Μηνιαία Αρχεία: Αύγουστος 1907

29-08-1907 Jung à Freud

41 J

Burgholzli Ζυρίχη, 29 Αύγουστος 07.

Τιμήθηκε ο καθηγητής!

Recevez mes chaleureux remerciements pour votre bonne lettre. La dernière fois déjà j’étais quelque peu gêné car je pensais que vous aviez mal pris mon long silence. C’est là un de mes défauts, je ne peux jamais faire deux choses de front. Une lettre à vous fait pour moi partie des « choses ».

Το Δr Adler, qui m’a récemment posé une question de techni­que, m’a écrit que vous n’alliez pas tout à fait bien? Vous ne m’en avez rien dit. J’espère qu’il s’agit simplement de quelque chose de tout à fait passager.

Ne pourrions-nous pas songer à vous saluer en Suisse une fois cet automne? Pour notre clinique ce serait un jour de fête et d’honneur, et je serais bien sûr extraordinairement heureux de vous voir et de vous entendre à nouveau. Je rentre d’Amster­dam le 10.XI et pourrais vous relater mon voyage apostolique.

Je crains d’avoir peint Abraham (qui est ce qu’indique son nom) en des couleurs trop sombres. Je ne connais pas du tout ses antécédents, ce qui est significatif. Le rapport confortable fait défaut, ce dont je ne me sens pas coupable. Il a assez sou­vent de légères pensées de persécution quant à moi. Sa femme (1)est de Berlin, elle souffre d’auto-érotisme berlinois, avec toutes les conséquences psychologiques. Cela agit sur A[braham].

Que le sentiment soit la perception d’un investissement pulsionnel, voilà qui est excellent, je trouve, et cette tournure me semble simplifier énormément bien des choses. Si vous ne savez que faire du « moi » bleulérien de son Affectivité, vous pouvez tranquillement y inclure ma conception du com­plexe du moi (2), car tous deux ne valent rien, ne sont vraiment que de la « psychologie de surface ». Αλλά, pratiquement, il faut bien garder le rapport avec la surface, pour des raisons didactiques. Je vous suis très reconnaissant de la formulation de votre opinion sur le rôle de la sexualité; elle correspond à ce que j’ai attendu.

Je serai à Amsterdam du Ier au 10.IX. Adresse : Hôtel de l’Europe, Doelenstraat.

Espérons que votre prophétie se réalisera, qu’il restera quel­qu’un hormis l’opposition.

Πάρτε τις καλύτερες ευχές

de votre entièrement dévoué

Νέος.


1. Hedwig Marie, née Bürgner (1878-1969).

2. Βλ.. Νέος, Η Ψυχολογία της την πρώιμη άνοια, § 86, n. 1.

εγώ. Reproduite dans Freud, Αλληλογραφία 1873- 193g, partiellement dans Schur, Freud, Living and Dying ; presque tout le second paragraphe dans Jones, II, p. 118 τετραγωνικά.

27-08-1907 Freud à Jung

4o F

Hôtel Annenheim und Seehof am Ossiacher See (Carinthie) 1

Annenheim, ο 27 Αύγουστος 1907.

Αγαπητό μου συνάδελφο,

Με συγχωρείς που χρησιμοποιώ τον εαυτό μου για σένα, στον χάρτη 2 ανοιχτό, της πιο επίσημης διεύθυνσης. -- Donc votre lettre était charmante et m’a une fois de plus montré davantage de vous que tout un traité. A son début, vous vous êtes trouvé en face du sérieux et vous avez semblé vous effrayer du contraste. Je serais navré que vous ayez pensé un moment que je doute vraiment de quelque chose en vous. Mais ensuite vous vous êtes ressaisi et vous avez trouvé la seule position que l’on peut pren­dre lorsqu’on se trouve en face de son + + +3 αναίσθητος, celle de l’humour, et le vôtre est délicieusement réussi.

Ce qui m’a rendu favorable à Abraham, c’est qu’il attaque directement le problème sexuel, et c’est pourquoi j’ai volon­tiers mis à sa disposition ce que j’avais. Votre description de son caractère porte tellement le sceau de la justesse que j’ai­merais l’accepter sans autre examen. Rien à lui objecter, et pourtant quelque chose qui exclut l’intimité. Un peu quelqu’un qui « rampe, mais sèchement4 », dites-vous, et cela doit contras­ter durement avec votre être ouvert et qui en entraîne d’autres avec lui. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître les rapports privés qui font se développer une telle réserve, la blessure secrète du sentiment de soi, ou l’aiguillon de la pauvreté et de la misère, la jeunesse maussade, κλπ.. Αλλιώς, est-il un des­cendant de son éponyme?

