[Lutecium-group] Le manque et les s é ancesmanqu é es

Natalia Milopolsky-Costiou sirano at iname.com
Mon Aug 21 07:23:42 UTC 2006


Bonjour Guy et merci,

Décidément, la douce ironie de nos collègues britanniques vis-a-vis d la
lecture reste imperturbable... ;)) Je vais me contenter donc des versions
françaises - pas mal de tout, d'ailleurs, dans la plupart des cas, tout
fois beaucoup plus habilles que les russes - portants presque toujours
l'arrière goût de méconnaissance douloureusement personnelle.

Je comprends tout à fait votre interrogation, car pour ma part c'est
justement "acting" qui me pose des problèmes. Il est vrai que entre
"prendre dans ses bras" - cinétique, et "to hold" - potentiel, la
différence est très sensible. L'action - le domaine du patient, ne peut
se dérouler, à mon sens, que dans l'espace favorable, de la même manière
que la densité de la matière (liquide, gaz, vacuum ou autre) permet ou
pas la pénétration (dissolution, absorption) de la lumière par exemple.
Donc pendant que le patient "acts out" mon "holding" lui est assuré.

Très bonne journée à vous,

Natalia

  ----- Original Message -----
  From: "Guy de Villers Grand-Champs"
  To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
  Subject: Re: [Lutecium-group] Le manque et les s é ancesmanqu é es
  Date: Fri, 18 Aug 2006 17:21:21 +0200


  lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  ---
  Je manie difficilement le terme de "holding". Il serait à rapprocher
  plutôt
  de l' "acting-in", ne pensez-vous pas?
  Bon w-e à London, via Eurostar, je suppose!
  Guy.


  Le 18/08/06 16:14, « Natalia Milopolsky-Costiou » a
  écrit :

  > lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  > Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  > ---
  > Bonjour Guy de Villers,
  >
  > A propos d'"acting out" il me vient à l'esprit un autre concept
  > anglo-saxon (de Winnicott) de "holding" developpé à partir de celui
  de
  > Ferenczi (invariable jusqu'à sa mort ainsi presque comprehensible)
  qu'on
  > voit toujours l'enfant chez le patient, l'enfant qui a besoin
  d'être pris
  > dans les bras. Cela donne des idées sur ce que peut se passer
  durant la
  > séance manque du coté de ce manque-là.
  >
  > Justement, je pars à Londres pour le weekend voir quelques
  collegues from
  > British Psychoanalytical Society, en esperant de revenir avec
  nouveautés
  > bibliophiles :))
  >
  > Bon weekend à vous,
  >
  > Natalia
  >
  > ----- Original Message -----
  > From: "Guy de Villers Grand-Champs"
  > To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
  > Subject: Re: [Lutecium-group] Le manque et les séancesmanquées
  > Date: Fri, 18 Aug 2006 12:31:43 +0200
  >
  >
  > lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  > Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  > ---
  > Chère Natalia Milopolsky-Costiou,
  > Quelques soient les "causes" de la séance manquée, volontaire ou
  > involontaire, directe ou indirecte, extérieure ou intérieure, il
  > appartient
  > à l'analyste de verser ces "clocheries" (au sens où Lacan dit qu'
  "il
  > n'y a
  > de cause que de ce qui cloche" -Sém. XI, séance du 22 janvier 1964,
  > p. 25
  > dans l'édition du texte établi par J-A Miller et publié au Seuil en
  > 1973) au
  > compte de l'inconscient.
  > Ces séances manquées ne sont pas perdues pour l'analyse si on les
  > reçoit
  > comme des "acting out", c'est à dire comme "amorce du transfert",
  dit
  > Lacan
  > dans la séance du 23 janvier 1963 du séminaire sur L'angoisse. Dans
  > l'édition du texte établi par J-A Miller ( Seuil, 2004), c'est à la
  > page
  > 148. Je vous renvoie aussi à un texte très clair de Liliane
  > Fainsilber:"La
  > jouissance, le désir et le symptôme"
  > [http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/jouissance.htm]
  > Toute la séance est à lire.
  > Bien à vous,
  > Guy.
  >
  >
  >
  > Le 18/08/06 10:58, « Natalia Milopolsky-Costiou » a
  > écrit :
  >
  >> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  >> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  >> ---
  >> Cher Guy de Villers,
  >>
  >> merci beaucoup pour vos textes.
  >>
  >> Je me permets de joindre votre dialogue avec Jaques Siboni à
  propos
  > de
  >> séances manquées. En tant que thérapeute je constate assez
  rarement
  >> l'absence "accidentelle" des patients, mais je crois qu'il faut
  > toute
  >> fois distinguer les differentes causes de cette absence, telles -
  > une
  >> maladie, une voyage d'affaire urgent, un vrai accident je dirai
  > vers la
  >> réalité exterieure, et les mêmes titres dirigés à l'interieur de
  > soi
  >> pour envelopper le manque (de confiance, de miroir, de
  complicité).
  > En
  >> tout cas la séance manquée n'est certainement pas perdue car
  > l'absence de
  >> l'analyste le jour prevu d'avance reste intensement vecu par
  >> l'inconscient du patient et dont les consequences vont être
  > analyser.
  >>
  >> Amitiés,
  >>
  >> Natalia
  >>
  >> ----- Original Message -----
  >> From: "Guy de Villers Grand-Champs"
  >> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
  >> Subject: Re: [Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone
  >> Date: Fri, 18 Aug 2006 00:47:27 +0200
  >>
  >>
  >> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  >> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  >> ---
  >>
  >> Cher Jacques Siboni,
  >> Merci pour cette vignette clinique dont le cas de figure est
  >> effectivement
  >> très fréquent dans notre clinique.
  >> Je me permets de marquer mon désaccord avec votre proposition de
  > dire
  >> à
  >> l'analysant : "Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est
  une
  >> séance
  >> perdue à jamais pour la psychanalyse." Car il me semble qu'il ne
  >> s'agit ni
  >> d'une rupture de contrat qu'il faudrait sanctionner -je connais un
  >> collègue
  >> qui fait payer le double des honoraires pour chaque séance
  > manquée!-,
  >> ni
  >> "d'un dispositif de parole" par rapport auquel l'analysant serait
  > en
  >> défaut.
  >> Pour dire simplement les choses, je reprends la notion de "névrose
  > de
  >> transfert", notion freudienne s'il en est -depuis 1913-, et j'en
  > tire
  >> la
  >> conséquence. Soit que tout ce qui arrive entre l'analysant et son
  >> analyste
  >> appartient à l'analyse et est donc à entendre comme symptôme, au
  > lieu
  >> de
  >> l'Autre, que vous avez bien identifié freudiennement à la "dritte
  >> Person".
  >> Manquer une séance n'est donc perdu ni pour l'analyse tout court,
  > ni
  >> pour
  >> l'analyse de cet analysant-là. Du moins, s'il y a un analyste pour
  > se
  >> faire
  >> partenaire de ce symptôme.
  >> Comment recevez-vous ceci? Il me plairait de vous lire, et
  d'autres
  >> lutéciens qui pratiquent l'analyse sur l'une ou l'autre rive.
  >> Cordialement,
  >> Guy.
  >> N. B. : Je joins deux textes fort bien documentés, l'un sur la
  > Dritte
  >> Person, de Pierre Thèves, et l'autre sur la névrose de transfert,
  >> d'Erik
  >> Porge.
  >>
  >>
  >>
  >>
  >> Le 17/08/06 11:31, « Jacques Siboni » a écrit :
  >>
  >>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  >>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  >>> ---
  >>> Chère Violaine
  >>>
  >>> merci de demander des précisions car ce que j'ai ici indiqué est
  >> très
  >>> elliptique.
  >>>
  >>> Je vais prendre un exemple concret et très courant dans les
  >> relations
  >>> analyste/analysant.
  >>>
  >>> Un analysant manque de nombreuses séances ou arrive très souvent
  > en
  >>> retard. Quelles peuvent
  >>> être les réactions de l'analyste?
  >>>
  >>> Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se
  > sentir
  >> obligé
  >>> d'incarner la loi
  >>> de l'analyse: "Vous devez venir impérativement à vos séances,
  > sinon
  >> je
  >>> vais vous virer".
  >>> L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il
  >> incarne
  >>> une fonction coercitive
  >>> de respect de l'ordre établi. L'analyste y répond: "Nous avions
  >> conclu un
  >>> contrat, tu es
  >>> en train de le violer, je t'oblige à le respecter par la
  >> contrainte."
  >>> L'analyste est là juge, partie, et policier. Il a répondu à la
  >> demande
  >>> hystérique
  >>> de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!"
  >>>
  >>> Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat,
  mais
  >> d'un
  >>> dispositif de parole,
  >>> qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant
  >> qu'psychanalyste,
  >>> il sera à même de dire quelque chose
  >>> du genre: "-- Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est
  une
  >> séance
  >>> perdue
  >>> à jamais pour la psychanalyse."
  >>> Il y a là un refus de répondre à la demande de l'analysant en
  >> indiquant
  >>> quelle est
  >>> la direction de la cure.
  >>>
  >>> À partir de cet exemple il devrait être possible d'inférer ce que
  >> j'énonce
  >>> du
  >>> contre transfert
  >>>
  >>> Bien amicalement
  >>>
  >>> Jacques
  >>>
  >>>
  >>> On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement
  >>> wrote:
  >>>
  >>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  >>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  >>>> ---
  >>>> Cher Jacques,
  >>>>
  >>>> Votre intervention sur le tiers m'intéresse beaucoup. Ce que je
  > ne
  >>>> comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert.
  >> J'en
  >>>> avais une idée à la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la
  >> somme des
  >>>> préjugés de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve
  > d'une
  >>>> analyse pas terminée. Vous parlez de l'analyste qui,
  >>>>> parfois dans ses manifestations contre
  >>>>> transférentielles ---
  >>>>> va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un
  >> contrat
  >>>>> pervers. Cela peut être
  >>>>> en référant à un organisme ordinal ou imposant par la force ou
  >>>>> l'intimidation pour
  >>>>> imposer sa volonté.
  >>>>
  >>>> Il me semble que si l'analyste joue à cela, il n'est plus
  >> analyste,
  >>>> mais directeur de conscience. Le dispositif analytique est
  garant
  >> de
  >>>> l'existence du tiers, et la seule possibilité qu'a l'analyste,
  en
  >>>> dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il
  est
  >>>> utilisé consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel",
  >> ou
  >>>> pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui
  ne
  >>>> serait pas lui-même soumis au tiers, un fou, n'est pas un
  >> analyste. Je
  >>>> n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait
  > des
  >>>> psychotiques aussi bien : les névrosés ne sont pas seuls au
  > monde.
  >>>>
  >>>> Pouvez-vous m'éclairer sur ce point du contre-transfert ?
  >>>>
  >>>> Violaine Clément
  >>>>
  >>>>>
  >>>>
  >>>>
  >>>> _______________________________________________
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  >>>> Lutecium-group mailing list
  >>>> Lutecium-group at lutecium.org
  >>>>
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  >>>
  >>>
  >> << E. Porge-Névrose de transfert.doc >>
  >> << P. Thèves-Witz-Dritte Person.doc >>
  >>
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  >> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
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