[Lutecium-group] Le souci thérapeutique contre la furor sanandi
Natalia Milopolskaya
sirano at iname.com
Sun Feb 12 12:02:41 UTC 2006
Cher(e)s co-listers,
en lisant votre échange arc-en-ciel-ment riche d'émotion l'ai rencontré
une réminiscence délicieuse de Thalassa de Ferenczi. Faute du temps - le
citer pour vous m'aura donné certainement beaucoup de plaisir - je vous
la conseil simplement toute en entier.
Très bon dimanche ensoleillé,
Natalia
----- Original Message -----
From: "Violaine Clement"
To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
Subject: [Lutecium-group] Le souci thérapeutique contre la furor
sanandi
Date: Sat, 11 Feb 2006 23:09:16 +0100
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
Chère Chantal,
Je viens de rentrer de la section clinique de Lyon où le thème de
l'année est précisément le souci thérapeutique. Jacques Borie
racontait
comment la psychanalyse, en opposition aux discours de l?OMS sur la
santé (mentale ou autre) pose que l'homme est "mal foutu, d'origine".
Et il citait l'entretien de Freud avec le journaliste George
Sylvester
Viereck, qu'on trouve dans la Lettre mensuelle de l'Ecole de la Cause
freudienne de février 2006. Je ne résiste pas au plaisir de vous en
donner ce passage :
Au journaliste qui lui déclare : "Cela ne nous rend guère joyeux de
découvrir que nous abritons tous un sauvage, un criminel ou un
animal.", Freud répond :
"Qu'avez-vous contre les animaux ? Moi, je préfère la compagnie des
animaux à celle des humains."
"Pourquoi ?"
"Parce qu'ils sont plus simples. Ils ne souffrent pas de la division
de
la personnalité, de désintégration de l'ego, dus à la tentative de
l'homme de s'adapter à des modèles de civilisation trop élevés pour
son
mécanisme intellectuel et psychique. Le sauvage, comme la bête, est
cruel, mais il n'a pas la méchanceté de l'homme civilisé."
La question du souci pour l'autre est donc au coeur de la
psychanalyse.
Mais ce n'est pas une mince affaire de soigner un tel animal qui se
définit d'un non fondamental, d'un "je n'en veux pas".
Et pour ceux qui attendaient une réponse au Livre Noir, avez-vous lu
"La psychanalyse contre-attaque ?" C'est dans La règle du jeu, revue
de
Bernard-Henri Lévy (encore lui !) et c'est ffou ce que ça fait du
bien.
Cordialement
Violaine
Le 11 févr. 06, à 21:29, Chantal Collet a écrit :
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
>
> ------ Message transféré
> De : Chantal Collet
> Date : Sat, 11 Feb 2006 19:26:10 +0100
> À : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
>
> Objet : De la nécessité de "prendre soin". Qui veut en parler ?
>
>
>
>
> Le 10/02/06 23:54, « olivierboumendil at aol.com » a
> écrit :
>
>
>
> à Olivier Boumendil, et à chacun qui aura la patience de me lire
>
>
> - Pouvez-vous être plus explicite pour me permettre de comprendre
ce que
> veut dire votre "art majeur de la désaliénation" ?
>
>> avec ce beau métier qu'est la psychanalyse, choix en faveur de
>> l'analyse, un art majeur de la désaliénation, sans confusion avec
"les
>> analystes", tour merveilleux de la rencontre / ...
>
> - S'y ajoute encore une incompréhension sur : "La maladie mentale
est une
> grande école de l'ex-sistence" ! ... Que dites-vous alors d'un
Althuser
> épuisé de souffrances, abandonné par la psychanalyse, depuis belle
lurette
> ,mais parfois apaisé par la présence bienveillante et chaude de son
ami, le
> philosophe, Stanislas Breton.
>
> La nuance est dans le "parfois"... si loin du Tout, mais qui n'est
pas Rien.
>
> On ne guérit pas de la vie. S'il y a un intérêt à la psychanalyse,
c'est
> qu'elle fait sortir à la lumière ce qui empêche l'être humain,
prenant en
> compte la singularité de son histoire d'accéder au double mouvement
inspir
> expir d'une respiration "pleine". Ensuite viendront les choix qui
lui
> conviennent le mieux.
>
>
>
> Que comprendre encore dans : " Le "jet de pièce" n'était qu'une
référence à
> la fonction "paranoïd-inducer"
> de toute croyance, fut-elle le yi-king, réduisant l'expression en
dictant
> l'idée, le contraire de l'érudit, le réduit. La chose dans le trou
de
> laquelle
> passe la chose m'inspire bien davantage ... et pourtant il n'est
pas
> exceptionnel qu'elle en arrive à la réduction. Pleinitude inhérente
d'un
> vide ?" ?
>
> Pour ma part, évoquer encore mes bonheurs cueillis dans les textes
de Mr
> Thanh-Thang ly, c’est évoquer les fruits d’une vie intérieure
profonde,
> source indispensable pour trouver l'énergie face à la rudesse des
événements
> qui parfois nous claquent au visage. Foin alors de toute doctrine
ou
> d'idéologie des bazars du monde !!!
>
>
>
> Je reviens de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière où j’ai été
hospitalisée
> rapidement après un gros souci de santé, avec douleurs en continu
> Que vive encore l’aptitude à “prendre soin” du savoir-faire d’un
plateau
> technique d’opération chirurgicale, et des milles attentions des
équipes
> diverses : infirmières et aide-soignantes, personnel administratif
à
> l’entrée et à la sortie de cette épreuve à gagner.
>
> Prendre soin ... Personne n’en parle comme psychanalyste ?
> J’ai suivi un parcours probablement très court d’analyse ( moins de
4 ans),
> sans jamais avoir le sentiment d’être plumée financièrement par
“l’oreille
> en face de moi”. Il avait une activité salariée par ailleurs. J’ai
payée les
> séances “d’absences “comme mes temps de retard. Et comme j’avais
une heure
> 1/4 de trajet pour rejoindre par les transports en commun ce
quartier de
> Paris, je restais vigilante. Je me suis sentie toujours libre de ma
démarche
> ... On s’était assez vite entendu sur un tarif en fonction de ce
que
> moi-même je gagnais avec l’Education Nationale. Quant à la
polémique autour
> cette profession, je plains ce qui veulent en vivre comme seule
source de
> revenus, à l’aune du tout informatique et de ce monde dit moderne
> qui-coûte-tant d’argent pour se croire heureux.
>
> Dernière question :
> La psychanalyse reste-t-elle une nécessité ou un luxe ?
>
>
>
>
> Cordialement à tous ... Une pensée de gratitude à Laurent S qui m’a
> accompagnée judicieusement avec le dérivatif de ses conseils de
technicien.
> A Danielle N qui connaît la sympathie que je lui porte et trouve
les mots
> qui me conviennent.
> Mon repas est apporté grâce à la solidarité d’une voisine, fine
cuisinière.
> Il s’agit de retrouver des forces, de l’énergie .... Un goût de
vie,
> n’est-ce pas ? Tout, bien sûr.
>
>
> Chantal COLLET
>
>
>
> ------ Fin du message transféré
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