Pour répondre à votre demande, une liasse de ce papier ne suffirait pas. Non que j’en sache autant, mais on pourrait dire une telle variété de choses possibles également justifiées. Pour l’instant je ne tiens personne pour autorisé à dire que la sexua­lité est la mère de tous les sentiments. Nous connaissons en effet, comme le poète5, deux sources pulsionnelles. La sexualité est l’une d’elles. Un sentiment semble être la perception interne d’un investissement pulsionnel. Il y a certainement des sentiments combinés provenant des deux sources. Je ne sais que faire de la « personnalité », aussi peu que du « moi » bleulérien de son étude sur l’affectivité 6. Je pense que ce sont des concepts de psychologie de surface et que nous sommes dans la métapsychologie, derrière eux, quand même nous ne pou­vons pas encore les recouvrir de l’intérieur.

Je déduis (pour le moment) le rôle des complexes sexuels dans l’hystérie uniquement comme une nécessité théorique, et non de leur fréquence et de leur intensité. Cela n’est sans doute pas prouvable à cette heure. Quand on voit les gens tomber malades de leur métier, κλπ., cela n’est pas encore déterminant, car la composante (homosexuelle chez l’homme) est alors facile à découvrir au cours de l’analyse. Je sais qu’on rencontre alors quelque part l’opposition entre investissement du moi et inves­tissement d’objet; mais sans nécessité directe (clinique), je ne peux pas spéculer du tout.

Je suis tellement hors de tout que je ne sais même pas la date du congrès d’Amsterdam. J’aurai encore de vos nouvelles auparavant? Je reste ici jusqu’au 10 Σεπτέμβριος.

Cordialement votre Dr Freud.

  1. Voir fac-similé pl. 7. Les Freud passèrent quinze jours dans cet hôtel. Βλ.. Jones, II, p. 38.

2. N’est pas conservée.

3. Sur les + + +, cf. supra 11 F, n. 7.

4. Faust I, 521. Freud n’avait jamais vu Abraham. Dès qu’ils eurent commencé à correspondre et qu’Abraham eut rendu visite à Freud à Vienne, Freud eut une opinion tout à fait positive d’Abraham.

5. Schiller, σε Die Weltweisen [Les sages], que Freud aimait à citer. (En parlant de la nature 🙂 Entre-temps, avant que l’édifice du monde. Par la philosophie ne soit maintenu. / Elle en entretient le mécanisme. / Par la faim et par l’amour.

6. Affektwitât, Suggestibilität, Paranoïa [Affectivité, sensibilité à la suggestion, paranoia] Halle, 1906.

19-08-1907 Jung Φρόιντ

39 J

Burghölzli-Zurick, 19. VIII. 07.

Τιμήθηκε ο καθηγητής!

Όπως πάντα, και αυτή τη φορά χτύπησες το καρφί στο κεφάλι κατηγορώντας τη δίψα μου για φήμη ότι ήμουν ο πράκτορας της πρόκλησης των επιθέσεων απελπισίας μου.. Je me permets cependant de répli­quer que mon sincère enthousiasme pour la vérité me donne le désir de trouver la façon de présenter vos doctrines qui serait la plus apte à les aider à percer. S’il n’en était pas ainsi, mon dévouement absolu à la défense et à la propagation de vos idées et ma vénération non moins absolue de votre personnalité apparaîtraient dans une lumière extrêmement singulière, ce que j’aimerais éviter, quand bien même la composante de profit personnel ne peut être réfutée que par quelqu’un qui ne voit pas clair. J’ai tout de même des pressentiments désagréables, car je ne dois pas prendre pour une bagatelle le fait de défendre une telle position devant un tel public. J’ai à présent terminé mon exposé et je vois que j’ai en général choisi la position que vous avez tenue pour la meilleure, la position intransigeante. On ne peut, si l’on veut être honnête, rien faire d’autre. Heu­reusement je viens aussi de terminer avec succès une analyse d’hystérie chez une personne inculte, ce qui m’a fortifié le moral.

