Re: [Lutecium-group] Psychanalyse et musicalité
Catherine Grandjean
catherine-grandjean at cegetel.net
Thu Jan 26 09:09:30 UTC 2006
Je sors complètement de son contexte une citation de De M'Uzan, tiré d'un
article intitulé "Interprêter, pour qui, pourquoi ?", paru dans La bouche de
l'inconscient.
"L'interprétation serait-elle tellement dangereuse ? Parfois sans doute,
quand elle n'est pas maîtrisée. Mais à l'opposé, il serait tout à fait
fâcheux qu'elle fût totalement frappée de stérilité, *ce à quoi l'expose la
structure même de sa formulation*. Son énonciation, dans un langage souvent
très secondarisé, *entrave en effet la saisie authentique de son message*."
(p.72) (c'est moi qui souligne).
Cette citation est très intéressante pour notre propos. On y retrouve une
bi-polarité. Que dit cette citation ? D'abord, qu'il faut de la maîtrise.
Mais que cette maîtrise peut conduire à la stérilité, et ce, en raison même
de sa structure. Il faut donc autre chose. Quoi ? Quelque chose du côté de
l'authentique.
Précisément, la musique est du côté de l'authentique. La musique ne
représente pas. Elle *est* l'affect. Dans le langage verbal, je n'ai pas
besoin qu'une table soit là pour pouvoir en parler. En musique, la musique
est ce dont elle parle, elle est l'affect qu'elle produit. C'est en quoi
faire de la musique nécessite un engagement de l'être, et notamment du
corps. Ce que nous montre cette citation, c'est l'autre face de Janus,
l'autre face de la linguistique (la maîtrise nécessaire) et cette autre
face, c'est l'engagement authentique de l'expressivité de celui qui parle.
Sa musique. Faute de quoi l'énonciation est stérile. Ce paradigme de
l'expressivité musicale va loin.
PS : c'est quoi cette liste psychanalyse at wanadoo.fr ? Qui en est le
propriétaire ?
--
Catherine
More information about the Topologos
mailing list