505 Fer A
Budapest, den 11 september 1914
Pourrais arriver samedi soir – prière répondre
Ferenczi
A. Télégramme
505 Fer A
Budapest, den 11 september 1914
Pourrais arriver samedi soir – prière répondre
Ferenczi
A. Télégramme
Fer
INTERNATIONALE ZEITSCHRIFT FÜR ÄRZTLICHE PSYCHOANALYSE Herausgegeben von Professor Dr Sigm. Freud redaktør : Dr. S. Ferenczi, Budapest, VII. Elisabethring 54/ Dr. Otto Rank, Wien IX/4, Simondenkgasse 8 Utgiver Hugo Heller & C°, Wien, Î. Bondens marked nr 3 Abonnementspris : hele året (6 Hefte, 36-40 Boken) K 21.60 = MK. 18.
Budapest, den 8 september 1914
Cher Monsieur le Professeur,
Je vous envoie ci-joint une petite analyse de rêve pour la Zeitschrift (1). Je n’ai pas besoin de vous dire qu’elle provient de mon auto-analyse et que c’est seulement après-coup que je l’ai refondue sous forme de dialogue. Vous vous y reconnaîtrez aussi – en la personne du médecin qui ne veut pas m’analyser. Tout ce qui est essentiel, je l’ai entièrement rendu, mot à mot, comme cela m’était venu.
Samedi j’espère pouvoir enfin venir à Vienne tout de même, et y passer le dimanche et le lundi.
Salutations cordiales de votre Ferenczi
Je vous prie de remettre les deux manuscrits à Rank (2), mais de ne pas mentionner la provenance personnelle du mien.
1. « Le rêve du pessaire occlusif», Ferenczi (1915, 160), psykoanalyse, II, p. 171-176.
2. Le contexte ne permet pas de déterminer quel est le second article en question.
503 FA
E.F. Canonnier Dr Freud Régiment des Canonniers 41 Compagnie en déplacement
Miihlau près d’Innsbruck le 6 september 1914
Kjære venn,
Il m’a encore été donné de voir Martin ici, avant qu’il ne parte, à ma grande surprise, en direction du Sud ‘.
Cordialement, Freud
[Écrit au crayon, de la main de Martin Freud :] Bien cordiales salutations de Martin.A. Carte de correspondance de l’armée.
1. Freud est ensuite retourné à Vienne, d’où il est reparti le 16 septembre pour Hambourg chez Sophie et Max Halberstadt, puis, den 25 september, pour Berlin où il a rendu visite à Abraham. Il est rentré à Vienne le 27 september 1914.
* Vienne IX, Berggasse 19
3-9-14.
Cher ami,
Enfin une vraie lettre de vous, accompagnée d’un beau postscriptum de votre femme! Elle a voyagé depuis le 29.8 jusqu’à aujourd’hui; Berlin est donc toujours très loin.
Je vous remercie vivement de votre offre, qui est heureusement devenue inutile, et des nouvelles que vous me donnez de votre famille, et vais vous rendre la pareille dans toute la mesure du possible. Nous allons tous bien; la seule malade (ma belle-sœur) est presque remise. Martin est à Innsbruck; j’irai le voir dimanche; il compte partir vers le 15 du mois. A la suite d’avis d’appel réitérés, mon fils Ernst sera sans doute incorporé le 9. Les jeunes gens ne voient là qu’un accomplissement de désir. La limite entre armée et population civile est d’ailleurs supprimée; il n’y a que la limite d’âge qui subsiste encore.
Les victoires allemandes nous ont apporté un ferme soutien moral, et nous avons été très violemment ébranlés dans l’attente des nôtres. Il semble, certes, que tout aille bien, mais il ne se passe rien de décisif, et nous avons abandonné tout espoir de voir cette affaire promptement réglée par quelques catastrophes retentissantes. La ténacité est en passe de devenir la première des vertus. Dans ces conditions, notre intérêt se porte à nouveau quelque peu du côté de la science. Rank, que j’ai souvent auprès de moi, puisqu’il est en train de ranger ma bibliothèque, vous écrira à ce propos. Nous comptons chez vous aussi sur un virage « positif » semblable. Tant que nous sommes coupés de nos collaborateurs extérieurs, nous aimerions montrer que nous sommes capables de faire quelque chose de bien tout seuls, et publier des numéros de la Zeitschrift et d’Imago qui se respectent.
