Månedsarkiv: Desember 1914

31-12-1914 Ferenczi til Freud

526 Fer

Pappa, den 31 Desember 1914

Kjære professor,

Or donc, rendons hommage à l’ancestrale magie de la pensée et sou­haitons-nous mutuellement une heureuse nouvelle année. Og, en plus du métapsychique, cet usage magique avait un fond métaphysique ou physique, alors le vœu collectif de tant de millions de malheureux et de mécontents devrait, denne gangen, se condenser en un formidable pouvoir qui écarterait tout obstacle sur le chemin de la paix. Espérons que, même sans l’aide de telles forces occultes (WHO, Dessverre, ne se manifestent nulle part), l’épuisement matériel et mental de toutes les parties conduira bientôt à l’entente. Rétrospectivement, je dois relever comme le plus précieux des événements personnels de l’année écoulée les quelques semaines d’analyse chez vous. Malgré son caractère incomplet, je remarque tous les jours qu’elle a été capable de changer, til en viss grad, ma disposition nettement névrotique depuis quelques années. Ce facteur personnel aug­mente encore – si c’est possible — la gratitude que je dois de toute façon au créateur de la psychanalyse.

Lors de notre dernière rencontre outre la vigueur de votre esprit et votre fécondité, mon propre comportement, også, m’a fait plaisir ; la spon­tanéité et l’absence de gêne dans ma relation avec vous sont sûrement un succès du mode d’expression analytique.

Vous êtes sans doute plus exposé que moi aux événements extérieurs qui nous attendent. C’est que vous devez veiller sur l’œuvre de votre vie et sur votre famille ; for min del, je n’ai toujours pas atteint les options définitives * — malgré mon âge – et suis encore profondément pris dans le juvénile — pour ne pas dire l’infantile. Peut-être cette juvénilité chronique retient-elle un peu de vieillir prématurément ; elle empêche à coup sûr de remplir son devoir personnel et social.

Laissons ces ruminations ! je reprends les formules magiques et souhaite à tous ceux qui vous sont chers tout ce qu’il y a de mieux pour l’année qui vient.

Recevez les salutations cordiales et reconnaissantes de

votre affectueusement dévoué, Ferenczi

J’enverrai le manuscrit2 lorsque la poste sera moins chargée. J’ai reçu la nouvelle Théorie sex.[uelle] et vous en remercie.


* En latin dans le texte : definitivum.

  1. den 20 og 21 Desember, Ferenczi avait rendu visite à Freud, i Wien (Freud til Abraham, 21 XII 1914, lettre inédite, au musée Freud de Londres [Fra nå av : FM]).
  2. Il s’agit peut-être de l’article sur « Le rêve de la colonne de sel » mentionné dans les lettres précédentes.

30-12-1914 Freud til Abraham

* Wien IX, Berggasse 19

30.12.14.

Kjære venn,

Je suis très peiné d’apprendre que vous n’êtes pas encore rétabli et que votre femme passe par la même épreuve. Nous vivons en des temps où il faudrait avoir au moins la santé. Chez nous l’épidémie familiale a pris fin, mais Ernst doit garder le lit à Klagenfurt avec une grave angine dont il ne se remettra sans doute que lentement. On ne peut évidemment rien faire pour lui. D’après sa lettre d’aujourd’hui, bien qu’encore fiévreux, il a regagné la caserne.

L’impuissance et la misère ont toujours été ce que j’ai le plus haï, et je crains bien que toutes les deux ne nous menacent en ce moment.

Deuticke m’a fait savoir qu’il ne voulait pas publier de Jahrbuch en 1915, étant donné qu’il n’a pas pu envoyer encore celui de 1914- Il dit que toute son activité est réduite, et il se réclame de l’exemple d’éditeurs allemands réputés qui ont suspendu en grand nombre toute publication pendant la durée de la guerre. C’est bien ce que je pensais quand j’ai appris vos inten­tions dans votre avant-dernière lettre.

De Heller, nous ne savons encore rien; nous n’avons d’ail­leurs rien d’autre à attendre.