Vous m’avez demandé dans une de vos dernières lettres de vous exprimer mon opinion sur le Dr Αβραάμ. Je pose tout d’abord que je suis « jaloux » de lui, parce qu’il correspond avec vous [pardonnez cette sincérité, qui vous paraîtra certainement dépourvue de goût!). Il n’y a rien à objecter à A[braham]. Simplement je ne le trouve pas tout à fait sympathique. Je lui ai par exemple proposé de collaborer à mes travaux, ce qu’il a refusé. Mais maintenant il écoute attentivement ce que Bleuler et moi disons, comment nous examinons, κλπ.. Ensuite il fait une publication. De tous nos divers assistants, lui s’est tou­jours tenu un peu à l’écart du grand œuvre, et entre ensuite soudain en scène, comme une existence à part, en publiant. Non seulement moi, mais aussi les autres assistants ont ressenti cela comme quelque peu désagréable. Il est intelligent, mais pas original, d’une remarquable capacité d’adaptation, mais l’intuition psychologique lui fait totalement défaut, ce pour­quoi il est généralement très peu aimé des malades. Je vous prie de soustraire à ce jugement une note venimeuse personnelle. Mises à part ces dernières critiques, Α[braham] est un homme agréable en société, très travailleur et extrêmement actif dans toutes les affaires bureaucratiques de l’établissement, ce que personne ne peut affirmer de moi. De là aussi peut provenir une gouttelette de venin, car sur ce dernier point mon chef a depuis longtemps atteint le sommet de la perfection.

J’aimerais vous demander encore un éclaircissement : concevez-vous la sexualité comme la mère de tous les senti­ments? La sexualité n’est-elle pas pour vous simplement une composante de la personnalité (la plus importante il est vrai) et par conséquent le complexe sexuel la composante la plus importante et la plus fréquente du syndrome hystérique? N’y a-t-il pas des symptômes hystériques qui sont codéterminés par le complexe sexuel, mais conditionnés principale­ment par une sublimation ou par un complexe non sexuel (profession, situation, κλπ.)?

Dans ma petite expérience il est vrai que je n’ai vu ότι des complexes sexuels et je le dirai expressément à Amsterdam.

Recevez les salutations les plus cordiales de votre très dévoué

Νέος.

18-08-1907 Freud à Jung

38 F

18 Αύγουστος 07 (1).

Ξενοδοχείο Wolkenstein στο St. Χριστίνα, Κήποι (2).

Αγαπητό μου συνάδελφο,

Η εξαθλίωση της προσωπικότητάς μου από τη διακοπή του εμπορίου μας, λοιπόν, ευτυχώς τελειώνει.. Ο εαυτός μου τεμπέλης και περιπλανώμενος στον κόσμο με τους ανθρώπους μου, je vous sais retourné au travail et vos lettres me rappelleront à nouveau ce qui est devenu pour nous deux le plus intéressant.

Ne désespérez pas. Ce n’était sans doute dans votre lettre qu’une de ces façons de parler. Il est indifférent d’être compris pour l’instant par les représentants officiels. Dans la masse qui se cache encore, anonyme, derrière eux, il se trouve assez de personnes qui θέλω comprendre et qui surgissent alors subitement, comme j’en ai souvent fait l’expérience. Ne tra- vaille-t-on pas en effet essentiellement pour l’histoire, et là votre conférence d’Amsterdam sera désignée comme un jalon. Ce que vous désignez comme l’hystérique dans votre personne, le besoin de faire impression sur les hommes et de prendre de l’in­fluence sur eux, ce qui vous rend tellement apte à être un maî- Ire et un guide, cela trouvera son compte même si vous n’avez pas fait de concession au jugement qui est de mode actuelle­ment. Ένας, à ce moment-là, vous avez réussi dans une mesure plus abondante encore à insérer vos germes personnels dans la masse en fermentation de mes idées, aucune différence ne subsis­tera plus entre votre cause et la mienne.

