[Lutecium-group] - Lettre d'(a)lpha à Xavier Bertrand

franck manuel franckmanueli at yahoo.fr
Tue Feb 21 02:34:04 UTC 2006


Bonjour 
   
  "" Votre responsabilité serait lourde s’il advenait que votre gouvernement
décidât de remettre aux mains d’experts de la « santé mentale » la
souffrance psychique des sujets.  """
   
  Pourquoi la psychanalyse ne peut elle etre rangée dans la catégorie -santé mentale-  et si les psychanalystes ont " gain de cause  " , réussissent a ne faire partie d'aucune legislation ?Je ne discute pas ici de la loi ou pas  .Est-ce-qui-est écrit dans cette phrase ?
   
   
  ***
  « Le
développement qui va croître en ce siècle des moyens d’agir sur le
psychisme, un maniement concerté des images et des passions dont on a 
déjà
fait usage avec succès contre notre jugement, notre résolution, notre 
unité
morale, seront l’occasion de nouveaux abus de pouvoir. »

Pourquoi la psychanalyse serait elle en dehors de tout systeme ?
  Est ce que Jacques Lacan a dit  prevu , annoncé , que la passe est  un échec ?
   
  Quels  psychanalystes sont OBLIGES  d' être inscrit dans une école pour devenir psychanalyste ?
  La passe dépend elle d'une école  ?  Laquelle ? 
  Comment deviennent psychanalyste , les psy qui ne sont pas " lacaniens  " ; les appellenton " freudiens " ? 
   
  Peut on devenir psychanalyste avec  la bonne volonté et le savoir d' un  analyste , le sien , qui vous reconnaitra ""casher ""  , avec  une seule analyse faite avec un SEUL analyste qui se porte garant de votre pratique a venir ? 
   
  Franck 
  PS : Quelqu'un saura , voudra ...répondre  . 

  Armelle Gaydon <Armelle.Gaydon at wanadoo.fr> a écrit :
  lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
--- 





Chers amis,

Armelle Gaydon et moi-même, ainsi que Nathalie Georges, Alicia Buckstein et
Françoise Stark-Mornington, avons pensé qu'il était temps qu'(a)lpha entre
activement dans la mobilisation contre l'avant-projet de décret
d'application de l'article 52, dont nous nous donnions écho jusqu'à
aujourd'hui. 

J'ai, à ce titre, adressé ce jour, la lettre jointe à Xavier Bertrand,
Ministre de la Santé et des Solidarités. 

Elle sera publiée sur le site d'(a)lpha dans les meilleurs délais et nous
rendrons publique la réponse que le Ministre lui réservera.

Comptant sur votre mobilisation,

Bien à vous,



Benoit Drunat



(a)lpha - Association pour la laïcité de la psychanalyse
www.alpha-psychanalyse.org



5, rue de l'église - 41220 Saint Laurent-Nouan

02 54 87 24 88 - 06 24 93 29 70















Saint Laurent – Nouan, le 6 février 2006





Monsieur le Ministre,



Le gouvernement auquel vous participez a fait le choix de développer une
politique de la « santé mentale » qui abolit le sujet de l’inconscient et
privilégie l’approche cognitivo-comportementale de la souffrance psychique.
Cette démarche témoigne au mieux d’une méconnaissance du psychisme, au pire
d’un désir de n’en rien vouloir savoir. 



Lorsque Bernard Accoyer a déposé, fin 2003, devant le Parlement, son projet
d’amendement, il a inauguré une série dont on a pu croire qu’elle trouvait
son issue dans le vote de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 sur la
Politique de Santé Publique. C’était sans compter sur la farouche volonté
gouvernementale de mener à terme un projet qui se dessine dans de nombreux
rapports, de Piel-Roelandt à Cléry-Melin, de donner à ce texte de loi les
moyens de son application et sert ses visées sécuritaires. 



La dynamique instituée par les recommandations que développent ces rapports
tend à effacer la spécificité de la psychè humaine et à abolir la dimension
unique du sujet, au nom d’un projet orienté par le scientisme renaissant qui
ravale l’être humain à ses comportements, instituant le furor sanandi,
condamné par Freud puis bien d’autres, en règle de gouvernement et
brandissant la bible DSM-IV.



Il apparaît aujourd’hui, notamment avec l’ouverture récente d’une
concertation sur l’avant-projet de décret d’application de l’article 52, que
l’horizon est balisé de telle sorte qu’au bout du compte la dimension la
plus intime de l’être humain sera cernée par une prise en charge
autoritaire. 



Dans cette hypothèse, c’est d’une course vers le pire que vous serez
comptable. 



(a)lpha – association pour la laïcité de la psychanalyse travaille depuis
deux ans à développer une réflexion autour de la spécificité de la
psychanalyse, énoncée par Freud dès 1926 dans La Question de l’Analyse
profane et reprise par Jacques Lacan au fil de son enseignement, spécificité
selon laquelle faire une psychanalyse est le point d’ancrage premier de la
formation du psychanalyste, qui ne saurait par ailleurs être évaluée par
l’université mais connaît des procédures de reconnaissance internes à chaque
Ecole. C’est précisément parce que nous avons fait l’expérience de la cure
psychanalytique et que celle-ci a conduit beaucoup d’entre nous à occuper la
position du psychanalyste, que nous sommes en droit de dire qu’aucune
formation de type universitaire ne formera jamais des psychothérapeutes ou
des psychanalystes. A fortiori si elle est inscrite sous le chef de la «
santé mentale ».