Quand vous viendrez ici — je suis content que vous n’y ayez pas renoncé — vous pourrez, selvfølgelig, vous entretenir longuement avec D. Je réserve pour cette bonne occasion toutes mes informations sur les découvertes faites par Rank à propos d’Homère. Mon propre travail est à l’arrêt. Je n’ai pu venir à bout de certaines difficultés et, du fait de mon humeur, les découvertes que j’ai faites jusqu’ici ne me donnent plus autant de plaisir. Par suite de cette aliénation je me demande souvent avec perplexité à quoi je peux bien être bon. Le premier remède à appliquer est évidemment celui qu’on recommande en ce moment à tous : patienter et tenir bon.

Jones m’écrit inlassablement sur le même ton; je ne sais si mes réponses l’atteignent.

Peut-être recevrez-vous la Théorie de la Sexualité avant cette lettre.

Je vous souhaite à tous une très prompte guérison.

Din oppriktig dedikert

Freud.

26-12-1914 Abraham Freud

* Berlin W, Rankenstraße 24

26.12.14.

Kjære Professor,

Brevet ditt stemplet fra 22 desember og datert 21 kom hit så snart 24; postforbindelsene ser derfor ut til å bli bedre. Vi er også påkrevd, Selvfølgelig, å gi våre brev for Østerrike fortsatt åpne på postkontoret; hvis mine siste brev nådde deg lukket, c’est qu’elles l’ont été par les autorités de contrôle. Il arrive aussi parfois que vos lettres me parviennent cachetées; elles portent au verso un cachet officiel.

Je ne perds pas de vue mon projet de voyage à Vienne, et dès que je pourrai m’arranger, je le mettrai à exécution avec grand plaisir, d’autant plus que je sais que je peux vous être personnellement de quelque utilité.

La partie scientifique de votre lettre m’a paru lumineuse, dans la stricte mesure où j’ai déjà pu l’assimiler. Mais cer­tains points m’échappent encore. Je n’en suppose pas moins que ce que je n’ai pas encore compris me paraîtra tout aussi convaincant dès que je l’aurai compris. Je voudrais bien réserver cela au moment de notre rencontre, WHO. Jeg håper det, ne saurait tarder.

Ce que vous me dites de Rank est très bien ; je ne sais certes pas encore ce qu’a débrouillé Rank dans le problème d’Homère, mais je suis très content pour lui et pour nous tous de sa per­sévérance et de ses succès. Quant à ma thèse, je ne sais pas du tout ce qu’il va en advenir. J’espère pouvoir travailler un peu, à l’occasion, pendant la guerre, sur les psychoses; mais le matériel d’observation n’a jusqu’ici guère été favorable. C’est aussi par défaut de matériel approprié que le travail que j’avais déjà commencé s’est trouvé interrompu. Je ne sais donc pas encore du tout ce qu’il en sera à la fin de la guerre, — Il semble, d’après ce que vous dites, que Ferenczi aille bien. Il y a longtemps que je n’ai plus de nouvelles d’Eitingon. Her, j’ai reçu une carte de Jones par l’intermédiaire de Van Emden; le ton en est aussi amical qu’il est permis quand on écrit d’un pays ennemi. Rien de nouveau dans ce qu’il écrit. Je trouve Trigant Burrow touchant.

A vous, ainsi qu’à tous les vôtres, j’envoie mes bien cordiales salutations !

Din Karl Abraham.

25-12-1914 Freud til Jones

International Journal of Medical Psychoanalysis

25 Desember 1914 Vienna

Kjære Dr Jones*,

Brevet ditt kom akkurat på julaften og gledet og rørte meg., samt eventuelle forsøk du har gjort for å opprettholde en forbindelse mellom oss. Jeg har fått deg til å svare flere ganger takket være vennligheten til Dr van Emden og har ennå ikke fått bevis på at du har mottatt svarene mine. Så hvis du ikke får en reaksjon fra meg, hvordan kan jeg fortelle deg at det ikke er min feil ?

Historien om oversettelsen av min historiske artikkel er praktisk talt umulig å avklare i disse tider.. Jeg tror jeg endelig forstår hvordan ting skjedde. Åpenbart var Brill mistenksom og Jelliffe falske token som vanlig. Men jeg tror at du også, du har endret holdningen din til PSYCHA Review noe. Til sammen, så lenge den ser dagens lys, Jeg bryr meg ikke om hvor oversettelsen vises eller hvem som har laget den. Jeg ønsket naturligvis aldri å skade Brill, og overlot ham følgelig initiativet til alle beslutninger.

