
>   tire
>> la
>> conséquence. Soit que tout ce qui arrive entre l'analysant et son
>> analyste
>> appartient à l'analyse et est donc à entendre comme symptôme, au
>   lieu
>> de
>> l'Autre, que vous avez bien identifié freudiennement à la "dritte
>> Person".
>> Manquer une séance n'est donc perdu ni pour l'analyse tout court,
>   ni
>> pour
>> l'analyse de cet analysant-là. Du moins, s'il y a un analyste pour
>   se
>> faire
>> partenaire de ce symptôme.
>> Comment recevez-vous ceci? Il me plairait de vous lire, et d'autres
>> lutéciens qui pratiquent l'analyse sur l'une ou l'autre rive.
>> Cordialement,
>> Guy.
>> N. B. : Je joins deux textes fort bien documentés, l'un sur la
>   Dritte
>> Person, de Pierre Thèves, et l'autre sur la névrose de transfert,
>> d'Erik
>> Porge.
>> 
>> 
>> 
>> 
>> Le 17/08/06 11:31, « Jacques Siboni » a écrit :
>> 
>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>> ---
>>> Chère Violaine
>>> 
>>> merci de demander des précisions car ce que j'ai ici indiqué est
>> très
>>> elliptique.
>>> 
>>> Je vais prendre un exemple concret et très courant dans les
>> relations
>>> analyste/analysant.
>>> 
>>> Un analysant manque de nombreuses séances ou arrive très souvent
>   en
>>> retard. Quelles peuvent
>>> être les réactions de l'analyste?
>>> 
>>> Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se
>   sentir
>> obligé
>>> d'incarner la loi
>>> de l'analyse: "Vous devez venir impérativement à vos séances,
>   sinon
>> je
>>> vais vous virer".
>>> L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il
>> incarne
>>> une fonction coercitive
>>> de respect de l'ordre établi. L'analyste y répond: "Nous avions
>> conclu un
>>> contrat, tu es
>>> en train de le violer, je t'oblige à le respecter par la
>> contrainte."
>>> L'analyste est là juge, partie, et policier. Il a répondu à la
>> demande
>>> hystérique
>>> de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!"
>>> 
>>> Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat, mais
>> d'un
>>> dispositif de parole,
>>> qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant
>> qu'psychanalyste,
>>> il sera à même de dire quelque chose
>>> du genre: "-- Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une
>> séance
>>> perdue
>>> à jamais pour la psychanalyse."
>>> Il y a là un refus de répondre à la demande de l'analysant en
>> indiquant
>>> quelle est
>>> la direction de la cure.
>>> 
>>> À partir de cet exemple il devrait être possible d'inférer ce que
>> j'énonce
>>> du
>>> contre transfert
>>> 
>>> Bien amicalement
>>> 
>>> Jacques
>>> 
>>> 
>>> On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement
>>> wrote:
>>> 
>>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>>> ---
>>>> Cher Jacques,
>>>> 
>>>> Votre intervention sur le tiers m'intéresse beaucoup. Ce que je
>   ne
>>>> comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert.
>> J'en
>>>> avais une idée à la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la
>> somme des
>>>> préjugés de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve
>   d'une
>>>> analyse pas terminée. Vous parlez de l'analyste qui,
>>>>> parfois dans ses manifestations contre
>>>>> transférentielles ---
>>>>> va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un
>> contrat
>>>>> pervers. Cela peut être
>>>>> en référant à un organisme ordinal ou imposant par la force ou
>>>>> l'intimidation pour
>>>>> imposer sa volonté.
>>>> 
>>>> Il me semble que si l'analyste joue à cela, il n'est plus
>> analyste,
>>>> mais directeur de conscience. Le dispositif analytique est garant
>> de
>>>> l'existence du tiers, et la seule possibilité qu'a l'analyste, en
>>>> dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il est
>>>> utilisé consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel",
>> ou
>>>> pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui ne
>>>> serait pas lui-même soumis au tiers, un fou, n'est pas un
>> analyste. Je
>>>> n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait
>   des
>>>> psychotiques aussi bien : les névrosés ne sont pas seuls au
>   monde.
>>>> 
>>>> Pouvez-vous m'éclairer sur ce point du contre-transfert ?
>>>> 
>>>> Violaine Clément
>>>> 
>>>>> 
>>>> 
>>>> 
>>>> _______________________________________________
>>>> A question? click Help-Me at lutecium.org
>>>> Lutecium-group mailing list
>>>> Lutecium-group at lutecium.org
>>>> 
>   http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
>>>> 
>>> 
>>> 
>> << E. Porge-Névrose de transfert.doc >>
>> << P. Thèves-Witz-Dritte Person.doc >>
>> 
>> _______________________________________________
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>> Lutecium-group at lutecium.org
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>> 
>> 
>> 6 rue de Savoie
>> 75006 Paris
>> 01 44 41 01 43
>> 06 80 10 41 99
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