Je ne me sens pas assez bien pour entreprendre le voyage de septembre en Sicile comme projeté, où à cette époque le sirocco doit régner en maître incontesté, et par conséquent je ne sais pas où je vais passer les semaines qui viennent. Je reste ici jusqu’à fin août, occupé à des promenades en montagne et à la cueillette des edelweiss; je ne rentre pas à Vienne avant la fin de septembre. Dans l’ensemble il est plus sûr que vous m’écriviez pour l’instant à mon adresse viennoise, car la poste d’été en montagne est peu sûre. Mon petit agenda de poche ne porte pas une seule notation depuis quatre semaines, telle­ment tous les investissements intellectuels sont radicalement vides. Je vous reste pourtant très reconnaissant si vous rappe­lez quelque chose à mon souvenir.

L’Allemagne participera sans doute à notre cause seule­ment à partir du jour où un quelconque bonze supérieur l’aura solennellement reconnue. Le chemin le plus court serait peut- être d’y intéresser l’empereur Guillaume qui, φυσικά, comprend tout. Avez-vous des relations qui s’étendent jusque- ήταν ? Moi pas. Peut-être Harden, l’éditeur de la Zukunft, flairera- t-il dans vos travaux(3) la psychiatrie future? Vous voyez que je suis ici bien d’humeur à plaisanter. Ελπίζω. les vacances qui vous ont été imposées loin du travail vous ont apporté tout le repos que j’espère atteindre ici par un éloignement inten­tionnel.

Votre toujours cordialement dévoué,

Dr Freud.


1. En-tête « Berggasse » biffé. Lettre reproduite dans Freud, Correspon­dance et partiellement dans Schur, Freudy Living and Dying.

2. Les Freud se rendirent de Lavarone à cette station des Dolomites, aujourd’hui italienne, et appelée Selva in Gardena.

3. Βλ.. 27 F, n. 6.

12-08-1907 Jung à Freud

Burgholzli Ζυρίχη, 12. VIII. 1907.

Τιμήθηκε ο καθηγητής!

Συγχωρέστε με για τη μακρόχρονη σιωπή μου. Κατά τη διάρκεια των τριών εβδομάδων της στρατιωτικής θητείας, πραγματικά δεν είχα ούτε μια στιγμή για τον εαυτό μου.. Μας δέσμευσαν 5 πρωινές ώρες στις 8 απογευματινές ώρες. Τα βράδια, ήμασταν πάντα νεκροί κουρασμένοι. Quand je suis rentré, les affaires administratives de l’asile s’étaient amoncelées et de plus le Pr Bleuler et le premier assis­tant (1) partaient en vacances. Ce qui veut dire qu’il y avait de quoi m’occuper. Pour faire déborder la mesure, le secrétariat du congrès d’Amsterdam a commencé à me presser pour mon manuscrit, qui n’existait encore pas du tout. J’ai donc dû me jeter à corps perdu dans l’élaboration de ma conférence. C’est une rude affaire! Avant tout c’est une tâche extrêmement difficile de diluer la richesse de vos idées, de faire cuire cette dilution et finalement de réussir le coup de sorcier d’en tirer quelque chose d’homogène. Mais ce qui me paraît presque impossible, c’est de délayer le produit encore une fois afin de le rendre quelque peu digestible à l’ignorance du public. J’en suis maintenant justement au tournant le plus récent de votre conception de l’hystérie, à l’introduction détaillée de la sexualité dans la psychologie de l’hystérie. Cela me met souvent quasiment au désespoir. Finalement je me console toujours en pensant que tout ce qui précède non plus n’est pas compris de 99 % du public, et que je peux donc dire dans cette partie à peu près ce que je veux. On ne le comprendra de toute manière pas. Ce n’est qu’une démonstration, une constatation qu’en 1907 quelqu’un a dit, officiellement, devant un congrès international, quelque chose sur la doctrine freudienne de l’hystérie dans une intention positive. D’ailleurs j’en arrive de plus en plus à la conviction que vous avez parfaitement raison de mettre à peu près uni­quement sur le compte de la mauvaise volonté le fait qu’on ne veuille pas comprendre. On fait toutes sortes d’expériences à ce sujet. L’Amérique bouge bien. En trois semaines, six Amé­ricains, un Russe, un Italien et un Hongrois ont passé ici. L’Allemagne fait défaut.

Dès que j’aurai fini ma conférence, cet enfant de douleur, j’espère pouvoir vous écrire à nouveau.

En vous priant encore une fois de me pardonner la longue pause.

είσαι πάντα αφοσιωμένος

Νέος.


1. Αβραάμ, cf. 35 J, n. 8, quoique sa lettre à Freud du 9 août ne signale pas son absence.