[Lutecium-group] Sur l'agressivité en psychanalyse et son extension dans le champ du politique

Violaine Clement violaine.clement at co-perolles.ch
Thu Aug 24 10:34:15 UTC 2006


Chère Liliane,
Chère Catherine,

Votre débat est très intéressant, et j'ai un exemple institutionnel à 
vous soumettre.

C'est aujourd'hui dans l'école où je travaille la rentrée scolaire. Ce 
matin donc, une élève est annoncée absente, et sa mère, appelée, est 
surprise, car elle l'a envoyée à l'école.

Cette élève de 15 ans refuse absolument d'entrer en classe. Sa 
meilleure amie est partie dans une autre école, elle est certaine que 
personne ne l'aime, et ne veut pas rester ici. Le directeur la reçoit, 
elle et sa mère : elle reconnaît qu'elle n'aime pas non plus les autres 
élèves, elle pleure dans les bras de sa mère, son non est catégorique.
Je la reçois donc à la demande du directeur, et, après un entretien au 
cours duquel, en présence de sa mère, elle m'explique ses peurs, et son 
refus, je lui propose d'aller avec elle dans la classe et de dire à ses 
camarades qu'elle a peur d'eux. Surprise, elle accepte, mais au moment 
d'agir, elle revient à sa position de refus. Jouant sur le malentendu, 
je me rends vers la classe, elle me suit, et comme elle ne veut pas 
entrer, je lui propose de rester devant la classe, et d'écouter ce que 
je vais dire à ses camarades. Ceux-ci sont évidemment surpris 
d'entendre qu'ils puissent faire peur. Ils jouent le jeu, et lorsque 
l'une des élèves me dit qu'elle qu'elle voudrait bien que sa copine les 
rejoigne, je lui propose d'aller le lui dire elle-même. Elle sort. 
L'élève persiste dans son refus.

En fin de matinée, une des élèves de la classe est venue chercher sa 
copine, j'espère que cet après-midi, elles reviendront ensemble.

Il me semble que d'entendre ce que dit cette élève lorsqu'elle refuse 
de venir en classe, c'est d'accepter qu'il y ait là émergence d'un 
sujet. C'est donc une position d'analyste. Il s'agit de dire : oui, tu 
as peur d'entre en classe. Toutefois, rien ne m'interdit d'y aller de 
mon désir que cette jeune fille rejoigne ses camarades, ce qu'elle 
accepte lorsqu'elle me voit décidée. En fin de matinée, elle écrit : 
"On est allé à notre (elle trace ce terme) classe de -----, elle leur a 
parlé de moi de mes peurs puis x...... est arrivée, on a parlé un peu, 
ça m'a fait du bien ! Pour après-midi, j'ai encore un peu peur. 
J'espère que ça va aller bien."  Prendre au sérieux ce dire que non ne 
ligote pas, mais de ma position à moi, j'ai à répondre.

Qu'en pensez-vous ?

Violaine Clément


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