Jones est évidemment notre « ennemi ». La correspondance avec Van Emden, et du même coup celle qui passe par lui, est malheureusement aussi très défectueuse.
J’aime à penser que je serai à Berlin et à Hambourg avant la fin du mois. C’est à peine si nous osons formuler un dessein.
Un ouvrage de la clinique Flechsig1 paru dans le Alzheimersches Blatt semble indiquer qu’en Allemagne aussi, on commence à changer d’attitude en face de la psychanalyse. Avec mes très cordiales salutations,
Votre Freud.
Ecrivez-moi bien vite!
1. Paul Flechsig, professeur de psychiatrie à Leipzig, fréquemment nommé dans les Mémoires du Président Schreber.
Fer
INTERNATIONALE ZEITSCHRIFT FÜR ÄRZTLICHE PSYCHOANALYSE Herausgegeben von Professor Dr Sigm. Freud redaktør : Dr. S. Ferenczi, Budapest, VII. Elisabethring 54/ Dr. Otto Rank, Wien IX/4, Simondenkgasse 8 Utgiver Hugo Heller & C°, Wien, jeg. Bondens marked nr 3
Abonnementspris : hele året (6 Hefte, 36-40 Boken) K 21.60 = MK. 18.
Budapest, den 2 september 1914
Cher Monsieur le Professeur,
J’apprends à l’instant, par ma mère (1) que vous n’avez pas reçu à temps ma carte postale où j’annule provisoirement ma visite. Malheureusement, je me suis laissé tromper par la ponctualité de la poste déjà plusieurs fois expérimentée, et j’ai ainsi gâché votre dimanche. Je vous prie d’excuser cette négligence ; je me suis honnêtement interrogé là-dessus et je me sais libre de toute mauvaise intention ; cependant, je n’aurais pas dû me contenter de la carte, j’aurais dû aussi vous télégraphier.
La dernière échappatoire que j’ai trouvée pour sortir du marasme, c’est une tentative d’auto-analyse. Toutefois, l’idée ne m’en est venue qu’aujourd’hui ; je me rends compte que ce travail-là, je peux au moins le commencer, alors que me manque toute concentration pour une autre activité. Je n’ai cependant pas tout à fait renoncé à l’autre idée (être analysé par vous). A ma connaissance, le dernier jour où la réserve de l’armée territoriale peut encore être appelée, ainsi que les officiers dits de la classe A 2, est le 7 september. Si je suis encore libre le 7, je partirai pour Vienne le jour même.
Le fiancé d’Elma 3 a soudain fait surface ici et veut conclure le mariage en quelques jours, avec une dispense 4. A cette occasion, il m’a fallu constater que mon inconscient lui est encore attaché par quelques fils, et que ces fils sont peut-être plus forts que je ne veux bien l’admettre. Cela expliquerait bien des choses pour lesquelles je ne trouve pas de raisons logiques. J’espère que le fait accompli * réduira aussi au silence les fantasmes inconscients.
L’agitation fiévreuse due aux premières nouvelles de la grande bataille dans le Nord 5 a fait place (du moins chez moi) à une sorte de fatalisme. Au demeurant j’ai, moi aussi, l’impression que tous ces événements ne sont que des péripéties et, considérés sub specie ** de la ψα, n’ont pas grande signification.
Peut-être aurai-je encore de vos nouvelles avant de pouvoir vous parler.
De toute façon, je vous enverrai un télégramme pour dire si j’arrive, et quand.
Mes salutations cordiales!
Ferenczi
* I fransk i teksten.
** En latin dans le texte : sous le regard (de la psychanalyse). Formule construite sur le modèle du classique sub specie aeternilatis.
* Berlin W, Rankenstraße 24
29.8.14.
