[Lutecium-group] Lacan et le/les Japonais
Marco Mauas
marco_m at netvision.net.il
Tue Mar 2 14:07:27 UTC 2010
Bonjour,
A la fin de Lituraterre on peut trover une reference. Je vous adresse le texte.
Il y a aussi une reference a cette reference dans "ornicar Digital, un texte de Shin’ya Ogasawara "L'instance de la lettre dans l'inconscient japonais", et ma reponse: "La "instancia de la letra" y sus relaciones con el escrito".
Cordialement,
Je voudrais t?moigner de ce qui se produit d’un fait d?j? marqu? : ? savoir celui d’une
langue, le japonais, en tant que la travaille l’?criture.
Qu’il y ait inclus dans la langue japonaise un effet d’?criture, l’important est qu’il reste
attach? ? l’?criture et que ce qui est porteur de l’effet d’?criture y soit une ?criture
sp?cialis?e en ceci qu’en japonais elle puisse se lire de deux prononciations diff?rentes : en
on-yomi sa prononciation en caract?re, le caract?re se prononce comme tel distinctement, en
kun-yomi la fa?on dont se dit en japonais ce qu’il veut dire.
?a serait comique d’y voir d?signer, sous pr?texte que le caract?re est lettre, les ?paves
du signifiant courant aux fleuves du signifi?. C’est la lettre comme telle qui fait appui au
signifiant selon sa loi de m?taphore. C’est d’ailleurs : du discours, qu’il la prend au filet du
semblant.
Elle est pourtant promue de l? comme r?f?rent aussi essentiel que toute chose, et ceci
change le statut du sujet. Qu’il s’appuie sur un ciel constell?, et non seulement sur le trait
unaire, pour son identification fondamentale, explique qu’il ne puisse prendre appui que sur
le Tu, c’est-?-dire sous toutes les formes grammaticales dont le moindre ?nonc? se varie des
relations de politesse qu’il implique dans son signifi?.
La v?rit? y renforce la structure de fiction que j’y d?note, de ce que cette fiction soit
soumise aux lois de la politesse.
Singuli?rement ceci semble porter le r?sultat qu’il n’y ait rien ? d?fendre de refoul?,
puisque le refoul? lui-m?me trouve ? se loger de la r?f?rence ? la lettre.
1971-05-12 LITURATERRE
6
En d’autres termes le sujet est divis? comme partout par le langage, mais un de ses
registres peut se satisfaire de la r?f?rence ? l’?criture et l’autre de la parole.
C’est sans doute ce qui a donn? ? Roland Barthes ce sentiment enivr? que de toutes ses
mani?res le sujet japonais ne fait enveloppe ? rien. L’empire des signes, intitule-t-il son essai
voulant dire : empire des semblants.
Le japonais, m’a-t-on dit, la trouve mauvaise. Car rien de plus distinct du vide creus? par
l’?criture que le semblant. Le premier est godet pr?t toujours ? faire accueil ? la jouissance,
ou tout au moins ? l’invoquer de son artifice.
D’apr?s nos habitudes, rien ne communique moins de soi qu’un tel sujet qui en fin de
compte ne cache rien. Il n’a qu’? vous manipuler : vous ?tes un ?l?ment entre autres du
c?r?monial o? le sujet se compose justement de pouvoir se d?composer. Le bunraku,
th??tre des marionnettes, en fait voir la structure tout ordinaire pour ceux ? qui elle donne
leurs moeurs elles-m?mes.
Aussi bien, comme au bunraku tout ce qui se dit pourrait-il ?tre lu par un r?citant. C’est
ce qui a d? soulager Barthes. Le Japon est l’endroit o? il est le plus naturel de se soutenir
d’un ou d’une interpr?te, justement de ce qu’il ne n?cessite pas l’interpr?tation.
C’est la traduction perp?tuelle faite langage.
(10)Ce que j’aime, c’est que la seule communication que j’y aie eue (hors les Europ?ens
avec lesquels je sais manier notre malentendu culturel), c’est aussi la seule qui l?-bas comme
ailleurs puisse ?tre communication, de n’?tre pas dialogue : ? savoir la communication
scientifique.
Elle poussa un ?minent biologiste ? me d?montrer ses travaux, naturellement au tableau
noir. Le fait que, faute d’information, je n’y compris rien, n’emp?che pas d’?tre valable ce
qui restait ?crit l?. Valable pour les mol?cules dont mes descendants se feront sujets, sans
que j’aie jamais eu ? savoir comment je leur transmettais ce qui rendait vraisemblable
qu’avec moi je les classe, de pure logique, parmi les ?tres vivants.
Une asc?se de l’?criture ne me semble pouvoir passer qu’? rejoindre un « c’est ?crit »
dont s’instaurerait le rapport sexuel.Je voudrais t?moigner de ce qui se produit d’un fait d?j? marqu? : ? savoir celui d’une
langue, le japonais, en tant que la travaille l’?criture.
