[Lutecium-group] TR : Mobilisation contre le projet de décret - Lettre d'(a)lpha à Xavier Bertrand
Armelle Gaydon
Armelle.Gaydon at wanadoo.fr
Sat Feb 18 07:32:24 UTC 2006
Chers amis,
Armelle Gaydon et moi-même, ainsi que Nathalie Georges, Alicia Buckstein et
Françoise Stark-Mornington, avons pensé qu'il était temps qu'(a)lpha entre
activement dans la mobilisation contre l'avant-projet de décret
d'application de l'article 52, dont nous nous donnions écho jusqu'à
aujourd'hui.
J'ai, à ce titre, adressé ce jour, la lettre jointe à Xavier Bertrand,
Ministre de la Santé et des Solidarités.
Elle sera publiée sur le site d'(a)lpha dans les meilleurs délais et nous
rendrons publique la réponse que le Ministre lui réservera.
Comptant sur votre mobilisation,
Bien à vous,
Benoit Drunat
(a)lpha - Association pour la laïcité de la psychanalyse
www.alpha-psychanalyse.org
5, rue de l'église - 41220 Saint Laurent-Nouan
02 54 87 24 88 - 06 24 93 29 70
Saint Laurent – Nouan, le 6 février 2006
Monsieur le Ministre,
Le gouvernement auquel vous participez a fait le choix de développer une
politique de la « santé mentale » qui abolit le sujet de l’inconscient et
privilégie l’approche cognitivo-comportementale de la souffrance psychique.
Cette démarche témoigne au mieux d’une méconnaissance du psychisme, au pire
d’un désir de n’en rien vouloir savoir.
Lorsque Bernard Accoyer a déposé, fin 2003, devant le Parlement, son projet
d’amendement, il a inauguré une série dont on a pu croire qu’elle trouvait
son issue dans le vote de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 sur la
Politique de Santé Publique. C’était sans compter sur la farouche volonté
gouvernementale de mener à terme un projet qui se dessine dans de nombreux
rapports, de Piel-Roelandt à Cléry-Melin, de donner à ce texte de loi les
moyens de son application et sert ses visées sécuritaires.
La dynamique instituée par les recommandations que développent ces rapports
tend à effacer la spécificité de la psychè humaine et à abolir la dimension
unique du sujet, au nom d’un projet orienté par le scientisme renaissant qui
ravale l’être humain à ses comportements, instituant le furor sanandi,
condamné par Freud puis bien d’autres, en règle de gouvernement et
brandissant la bible DSM-IV.
Il apparaît aujourd’hui, notamment avec l’ouverture récente d’une
concertation sur l’avant-projet de décret d’application de l’article 52, que
l’horizon est balisé de telle sorte qu’au bout du compte la dimension la
plus intime de l’être humain sera cernée par une prise en charge
autoritaire.
Dans cette hypothèse, c’est d’une course vers le pire que vous serez
comptable.
(a)lpha – association pour la laïcité de la psychanalyse travaille depuis
deux ans à développer une réflexion autour de la spécificité de la
psychanalyse, énoncée par Freud dès 1926 dans La Question de l’Analyse
profane et reprise par Jacques Lacan au fil de son enseignement, spécificité
selon laquelle faire une psychanalyse est le point d’ancrage premier de la
formation du psychanalyste, qui ne saurait par ailleurs être évaluée par
l’université mais connaît des procédures de reconnaissance internes à chaque
Ecole. C’est précisément parce que nous avons fait l’expérience de la cure
psychanalytique et que celle-ci a conduit beaucoup d’entre nous à occuper la
position du psychanalyste, que nous sommes en droit de dire qu’aucune
formation de type universitaire ne formera jamais des psychothérapeutes ou
des psychanalystes. A fortiori si elle est inscrite sous le chef de la «
santé mentale ».
La psychanalyse se range du côté du un, pas du côté du tous, sans standard,
mais pas sans principes. Formater la formation du psychanalyste ou du
psychothérapeute selon des critères scientifiques n’a pas de sens, à moins
de faire de la psychanalyse une science qu’elle n’est pas. La parole
délivrée dans la cure ne répond à aucune règle pré-construite au sujet, du
fait qu’il y a de l’inconscient et que l’association libre est la pierre
angulaire du dispositif psychanalytique. On ne sait qu’après-coup quel
parcours on a construit avec son psychanalyste. Et seul le sujet peut rendre
compte de l’expérience unique dans laquelle il a appris à connaître ce qu’il
en est de son désir.
