[Lutecium-group] Il fait clair quand on se cause
Chantal Collet
collet.chantal at 9online.fr
Sun Feb 12 03:41:19 UTC 2006
Cher Laurent, ... Et tous.
Retour au rendez-vous de 2 à 3 heures du matin qui n'est pas levé. Ce fut ma
tache de nuit, technique oblige. Quelle patience de votre part !
Rassurez-vous , j'ai l'âme légère et les mots de sympathie des uns et des
autres sonnent heureux dans ma tête.
Vous résumez avec pertinence les types de soins : dispensés, prodigués,
pris.
Et vous pouvez ajoutez : "pris aussi sans vergogne, sans trop attendre du
souci de l'autre".
De vingt-quatre à quarante-huit heures, LE MALADE est l'objet d'un protocole
de soins-surveillance médicale intensifs. Après, c'est selon les habitudes
des équipes qui se succèdent, la chance d'être entendue par lampe rouge
interposée !!! Pour une inattention ou à cause d'une inattention -
l'infirmière exaspérée de mes appels m'avait enlevée le tube à oxygène, j'ai
abordé le rivage de l'insuffisance respiratoire. ET, j'ai revu le ballet du
soin intensif.
Non, Laurent ce n'est pas cela que j'évoque dans le "prendre soin" du
psychanalyste Winnicott.
Je serai restée clouée d'exaspération si ma voisine de chambre n'avait pas
compris le sens de gestes simple pour soulager l'heure à vivre : lumière,
niveau sonore à respecter, solidarité aussi qui dérange des habitudes
personnelles, etc. A l'hôpital, on n'est pas au club Med du tout jouissif.
Cela n'a pas été idyllique, pas plus que ne l'est cette nuit. Mais j'en
ressors un peu plus vivante, même avec une cicatrice à consolider et des
crampes à régler. J'entends la question angoissée de certains de mes amis :
"C'est analysé ( ... Tiens donc !!!), ce n'est pas CANCEREUX ?
Ah ! ... Pas trop pensé jusque là. Pour l'heure, je m'en moque. Sans doute
parce que au-delà de quelques inconforts physiques qui demeurent, je nage
dans la douceur réconfortante de ce "prendre soin" qui a éloigné les pires
angoisses. Je n'ai jamais été anxieuse et stressée ... INCROYABLE ! Cela
avait été la première motivation de mon analyse qui m'a conduite à la
nécessité de sortir mes sous, sans renâcler. ET plusieurs années de suite,
je me suis privée du ciel de PROVENCE qui venait me dire aussi que la vie
pouvait être riante.
Non, il ne s'agit pas de prendre soin uniquement DE MOI. Puissais-je être
épargnée par l'enflure de l'Ego. Enfant, j'étais terrorisée par la fable de
la Fontaine avec l'issue de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse
que le boeuf.
Par mimétisme, les séances d'analyse m'ont apprise à être attentive
davantage à autrui. Donc, d'ici trois semaines, je dois mettre en route
quelques opportunités de "prendre soin", selon mes compétences. Car ça cause
et échange beaucoup dans une toilette, un soin infirmier. Dans ce dialogue,
la douleur s'atténue ou se fait moins cruelle. D'accord, j'ai bénéficié et
supporté aussi les piqûres de morphine. Bigre sans hallucinations ni
cauchemars, une chance m'a-t-on dit.
Allons pour l'heure... il vaut mieux cette nuit retourner taquiner la fée
"sommeil".
Merci Laurent encore ... ET aux autres. Il y avait une centaine de messages
e-mail. Pas tout lu encore ... Pas toujours d'accord avec les prises de
positions de certains. Mais j'ai cessé de m'en offusquer. La presse, les
médias et ... Le peuple règlent actuellement beaucoup de comptes. Je ne
sais pas mener une polémique : j'ai TROP peur de perdre ou de me perdre.
C'est une idée à creuser pour une prochaine analyse, si l'ennui de la vie
venait à m'étouffer à nouveau !!!
Cordialement à chacun
Chantal COLLET
PS. Mais pourquoi tant de silences de la part de personnes de Lutécium si
présentes au quotidien, il y a deux à trois ans . Chacun écrirait-il son
livre, édité à l'Harmattan ? Décidément ... Toujours des deuils à faire.
Le 11/02/06 23:26, « Laurent Sauerwein » <laurentsauerwein at mac.com> a
écrit :
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Ravi de vous savoir de retour au bercail, chère Chantal.
>
> Les soins : dispensés, prodigués ou pris ?
>
> Une marque d'attention.
> Ou, comme le dit Violaine, un souci pour l'autre ?
>
> Pris aussi, sans vergogne, sans TROP attendre du souci de l'autre ?