Qu’il y ait inclus dans la langue japonaise un effet d’?criture, l’important est qu’il reste
attach? ? l’?criture et que ce qui est porteur de l’effet d’?criture y soit une ?criture
sp?cialis?e en ceci qu’en japonais elle puisse se lire de deux prononciations diff?rentes : en
on-yomi sa prononciation en caract?re, le caract?re se prononce comme tel distinctement, en
kun-yomi la fa?on dont se dit en japonais ce qu’il veut dire.
?a serait comique d’y voir d?signer, sous pr?texte que le caract?re est lettre, les ?paves
du signifiant courant aux fleuves du signifi?. C’est la lettre comme telle qui fait appui au
signifiant selon sa loi de m?taphore. C’est d’ailleurs : du discours, qu’il la prend au filet du
semblant.
Elle est pourtant promue de l? comme r?f?rent aussi essentiel que toute chose, et ceci
change le statut du sujet. Qu’il s’appuie sur un ciel constell?, et non seulement sur le trait
unaire, pour son identification fondamentale, explique qu’il ne puisse prendre appui que sur
le Tu, c’est-?-dire sous toutes les formes grammaticales dont le moindre ?nonc? se varie des
relations de politesse qu’il implique dans son signifi?.
La v?rit? y renforce la structure de fiction que j’y d?note, de ce que cette fiction soit
soumise aux lois de la politesse.
Singuli?rement ceci semble porter le r?sultat qu’il n’y ait rien ? d?fendre de refoul?,
puisque le refoul? lui-m?me trouve ? se loger de la r?f?rence ? la lettre.
1971-05-12 LITURATERRE
6
En d’autres termes le sujet est divis? comme partout par le langage, mais un de ses
registres peut se satisfaire de la r?f?rence ? l’?criture et l’autre de la parole.
C’est sans doute ce qui a donn? ? Roland Barthes ce sentiment enivr? que de toutes ses
mani?res le sujet japonais ne fait enveloppe ? rien. L’empire des signes, intitule-t-il son essai
voulant dire : empire des semblants.
Le japonais, m’a-t-on dit, la trouve mauvaise. Car rien de plus distinct du vide creus? par
l’?criture que le semblant. Le premier est godet pr?t toujours ? faire accueil ? la jouissance,
ou tout au moins ? l’invoquer de son artifice.
D’apr?s nos habitudes, rien ne communique moins de soi qu’un tel sujet qui en fin de
compte ne cache rien. Il n’a qu’? vous manipuler : vous ?tes un ?l?ment entre autres du
c?r?monial o? le sujet se compose justement de pouvoir se d?composer. Le bunraku,
th??tre des marionnettes, en fait voir la structure tout ordinaire pour ceux ? qui elle donne
leurs moeurs elles-m?mes.
Aussi bien, comme au bunraku tout ce qui se dit pourrait-il ?tre lu par un r?citant. C’est
ce qui a d? soulager Barthes. Le Japon est l’endroit o? il est le plus naturel de se soutenir
d’un ou d’une interpr?te, justement de ce qu’il ne n?cessite pas l’interpr?tation.
C’est la traduction perp?tuelle faite langage.
(10)Ce que j’aime, c’est que la seule communication que j’y aie eue (hors les Europ?ens
avec lesquels je sais manier notre malentendu culturel), c’est aussi la seule qui l?-bas comme
ailleurs puisse ?tre communication, de n’?tre pas dialogue : ? savoir la communication
scientifique.
Elle poussa un ?minent biologiste ? me d?montrer ses travaux, naturellement au tableau
noir. Le fait que, faute d’information, je n’y compris rien, n’emp?che pas d’?tre valable ce
qui restait ?crit l?. Valable pour les mol?cules dont mes descendants se feront sujets, sans
que j’aie jamais eu ? savoir comment je leur transmettais ce qui rendait vraisemblable
qu’avec moi je les classe, de pure logique, parmi les ?tres vivants.
Une asc?se de l’?criture ne me semble pouvoir passer qu’? rejoindre un « c’est ?crit »
dont s’instaurerait le rapport sexuel.
----- Original Message -----
From: "Jacques B. Siboni" <jacsib at lutecium.org>
To: "Groupe de Travail Lutecium" <lutecium-group at lutecium.org>
Sent: Tuesday, March 02, 2010 1:13 PM
Subject: [Lutecium-group] Lacan et le/les Japonais
lutecium-group: Ceci est un document du Groupe de Travail Lutecium.
---
Bonjour
Je ne me rappelle plus oש Lacan parle de la langue japonaise et
l'analysibilitי des Japonais.
Quelqu'un peut il m'יclairer
Merci
Bien amicalement
Jacques
--
Dr. Jacques B. Siboni mailto:jacsib at Lutecium.org
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