Kjære Professor,
Visiblement, certaines nouvelles de moi ne sont pas parvenues entre vos mains. Mais je suis content d’avoir enfin de vous des nouvelles fort détaillées; carte et lettre sont arrivées après un voyage de trois jours seulement, et j’espère qu’il en ira de même pour cette lettre.
Vous allez donc tous bien. Combien de fois n’ai-je pas pensé à ce que votre cadette pourrait bien faire en Angleterre; j’avais raison de supposer que c’est Van Emden qui servirait d’intermédiaire.
Chez nous, tout va bien. Personnellement, je me suis proposé pour le service sanitaire, éventuellement aussi pour les affaires extérieures et le service des transports. Il y a une semaine, j’ai failli prendre le train pour Dirschau (embouchure de la Vistule). Mais les choses ont suivi un autre cours, et je reste — au moins provisoirement — à l’hôpital militaire de l’hippodrome du Grunewald. J’ai beaucoup à faire, en chirurgie surtout; peut-être aurai-je plus tard à m’occuper spécialement de la section neuro-psychiatrique. Clientèle en ce moment très réduite. Pour une activité scientifique, je manque encore de tranquillité. Le besoin de travailler pour la collectivité et l’incertitude des premières semaines de guerre m’ont entièrement accaparé. Mais les nouvelles ne sont-elles pas maintenant excellentes? Les troupes allemandes sont à peine à 100 kilomètres de Paris, la Belgique est liquidée; l’Angleterre l’est aussi sur terre. La Russie ne vaut pas mieux. Les succès autrichiens sont arrivés à point nommé, au moment où la Prusse orientale nous inspirait les plus vives inquiétudes.
Mes très cordiales salutations à Sachs, Rank et Ferenczi, de même qu’à tous les amis viennois. Je n’ai aucune nouvelle de Hitschmann. Que fait-il?
Quant à Jones, je pense que nous sommes tous sans nouvelles. N’éprouvez-vous pas aussi un sentiment étrange à l’idée qu’il fait partie de nos « ennemis »?
Je suis très impatient d’apprendre quand vous partez pour Hambourg! Le service rapide fonctionne à nouveau assez bien avec Vienne. Via Berlin, bien sûr; et ce sera une joie de vous voir arriver dans la ville, au lieu des Cosaques (qui, si l’on en croit les prophéties d’âmes craintives, devraient bientôt être ici). Une compensation pour Seis, même si c’est bien court! Ma femme et moi vous souhaitons à l’avance une très cordiale bienvenue.
Avec mes cordiales salutations pour vous et pour tous les vôtres,
Votre Abraham.
67 E
Prague, den 29 August [1914]en
Kjære Professor,
tous mes remerciements pour cette nouvelle si rapide, je me suis beaucoup réjoui de savoir que votre cadette était chez vous. Pour ma part je viens de recevoir l’ordre de quitter avec quelques collègues l’hôpital de la garnison de la ville pour me rendre à Kaschau dans le nord de la Hongrie1,
vraisemblablement à plus grande proximité de l’endroit où Autrichiens et Russes se rencontrent actuellement en Galicie.
Mes plus chaleureuses salutations à vous et aux vôtres
Votre M. Eitingon
en. Carte postale.
1. Se 81 E+2.
501 Fer A
Budapest, den 29 August 1914
Cher Monsieur le Professeur,
Comme la possibilité d’être mobilisé est toujours présente, je remets pour le moment le voyage projeté. Soucieux ; pour le reste ça va.
votre Ferenczi
A. Carte postale.
66 F
Vienna, den 26 August 1914en
Cher Docteur
Reçu aujourd’hui votre carte du 2 August, mais aussi celle du 24 August. Vous informe que ma fille est arrivée avec l’ambassadeur après dix jours de trajet via Gibraltar et Gênes. Mon fils est parti, nous ne savons pas encore pour où.
Cordiales salutations Votre Freud
en. Carte postale.
500 Fer A
Budapest, den 26 August 1914
Cher Monsieur le Professeur,
Je repousse mon voyage à Vienne de quelques jours. J’espère arriver là- bas dimanche matin.
Cordialement, Ferenczi
A. Carte postale.