>
> Laurent
>
>
> Le 11 févr. 06 à 19:26, Chantal Collet a écrit :
>
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>>
>>
>>
>> Le 10/02/06 23:54, « olivierboumendil at aol.com »
>> <olivierboumendil at aol.com> a
>> écrit :
>>
>>
>>
>> à Olivier Boumendil, et à chacun qui aura la patience de me lire
>>
>>
>> - Pouvez-vous être plus explicite pour me permettre de comprendre
>> ce que
>> veut dire votre "art majeur de la désaliénation" ?
>>
>>> avec ce beau métier qu'est la psychanalyse, choix en faveur de
>>> l'analyse, un art majeur de la désaliénation, sans confusion avec
>>> "les
>>> analystes", tour merveilleux de la rencontre / ...
>>
>> - S'y ajoute encore une incompréhension sur : "La maladie mentale
>> est une
>> grande école de l'ex-sistence" ! ... Que dites-vous alors d'un
>> Althuser
>> épuisé de souffrances, abandonné par la psychanalyse, depuis belle
>> lurette
>> ,mais parfois apaisé par la présence bienveillante et chaude de son
>> ami, le
>> philosophe, Stanislas Breton.
>>
>> La nuance est dans le "parfois"... si loin du Tout, mais qui n'est
>> pas Rien.
>>
>> On ne guérit pas de la vie. S'il y a un intérêt à la psychanalyse,
>> c'est
>> qu'elle fait sortir à la lumière ce qui empêche l'être humain,
>> prenant en
>> compte la singularité de son histoire d'accéder au double
>> mouvement inspir
>> expir d'une respiration "pleine". Ensuite viendront les choix qui lui
>> conviennent le mieux.
>>
>>
>>
>> Que comprendre encore dans : " Le "jet de pièce" n'était qu'une
>> référence à
>> la fonction "paranoïd-inducer"
>> de toute croyance, fut-elle le yi-king, réduisant l'expression en
>> dictant
>> l'idée, le contraire de l'érudit, le réduit. La chose dans le trou de
>> laquelle
>> passe la chose m'inspire bien davantage ... et pourtant il n'est pas
>> exceptionnel qu'elle en arrive à la réduction. Pleinitude
>> inhérente d'un
>> vide ?" ?
>>
>> Pour ma part, évoquer encore mes bonheurs cueillis dans les textes
>> de Mr
>> Thanh-Thang ly, c¹est évoquer les fruits d¹une vie intérieure
>> profonde,
>> source indispensable pour trouver l'énergie face à la rudesse des
>> événements
>> qui parfois nous claquent au visage. Foin alors de toute doctrine ou
>> d'idéologie des bazars du monde !!!
>>
>>
>>
>> Je reviens de l¹hôpital de la Pitié-Salpétrière où j¹ai été
>> hospitalisée
>> rapidement après un gros souci de santé, avec douleurs en continu
>> Que vive encore l¹aptitude à ³prendre soin² du savoir-faire d¹un
>> plateau
>> technique d¹opération chirurgicale, et des milles attentions des
>> équipes
>> diverses : infirmières et aide-soignantes, personnel administratif à
>> l¹entrée et à la sortie de cette épreuve à gagner.
>>
>> Prendre soin ... Personne n¹en parle comme psychanalyste ?
>> J¹ai suivi un parcours probablement très court d¹analyse ( moins de
>> 4 ans),
>> sans jamais avoir le sentiment d¹être plumée financièrement par
>> ³l¹oreille
>> en face de moi². Il avait une activité salariée par ailleurs. J¹ai
>> payée les
>> séances ³d¹absences ³comme mes temps de retard. Et comme j¹avais
>> une heure
>> 1/4 de trajet pour rejoindre par les transports en commun ce
>> quartier de
>> Paris, je restais vigilante. Je me suis sentie toujours libre de ma
>> démarche
>> ... On s¹était assez vite entendu sur un tarif en fonction de ce que
>> moi-même je gagnais avec l¹Education Nationale. Quant à la
>> polémique autour
>> cette profession, je plains ce qui veulent en vivre comme seule
>> source de
>> revenus, à l¹aune du tout informatique et de ce monde dit moderne
>> qui-coûte-tant d¹argent pour se croire heureux.
>>
>> Dernière question :
>> La psychanalyse reste-t-elle une nécessité ou un luxe ?
>>
>>
>>
>>
>> Cordialement à tous ... Une pensée de gratitude à Laurent S qui m¹a
>> accompagnée judicieusement avec le dérivatif de ses conseils de
>> technicien.
>> A Danielle N qui connaît la sympathie que je lui porte et trouve
>> les mots
>> qui me conviennent.
>> Mon repas est apporté grâce à la solidarité d¹une voisine, fine
>> cuisinière.
>> Il s¹agit de retrouver des forces, de l¹énergie .... Un goût de vie,
>> n¹est-ce pas ? Tout, bien sûr.
>>
>>
>> Chantal COLLET
>>
>>
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