Jeg har ingen illusjoner og ser klart at den velstående perioden av vår vitenskap nå er brutalt avbrutt, at vi går mot dårlige tider, og at det bare kan være snakk om å bevare brannen i glørtilstand i noen få hjem, mens vi venter på en mer gunstig vind for at vi skal kunne sette den i gang igjen. Det Jung og Adler forlot av bevegelsen, kollapser nå i nasjonenes uenighet. Verein er ikke mer holdbart enn noe med en internasjonal dimensjon. Bladene våre slutter snart å publiseres ; kanskje vi kommer- oss for å fortsette Zeitschrift. Alt vi ønsket å ta vare på nøye og nøye overvåke skjebnene til må overlates til dets anarkistiske skjebne og presses i alle retninger. Årsakens fremtid, som ligger ditt hjerte så kjært, ikke bekymre deg, naturlig, men nær fremtid, den eneste jeg kan være interessert i, virker håpløst mørkt for meg, og jeg ville ikke kaste stein på rotta som ville forlate skipet. Jeg prøver nok en gang å samle i en slags syntese hva jeg fortsatt kan bidra med til det.2. Det er et verk som allerede har produsert en del nyhet., men som dessverre blir forstyrret av mine plutselige humørsvingninger.

Du skriver til meg at din "operasjon" vil finne sted i slutten av denne uken. Jeg vet tydeligvis ikke hva du mener med det., og konkluderte med at et brev var tapt; men måten du snakker om det på, det kan ikke være noe alvorlig. Som du kan forestille deg, min medisinske aktivitet er redusert til et minimalt nivå, to til tre timer per dag. Faktisk, i selve Wien, Jeg har egentlig aldri funnet et minimum av kunder ; de fleste som ønsker å komme kan ikke. Det er denne begrensningen jeg faktisk tåler minst godt., vant som jeg har vært i tjue år til rikelig arbeid, og å kunne bruke litt mer enn en brøkdel av fritiden min til å skrive.

Merkelig nok, Jeg har ingen nyheter fra Putnam3 ; Trigant Burrow tilbød meg nylig husly i sitt hjem i Baltimore ! ! Pfister skriver av og til ; han forlot Zürich, men han ble ikke med oss, og jeg er ikke akkurat i et imøtekommende humør for det nølende og det lunkne. Jeg tror at andre sveitsere snart vil innse at PSYCHA ikke er det, Akkurat nå, den typen ting du kan gjøre forretninger med og at de vil ta arbeidet i andre retninger. Hvis vi ikke hadde blitt bortskjemt med de triumferende årene, vi kan være fornøyd med situasjonen.

Jeg antar at vi møtes et sted, så snart krigsraset har lagt seg og reiser igjen er tillatt. Men når vil dette være mulig ? Foreløpig, vi har ikke engang skyggen av en idé4. Denne typen private kongresser vil kanskje være en restart av vår offentlige virksomhet, men faktum gjenstår at det markerer slutten på det som var vårt.

Jeg hilser deg hjertelig og takker for vennskapene dine på vegne av alle mine. Hold ut til vi møtes igjen.

Trofast din,

Freud

  1. På engelsk i originalen.
  2. Studier av "metapsykologi" har bare delvis overlevd ; se Freud (1915 c, 1915 d, 1915 e, 1917 d, 1917 e) ; Grubrich-Simitis (1987), og Barry Silverstein, «Nå kommer en trist historie»: Freuds tapte metapsykologiske papirer, hos Freud : Takseringer og omvurderinger : Bidrag til Freud-studier, fly. jeg, ed. Paul Stepansky, New York, Den analytiske pressen, 1986, p. 143-195.
  3. Den unnskyldende tonen er tydelig i Putnams brev til Freud (begynnelse 1915), i Hale (1971 en, p. 177),
  4. German sier her : «Det kan ikke engang gjettes på dette tidspunktet. » Freuds bruk av ahnen her, bokstavelig talt å ha en presentiment eller forkunnskap, er veldig sterk. Ordet kommer fra der Ahn (l. forfedre), som utpeker forfedrene, forfedrene. Det tyske verbet achten (n. Fare), som betyr aktelse eller respekt, har samme gotiske rot som der Ahn.