La psychanalyse est et demeurera, quoiqu’en veuille faire le législateur,
une expérience de la liberté dans le langage. « Il n’existera jamais là
aucun livre de recettes » selon la formule récente de Jean-Pierre Klotz,
récemment encore Directeur de l’Ecole de la Cause freudienne. Pas même si un
projet politique érigeait en règle universelle de bonne conduite le silence
et la mort de la pulsion, par l’entremise de la prescription médicale, de la
posologie médicamenteuse et de la réadaptation comportementale. « Seule la
psychanalyse est à même d’amener le sujet à appréhender et à assumer son
style de vie au-delà de la conformité, du ready-made imposé et de la voie
prescrite. » ajoute Jean-Pierre Defieux.
Aussi (a)lpha répète ici, à la suite de quelques autres, sa désapprobation
vis-à-vis du texte du texte de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 sur la
Politique de Santé Publique et s’élève également contre l’avant-projet de
décret qui n’est rien d’autre qu’un dangereux non-sens.
La prochaine réunion de concertation prévue au Ministère le 21 février
prochain s’en tiendra à l’étude de l’avant-projet de décret sur le titre de
psychothérapeute. En ce sens, elle n’aura pas pour objectif de ruiner les
travaux de générations de praticiens de la chose psychique. Mais elle
marquera une nouvelle étape dans cette tentative contre laquelle nous nous
élevons.
Notre association attire de ce fait votre attention sur ce que Freud
énonçait dans La Question de l’Analyse profane, repris par Lilia Mahjoub,
Présidente de l’Ecole de la Cause freudienne, le 04 février dernier, lors de
la journée de travail organisée par l’AFFOP et le SNPPsy : la question n’est
« pas de savoir si l'analyste est pourvu d'un diplôme médical, mais s'il a
acquis la formation spéciale qui est nécessaire à l'exercice de l'analyse.
On peut rattacher à cela la question qui a été discutée avant tant d'ardeur
par les confrères : quelle est la formation la plus appropriée pour un
analyste ? Je pensais, et je soutiens encore aujourd'hui, que ce n'est pas
celle que l'université prescrit au futur médecin.», de sorte que les
charlatans naguère stigmatisés se trouvent de fait du côté de ceux qui
n’auraient pas fait l’épreuve de l’expérience psychanalytique et produirait
néanmoins la plaque que Monsieur Accoyer redoutait tant.
Le titre ne fera pas le bon psy.
Les Ecoles de Psychanalyse n’ont jamais cessé, au fil de leur histoire,
d’être les organes de formation que vous appelez de vos vœux et seriez bien
inspiré d’entendre.
Notre association vous demande donc de prendre le temps de faire toute la
place nécessaire aux représentants des Ecoles qui seraient en mesure de vous
éclairer sur la véritable nature de nos pratiques, de vous ranger à l’avis
de celles qui vous démontreront que ce projet de décret est inepte et vous
enjoint de prendre toute la mesure des choix que vous opérez.
Votre responsabilité serait lourde s’il advenait que votre gouvernement
décidât de remettre aux mains d’experts de la « santé mentale » la
souffrance psychique des sujets. Le gouvernement donnerait alors raison à
Jacques Lacan qui écrivait, comme le rappelait dernièrement Marie-Hélène
Brousse, Présidente de l’Ecole Européenne de Psychanalyse : « Le
développement qui va croître en ce siècle des moyens d’agir sur le
psychisme, un maniement concerté des images et des passions dont on a déjà
fait usage avec succès contre notre jugement, notre résolution, notre unité
morale, seront l’occasion de nouveaux abus de pouvoir. »
Je me tiens à votre disposition dans l’hypothèse où vous souhaiteriez
accorder à (a)lpha une audience afin que nous développions devant vous, tel
ou tel point de cette lettre et vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur
le Ministre, l’expression de ma haute considération.
Pour (a)lpha, le Président,
Benoit Drunat.
www.alpha-psychanalyse.org <http://www.alpha-psychanalyse.org/>
-------------- next part --------------
Chers amis,
Armelle Gaydon et moi-même, ainsi que Nathalie Georges, Alicia
Buckstein et = Françoise Stark-Mornington, avons pensé qu'il
était temps qu'(a)lpha entre = activement dans la mobilisation
contre l'avant-projet de décret d'application de = l'article 52,
dont nous nous donnions écho jusqu'à aujourd'hui.
J'ai, à ce titre, adressé ce jour, la lettre jointe à = Xavier
Bertrand, Ministre de la Santé et des Solidarités.