La psychanalyse se range du côté du un, pas du côté du tous, sans standard,
mais pas sans principes. Formater la formation du psychanalyste ou du
psychothérapeute selon des critères scientifiques n’a pas de sens, à moins
de faire de la psychanalyse une science qu’elle n’est pas. La parole
délivrée dans la cure ne répond à aucune règle pré-construite au sujet, du
fait qu’il y a de l’inconscient et que l’association libre est la pierre
angulaire du dispositif psychanalytique. On ne sait qu’après-coup quel
parcours on a construit avec son psychanalyste. Et seul le sujet peut rendre
compte de l’expérience unique dans laquelle il a appris à connaître ce qu’il
en est de son désir.



La psychanalyse est et demeurera, quoiqu’en veuille faire le législateur,
une expérience de la liberté dans le langage. « Il n’existera jamais là
aucun livre de recettes » selon la formule récente de Jean-Pierre Klotz,
récemment encore Directeur de l’Ecole de la Cause freudienne. Pas même si un
projet politique érigeait en règle universelle de bonne conduite le silence
et la mort de la pulsion, par l’entremise de la prescription médicale, de la
posologie médicamenteuse et de la réadaptation comportementale. « Seule la
psychanalyse est à même d’amener le sujet à appréhender et à assumer son
style de vie au-delà de la conformité, du ready-made imposé et de la voie
prescrite. » ajoute Jean-Pierre Defieux.



Aussi (a)lpha répète ici, à la suite de quelques autres, sa désapprobation
vis-à-vis du texte du texte de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 sur la
Politique de Santé Publique et s’élève également contre l’avant-projet de
décret qui n’est rien d’autre qu’un dangereux non-sens.



La prochaine réunion de concertation prévue au Ministère le 21 février
prochain s’en tiendra à l’étude de l’avant-projet de décret sur le titre de
psychothérapeute. En ce sens, elle n’aura pas pour objectif de ruiner les
travaux de générations de praticiens de la chose psychique. Mais elle
marquera une nouvelle étape dans cette tentative contre laquelle nous nous
élevons.



Notre association attire de ce fait votre attention sur ce que Freud
énonçait dans La Question de l’Analyse profane, repris par Lilia Mahjoub,
Présidente de l’Ecole de la Cause freudienne, le 04 février dernier, lors de
la journée de travail organisée par l’AFFOP et le SNPPsy : la question n’est
« pas de savoir si l'analyste est pourvu d'un diplôme médical, mais s'il a
acquis la formation spéciale qui est nécessaire à l'exercice de l'analyse.
On peut rattacher à cela la question qui a été discutée avant tant d'ardeur
par les confrères : quelle est la formation la plus appropriée pour un
analyste ? Je pensais, et je soutiens encore aujourd'hui, que ce n'est pas
celle que l'université prescrit au futur médecin.», de sorte que les
charlatans naguère stigmatisés se trouvent de fait du côté de ceux qui
n’auraient pas fait l’épreuve de l’expérience psychanalytique et produirait
néanmoins la plaque que Monsieur Accoyer redoutait tant. 



Le titre ne fera pas le bon psy. 



Les Ecoles de Psychanalyse n’ont jamais cessé, au fil de leur histoire,
d’être les organes de formation que vous appelez de vos vœux et seriez bien
inspiré d’entendre. 



Notre association vous demande donc de prendre le temps de faire toute la
place nécessaire aux représentants des Ecoles qui seraient en mesure de vous
éclairer sur la véritable nature de nos pratiques, de vous ranger à l’avis
de celles qui vous démontreront que ce projet de décret est inepte et vous
enjoint de prendre toute la mesure des choix que vous opérez. 



Votre responsabilité serait lourde s’il advenait que votre gouvernement
décidât de remettre aux mains d’experts de la « santé mentale » la
souffrance psychique des sujets. Le gouvernement donnerait alors raison à
Jacques Lacan qui écrivait, comme le rappelait dernièrement Marie-Hélène
Brousse, Présidente de l’Ecole Européenne de Psychanalyse : « Le
développement qui va croître en ce siècle des moyens d’agir sur le
psychisme, un maniement concerté des images et des passions dont on a déjà
fait usage avec succès contre notre jugement, notre résolution, notre unité
morale, seront l’occasion de nouveaux abus de pouvoir. »



Je me tiens à votre disposition dans l’hypothèse où vous souhaiteriez
accorder à (a)lpha une audience afin que nous développions devant vous, tel
ou tel point de cette lettre et vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur
le Ministre, l’expression de ma haute considération.







Pour (a)lpha, le Président,











Benoit Drunat.

www.alpha-psychanalyse.org 













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