22-12-1914 Eitingon til Freud

73 E

Iglò, den 22 Desember [1914]en

Kjære Professor,

depuis deux jours nous sommes revenus à Iglò. Notre hôpital a été trans­féré vers l’arrière. Vraisemblablement en rapport avec les événements surve­nus en Galicie et en Pologne et qui nous sont tellement favorables1. –

Comment les choses vont-elles chez vous? Que font messieurs vos fils? Vous a-t-on laissé Rank et Sachs2 ?

Mes salutations les plus cordiales, kjære lærer, à vous-même et aux vôtres

Votre dévoué M. Eitingon

en. Carte postale militaire.

  1. Du 5 au 17 décembre se déroula dans les Carpates occidentales (près de Limanova) une grande bataille au cours de laquelle l’armée austro-hongroise l’emporta sur les Russes.
  2. Rank et Sachs furent réformés lors de ce conseil, puis enrôlés à l’été 1915, Sachs fut cependant de nouveau congédié au bout de trois mois (BL/W; Lieberman 1985, p. 216).

21-12-1914 Freud til Abraham

* Wien IX, Bergasse 19

21.12.14.

Kjære venn,

Jeg ville risikert et paradoks, forteller deg at brevene dine alltid er en fornøyelse, selv når de bringer, liker

siste, ubehagelige nyheter. Jeg håper du er på beina igjen, som de syke i familien min.

Du har rett, Jeg trenger noen som gir meg mot. Jeg har ikke mye igjen. Jeg setter pris på i ditt brev alle egenskapene som våre allierte påtvinger oss og, fremfor alt, dine personlige egenskaper, din " Mot Casimiro! ». Noen ganger grøsser jeg ved utsiktene til et måltid. Hvis du virkelig kan avtale å besøke meg, du vil gjøre en god tjeneste for moralen min, og vi vil også ha god tid til å diskutere. Dine forslag knyttet til tidsskrifter må diskuteres av interesserte, så snart en av redaktørene har uttalt seg. Vi ønsker ikke å trekke teppet ut under noens føtter.

Det eneste som utvikler seg tilfredsstillende er arbeidet mitt, WHO, faktisk, meg ledning, fra avbrudd til avbrudd, til noen ganske bemerkelsesverdige nye utviklinger og avklaringer. I det siste, Jeg klarte å karakterisere de to bevisste systemene (Cs) og det ubevisste (Ics) på en måte som gjør dem begge nesten håndgripelige, og ved hjelp av dette kan vi løse, tror jeg, ganske enkelt problemet med forholdet mellom tidlig demens og virkeligheten. Alle investeringer av ting utgjør Ics-systemet, Cs-systemet. tilsvarer forbindelsen mellom disse ubevisste representasjonene med representasjonene av ord som gjør tilgang til bevissthet mulig. I overføringsnevroser, undertrykkelse består av tilbaketrekning av libido fra Cs-systemet., det vil si i separasjonen av representasjoner av ting og representasjoner av ord; i narsissistiske nevroser, den består av tilbaketrekning av libido fra representasjonene av ubevisste ting, hva er, Selvfølgelig, et mye dypere problem. Dette er grunnen til at dementia praecox begynner med å transformere språk og behandler generelt representasjoner av ord på samme måte som hysteri behandler representasjoner av ting., det vil si at det får dem til å gjennomgå primærprosessen med kondensering, flytting og lossing, etc.

Jeg kan avslutte en teori om nevrose inkludert kapitler om skjebnen til driftene., undertrykkelse og det ubevisste, hvis min entusiasme for jobben ikke gir etter for mine irritasjoner.

Reik presenterte igjen et meget godt arbeid om pubertetsritualer (1).

Et brev setter nå 7 dager foran Hamburg! Hvorfor kan du allerede skrive lukkede brev? Vi ignorerer slike fremskritt mot frihet.

Her, Trigant Burrow(2) delte med meg med stor ømhet sin lidelse i møte med elendigheten 0f landet mitt, og han foreslo veldig seriøst at jeg skulle finne asyl i huset hans i Baltimore! Dette er hva folk tenker om oss i Amerika.

Jeg vet ikke om jeg allerede har påpekt for deg at Rank fant en veldig krydret løsning på Homers problem.(3). Jeg vil at han skal gjøre det til sin avhandling. Jeg vil gjerne se den, så vel som deg og Ferenczi, stolholdere, slik at psykoanalysens lære går uhindret gjennom de vanskelige tidene som ligger foran oss.

Motta med din kone og barn de hjertelige hilsener fra

Din Freud.