Elle sera publiée sur le site d'(a)lpha dans les meilleurs délais
et nous rendrons publique la = réponse que le Ministre lui
réservera.
Comptant sur votre mobilisation,
Bien à vous,
Benoit = Drunat
(a)lpha - Association pour la laïcité de la psychanalyse
[1]www.alpha-psychanalyse.org
5, rue de l'église - 41220 Saint = Laurent-Nouan
02 54 87 24 88 - 06 24 93 29 70
[3D"cid:image001.jpg at 01C63465.D7BB10A0"]
A0 =
<= /font>
=
Saint Laurent – Nouan, le 6 février 2006
Monsieur le Ministre,
<= /font>
Le gouvernement auquel vous participez a fait le choix de développer
une = politique de la « santé mentale » qui abolit le sujet de l’inconscient et privilégie l’approche cognitivo-comportementale
de la souffrance psychique. Cette démarche témoigne au mieux
d’une méconnaissance = du psychisme, au pire d’un désir de
n’en rien vouloir savoir.
<= /font>
Lorsque Bernard Accoyer a déposé, fin 2003, devant le = Parlement,
son projet d’amendement, il a inauguré une série dont on a pu
croire qu’elle trouvait son issue dans le vote de l’article 52 de
la loi du 9 août 2004 sur la Politique de Santé Publique.
C’était sans = compter sur la farouche volonté gouvernementale
de mener à terme un projet = qui se dessine dans de nombreux
rapports, de Piel-Roelandt à Cléry-Melin, de donner = à ce texte
de loi les moyens de son application et sert ses visées sécuritaires.
<= /font>
La = dynamique instituée par les recommandations que développent
ces rapports tend = à effacer la spécificité de la psychè
humaine et à abolir la dimension = unique du sujet, au nom d’un
projet orienté par le scientisme renaissant qui ravale l’être
humain à ses comportements, instituant le furor sanandi, condamné
par = Freud puis bien d’autres, en règle de gouvernement et
brandissant = la bible = DSM-IV.
<= /font>
Il = apparaît aujourd’hui, notamment avec l’ouverture récente
d’une concertation sur l’avant-projet de décret d’application
de l’article 52, que l’horizon est balisé de telle sorte qu’au
bout du compte la dimension la plus intime de l’être humain sera cernée par une prise en charge autoritaire.
<= /font>
Dans cette hypothèse, c’est d’une course vers le pire que vous
serez comptable.
<= /font>
(a)lpha – association pour la laïcité de la psychanalyse
travaille depuis = deux ans à développer une réflexion autour de
la spécificité de la = psychanalyse, énoncée par Freud dès
1926 dans La Question de l’Analyse profane et reprise par Jacques
Lacan au fil de son enseignement, spécificité selon laquelle faire
une psychanalyse = est le point d’ancrage premier de la formation du
psychanalyste, qui ne = saurait par ailleurs être évaluée par
l’université mais connaît des = procédures de reconnaissance
internes à chaque Ecole. C’est précisément parce = que nous
avons fait l’expérience de la cure psychanalytique et que celle-ci
a conduit beaucoup d’entre nous à occuper la position du psychanalyste, que nous sommes en droit de dire qu’aucune formation
de type universitaire = ne formera jamais des psychothérapeutes ou
des psychanalystes. A fortiori = si elle est inscrite sous le chef de
la « santé = mentale ».
<= /font>
La psychanalyse se range du côté du un, pas du côté du tous, sans standard, mais pas sans = principes. Formater la formation du
psychanalyste ou du psychothérapeute selon = des critères
scientifiques n’a pas de sens, à moins de faire de la psychanalyse
une science qu’elle n’est pas. La parole délivrée = dans la
cure ne répond à aucune règle pré-construite au sujet, du fait qu’il y a de l’inconscient et que l’association libre est
la pierre = angulaire du dispositif psychanalytique. On ne sait
qu’après-coup quel = parcours on a construit avec son
psychanalyste. Et seul le sujet peut rendre compte = de
l’expérience unique dans laquelle il a appris à connaître ce qu’il en est de son désir.
<= /font>
La psychanalyse est et demeurera, quoiqu’en veuille faire le législateur, une expérience de la liberté dans le langage.
« Il n’existera jamais là aucun livre de = recettes » selon la
formule récente de Jean-Pierre Klotz, récemment encore = Directeur
de l’Ecole de la Cause freudienne. Pas même si un projet politique
= érigeait en règle universelle de bonne conduite le silence et la
mort de la = pulsion, par l’entremise de la prescription médicale,
de la posologie = médicamenteuse et de la réadaptation
comportementale. « Seule la psychanalyse est à même d’amener
le sujet à appréhender et = à assumer son style de vie au-delà
de la conformité, du ready-made imposé et = de la voie
prescrite. » ajoute Jean-Pierre = Defieux.