(1) «Pubertetsritualene til villmennene. Om noen samsvar mellom villmennes psykiske liv og nevrotikere », Imago, t. IV, 1915- 1916.

(2). Trigant Burrow, doktor i medisin, Amerikansk psykiater og psykoanalytiker.

(3). “Homer; psykologiske bidrag til historien om opprinnelsen til det populære eposet”, Imago, V, 1917-1919.


18-12-1914 Ferenczi til Freud

Fer

Pápa, den 18 Desember 1914

Kjære professor,

Votre lettre d’aujourd’hui m’a réellement procuré beaucoup de plaisir. Si j’en juge d’après son contenu, une quantité non négligeable de satisfac­tion intellectuelle m’attend au moment où je prendrai connaissance de vos plus récentes idées ; en outre — et bien qu’en soi et pour soi il s’agisse d’un constat regrettable —, je me suis réjoui de pouvoir être un des si rares à voir vos idées se développer in statu nascendi * et à en faire leur profit. J’ai remarqué d’ailleurs, en traduisant votre Théorie sexuelle – en incor­porant mot à mot son contenu — que vos phrases brèves et souvent sèches recelaient des problèmes innombrables – à vrai dire tous les problèmes de la psychologie — et en partie aussi l’indication de la direction dans laquelle devrait se trouver la solution. Imidlertid, le fait que vos trouvailles les plus récentes, ainsi que les idées surgies indépendamment chez moi, soient déjà prétravaillées, sans exception, dans la première version de la théorie sexuelle, me semble plus remarquable encore. Le mystique en moi (que vous sures­timez) affirmerait avec Silberer que tout ce qui est venu plus tard était rangé dans vos tiroirs, à cette époque déjà, sous forme de pressentiment. Mais la partie la plus sobre de mon pouvoir de jugement me laisse penser que vous vous êtes manifestement toujours contraint à la plus stricte et prudente honnêteté et que vous avez fait preuve d’une sévérité incroyable à l’égard des produits de votre imagination ; ceci suffit à expliquer le fait que tout s’ajuste si bien. De vérité, il n’en est qu’une /*/ ; et les vérités doivent être en harmonie les unes avec les autres.

Je suis d’avis qu’il ne faut pas abandonner la Zeitschrift, à condition que cela soit possible. Renonçons plutôt à sa dimension et au titre somptueux d’« internationale », etc. Mais il est nécessaire qu’un lieu existe pour rece­voir vos travaux de moindre importance et qui vous donne aussi la possi­bilité de nous écrire quelques petites choses, techniques ou autres. Pour nous « cinq » aussi, un tel organe est indispensable, surtout pour moi, l’auteur de ψα au souffle le plus court, qui ne réussira certainement jamais l’exploit d’un fascicule indépendant. Votre pessimisme – justifié en ce qui concerne l’A.[utrich]-H.[ongrie] – semble s’être en partie déplacé du domaine politique au domaine scientifique. Des névrosés, il y en aura aussi après la guerre, de même que des problèmes psychologiques inexpliqués, et ni la thérapie, ni la théorie ne pourront se passer de la psychanalyse ; elles n’ont « tout simplement » aucune chance d’avancer sans elle.

Mes observations dans ma position actuelle sont vraiment caractéris­tiques, J’espère quand même pouvoir bientôt vous les raconter personnel­lement. Assurément, je ne pensais pas que l’aller-retour se ferait en une seule journée, mais que vous auriez besoin de deux jours pour cette expé­dition ; hva, Det er sant, est déjà un peu plus difficile à réaliser.

Raconter des choses personnelles n’est pas facile, une fois qu’on a goûté à la minutie ψα. Physiquement je vais assez bien, psychiquement pas mal non plus, dans cette existence privée de pensées — quelque peu morne — dont je n’ose sortir que rarement, sinon presque jamais, pour m’aventurer dans les sphères douloureuses — non encore éclaircies — de mon Ics. De ces semaines d’analyse, le bénéfice psychique majeur que j’ai enregistré est la reconnaissance de la violence des pulsions homosexuelles en moi. Quant à la solution de la relation à la femme — et c’est bien elle qui nous ouvre d’abord la vie réelle — je n’y suis pas parvenu. De temps en temps, l’examen rapide d’un rêve m’apporte la confirmation de votre proposition de solu­tion : 1) érotisme urinaire — ambition — scène observée nuitamment (?), 2) importance de la question de l’enfant, etc.

Fra resten, il me vient à l’esprit, à l’instant, que la résistance à l’égard de Madame G. (à qui je n’ai pas écrit depuis deux semaines déjà) pourrait avoir un rapport avec le fait qu’Elma vient ces jours-ci à Budapest en jeune mariée, et que cela a pu réveiller en moi toute la question, non résolue à Vienne, de ma relation avec elle.

Flere, à quoi bon dérouler tous ces problèmes ? Peut-être me reprendrez- vous un jour de nouveau en traitement ; jusque-là il faut s’en tirer tant bien que mal.

J’ai un commandant plus sévère à présent. Mais si vous ne pouviez venir (ce qui est possible compte tenu de ce que j’ai dit plus haut, ainsi que de votre santé), alors je me rendrais à Vienne pour deux jours, en semaine. En aucun cas à Noël : pour Noël on ne donne absolument aucune per­mission.

Salutations cordiales à vous et à ceux qui vous sont chers

de Ferenczi

/*/ Et non plusieurs, comme le pense Zurich.

* En latin dans le texte : à l’état naissant.

15-12-1914 Freud til Ferenczi

524 F

Prof. Dr. Freud

den 15 Desember 1914 Vienna, IX. Berggasse 19

Kjære venn,

Nytt bevis på verdens litenhet. En av mine sporadiske pasienter fant seg selv, noen dager før brevet ditt, i din kjære pappa og ga meg avgangstidene, men han tror det ikke ville være mulig å komme tilbake samme dag. Besøket mitt blir nå stilt spørsmål ved en kraftig gjenopptreden av mine kroniske tarmlidelser. Det er allerede tre år siden Karlsbad-effekten vedvarte i fire måneder.

I arbeidet, på den annen side, alt fungerer bra igjen. jeg lever, som broren min sier, i min private grøft, Jeg spekulerer og skriver ; og, etter harde kamper, Jeg har fullført den første serien med gåter og vanskeligheter. angst, hysteri og paranoia har kapitulert (1). Vi får se hvor langt suksessene kan skyves. Det kom mange vakre ting ut av det, valget av nevrose og regresjoner fullføres uten problemer. Din introjeksjon (2) viste seg å være ganske brukbar ; noen fremgang i fasene av egoutvikling. Betydningen av helheten avhenger av at jeg lykkes med å mestre det som er skikkelig dynamisk, eller problemet med nytelse-misnøye, det jeg tviler på, til sannheten, etter mine tidligere forsøk. Flere, selv uten det, Jeg kan fortelle meg selv at jeg allerede har gitt universet mer enn det ga meg. Jeg er mer isolert fra verden nå enn noen gang, og det blir jeg også senere, på grunn av de påregnelige konsekvensene av krigen ; je sais que j’écris actuellement pour cinq per­sonnes (3), pour vous et les quelques autres. L’Allemagne n’a pas mérité mes sympathies en tant qu’analyste, et mieux vaut ne pas parler de notre patrie commune.

Mon gendre Max (4), ham også, est passé devant le conseil de révision à Hambourg ; il ne sera toutefois mobilisé que dans un temps indéterminé. Au printemps, quand arrivera le grand bain de sang, j’y aurai, for min del, trois ou quatre fils. Ma confiance dans l’avenir après la guerre est fort réduite. forresten, nous avons appris aujourd’hui l’évacuation de Bel­grade (5), occupée si spectaculairement il y a quinze jours. On nous entretient depuis trois mois de l’inévitable effondrement de la Serbie. Mye avsky for måten vi gjør ting på.

Jeg kan ikke forvente at du skal jobbe mye hos pappa ; Jeg antar også at Heller ved nyttår vil foreslå å stoppe magasinene våre (6), og vi vil ikke ha noe relevant å motsette oss ham, siden det er liten av verk, ingen lesere eller abonnenter. Vi vil ikke unngå å smuldre opp. Han vil naturligvis love å ta dem tilbake etter krigen. Flere… foreningen, hun også, er død. Vi vekker henne ikke igjen. Vi kan ikke beholde ordet "internasjonal" i tittelen vår (7).

Rank har nå funnet en attraktiv løsning på Homers problem, ved å bruke en hypotese ψα (8). Det var veldig gøy for oss, det var nesten like morsomt som brannforskningen i Brioni (9).