<= /font>
Aussi (a)lpha répète ici, à la suite de quelques autres, sa
désapprobation = vis-à-vis du texte du texte de l’article 52 de
la loi du 9 août 2004 sur la Politique = de Santé Publique et
s’élève également contre l’avant-projet de = décret qui
n’est rien d’autre qu’un dangereux = non-sens.
<= /font>
La prochaine réunion de concertation prévue au Ministère = le 21
février prochain s’en tiendra à l’étude de l’avant-projet
de décret = sur le titre de = psychothérapeute. En ce sens, elle
n’aura pas pour objectif de ruiner les travaux de générations de
praticiens de la chose psychique. Mais elle marquera = une nouvelle
étape dans cette tentative contre laquelle nous nous = élevons.
<= /font>
Notre association attire de ce fait votre attention sur ce que Freud énonçait dans La Question de l’Analyse = profane, repris par
Lilia = Mahjoub, Présidente de l’Ecole de la Cause freudienne, le
04 février = dernier, lors de la journée de travail organisée
par l’AFFOP et le = SNPPsy : la question n’est « pas de = savoir
si l'analyste est pourvu d'un diplôme médical, mais s'il a acquis
la = formation spéciale qui est nécessaire à l'exercice de
l'analyse. On peut = rattacher à cela la question qui a été
discutée avant tant d'ardeur par les = confrères : quelle est la
formation la plus appropriée pour un analyste ? Je pensais, et = je
soutiens encore aujourd'hui, que ce n'est pas celle que l'université
= prescrit au futur médecin.», de sorte que les charlatans
naguère = stigmatisés se trouvent de fait du côté de ceux qui
n’auraient pas fait l’épreuve de l’expérience
psychanalytique et produirait = néanmoins la plaque que Monsieur
Accoyer redoutait tant.
Le titre ne fera pas le bon psy.
Les Ecoles de Psychanalyse n’ont jamais cessé, au fil de leur
histoire, d’être les organes = de formation que vous appelez de
vos vœux et seriez bien inspiré d’entendre.
Notre association vous demande donc de prendre le temps de faire toute
la = place nécessaire aux représentants des Ecoles qui seraient en
mesure de vous éclairer = sur la véritable nature de nos
pratiques, de vous ranger à l’avis de = celles qui vous
démontreront que ce projet de décret est inepte et vous enjoint de prendre toute la mesure des choix que vous opérez.
<= /font>
Votre responsabilité serait lourde s’il advenait que votre
gouvernement = décidât de remettre aux mains d’experts de la
« santé = mentale » la souffrance psychique des sujets. Le
gouvernement donnerait alors raison = à Jacques Lacan qui
écrivait, comme le rappelait dernièrement = Marie-Hélène
Brousse, Présidente de l’Ecole Européenne de Psychanalyse :
« Le développement qui va = croître en ce siècle des moyens
d’agir sur le psychisme, un maniement concerté des images et = des
passions dont on a déjà fait usage avec succès contre notre jugement, notre résolution, notre unité morale, seront
l’occasion de nouveaux abus = de pouvoir. »
Je me tiens à votre disposition dans l’hypothèse où vous
souhaiteriez accorder à (a)lpha une audience afin que nous développions devant vous, tel ou tel point de cette lettre et vous
prie de bien vouloir = agréer, Monsieur le Ministre, l’expression
de ma haute = considération.
Pour (a)lpha, le Président,
<= /font>
Benoit Drunat.
[2]www.alpha-psychanalyse.org
<= /font>
<= /font>
References
1. 3D"http://www.alpha-psychanalyse.org"/
2. 3D"http://www.alpha-psychanalyse.org/"
-------------- next part --------------
A non-text attachment was scrubbed...
Name: image001.jpg
Type: image/jpeg
Size: 2316 bytes
Desc: not available
URL: <http://www.lutecium.org/pipermail/topologos/attachments/20060218/a8ba8c87/attachment.jpg>
-------------- next part --------------
A non-text attachment was scrubbed...
Name: lettre au ministre de la sant?-vu ag.doc
Type: application/msword
Size: 56320 bytes
Desc: not available
URL: <http://www.lutecium.org/pipermail/topologos/attachments/20060218/a8ba8c87/attachment.doc>
More information about the Topologos
mailing list