Hjemme, vi krysset, heldigvis ingen skade, inkludert min syttini år gamle mor, den nåværende influensaepidemien. Til jul, Ernst kommer kanskje ; for Martin, det er usannsynlig. Teller du ikke, du også, på juleferie ?

Jeg hilser deg hjertelig og venter på nyhetene dine,

din Freud

1. Dette er tre metapsykologiske artikler, upublisert. Se "Introduksjonen til metapsykologiske skrifter” av 1915 i den tyske utgaven: Studieutgave, III, p 71 sq.

2. Konsept introdusert av Ferenczi i "Transfer and introjection" (1909 [67]), psykoanalyse, jeg, p. 93-125.

3. De fem medlemmene som da utgjorde den hemmelige komiteen : Abraham, Ferenczi, Jones, Rank et Sachs.

4. Max Halberstadt, ektemann til Sophie Freud.

5. De 15 Desember, Beograd ble forlatt uten motstand.

6. Den magasin og Imago. Den første dukket opp igjen i 1915 ; året 1916-1917 ble bare trykket inn 1918. Imago avbrøt publiseringen i 1915 og dukket opp igjen 1916; hun avbrøt publiseringen igjen mellom 1917 og 1918 ; året 1919 ble publisert i Internationaler Psychoanalytischer Verlag som nettopp var stiftet.

7. Dette er tittelen på International Journal of Medical Psychoanalysis.

8. Se 519 F, note 4

9. Se t. jeg, 469 Jern og seddelen 3, samt 470 F.

15-12-1914 Jones til Freud

15 Desember 1914

69 Portland Court, London

Kjære lærer,

J’ai été ravi d’apprendre par Van Emden que ma lettre vous était parvenue, et j’espère patiemment une réponse, hvis det er mulig. Depuis lors, il n’y a pas grand- chose de nouveau. J’ai reçu une longue lettre, caractéristique, de Putnam1, qui semble écrire et donner des conférences, osv., beaucoup plus qu’il ne l’a jamais fait. Il est bien entendu tout à fait horrifié par la guerre, et ses sympathies sont clairement acquises au camp des Alliés (dvs. Entente). Brill, au contraire, penche pour son pays natal, ce que je crois naturel. Loe et Herbert sont venus ici prendre le thé hier. Elle se porte comme un charme, et ils comptent emménager dans leur nouvelle maison (à dix minutes d’ici) à la fin janvier. Mon opération est pour la fin de la semaine. Le tra­vail progresse avec l’écriture, les réunions de la société, etc. ; forrige uke, j’ai présenté un cas d’éreutophobie devant un Club psychiatrique privé (2). En janvier, mes heures d’analyse grimpent de huit à dix ou onze par jour, ce qui sera pour moi une expérience intéressante. Si j’avais le choix, je m’en tiendrais à sept, mais par ces temps incertains, où les honoraires sont aussi plus modestes, il faut [faire (3)] accepter ce qui vient. J’ai l’intention de prendre de bonnes vacances en avril après un hiver de tra­vail acharné.

Il semble qu’il y ait une petite confusion sur l’affaire de la traduction de votre Geschichte. Voici ce qu’il en est. Lorsqu’il est paru, j’ai écrit à Jelliffe pour lui dire que vous aviez écrit un article qui, espérais-je, allait neutraliser les effets des articles de Jung dans sa Review (celle de Jelliffe), et je lui ai suggéré de demander à Brill si la tra­duction ne pouvait pas paraître dans la même revue que celle de Jung, de manière à toucher le même public. J’ai également écrit à Brill dans le même sens. Brill assure que Jelliffe lui a dit que je m’étais offert de traduire l’essai, hva, selvfølgelig, n’est pas vrai. Sur quoi Jelliffe a demandé à Payne de le traduire, étant donné qu’il appar­tient au comité de la Review et qu’il a fait beaucoup de travail pour Jelliffe, dont il est l’ami. Payne vous a écrit et, tilsynelatende, vous lui avez répondu de prendre contact avec Brill, et que l’essai devait paraître dans le Journal de Prince, non dans celui de Jelliffe. Quand je vous ai écrit sur ce point, je vous ai suggéré de laisser Brill décider quelle publication ferait le mieux l’affaire, la Review ou le Journal, car il connaît mieux la situation locale. Je n’ai jamais eu de nouvelles de Jelliffe à ce sujet. Dans sa dernière lettre (4), Payne cite une remarque de vous, suivant laquelle vous vous étiez laissé dire que j’avais proposé la traduction à Jelliffe, ce que vous qualifiez à juste titre de rumeur peu crédible; je me demande d’où vous la tenez. La jalousie de Brill paraît s’offusquer que j’en aie parlé à quiconque, et peut-être eût-il été plus prudent de ma part de ne rien dire, mais j’y ai été poussé par la satisfaction que j’ai conçue à l’idée que votre essai serait bientôt disponible en anglais pour influencer les tièdes Américains. Naturlig, j’étais à mille lieues de vouloir interférer avec les préro­gatives de Brill. J’ai fait de mon mieux pour tirer les choses au clair avec lui, mais il est « ombrageux », comme nous disons ici (5).

Depuis que j’ai écrit ceci, j’ai appris par Martin que votre frère de Manchester était mort subitement (6). Je vous prie d’accepter mes condoléances. J’espère que ce ne sera pas un choc trop rude pour vous, bien que je sache que vous lui étiez intime­ment attaché.

J’espère cordialement que vous aurez une période de Noël aussi agréable que possible dans ces tristes circonstances, et que le Nouvel An apportera des jours plus légers. J’avais imaginé, à Noël dernier, que je vous retrouverais sûrement à Vienne cette année, mais la capacité de prédiction humaine quant aux affaires humaines a, nå, des limites très définies. Mais c’est réconfortant de penser que, avec le temps, notre travail doit réduire ces limites, peut-être de manière très considérable. S’il doit jamais y avoir le moindre salut du monde, pour l’arracher à ces cauchemars, ce sera certainement la psychanalyse qui ouvrira la voie. D’où mon sentiment que s’il fallait mettre en balance l’avenir de la psychanalyse et l’avenir de mon pays, je choi­sirais la première.

Avec mes sincères amitiés et mes bons vœux à votre famille, à nos amis et surtout à vous tous

de votre toujours très affectueux

Ernest Jones.


1. Probablement Putnam à Jones, 1er November 1914 ; voir Haie (1971 en, p. 283-286).

2. Jones (1919 c) distingue l’éreutophobie, la peur de rougir, de l’érythrophobie, ou peur du rouge ; se Jones, Papirer, 2e utg., 1918, p. 226.

3. En anglais do. Mot biffé dans l’original.

4. Jones avait écrit better, meilleure, au lieu de letter, Lettre.

5. « Ombrageux» traduit touchj. A propos de Freud (1914 d) et de Brill (1916 b), voir aussi Jones (1955 en, p. 175-176 ; 1955 b, p. 197).

6. Il s’agit en fait d’Emanuel, Freuds halvbror.

14-12-1914 Freud til Jones

[résumé de la lettre de Freud par J. E. G. an Emden]

14 Desember 1914 La Haye

Kjære venn,

Le prof. Freud étant d’avis qu’il ne peut vous répondre directement, il me demande de vous faire savoir que :

Rank et Sachs sont libres ; il va essayer de toute urgence de vous faire parvenir la Zeitschrift ; vous devez faire ses compliments à Loe et Herbert J. et les encourager à lui écrire. La question de la traduction anglaise de l’histoire du mouvement ps. a., il l’a bien sûr cédée à Brill (1). Au Nouvel An sortira à Naples la traduction italienne par Bianchini des conférences américaines sur la Ps. A.(2) La troisième édition de la théorie sexuelle est sous presse (3). Pratique très faible ; toute la situation devient monotone. Il prépare quel­ques articles. Martin et Ernst sont encore à l’instruction et écrivent très animés. Anna est occupée par la crèche et la soupe populaire ; les vieilles dames vont très bien, son épouse a passé deux semaines à Hambourg. Oli construit des casernes dans le quartier des hôpitaux. Le temps est mauvais, et tout le monde souffre de catarrhe et de fièvre…

Rien de neuf par ici. Avec mes meilleurs vœux

bien sincèrement à vous

J.v. Emden


1. Brill (1916 b).

2. M. Levi-Bianchini, Sulla psicoanalisi, Bibliotheca Psichiatrica Internazionale, Naples, Nocera Superiore, 1915.

3. Freud (1905 d), 3e ed. 1915.